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2018-01-26

SAISIR SA CHANCE

On critique souvent les assistés sociaux, certains préjugés circulent les concernant.  Je les entends souvent ces commentaires et je suis fatigué de les entendre ces mêmes commentaires négatifs. Les gens devraient revoir leurs conceptions sur le sujet. 

Je reçois moi-même des prestations gouvernementales depuis des années.  Mais voilà qu’un changement s’est produit dernièrement et c’est très positif dans mon cas. C’est en vendant le journal sur la rue qu’un de mes clients m’a proposé une opportunité.  Il m’a donné sa carte  d’affaires afin que je lui envoie mon CV qu’il a donné à un de ses employés pour un poste dans une compagnie de sondage.  Je suis donc allé voir son superviseur et vous savez quelle surprise j’ai eue?  On m’a donné la chance de travailler. C‘est ainsi que les circonstances m’ont amené à rencontrer des gens et ces mêmes personnes m’ont vu fonctionner et ont observé que j’ai peut-être du potentiel.  Certes, ce client m’a donné la chance et la possibilité de travailler, c’est certain que c’est à moi de faire mes preuves et d’oser faire les choses autrement.  Je ne sais pas combien de temps je vais travailler dans le sondage téléphonique.  Mais au moins, cela me donne espoir que je puisse revenir sur le marche du travail.  Je vais pouvoir enfin me considérer comme une personne active dans la société.  Je respire mieux enfin. Je remercie fortement cet homme de me donner l’opportunité de reprendre ma place dans la société.

Fr. Lambert (Lu au journal l’Itinéraire, publié avec autorisation)

2017-07-28

PREMIER CHIEN AU QUÉBEC


Kanak  est le1er chien en son genre au Québec, un chien policier de soutien émotionnel qui réconforte les victimes durant leurs entrevues au Service de police, plus spécifiquement les jeunes abusés de différentes façons. La présence de Kanak les réconforte car c’est rassurant, ça apaise et libère la parole.

La détective Mélanie Bédard s’est lancée dans l’aventure, convaincue des bienfaits qu’un animal de soutien aurait pour ces jeunes.

En 9 mois, Kanak est venu en aide à 67 personnes, en majorité des enfants, mais il est aussi intervenu auprès d’une femme qui avait été séquestrée et violentée par son conjoint. La victime a flatté le labrador tout le long de l’entrevue, elle s’est couchée la tête sur la sienne à quelques reprises et a pu terminer sa déclaration.

Au Canada, on compte près d’une vingtaine de chiens de soutien, alors que la pratique date de 1989 aux États-Unis où leur nombre se chiffre à 137.

Source : L’Itinéraire, juin 2017. Publié avec autorisation

2017-06-16

FACE À LA RUE


Un jour, à un feu rouge, quelqu’un s’approche et me dit : ‘’Salut!’’. Je n’avais pas d’autre choix que de lui parler parce que j’étais en voiture, toit et fenêtres baissés. Je ne pouvais pas faire semblant de ne pas le voir. Je lui ai dit bonjour à mon tour.  C’est juste après cet instant que j’ai ressenti un grand bien être. Cet homme ne m’avait rien demandé, il était de bonne humeur, lumineux, affichait un superbe sourire.  Je l’ai revu à plusieurs reprises, j’ai engagé la conversation avec lui et on a vraiment connecté.  Je me suis aperçu qu’il avait juste besoin de contact. Oui, il avait aussi besoin d’argent, mais un simple sourire et une attitude d’ouverture l’ont beaucoup plus enrichi qu’une simple pièce d’argent.  C’est à partir de là que je me suis mis à consigner mes peurs et mes réflexions dans un cahier de notes.
Plus tard, mes notes ont servi pour un documentaire, Face à la rue, qui avait pour thème l’itinérance, une succession de réflexions et de conversations, la réalité des gens dans la rue : la pauvreté, la dépendance, les familles, la violence, la réalité des femmes, la santé physique et mentale, le mal de vivre, la vieillesse, les gens qui pensent que la rue est un choix.

A la fin de chaque rencontre, je me suis senti profondément ému, avec un désir d’aider, de tendre la main. C’était un cadeau. Je me sentais synchronisé avec leurs émotions. Des fois je me retournais et je voyais le caméraman pleurer, souvent on avait le motton dans la gorge parce qu’on venait de vivre quelque chose de très fort. J’avais besoin de vider mes émotions.

