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2011-07-05

DEUX TÉMOIGNAGES contre la pauvreté :

1. L’extrême pauvreté est une violence permanente qui porte atteinte à nos enfants. Les seuls endroits où nous pouvons nous installer sont des zones inondées, des terrains vagues où la boue empêche toute construction. Souvent nos maisons sont si précaires que lorsqu’il pleut, nous devons rester éveillés toute la nuit pour pouvoir déplacer les enfants et essayer de les mettre au sec. Lorsque nous devons déménager ou si nous sommes expulsés, nous vivons la violence de tout perdre une fois de plus et devoir recommencer à zéro.
René, Quart Monde

2. A côté de chez moi, il y a une femme de 75 ans. Elle a du mal à monter les escaliers. Je l’ai comme ‘adoptée’. Des fois, je fais son ménage. Elle voulait me payer mais je lui disais que j’étais capable de rendre un service. Elle disait : ‘’’Je me sens mal que quelqu’un vienne chez nous pour faire mon ménage sans que je ne lui donne rien. ‘’’ Alors j’ai dit OK, j’ai trois enfants, donnez-moi des fruits et des légumes. Maintenant quand je fais son ménage, elle me donne des raisins, des pommes, des clémentines.
Kathy, Quart Monde

Sur tous les continents, des hommes et des femmes refusent la violence et s’engagent pour bâtir des points de rencontre, pour se lier les uns les autres pour un monde enfin libéré de la terreur et de la misère.

2011-04-07

UN REGARD POSITIF SUR UN QUARTIER PAUVRE

Un volume paru récemment présente un quartier souvent reconnu dans ses côtés noirs et gris. Christine a un autre regard sur celui qu’elle habite et où elle s’implique.

Oui la grande pauvreté sévit dans le quartier, les enfants sont exposés plus qu’ailleurs au malheur. Mais la vie de ces enfants et de ce quartier n’est pas d’une seule couleur.
Dans ces familles, il y a aussi des forces, il y a des personnes qui se tiennent debout. Il existe des voisins bienveillants, qui gardent un œil ouvert et tendent la main. Il y a des liens tissés serrés avec des organismes du quartier.
Même avec des fins de mois difficiles, il y a de la fierté à se débrouiller, à s’organiser, grâce à un petit travail, grâce aux cuisines collectives et à toute économie de la récupération. Après des heures sombres, il y a des victoires à célébrer, petites et parfois grandes.
Et les écoles où les enfants sont accueillis avec respect et les professeurs, ils ne tiendraient pas si les situations étaient désespérées. Souvent, les enfants sont présentés comme des victimes de la pauvreté. Pourtant une des aspirations profondes de ces enfants est que leurs parents soient respectés et soutenus dans leurs efforts.
Dans la famille, les enfants sont témoins des échecs et des souffrances de leurs parents mais aussi de leur courage et de leur résistance.

Si vous cherchez de l’espoir dans ce quartier, vous en trouverez.

Marie Christine H. (Quart Monde, janvier 2011)

2009-12-22

JE CONNAIS LA VALEUR DE L’ARGENT


Dany a connu l’adversité de la vie : « Je sais ce que c’est que de vivre la déchéance sociale qui conduit à l’exclusion. Quand j’avais 10 ans, on a fait faillite, je passais le journal pour payer mes vêtements. Je n’oublierai jamais le soir où un représentant d’Hydro est venu couper l’électricité et n’a même pas voulu laisser le temps à ma mère de finir son souper pour nourrir la famille, dans la cour de l’école on m’appelait ‘faillite’, ça m’a marqué. Mes amis disent de moi que je suis cheap parce que je ne suis pas dépensier et que je fais rarement des folies. Je suis très sensible aux exclus, c’est pourquoi chaque fois que je peux faire un petit quelque chose, ne serait-ce qu’un sourire ou une conversation, à quelqu’un qui me tend la main dans la rue, je le fais. »

Dany T. (Revue de presse, ATD Quart Monde)

2008-10-02

HEUREUX DE CE QUE J’AI

J’aime beaucoup les bijoux, j’habite un quartier défavorisé mais je fais attention à mon image.

L’argent que je mettais dans la drogue et l’alcool est investi maintenant dans les choses plus essentielles comme la nourriture, des cadeaux que je fais aux personnes qui me sont proches.

Quand j’ai arrêté de fumer, je me suis permis un voyage pour aller voir ma famille.

Je crois que le fait d’avoir connu la rue et la pauvreté me fait apprécier ce que j’ai aujourd’hui.

J’ai des rêves mais je suis heureux de ce que j’ai aujourd’hui.

Richard T. (L’Itinéraire)