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2017-08-21

LE CHEMIN DE PIERRE

Pierre a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans une famille de cinq enfants, il parle avec un grand sourire de ces années dans le quartier.
Pourtant, la vingtaine marque une période difficile pour lui qui doit être hospitalisé pour des problèmes de santé mentale.
Suite à cette période, Pierre décide de retourner aux études, à l'UQAM, où il étudie la littérature française, un grand intérêt pour lui depuis toujours.
Au début de la quarantaine, il arrive à l'Itinéraire, à l'accueil d'abord, puis comme camelot. Pendant 15 ans, il a son point de vente sur le Plateau Mont-Royal: « Une bonne façon de rencontrer du monde.» Il parle des liens précieux qu'il a développés avec ses clients, il a même eu de l'aide pour meubler son appartement.
Il veut maintenant voyager, voir le monde : le Québec, NewYork et traverser l'océan pour découvrir l'Europe, Paris. Il aimerait voir de ses propres yeux les quartiers de la Ville Lumière décrits dans les romans de Balzac.
BON VOYAGE PIERRE!
Article de Justine C.(lu dans l'Itinéraire, publié avec autorisation)

2017-05-30

UN REPRÉSENTANT DES CAMELOTS


Les premières réunions de camelots ont eu lieu  en 1996, elles étaient très animées. Peu à peu le nombre de camelots a augmenté et depuis 2002, un représentant des camelots a été élu, il a comme prénom Gabriel. Il a comme mandat d’être le lien entre les camelots et les différentes instances de l’organisme. Les camelots gagnent ainsi en légitimité, ils sont mieux entendus par la direction et peuvent mieux faire valoir leurs requêtes. L’esprit d’équipe en a été renforcé, de même que le sentiment d’appartenance au groupe.

Voici le témoignage du représentant Gabriel :  « Avec les années, l’Itinéraire s’est développé et le nombre de camelots n’a cessé d’augmenter. Le rôle de représentant des camelots a logiquement pris de l’importance. Sa charge de travail a augmenté et sa fonction demande de plus en plus d’écoute et de patience. Je suis camelot depuis les débuts de l’Itinéraire. J’ai déjà été représentant à plusieurs reprises et j’ai été réélu il y a six mois pour un autre mandat.  De nombreux défis nous attendent pour le bien des participants et de l’organisme. »

(Lu dans l’Itinéraire et publié avec autorisation)

2017-04-06

SEMAINE INTERNATIONALE DES CAMELOTS

A tout moment de la journée, il y a plus de 10 000 camelots qui vendent leur journal de rue dans le monde.  Qu’ils soient à Montréal, Vancouver, Manchester, Dallas ou Copenhague, ce sont au total 27 000 camelots qui ont pu gagner dignement un revenu en vendant près de 23 millions de journaux de rue à l’échelle mondiale, atteignant ainsi près de 6 millions de lecteurs.
Mais au-delà des chiffres il y a des personnes qui ont vécu une expérience marquante et transformante en devenant camelot pour un journal de rue. Tous les jours nous sommes témoins de ces changements de vie. Combien de fois a-t-on entendu que « l’Itinéraire a sauvé ma vie» ou encore «je ne sais pas où je serais si vous n’aviez pas été là».
Ces vendeurs de journaux de rue sont le visage de la résilience et de la volonté de s’en sortir.
Pour eux, cette semaine qui leur est dédiée est une occasion de faire reconnaitre leur travail et leurs grandes et petites victoires quotidiennes.
Josée Panet Raymond
(Lu dans l’Itinéraire de février 2017)
Th.Dr. Publié avec autorisation


2017-03-21

MAXINE SE RACONTE

Elle raconte ses anecdotes d’enfance et les épreuves de sa vie, qu’elle ponctue de petits rires et de grands sourires.

Elle passe 2 ans en Espagne et revient en situation de détresse. ‘’J’ai alors rencontré des personnes qui me voulaient du mal, ça m’a traumatisée, j’ai sauté une coche’’.  Elle reçoit un diagnostic de schizophrénie, puis elle est hospitalisée.

Maxine découvre l’Itinéraire, y travaille de temps en temps.  Avec son baccalauréat, deux certificats et une formation comme enseignante, elle essaie de revenir sur le marché du travail. ‘’Je me suis rendue compte que j’étais nulle, côté discipline avec les enfants, j’ai dû quitter parce que j’étais incapable de faire le travail.’’

