Dépendant à l’alcool et à la drogue pendant 20 ans, Richard décide un jour de tout arrêter, il est très critique envers lui-même et se nomme comme seul responsable de ce qui s'est passé. «Aujourd’hui je suis fier de moi.» Rendu à 55 ans, il est libéré de toutes ses dépendances et profite des simples choses de la vie. Il voit ses trois enfants, 28, 26 et 22 ans. Aujourd’hui s’ils ont besoin de lui, il est là pour eux. Il les invite à être heureux sans oublier que c’est important de s’entraider.
Maintenant Richard a perdu du poids et on le sent bien dans sa tête et dans son corps. Quand il fait le bilan aujourd’hui, ça se compte par décennies : 19 ans au même point de vente de l’Itinéraire, 23 ans de sobriété, 11 ans sans tabac. Un parcours semé d’embûches mais qui, grâce à son courage, sa volonté et sa persévérance, l’amène à une vie saine et équilibrée dans laquelle il se projette.
Extraits de la Revue l’Itinéraire
Rédaction : L. Thélème
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2017-01-23
2016-02-28
DU RESSORT POUR CONTINUER
La vie n’est pas toujours faite de petits riens, il y a aussi des misères, petites ou grandes. La vie peut s’acharner et les vents peuvent se faire violents, nous avons à montrer à la vie qui est le plus fort, même si parfois le courage diminue. Cette mise à l’épreuve nous donne du fil à retordre, mais au bout du compte, elle nous donne du ressort pour poursuivre notre parcours de vie.
Il existe des individus qui ont pour motif de vouloir toucher à tout prix le ciel et se rapprocher des étoiles pour les décrocher une à une comme des victoires sur la vie. Parfois le simple fait d’être en vie est déjà la plus grande victoire .
On entend souvent dire par les plus inspirants de ce monde qu’il faut rêver grand, espérer le meilleur, viser l’excellence, ne jamais se contenter de peu et ne jamais abandonner. Facile à dire mais difficile à faire quand le ventre crie sa faim, que le cœur vaillant n’a plus l’essentiel pour battre aussi fort qu’avant et que la dignité ne peut plus exercer son plein contrôle.
Faire quelque chose de grand pour les autres ou poser un tout petit geste, donner, surtout se relever. La résilience fait office de bouclier devant l’adversité qui se dresse comme un mur.
Extraits de l’Itinéraire : Josélito Michaud
(Publié avec autorisation)
Émilie Gamelin était doué de cette force, de cette résilience pour se relever avec grand courage, et de continuer dans l'humilité et dans l'espérance.
Th. Dr.
Il existe des individus qui ont pour motif de vouloir toucher à tout prix le ciel et se rapprocher des étoiles pour les décrocher une à une comme des victoires sur la vie. Parfois le simple fait d’être en vie est déjà la plus grande victoire .
On entend souvent dire par les plus inspirants de ce monde qu’il faut rêver grand, espérer le meilleur, viser l’excellence, ne jamais se contenter de peu et ne jamais abandonner. Facile à dire mais difficile à faire quand le ventre crie sa faim, que le cœur vaillant n’a plus l’essentiel pour battre aussi fort qu’avant et que la dignité ne peut plus exercer son plein contrôle.
Faire quelque chose de grand pour les autres ou poser un tout petit geste, donner, surtout se relever. La résilience fait office de bouclier devant l’adversité qui se dresse comme un mur.
Extraits de l’Itinéraire : Josélito Michaud
(Publié avec autorisation)
Émilie Gamelin était doué de cette force, de cette résilience pour se relever avec grand courage, et de continuer dans l'humilité et dans l'espérance.
Th. Dr.
2015-11-02
TÉMOIGNAGE DE DENISE BOMBARDIER
J’ai vécu en début de semaine une plongée dans le monde des religieuses. J’étais la seule femme laïque invitée à adresser la parole à plus de 300 religieuses toutes communautés confondues dans le cadre d’un colloque sur leur avenir qui se déroulait à Québec.
Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.
Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.
Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude. (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)
Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.
Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.
Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?
Denise Bombardier
Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.
Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.
Respect de l’autre
Deux jours passés avec elles et l’on retrouve la sérénité, le calme, la discipline et une politesse qui ne sont que l’expression extérieure du respect de l’autre. Je les observais. Sages, pendant les exposés, elles prenaient des notes avec leur écriture appliquée qu’elles ont transmise durant des générations aux enfants du Québec.Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude. (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)
Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.
Des femmes fortes
Combien de Québécois, croyants ou non, se remettent en question comme les religieuses rencontrées cette semaine? J’ai croisé des femmes fortes qui ont dirigé leurs communautés avec une efficacité administrative que devraient leur envier beaucoup de gestionnaires d’aujourd’hui.Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.
Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?
Denise Bombardier
2015-03-09
SI CHAQUE SOIR MEURT UNE ROSE
Chant de Richard Anthony
Réflexions de Pierre, camelot :
«Si chaque soir meurt une rose,
chaque matin un enfant voit le jour.
S’il est vrai que la perte d’un proche signifie peine,
souffrance et vide,
on peut apprendre d’une telle expérience, afin qu’elle ne
nous détruise pas
et nous aide à croître malgré les émotions liées au deuil.
S’il y a le chagrin de voir un être aimé décliner et être
impuissant,
nous devons nous raccrocher à l’essentiel et ne pas oublier
d’utiliser notre potentiel
afin de profiter au mieux du temps que le sablier de
la vie nous réserve.
Si le décès d’un proche nous bouscule en faisant monter des
émotions,
Que cela nous amène à chercher d’améliorer notre façon de
vivre en société.
Il faut prendre le temps de vivre son deuil
pour ensuite être en mesure de passer de l’autre côté
des larmes
et entreprendre une autre étape de la vie.»
Lu dans l’Itinéraire - autorisation de publier
2013-02-07
D’UN CAMELOT À L’AUTRE
Je tiens à souligner ma grande appréciation au camelot Yvon qui m’a conseillé d’acheter le magazine L’Itinéraire à Côte-des-Neiges parce qu’une jeune femme commençait à vendre le journal et était encore en formation. En agissant de la sorte, il perdait une partie de son revenu, mais sa générosité a pris le dessus.
Thérèse H. (camelot)
Je lève mon chapeau à tous les camelots de l’Itinéraire. Je les trouve courageux de faire face aux défis d’offrir un produit de qualité à des gens pas toujours réceptifs, souvent même insolents et qui ignorent la situation des camelots ou sont indifférents aux problèmes de l’itinérance à Montréal ou dans les grandes villes.
Merci et longue vie!
Charlotte, lectrice
2012-01-12
DE HAÏTI À MONTRÉAL
Deux ans après…
Wolguie a vécu l’horreur du séisme du 12 janvier 2010.
C’est sa fille Laurence, vivant à Montréal depuis 5 ans, qui l’a fait venir au Canada avec sa fille de 20 ans et son fils de 33 ans, aveugle : «Je ne serais jamais partie sans lui, il ne peut pas vivre seul», affirme Wolguie.
Le regard de cette femme courageuse s’assombrit lorsqu’elle repense à la journée du tremblement de terre, l’émotion qui se lit sur son visage laisse imaginer l’horreur qu’elle a vécue. Chez sa fille, la maison s’est organisée peu à peu, avec son mari et leurs deux enfants, Wolguie, son fils et sa fille.
Le grand désir de Wolguie c’est de se trouver un travail, de prendre un appartement avec ses deux enfants et d’envoyer un peu d’argent à sa filleule qu’elle a laissée en Haïti avec les quelque 500, 000 personnes, victimes du séisme et vivant encore dans des camps de déplacés.