Mon regard a changé. J’accepte mieux mes malaises. C’est une bonne base que de prendre conscience de ce que je ressens. J’espère que le documentaire permettra aux gens de se mettre à la place des autres. Je souhaite qu’il incite les gens à se demander comment ils réagiraient s’ils se retrouvaient à la rue. C’est à nous d’aller vers ceux qui ne savent pas à qui s’adresser ou qui ne peuvent se déplacer. Je pense également que tout être humain a besoin d’être valorisé. On a beau faire du sport, du bénévolat, plein de choses qui nous valorisent, je pense essentiel d’avoir un travail dans lequel tu te sens utile,  pour lequel ta valeur sert à la communauté.

Jean-Marie Lapointe (extraits)
(Lu au journal L’Itinéraire)
Publié avec autorisation


2017-04-20

CLAUDE, ITINÉRANT DEVENU PRÊTRE

Au centre-ville, avec les sans-abri, les prostituées, les toxicomanes. Il les écoute, essaie de leur apporter un peu de réconfort. Il arpente le quartier, il en rencontre, il leur donne un coup de pouce en leur achetant des médicaments ou des vêtements ou en leur payant un repas. « Je n’essaie pas de les sortir de la rue, je les réconforte.»
A l’hôpital où il travaille, il s’occupe des personnes seules et désespérées, il accompagne les mourants qui n’ont pas de famille. Jeune, il avait voulu être missionnaire mais lorsque son grand-père est mort, il avait 13 ans, il a calé sa première bière pour endormir sa peine. Puis ce fut une longue descente aux enfers, qui a pris fin à l’âge de 40 ans.

Un jour, il a eu peur, il s’est dit qu’il ne voulait pas mourir dans la rue. Il est retourné aux études, il a été ordonné prêtre, pas pour être en paroisse, mais pour travailler avec les pauvres. Claude a des projets plein la tête. Il veut créer une fondation pour aider les démunis. «J’aimerais avoir une petite ferme, juste un petit coin de verdure pour que les toxicomanes, les prostituées puissent se reposer un week-end.»

Claude a réalisé son rêve d’être missionnaire, mais pas en Afrique, ici, chez nous.
(La Presse, avril 2008)
……………………………………
Probablement le même Claude, en 2017, est appelé Curé de la rue, dealer d’espoir. Il est encore sur la rue, avec les pauvres, les prostitués. Il a été un des leurs, il en est sorti en devenant prêtre et maintenant il retourne à la rue, pour être de nouveau avec eux, pour être plus efficace, lorsqu’il se met à leur niveau. ‘’J’ai été et je resterai un peu comme eux.  Toute ma  vie, je serai dépendant, même si je ne consomme plus. Aujourd’hui, je peux confesser les gens qui le demandent car même s’ils sont dans la rue, ils peuvent se libérer’’.
Abbé Claude Paradis, (L’Itinéraire, mars 2017, publié avec autorisation)



2017-02-03

TROUVE-TOI DONC UNE JOB

Un camelot est à la porte d’un métro, quelques personnes s’arrêtent pour lui parler ou acheter son journal de rue, d’autres lui sourient avec un ‘’Bonjour poli’’, certains baissent les yeux. Et puis, quelqu’un lui lance «Trouve-toi donc une job.» Plusieurs étiquettes sont apposées sur les camelots : itinérants, pauvres, BS, paresseux, fraudeurs. Et la liste est longue!

Sans doute, ce n’est pas comme travailler dans un bureau, de 9 à 5, ou pour une agence de publicité ou être cuisinier ou serveur dans un restaurant.

Il suffit pourtant de s’arrêter quelques instants et parler aux camelots pour réaliser que les étiquettes sont fausses. Certains travaillent d’arrache-pied, 7 jours sur 7, pour à peine survivre. Plusieurs ont des diplômes, mais ne peuvent se trouver un emploi. D’autres avaient un emploi stable et une famille, mais un burnout les a éloignés du marché du travail. Certains gèrent beaucoup mieux leur budget que moi et possèdent une résilience incroyable à travers les épreuves.  Voilà les étiquettes qu’on devrait leur coller!

Charles-Éric, (L’Itinéraire) publié avec autorisation


2016-09-26

ZOOM SUR LUCIEN

Camelot depuis quatre ans, Lucien est heureux dans ce travail : la vente de l’Itinéraire. Pour lui, l’Itinéraire est un passe-temps qui remplit une fonction sociale importante.