Elle retourne faire ce qu’elle sait faire de mieux, vendre. ‘’J’ai été vendeuse toute ma vie, c’est quelque chose que j’aime, ce n’est pas compliqué, ce n’est pas stressant.  C’est important pour moi de faire une job qui ne me stresse pas, parce que le stress et le traumatisme m’ont amenée à la maladie.

Maxine revient alors à l’Itinéraire, elle vend le magazine sans stress. Aujourd’hui, elle affirme qu’elle est réjouie par cette situation. Elle rit avec les clients, la dignité est retrouvée et les proches avec qui elle a renoué.

Son prochain projet?  Suivre un cours de langue arabe, langue dont elle apprécie la mélodie et la sonorité.

Lu dans l’Itinéraire (publié avec autorisation)
Publié par Th. Dr.



2016-11-18

MON RÊVE: ÉCRIVAIN

Pour moi, la carrière idéale, c’est celle d’écrivain. Pourquoi un écrivain ? Parce qu’un écrivain il a son autorité, il n’y a pas quelqu’un qui peut lui montrer ce qu’il doit faire. Quand quelqu’un écrit un roman, il n’y a personne qui lui dit ce qu’il doit écrire, parce que c’est lui son propre maître. L’autre chose, c’est que lorsqu’on est écrivain on s’instruit tout le temps, on s’informe. On peut aussi choisir un horaire selon ce qui nous convient et on participe à la vie culturelle de la société. J’aurais aimé écrire des romans romantiques, mais à portée sociale.  Pour moi, ça serait l’idéal.  Comme ce n’est pas un métier qui est donné à tout le monde, dans la pratique, mon métier de rêve c’est d’être journaliste pigiste.  Ça me permettrait de continuer à m’instruire et de jouer un rôle  important dans la société.

Mosapha, L’Itinéraire (Publié avec autorisation)

2015-08-24

DAN, son travail, c'est d'aider

Son tatouage en plein visage est impressionnant. Dan est de ceux qui travaillent jour après jour pour contrer les préjugés. En 33 ans, le jeune homme a vécu des moments plus ou moins réjouissants. Il a repris goût à la vie en aidant les autres. Cela fait maintenant deux ans qu’il intervient auprès des consommateurs de drogues dans la rue, avec Cactus Montréal. Il  tente de sensibiliser les consommateurs aux méfaits liés à la drogue, je vivais sur le trottoir d'en face, sur la rue Sanguinet avec ma chienne. « On était en automne et il faisait froid, je ne voulais pas rentrer à Cactus par fierté parce que je ne consommais pas », se souvient-il.

La journée où Dan s’est retrouvé à la rue, il était accom­pagné de plusieurs de ses amis de l’époque. « Tout le monde s'est mis à consommer sauf moi. J'avais peur de consommer, peur d'être mal ou d'aller en prison. Beaucoup de mes amis passaient du temps avec moi pour éviter de consommer. Tout a basculé l’hiver où il a pris beaucoup de pilules.   J’ai consommé comme un malade. Et je me suis tiré dans le pied », confie-t-il.

La drogue lui a laissé un goût amer. Il l’assimile à la violence et aux problèmes. « J’ai vu des choses que personne ne souhaite voir. Ces choses-là m'ont fait lâcher les gars avec qui j'étais. Je ne pouvais plus rien faire pour eux, c’était trop violent », confie-t-il. À Cactus, Dan a trouvé de l'aide et une écoute. « Je suis de l'autre côté de la médaille. Avant, j'étais avec les drogués, maintenant je suis avec les personnes qui aident, c’est devenu mon travail », explique--il avec une certaine fierté.

Le défi quotidien de Dan est de garder son intégrité : « Je suis content d’avoir un appartement ou de pouvoir dormir des nuits complètes sans être dérangé par la police. Je suis content de prendre part à la société. »
Pour Dan, le blocage lié à l’implantation de Cactus à Montréal est en lien avec la peur. « Les gens ont peur des itinérants et des drogués et pourtant, ce ne sont pas des personnes méchantes, il faut juste leur donner une chance de s'intégrer. Leur donner des bonnes idées, leur faire comprendre qu'ils ont leur place et qu'ils ont leur mot à dire», pense-t-il.
                       
En tant que messager pour Cactus, Dan en sait quelque  chose. « Je parle de ceux et celles qui consomment. Je ne peux que leur montrer le bon exemple. Cactus permettra d'inter­venir autrement avec eux. Il faut comprendre que quand on tombe, ça fait mal, et c'est dur de se relever. On a absolument besoin d'aide », assure-t-il.
           