Wolguie aime beaucoup le Québec. Toute la famille est réunie et ses petits-enfants lui répètent sans cesse ‘Je t’aime grand’mère’. «Ma fille m’a accueillie chez elle, maintenant c’est à mon tour de lui aider».
Julie D. (L’Itinéraire)
Wolguie a vécu l’horreur du séisme du 12 janvier 2010.
C’est sa fille Laurence, vivant à Montréal depuis 5 ans, qui l’a fait venir au Canada avec sa fille de 20 ans et son fils de 33 ans, aveugle : «Je ne serais jamais partie sans lui, il ne peut pas vivre seul», affirme Wolguie.
Le regard de cette femme courageuse s’assombrit lorsqu’elle repense à la journée du tremblement de terre, l’émotion qui se lit sur son visage laisse imaginer l’horreur qu’elle a vécue. Chez sa fille, la maison s’est organisée peu à peu, avec son mari et leurs deux enfants, Wolguie, son fils et sa fille.
Le grand désir de Wolguie c’est de se trouver un travail, de prendre un appartement avec ses deux enfants et d’envoyer un peu d’argent à sa filleule qu’elle a laissée en Haïti avec les quelque 500, 000 personnes, victimes du séisme et vivant encore dans des camps de déplacés.
Wolguie aime beaucoup le Québec. Toute la famille est réunie et ses petits-enfants lui répètent sans cesse ‘Je t’aime grand’mère’. «Ma fille m’a accueillie chez elle, maintenant c’est à mon tour de lui aider».
Julie D. (L’Itinéraire)
2011-12-04
LYNE, LA COURAGEUSE
J'ai connu l'Itinéraire grâce à un ami. C'est lui qui m'en a parlé et il m'a beaucoup encouragée à devenir camelot. C'est aussi grâce à Robert, le coordonnateur de la distribution, qui m'a donné la chance de travailler pour le magazine. Mais c'est quand même moi qui a pris la décision de le faire, pour moi-même.
Au début, je n'étais pas sûre de moi, j'étais gênée et je manquais de confiance en moi. Je n'étais pas motivée autant qu'aujourd'hui. Maintenant, même si j'ai encore du travail à faire, j'ai beaucoup amélioré l'estime que j'ai de moi-même, grâce à la vente des revues et du contact avec les clients. Que je vende une seule revue ou plusieurs durant une journée, je reste positive et motivée. La vente du magazine L'Itinéraire m'a permis d'avoir un travail fixe à Montréal et d'arrêter d'être instable. Ça m'apporte également une fierté de travailler. J'adore le contact aves les clients et j'ai hâte de les connaître davantage.
Au début, je n'étais pas sûre de moi, j'étais gênée et je manquais de confiance en moi. Je n'étais pas motivée autant qu'aujourd'hui. Maintenant, même si j'ai encore du travail à faire, j'ai beaucoup amélioré l'estime que j'ai de moi-même, grâce à la vente des revues et du contact avec les clients. Que je vende une seule revue ou plusieurs durant une journée, je reste positive et motivée. La vente du magazine L'Itinéraire m'a permis d'avoir un travail fixe à Montréal et d'arrêter d'être instable. Ça m'apporte également une fierté de travailler. J'adore le contact aves les clients et j'ai hâte de les connaître davantage.