Ayant travaillé toute sa vie, Lucien a toujours été occupé.  En tombant à la retraite, sans être itinérant, il est devenu camelot pour l’Itinéraire qui est, pour lui, un moyen de redonner au suivant, car il aime beaucoup la cause du journal l’Itinéraire.
Lucien n’est pas prêt à regarder le temps passer.

Si vous le croisez, ne manquez pas l’opportunité d’avoir une discussion enrichissante avec un homme plein de sagesse et de bonté.

Jennifer, bénévole à la rédaction.
(Publié avec autorisation)

2016-06-21

AUX FUNÉRAILLES DE ROSE-MARIE


 CHOISIE POUR SERVIR  (Matthieu 25, 31-45)

Rose-Marie était une femme consacrée au service des autres et de l'Autre.  Maurice Zundel, mystique du siècle dernier que Rose-Marie aimait beaucoup, ne cessait de redire qu'au centre de sa toile, Dieu inscrivit cette prodigieuse équation: l'humain=Dieu.  Femme qui était de l'étoffe de Dieu, elle l'a revêtue toute sa vie, elle a signé de sa vie le legs testamentaire de Jésus au soir du Jeudi Saint: celui du service par en bas représenté par l'abaissement et le lavement des pieds et celui du service par en haut  en le servant dans son Eucharistie quotidienne. Elle est demeurée, même aux heures de grandes souffrances devant le vécu humain, devant les atrocités des comportements de destruction que nous observons, en tenue  de service, en tenue de foi.

L'évangile de Matthieu  photographie bien ce que fut sa vie. Rose-Marie ne refusait jamais rien, ne s'arrêtait jamais. On pouvait lui demander n'importe quand, n'importe quel service. Sa joie était grande de faire naître à la foi les enfants qu'elle accompagnait dans leur confirmation, leur communion, leur première confession. Elle prit aussi au sérieux ce qu'écrit l'apôtre Matthieu. « J'étais malade, et vous m'avez visité, pauvre, et vous m'avez vêtu. »    Sa manière de vivre était signée JÉSUS VENU POUR SERVIR.  Son service a mis au monde beaucoup de personnes. Rose-Marie vient de signer de sa vie ce que disait cet enfant. ‘’ Elle vient de donner, de nous donner ce qu’il lui restait à donner : sa vie. ‘’

Elle vient de faire don de sa vie au Dieu de sa foi. Elle  vient de passer de ce monde à son Père. Elle connait maintenant la grâce des grâces, le bonheur des bonheurs : une vie sans souffrance, une vie de plénitude. Telle est notre foi. Telle était sa foi. Comme Marie, elle s'est fait visitation. Sur la route, elle n'a jamais perdu son enthousiasme, sa fougue, son empressement à s'offrir, à prendre les devants.

Cette vie vécue en état de service, en état de course pour dépanner, toujours avec joie, s’est transformée ces dernières années en une vie offrande de sa souffrance,  de plus en plus pénétrante, insupportable aussi. Dieu voulait qu’elle termine sa vie dans son sacerdoce.

Rose-Marie vient d’entrer dans cet « espace neuf »- peu importe où, mais « neuf » - dans cette espèce de vie nouvelle, disent les Pères de l’Église, que sa foi lui assurait de rejoindre. Elle vient de changer d’adresse, de citoyenneté. Elle devient citoyenne du ciel,  membre de la famille de Dieu (Ep. 2, 20).

Que ce soit au moment où la maladie faisait son œuvre, elle offrait son aide aux plus démunis en rédigeant plus de 130 rapports d'impôt. Que ce soit par sa disponibilité à s'occuper du service d'accompagnement, que ce soit  sa fougue à montrer aux enfants la beauté de Dieu, que ce soit en offrant son temps au bazar, ou sa voix chantante pour élever les cœurs à la prière, elle n'était que service. Elle n'était que compassion. Elle préférait trébucher plutôt que de ne rien faire. Cette terre pour Rose-Marie n'était pas pour demain, ni après demain, ni pour dans dix ans, mais pour aujourd'hui.