AUJOURD'HUI, LA PLUS GRANDE FIERTÉ DE DAN EST D’AVOIR ESSAYÉ DE S’EN SORTIR. IL ESTIME NE PAS ENCORE S’EN ÊTRE COMPLETEMENT SORTI. « JE NE VOUDRAIS PAS DÉMISSIONNER. J'AI ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE SUR MOI, MAIS J’ESPÈRE POUVOIR DIRE UN JOUR QUE JE M'EN SUIS TOTALEMENT TIRÉ. »
















2014-11-15

SPIRALE DE MALHEUR

Claude a connu une bonne enfance.  Jeune adulte, on lui diagnostique la maladie de Crohn, c’est à ce moment que sa vie bascule : il tombe progressivement dans la consommation de drogues, d’abord pour pallier la douleur de sa maladie, ensuite par dépendance.  La toxicomanie est une ‘‘spirale de malheur’’, une lutte quotidienne pour Claude.

À l’époque, il ne voyait pas le jour où il mettrait un terme à sa consommation, le paradis artificiel étant un aboutissement en soi.  La lueur d’espoir n’est jamais bien loin par contre; c’est du fond du gouffre qu’il trouve lui-même la volonté et la conscience pour arrêter de consommer.  Graduellement, il s’affranchit de sa dépendance.

Il trouve l’Itinéraire et le magazine lui permet de briser l’isolement grâce au contact avec les gens et d’acquérir une autonomie financière qui l’encourage à continuer.  Son plus grand rêve est de retrouver l’inspiration, comme avant, la créativité et l’humour. 

Petit train va loin!

Isaac G.
(Publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)



2014-06-19

VOUS M'AVEZ RECONNU...

Rue Ste-Catherine, coin Berri, à Montréal, un camelot offre un Journal l'Itinéraire aux passants. Je m'arrête, un simple bonjour, je m'informe de ses ventes; en ouvrant mon portefeuille, nous faisons la conversation... Je le quitte sur un 'bonne journée' et lui de me répondre: ''Merci de m'avoir reconnu''. Comme disent certains: ''Ma journée est faite!''. Cette parole me revient sans cesse au cours de la journée. Je le saluerai par son prénom, lors de notre prochaine rencontre et nous serons deux à nous reconnaître! Th.

2013-03-01

GISÈLE A TROUVÉ SA VOIE


«Alors, Madame, parlez-moi de vous».

«J’aime ça quand on m’appelle madame, on dirait, tout-à-coup que je suis une personne importante».

Depuis 2 ans, on voit Gisèle à une station de Métro, journaux en mains et casquette sur la tête. Elle raconte qu’un jour elle était assise près de cette station de Métro et une dame l’approche pour parler un peu et l’inviter à vendre le journal de rue l’Itinéraire. «Ça m’a fait chaud au coeur et j’ai eu confiance en elle. Elle m’a sauvé la vie, parce que j’étais rendue au point le plus bas».

«Je me sens utile dans la vie. Pour une femme comme moi qui a travaillé toute sa vie, se retrouver du jour au lendemain sans revenu…»

«En vendant le magazine, j’ai l’impression de travailler pour une grande cause et, pour moi, c’est réaliser un de mes rêves».

Ewan S.       (Lu dans l’Itinéraire)

2008-12-06

GRÂCE À VOUS ET À L'ITINÉRAIRE, J'AI CHANGÉ DE PERSPECTIVE

Tout a commencé par un accident...la chute d'un arbre, moi en-dessous et vlan ma vie qui change du tout au tout. Une mauvaise hernie à la colonne, pendant cinq ans, de plus en plus courbé, opération au dos, plus capable de travailler, pas de CSST.

J'ai vécu dans un refuge. Les intervenants et les bénévoles m'ont soutenu du mieux qu'ils le pouvaient. Pendant cette année de convalescence, le temps était très long et la belle qualité de vie que j'avais avant mon accident était bien loin.

Après ma convalescence, pas d'emploi à l'horison même si je voulais avec toute la bonne volonté du monde gagner dignement ma vie. Puis l'hiver arrive, plus d'argent, et c'est la catastrophe...obliger de quêter pour assurer un minimum vital. Humilié, le foulard devant la figure, espérant que personne ne me reconnaisse, je demandais la charité aux passants.

Puis, un jour, un gars de l'Itinéraire m'a proposé de vendre leur magazine. Après quelques hésitations, j'ai décidé d'y aller au début du mois de février. Depuis ce temps, l'espoir est revenu. J'ai retrouvé le contact social dont toutes les personnes normales ont besoin et que j'avais perdu.

Aujourd'hui, grâce à vous, je revis...Merci de tout coeur.

Yvon Massicotte, camelot