2011-11-28
L'UNIVERSITÉ POPULAIRE QUART MONDE
Marie-C. m'a invitée à une petite rencontre dans le quartier. Je suis allée voir par curiosité. J'ai aimé ça. On échange autour d'un sujet et il y a du respect pour toutes les personnes. Puis, j'ai été à la grande rencontre. La première fois, je n'ai pas parlé, j'étais gênée. Je regardais autour de moi, mais à la deuxième grande rencontre sur le travail bénévole, j'ai pris la parole. J'ai parlé du bénévolat que je fais à la garderie et à l'école. J'ai parlé de mes rencontres avec mon voisin René et à mon amie Annie. On s'est donné rendez-vous sur la rue et on est allées à la petite rencontre ensemble. J'ai aimé la rencontre sur le thème du travail. Cela faisait un an que je me disais que je devrais chercher du travail. Comme on parlait du travail, ça m'a allumée; j'ai appelé Emploi Québec et j'ai renontré quelqu'un. C'est comme ça que j'ai commencé à faire de la cuisine pour des jeunes sans-abri. Mais je suis maintenent en arrêt de travail, la santé ne suit pas. Je vais continuer à participer aux rencontres l'an prochain parce qu'on apprend des choses et ça aide à s'ouvrir parce que quand on vit des choses difficiles, on se referme. J'ai même des sujets à proposer.
Je veux dire combien j'ai été touchée par ce qui se passe à l'Université populaire. J'ai beaucoup aimé la soirée. Je trouve beau de voir le courage des gens de venir apprendre, de vouloir s'ouvrir, et impressionnant la qualité des connaissances générées par la mise en commun et les discussions.
(Martine, chercheuse à l'Université McGill, Montréal)
Je veux dire combien j'ai été touchée par ce qui se passe à l'Université populaire. J'ai beaucoup aimé la soirée. Je trouve beau de voir le courage des gens de venir apprendre, de vouloir s'ouvrir, et impressionnant la qualité des connaissances générées par la mise en commun et les discussions.
(Martine, chercheuse à l'Université McGill, Montréal)
2011-04-07
UN REGARD POSITIF SUR UN QUARTIER PAUVRE
Un volume paru récemment présente un quartier souvent reconnu dans ses côtés noirs et gris. Christine a un autre regard sur celui qu’elle habite et où elle s’implique.
Oui la grande pauvreté sévit dans le quartier, les enfants sont exposés plus qu’ailleurs au malheur. Mais la vie de ces enfants et de ce quartier n’est pas d’une seule couleur.
Dans ces familles, il y a aussi des forces, il y a des personnes qui se tiennent debout. Il existe des voisins bienveillants, qui gardent un œil ouvert et tendent la main. Il y a des liens tissés serrés avec des organismes du quartier.
Même avec des fins de mois difficiles, il y a de la fierté à se débrouiller, à s’organiser, grâce à un petit travail, grâce aux cuisines collectives et à toute économie de la récupération. Après des heures sombres, il y a des victoires à célébrer, petites et parfois grandes.
Et les écoles où les enfants sont accueillis avec respect et les professeurs, ils ne tiendraient pas si les situations étaient désespérées. Souvent, les enfants sont présentés comme des victimes de la pauvreté. Pourtant une des aspirations profondes de ces enfants est que leurs parents soient respectés et soutenus dans leurs efforts.
Dans la famille, les enfants sont témoins des échecs et des souffrances de leurs parents mais aussi de leur courage et de leur résistance.
Si vous cherchez de l’espoir dans ce quartier, vous en trouverez.
Marie Christine H. (Quart Monde, janvier 2011)
Oui la grande pauvreté sévit dans le quartier, les enfants sont exposés plus qu’ailleurs au malheur. Mais la vie de ces enfants et de ce quartier n’est pas d’une seule couleur.
Dans ces familles, il y a aussi des forces, il y a des personnes qui se tiennent debout. Il existe des voisins bienveillants, qui gardent un œil ouvert et tendent la main. Il y a des liens tissés serrés avec des organismes du quartier.
Même avec des fins de mois difficiles, il y a de la fierté à se débrouiller, à s’organiser, grâce à un petit travail, grâce aux cuisines collectives et à toute économie de la récupération. Après des heures sombres, il y a des victoires à célébrer, petites et parfois grandes.
Et les écoles où les enfants sont accueillis avec respect et les professeurs, ils ne tiendraient pas si les situations étaient désespérées. Souvent, les enfants sont présentés comme des victimes de la pauvreté. Pourtant une des aspirations profondes de ces enfants est que leurs parents soient respectés et soutenus dans leurs efforts.