Loin de moi de la canoniser. Elle avait des us et coutumes étonnants. Un matin alors que je visitais Léo, j’ai accepté un café. En lui demandant un peu de lait, j'entends cette réponse : Rose-Marie ne veut pas que j'ouvre son frigidaire.  Léo devra maintenant non seulement ouvrir le frigo, mais apprendre à se faire à manger. Elle avait des mains pour servir, un cœur pour aimer. Rencontrée à l'hôpital quelques semaines avant sa mort, elle me disait que cela la tenait en vie. Cette manière de vivre donne du poids de sens, du poids d'être à toute existence.  Nous devenons humains en servant. Elle n'était pas,  comme l'exprime le pape François, une chrétienne empesée, repliée sur elle-même, ratatinée.

Mais qu'est-ce que servir ? Pour elle, c'était plus que de faire quelque chose, que d'agir. Pour elle, servir était son être profond. C'était son ADN, sa marque de commerce. Elle nous lègue ceci: tout chrétien est comme un livre ouvert dans lequel les jeunes générations peuvent trouver de précieuses indications pour avancer dans la vie. Rose-Marie, ta communauté chrétienne te dit MERCI parce qu'elle a reconnu Jésus en toi.

 Rose-Marie, ton époux Léo que tu aimais,  tes enfants, Guylaine, Jocelyn, Dominique te disent  malgré leurs douleurs et leur conviction que ta mort n'est pas une vraie mort, que la vie n'est pas détruite, mais transformée : maintenant laisse-toi servir par Celui que tu as tellement servi. Pars en paix, entre dans la joie de ton maître et viens t'asseoir à la table de l'Eucharistie sans fin. Pour cette vie qui s'achève: MAGNIFICAT.  AMEN.

Gérald Chaput, Valleyfield
(Publié par Th.Dr.)

2016-06-09

OPINION D’UN CONCIERGE

Un article du Journal Métro du 7 mai 2016,  rapporte les paroles de M. le Maire Denis Coderre qui a comme projet de demander au Pape François de venir à Montréal, pour les Fêtes du 375e anniversaire de fondation de Montréal :  « Ça avance très bien, les démarches vont bon train. On continue à avoir de la correspondance », dit M. Coderre. Le Maire dit aussi avoir des échanges à ce sujet avec les Évêques du Canada, avec plusieurs cardinaux, en plus d’avoir l’appui des gouvernements du Québec et du Canada. Il a  récemment transmis d’autres documents à l’appui de sa demande au Vatican.

Un concierge,  rencontré devant le monument d’Émilie Gamelin, rue Ste-Catherine, Montréal, est d’avis que le Pape François ne viendra pas à Montréal, parce que M. le Maire Coderre ne veut pas ‘montrer’ les pauvres de Montréal, alors que le Pape marche avec eux sur la rue, à Rome.

En effet, le pape François passe à l'acte et montre l'exemple. Ainsi, à en croire le Daily Mail, le souverain pontife se serait déjà échappé des ors du Vatican, la nuit, afin d'aller prêter assistance aux sans-abris de Rome. C'est en tout cas ce qu'a révélé, lors d'une conférence de presse,  Monseigneur Konrad Krajewski, l'aumônier apostolique chargé des bonnes œuvres du Pape François.

Après la visite guidée de la chapelle Sixtine, fin mars, voici que maintenant les sans-abri, les migrants et les pauvres ont assisté, au premier rang, au  concert de bienfaisance du Pape, le 14 mai dernier, dans la prestigieuse salle Paul VI ! Les hôtes illustres, qui ont occupé les places d’honneur aux premiers rangs, normalement réservées aux personnalités, ont donc été… les pauvres de Rome, a annoncé Mgr Ravelli.

 (Notes cueillies dans Newsletters, Vatican)


2015-12-29

TÉMOIGNAGES DE CAMELOTS :

Les témoignages suivants répondent aux questions, préjugés, perceptions que nous entretenons parfois par rapport à l’itinérance; ils sont un éclairage très fort, appuyé sur l’expérience du vécu par certains camelots.

GABRIEL :
Quand on a créé le magazine l’Itinéraire, en 1994, la moitié d’entre nous étions des itinérants.  Avec le temps, on a réussi à se structurer et à trouver une situation plus stable.  Peu de camelots vivent encore dans la rue aujourd’hui, mais tous sont sous le seuil de la pauvreté.