Dans la famille, les enfants sont témoins des échecs et des souffrances de leurs parents mais aussi de leur courage et de leur résistance.
Si vous cherchez de l’espoir dans ce quartier, vous en trouverez.
Marie Christine H. (Quart Monde, janvier 2011)
2010-03-05
RIC… un résilient
Jeune, il souffre de l’alcoolisme de son père qui fait vivre un véritable enfer à sa famille. C’est grâce à la présence aimante de sa mère et de sa grand-mère qu’il est parvenu à garder son équilibre et à ne pas reproduire le modèle paternel. Éric se considère comme un être ‘résilient’, qui a trouvé la force de rebondir face à l’adversité.
A l’école, son physique frêle fait de lui le ‘souffre-douleur’ des autres garçons. Après un certain temps, Ric prend conscience que sa vie doit changer. « Je me souviens du jour où je me suis dit que je voulais être heureux dans la vie. J’ai étudié les faiblesses des ‘forts’ qui m’écrasaient et j’ai appris à me battre avec mes mots. J’ai développé ma force de frappe, oratoire! J’ai compris que je pouvais trouver des réponses pour intimider ceux qui étaient sur mon dos. Et ça a fonctionné ! J’ai intimidé le plus fort de mes bourreaux devant tout le monde et il a cessé de me harceler ».
Lentement Ric reconstruit sa vie et s’améliore à un point tel que c’est lui qui devient la ‘vedette’ de l’école. Il fait rire les autres et surtout, il se porte à la défense de ceux qui subissent le calvaire qu’il a connu. C’ÉTAIT GAGNÉ !
(L’Itinéraire, mars 2010)
Jeune, il souffre de l’alcoolisme de son père qui fait vivre un véritable enfer à sa famille. C’est grâce à la présence aimante de sa mère et de sa grand-mère qu’il est parvenu à garder son équilibre et à ne pas reproduire le modèle paternel. Éric se considère comme un être ‘résilient’, qui a trouvé la force de rebondir face à l’adversité.
A l’école, son physique frêle fait de lui le ‘souffre-douleur’ des autres garçons. Après un certain temps, Ric prend conscience que sa vie doit changer. « Je me souviens du jour où je me suis dit que je voulais être heureux dans la vie. J’ai étudié les faiblesses des ‘forts’ qui m’écrasaient et j’ai appris à me battre avec mes mots. J’ai développé ma force de frappe, oratoire! J’ai compris que je pouvais trouver des réponses pour intimider ceux qui étaient sur mon dos. Et ça a fonctionné ! J’ai intimidé le plus fort de mes bourreaux devant tout le monde et il a cessé de me harceler ».
Lentement Ric reconstruit sa vie et s’améliore à un point tel que c’est lui qui devient la ‘vedette’ de l’école. Il fait rire les autres et surtout, il se porte à la défense de ceux qui subissent le calvaire qu’il a connu. C’ÉTAIT GAGNÉ !
(L’Itinéraire, mars 2010)
2008-10-21
MA VIE N’EST PAS TOUJOURS ROSE
par Michel L.
J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.
Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?
À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.
(L’Itinéraire, octobre 2008)
par Michel L.
J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.
Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?
À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.
(L’Itinéraire, octobre 2008)
2008-10-02
JE MARCHE LA TÊTE HAUTE
France a travaillé comme couturière jusqu’à 46 ans, sans savoir lire et écrire. A cet âge, elle s’inscrit à un groupe en alphabétisation et elle reprend confiance. « J’ai désormais plus d’assurance en mes capacités ».
Son énergie a gagné sa fille qui s’apprête à entrer au GEGEP. « Ma fille a appris aussi à travers ma démarche. Elle m’a vue me prendre en mains et ça l’encourage. Elle a compris qu’il ne faut pas attendre après les autres pour s’aider soi-même ».
« J’encourage les adultes à avouer leurs difficultés avec la lecture, à s’inscrire en alphabétisation et à cesser d’avoir peur ».
France a retrouvé la fierté. « J’ai appris à m’accepter et je marche la tête haute ».
(L’Itinéraire, septembre 2008)
France a travaillé comme couturière jusqu’à 46 ans, sans savoir lire et écrire. A cet âge, elle s’inscrit à un groupe en alphabétisation et elle reprend confiance. « J’ai désormais plus d’assurance en mes capacités ».
Son énergie a gagné sa fille qui s’apprête à entrer au GEGEP. « Ma fille a appris aussi à travers ma démarche. Elle m’a vue me prendre en mains et ça l’encourage. Elle a compris qu’il ne faut pas attendre après les autres pour s’aider soi-même ».
« J’encourage les adultes à avouer leurs difficultés avec la lecture, à s’inscrire en alphabétisation et à cesser d’avoir peur ».
France a retrouvé la fierté. « J’ai appris à m’accepter et je marche la tête haute ».
(L’Itinéraire, septembre 2008)
2008-08-06
CLAUDE NOUS PARLE DE LUI
« Apprendre à se connaître, c’est connaître plus que nos noms et nos prénoms : c’est se dire qui on est, parler de sa famille… on a tout un passé. »
Je suis né dans la ville de Québec, au Canada. Je suis le 6e d’une famille de 8 enfants et je considère que je suis d’une famille multiculturelle, une famille du Monde. Mon grand-père était écossais et ma grand’mère était amérindienne. Mon autre grand-père s’est sauvé de la Bulgarie, il s’est marié à une Acadienne.
Mon premier engagement pour le Mouvement Quart Monde a été quand on m’a demandé d’organiser la délégation des jeunes qui se rendaient à Genève, au Bureau International du Travail.
Ce n’est pas la misère des familles qui m’a engagé – la misère ne peut pas engager les gens, elle trop pénible – c’est le courage que ces familles ont, même dans les moments les plus difficiles. Ce sont les efforts que font les gens qui disent qu’il est possible de s’engager aux côtés et avec les familles de la misère.
Mon engagement dans le Volontariat a mûri. Il y a eu des moments durs comme des moments fantastiques. Des amitiés se sont créées avec des volontaires et avec des familles. Certains sont devenus très importants pour moi.
Cette communauté, ce groupe de volontaires me fait vivre et me garde heureux. Chaque nouveau jour est un jour de bonheur. Je suis heureux tous les matins quand je me lève parce que pleins de nouvelles choses m’attendent.
Claude D.
Claude est décédé à 43 ans, au cours d’une fête réunissant de nombreux volontaires et amis.
« Apprendre à se connaître, c’est connaître plus que nos noms et nos prénoms : c’est se dire qui on est, parler de sa famille… on a tout un passé. »
Je suis né dans la ville de Québec, au Canada. Je suis le 6e d’une famille de 8 enfants et je considère que je suis d’une famille multiculturelle, une famille du Monde. Mon grand-père était écossais et ma grand’mère était amérindienne. Mon autre grand-père s’est sauvé de la Bulgarie, il s’est marié à une Acadienne.
Mon premier engagement pour le Mouvement Quart Monde a été quand on m’a demandé d’organiser la délégation des jeunes qui se rendaient à Genève, au Bureau International du Travail.
Ce n’est pas la misère des familles qui m’a engagé – la misère ne peut pas engager les gens, elle trop pénible – c’est le courage que ces familles ont, même dans les moments les plus difficiles. Ce sont les efforts que font les gens qui disent qu’il est possible de s’engager aux côtés et avec les familles de la misère.
Mon engagement dans le Volontariat a mûri. Il y a eu des moments durs comme des moments fantastiques. Des amitiés se sont créées avec des volontaires et avec des familles. Certains sont devenus très importants pour moi.