CHRISTINE :
La vente d’un journal de rue constitue un vrai travail. Au jour 1 de notre arrivée à l’Itinéraire, nous, les camelots travaillons déjà dans l’entreprise et avons le loisir de nous impliquer aussi longtemps que nous le voulons. Nous sommes des ‘entrepreneurs sociaux’ qui investissent leur propre argent pour faire partie d’une entreprise à échelle humaine.

GUY :
Le  travail de camelot nous responsabilise et nous apprend à gérer notre budget.  A mes débuts comme camelot, je continuais à me geler, mais l’Itinéraire m’a aidé à m’accrocher et à ne pas tomber dans la criminalité.  Et aujourd’hui, je ne consomme plus.  L’argent que je gagne m’aide à améliorer ma qualité de vie.

JEAN-FRANÇOIS :
Chacun peut se retrouver dans une situation d’itinérance. Des événements malheureux : divorces, isolement, problèmes de santé mentale, maladies, problèmes de consommation et de dépendance, tous des facteurs qui font tomber plus bas. La vente du magazine aide la personne  à se stabiliser financièrement et socialement afin qu’elle puisse retrouver son autonomie.

Publié par T.Dr. avec autorisation
Extraits du magazine l’Itinéraire

2015-12-17

LE NOEL D’ÉVELYNE

Évelyne, 8 ans, était orpheline et les personnes qui s’en occupaient étaient devenues très pauvres. Mais Évelyne restait joyeuse et elle avait beaucoup d’imagination. A quelques jours de Noël, un incendie détruisit la maison de son père adoptif, il n’avait pas d’assurance et toute la famille se retrouva à la rue.

Le père adoptif d’Évelyne lui dit que le Père Noël n’existait pas et que, cette année, elle n’aurait pas de cadeaux.  Et si c’était moi le Père Noël, se dit la fillette, je pourrais vendre du chocolat et acheter des polichinelles ou des soldats de bois pour les distribuer aux enfants de l’orphelinat.

Son père adoptif était d’accord avec le projet d’Évelyne; alors elle alla donc à la confiserie Chez Armand pour qu’on lui avance le chocolat. Elle vendrait ses produits dans la rue et les passants l’encourageraient en la voyant avec la tuque du Père Noël !

Elle était courageuse, Évelyne, et avec son enthousiasme, elle avait le don de séduire la foule.  Autant qu’elle se fit un petit surplus!  Elle put acheter les cadeaux, qu’elle emballa dans du papier froissé et du ruban pour les offrir à ses compagnes de l’orphelinat.  Elle dit au Directeur de l’école qu’elle voudrait remplacer le Père Noël et distribuer aux autres enfants les joujoux qu’elle avait achetés et emballés elle-même. Le Directeur fut touché et il répondit :

Fillette, avec cet air là et venant d’une petite fille
qui ne manque pas d’audace et de courage,
je ne peux refuser ta demande.
Je me ferai un plaisir
d’inscrire sur ma liste les noms de tous les enfants,
sans en oublier un seul.

Le Noël de l’orphelinat fut un jour magique grâce à Évelyne et à son don du partage.  La petite fille se rendit compte que donner était pour elle la chose la plus merveilleuse et elle pensait déjà à la surprise qu’elle allait  préparer l’année suivante.
Joyeux Noël à vous toutes !
Publié par Th.Drainville
Avec autorisation de l'Itinéraire

2015-11-20

UN FONDS POUR LES ÉCOLES

Julie, 16 ans, meurt d’un arrêt cardio-respiratoire, alors qu’elle suit un cours d’éducation physique, à la Polyvalente qu’elle fréquente. Il n’y avait aucun appareil dans l’école pour la sauver.

Marie-Hélène, une amie de Julie, décide d’agir. Avec d’autres amies, elle établit une Fondation pour munir les écoles d’éducation physique d’un DEA (défibrillateur externe automatisé). Sauver une vie, ne serait-ce qu’une vie ce serait déjà bien.

Les amies nomment la Fondation du nom de Julie. Grâce à plusieurs activités qui riment avec ‘berce-o-thon’, elles réussissent à recueillir la somme de 15 000 $.  À court terme, les jeunes filles souhaitent équiper trois écoles. À long terme, elles voudraient que toutes les écoles soient munies d’un DEA et qu’une formation simple soit donnée  aux étudiants, pour bien manipuler ce genre d’instrument.

Selon la Fondation des maladies du cœur, l’utilisation d’un DEA, en association avec la réanimation cardiorespiratoire, augmenterait de 75% ou plus les chances de survie à un arrêt cardiaque.

Marie-Hélène et ses amies ont compris que ‘’ça devrait être une priorité d’en avoir dans les écoles, où il y a tellement de gens,  les DEA ont fait leurs preuves’’.

Bravo pour cette bonne idée de sauver des vies dans les écoles!

(Journal Métro, novembre 2015, extraits)

2015-11-02

TÉMOIGNAGE DE DENISE BOMBARDIER

J’ai vécu en début de semaine une plongée dans le monde des religieuses. J’étais la seule femme laïque invitée à adresser la parole à plus de 300 religieuses toutes communautés confondues dans le cadre d’un colloque sur leur avenir qui se déroulait à Québec.

Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.

Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.

Respect de l’autre

Deux jours passés avec elles et l’on retrouve la sérénité, le calme, la discipline et une politesse qui ne sont que l’expression extérieure du respect de l’autre. Je les observais. Sages, pendant les exposés, elles prenaient des notes avec leur écriture appliquée qu’elles ont transmise durant des générations aux enfants du Québec.

Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude.     (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)

Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.

Des femmes fortes

Combien de Québécois, croyants ou non, se remettent en question comme les religieuses rencontrées cette semaine? J’ai croisé des femmes fortes qui ont dirigé leurs communautés avec une efficacité administrative que devraient leur envier beaucoup de gestionnaires d’aujourd’hui.

Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.

Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?

Denise Bombardier

2015-10-01

JE VEUX APPRENDRE À AIMER

Cybelle a quitté l’école très jeune. Elle est inscrite depuis un an à l’Atelier des Lettres qui a pour mission l’alphabétisation des adultes.

« Mon nom est Cybelle, ma mère a étudié pour devenir psychologue.  Elle voyageait beaucoup et j’étais souvent laissée à moi-même.  Je déménageais chaque année et je devais changer d’école.  Au début, j’étais bonne et assidue à l’école, j’ai même gagné des prix.  Mais au bout d’un moment, j’ai estimé que j’apprenais mieux toute seule et j’ai décidé de quitter l’école à l’âge de 16 ans, pour travailler et aller vers les autres.

J’ai maintenant un fils qui m’a été arraché. Je voulais cet enfant, mais je n’ai pas su m’exprimer assez bien pour qu’on comprenne que je le voulais et qu’il était désiré.

Après avoir accouché de mon 2e fils, je suis devenue dépressive et je ne pouvais pas vraiment m’en sortir.   Maintenant j’essaie de faire le bien autour de moi.  J’apprends à écouter et à mettre le doigt sur quelque chose de concret, de positif.

L’an passé, je me suis inscrite à l’Atelier des Lettres et j’aimerais m’inscrire de nouveau cette année.  J’aime l’école pour ce qu’on y trouve.  Il y a des activités comme des sorties à la bibliothèque, etc… Il y a aussi les amis et les liens que l’on y développe dans le but de se construire un bel avenir.


Aujourd’hui, je me dois d’être forte pour la famille et les gens que j’aime, qui m’entourent.  Je veux apprendre à AIMER et à me faire respecter le plus possible.  La vie est belle et je suis Cybelle. »

(Publié par Th.Dr. avec l'autorisation de l'Itinéraire)

2015-09-01

UN ART QUI FAIT DU BIEN

Des feuilles et des feutres sont éparpillés sur la table d’Anna, sa dernière réalisation dans la main.  Des œuvres comme celle-ci elle en a plein la tête, les réaliser l’aide à se sentir plus positive.  Participer aux ateliers offerts par un organisme, lui redonne le sourire. « C’est ici une place pour m’exprimer, dessiner m’aide à contrer ma maladie.»

Heureuse d’offrir son témoignage pour prouver les bienfaits de l’art-thérapie au monde! Ce qui compte, c’est de parler de l’importance de sa passion, le dessin, son exutoire depuis son plus jeune âge. Son plus grand souhait est que sa famille découvre ses projets lors des expositions publiques.

Sa voisine Nicole confie que sa famille ne l’accepte pas, c’est donc pour se sentir appréciée par les autres à sa juste valeur qu’elle participe aux ateliers.  « Dans ces ateliers, affirme l’animatrice, les gens font de l’art, c’est ça qui leur fait du bien, les participantes sont totalement libres de discuter, faire de l’art avec elles me permet d’avoir un contact avec le fonctionnement de l’esprit humain. »

Alex, Journal l’Itinéraire (publié avec autorisation)

Par Thérèse D.