Cette communauté, ce groupe de volontaires me fait vivre et me garde heureux. Chaque nouveau jour est un jour de bonheur. Je suis heureux tous les matins quand je me lève parce que pleins de nouvelles choses m’attendent.
Claude D.
Claude est décédé à 43 ans, au cours d’une fête réunissant de nombreux volontaires et amis.
2008-04-15
UNE AUTRE JOURNÉE COMMENCE
J’ai décidé de publier dans mon Journal de rue l’une de mes peintures, celle qui est suspendue sur un mur à la maison et dont le thème est « Lever du soleil ». Le soleil m’inspire beaucoup. Cela fait environ un an que j’ai commencé à peindre. C’est un atelier de peinture qui m’a donné le goût de prendre les pinceaux, il y a un an. Je peins au rythme d’une fois par semaine.
J’ai décidé de publier dans mon Journal de rue l’une de mes peintures, celle qui est suspendue sur un mur à la maison et dont le thème est « Lever du soleil ». Le soleil m’inspire beaucoup. Cela fait environ un an que j’ai commencé à peindre. C’est un atelier de peinture qui m’a donné le goût de prendre les pinceaux, il y a un an. Je peins au rythme d’une fois par semaine.
C’est par la peinture que je peux m’exprimer davantage, donner un sens à ma vie, transmettre mes émotions et mes sentiments et partager mes pensées. Tiens voici une de mes pensées :
Quand le ciel est gris, regarde vers la Terre,
Quand le ciel est bleu, regarde vers les cieux.
Quand le ciel est bleu, regarde vers les cieux.
Jacques É.
2008-03-06
UNE PERSONNE BLESSÉE,
Ana est née au Salvador.
« Toute jeune, j’ai été abusée par mon frère, mon père, mon beau-père, les voisins. A 18 ans, je suis partie au Guatemala, puis au Mexique. A travers une vie de misère et d’itinérance, j’ai eu trois enfants dont un trisomique. Puis je suis passée aux Etats-Unis où, malgré mon manque d’instruction car je ne suis jamais allée à l’école, j’ai fini par exercer de vrais métiers : blanchisseuse, couturière. Mon idée était d’aller au Canada pour éloigner mes enfants de la misère. A 49 ans, le Canada et le Québec m’accueillent et pour la première fois j’ai obtenu un appartement et découvert une dignité que je n’avais jamais connue. Maintenant, je me sens considérée comme une personne. Une personne blessée mais une personne quand même. »
__________________
Bravo Ana, pour ton courage, ta volonté de sortir de ta misère et ton amour pour tes enfant! Nous te souhaitons de trouver au Canada un milieu et des gens qui reconnaissent tes droits de femme et de mère pour que tu puisses vivre dans la dignité. Tu as toute ma compassion !
Ana est née au Salvador.
« Toute jeune, j’ai été abusée par mon frère, mon père, mon beau-père, les voisins. A 18 ans, je suis partie au Guatemala, puis au Mexique. A travers une vie de misère et d’itinérance, j’ai eu trois enfants dont un trisomique. Puis je suis passée aux Etats-Unis où, malgré mon manque d’instruction car je ne suis jamais allée à l’école, j’ai fini par exercer de vrais métiers : blanchisseuse, couturière. Mon idée était d’aller au Canada pour éloigner mes enfants de la misère. A 49 ans, le Canada et le Québec m’accueillent et pour la première fois j’ai obtenu un appartement et découvert une dignité que je n’avais jamais connue. Maintenant, je me sens considérée comme une personne. Une personne blessée mais une personne quand même. »
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Bravo Ana, pour ton courage, ta volonté de sortir de ta misère et ton amour pour tes enfant! Nous te souhaitons de trouver au Canada un milieu et des gens qui reconnaissent tes droits de femme et de mère pour que tu puisses vivre dans la dignité. Tu as toute ma compassion !
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