2015-08-24

DAN, son travail, c'est d'aider

Son tatouage en plein visage est impressionnant. Dan est de ceux qui travaillent jour après jour pour contrer les préjugés. En 33 ans, le jeune homme a vécu des moments plus ou moins réjouissants. Il a repris goût à la vie en aidant les autres. Cela fait maintenant deux ans qu’il intervient auprès des consommateurs de drogues dans la rue, avec Cactus Montréal. Il  tente de sensibiliser les consommateurs aux méfaits liés à la drogue, je vivais sur le trottoir d'en face, sur la rue Sanguinet avec ma chienne. « On était en automne et il faisait froid, je ne voulais pas rentrer à Cactus par fierté parce que je ne consommais pas », se souvient-il.

La journée où Dan s’est retrouvé à la rue, il était accom­pagné de plusieurs de ses amis de l’époque. « Tout le monde s'est mis à consommer sauf moi. J'avais peur de consommer, peur d'être mal ou d'aller en prison. Beaucoup de mes amis passaient du temps avec moi pour éviter de consommer. Tout a basculé l’hiver où il a pris beaucoup de pilules.   J’ai consommé comme un malade. Et je me suis tiré dans le pied », confie-t-il.

La drogue lui a laissé un goût amer. Il l’assimile à la violence et aux problèmes. « J’ai vu des choses que personne ne souhaite voir. Ces choses-là m'ont fait lâcher les gars avec qui j'étais. Je ne pouvais plus rien faire pour eux, c’était trop violent », confie-t-il. À Cactus, Dan a trouvé de l'aide et une écoute. « Je suis de l'autre côté de la médaille. Avant, j'étais avec les drogués, maintenant je suis avec les personnes qui aident, c’est devenu mon travail », explique--il avec une certaine fierté.

Le défi quotidien de Dan est de garder son intégrité : « Je suis content d’avoir un appartement ou de pouvoir dormir des nuits complètes sans être dérangé par la police. Je suis content de prendre part à la société. »
Pour Dan, le blocage lié à l’implantation de Cactus à Montréal est en lien avec la peur. « Les gens ont peur des itinérants et des drogués et pourtant, ce ne sont pas des personnes méchantes, il faut juste leur donner une chance de s'intégrer. Leur donner des bonnes idées, leur faire comprendre qu'ils ont leur place et qu'ils ont leur mot à dire», pense-t-il.
                       
En tant que messager pour Cactus, Dan en sait quelque  chose. « Je parle de ceux et celles qui consomment. Je ne peux que leur montrer le bon exemple. Cactus permettra d'inter­venir autrement avec eux. Il faut comprendre que quand on tombe, ça fait mal, et c'est dur de se relever. On a absolument besoin d'aide », assure-t-il.
           
AUJOURD'HUI, LA PLUS GRANDE FIERTÉ DE DAN EST D’AVOIR ESSAYÉ DE S’EN SORTIR. IL ESTIME NE PAS ENCORE S’EN ÊTRE COMPLETEMENT SORTI. « JE NE VOUDRAIS PAS DÉMISSIONNER. J'AI ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE SUR MOI, MAIS J’ESPÈRE POUVOIR DIRE UN JOUR QUE JE M'EN SUIS TOTALEMENT TIRÉ. »
















2015-08-03

COMPASSION pour un pays pauvre

Après avoir connu une période de croissance et de haut rendement, dans les années 1960, grâce à l'usage d'engrais chimiques pour leurs terres, de pesticides et de semences OGM, des producteurs agricoles de l'Inde (200 000) en sont maintenant arrivés à se suicider parce que les fertilisants ont épuisé la terre, le prix du coton a chuté, les semences OGM sont trop coûteuses : tout calculé, il ne reste que 100 dollars pour nourrir la famille et traverser l'année.

Un autre problème, celui de l'eau, dont l'accès est inégal. Selon une politique gouvernementale, les efforts d'irrigation des terres sont concentrés dans quelques États pour 40% seulement des terres agricoles du pays; résultat : 60% des terres sont cultivées par des agriculteurs pauvres d'entre les pauvres, dépendants des pluies de la mousson.
(Lu dans la Revue de Presse, Quart Monde)
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Si Émilie vivait de nos jours, naîtrait en son coeur un grand sentiment de compassion pour ce pays appauvri par les ambitions et les inconsciences des générations précédentes qui ont oublié les générations qui suivraient.
Merci Émilie de nous rappeler notre responsabilité.
Lu 91 fois dans l’ancienne communauté virtuelle Affinitiz

Publié par Thérèse Drainville


À LA RECHERCHE DE LA PAIX INTÉRIEURE

Impossible de le manquer, Benoît est partout : au café du journal de rue, à la rédaction d’un article pour le magazine, à la vente du journal, au même métro, depuis 6 ans.

Benoît ne l’a pas eu facile, comme l’incendie de son logement, il y a 5 ans, mais il finit toujours par retomber sur ses pieds, une bonne blague et le voilà de nouveau sur les rails.

Généreux, sensible, il déploie son énergie pour tendre vers la paix intérieure, comme la distribution de petits cœurs rouges qu’il invite à porter sur le cœur comme il le fait lui-même, c’est le symbole de l’amour, de la tolérance, de la solidarité et de la paix intérieure.

Bravo Benoît, tu contribues à changer le monde


(Lu dans L’Itinéraire, publié avec autorisation)

2015-06-27

LA CHANCE D’AVOIR MON PÈRE

Depuis que ma mère est décédée, il y a quelques mois, je garde sa photo-souvenir avec moi en tout temps. J’ai pris la résolution d’être plus proche de mon père, j’ai la chance qu’il demeure à quelques rues de chez moi.  Le décès de ma mère plus tôt cette année m’a fait réaliser que les gens qu’on aime peuvent partir à tout moment.

Même si je n’étais pas quelqu’un qui était porté à appeler et fréquenter mes proches, j’essaie depuis que ma mère est partie, j’essaie de faire le contraire.  Mon père est un travailleur infatigable.  Il était remboureur de meubles et avait trois emplois.

A partir de l’âge de 10 ans, j’allais travailler avec lui la nuit pour retirer la housse et les broches des fauteuils.  Je l’aidais pour qu’il puisse rentrer plus rapidement à la maison.

Je n’ai jamais vraiment cru aux fêtes.  Ce qui a changé aujourd’hui c’est que je fréquente davantage ma famille. Je n’ai pas besoin d’une fête en particulier pour les rendre heureux.

Merci.

Jean-Pierre M.

(L’Itinéraire – Publié avec autorisation)

2015-02-19

LE COMBAT DE CLAUDE ROBINSON

Il s’est fait voler son projet : une série télévisée basée sur un personnage nommé Robinson Curiosité. C’est la Cour suprême qui a finalement reconnu le crime, après 20 ans de procédures juridiques. Une série télévisée d’animation en 26 épisodes de 25 minutes, illégalement plagiée sur l’idée originale de Claude Robinson, d’abord titrée Robinson Curiosité. Les entreprises Cinar de France ont à l’époque, en 1994, copié le concept de Claude Robinson et affirmé qu’il avait été créé par Christophe Izard. En 2009, le juge québécois Claude Auclair a reconnu que la maison de production Cinar et ses ex-dirigeants l’ont volé, en plagiant l’histoire, les personnages et les dessins de Robinson Curiosité, la série pour enfants qu’il a imaginée au début des années 1980. Un jugement a été porté en faveur de Claude Robinson, en 2011; il a été porté en appel et les trois juges de la Cour d’appel ont confirmé le verdict. La décision fut portée en Cour Suprême du Canada où les juges ont encore une fois tranché en faveur de Claude Robinson. (Notes de Wikipédia) Pendant 20 ans, il a cherché à dire la vérité, alors que ses adversaires (des multinationales qui étaient protégées par des assurances) mentaient. Il a dû faire des recherches sur le droit d'auteur. Vingt ans de lutte pendant lesquels l'élan créatif était complètement coupé, avec des ''balles'' qui sifflaient autour de sa tête. Tout ce qu'il avait, c'était la certitude qu'il disait la vérité et qu'eux mentaient. Aujourd'hui, force est d'admettre qu'il peut être persévérant. Il se sent maintenant comme quelqu'un qui a fait ce qu'il avait à faire, une journée à la fois. BRAVO CLAUDE ROBINSON, tu as gagné la capacité de te regarder dans le miroir, malgré la disproportion des forces. Th. Lu dans la Revue l'Itinéraire. (Publié avec l'autorisation de la Revue)