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2017-05-17

S’OUVRIR AUX AUTRES

Si je n’avais pas connu l’Itinéraire, je ne crois pas que je serais là aujourd’hui.  Les gens qui s’y trouvent sont très ouverts par leur générosité et leur amour. Ils ont cru en moi, m’ont offert des opportunités de travail et m’ont permis de me prouver que je pouvais faire quelque chose  de ma vie. Ils m’ont donné la chance de m’exprimer et partager mes idées. Ils m’ont appris à aimer ce que je fais.

Je crois qu’on devrait donner cette chance à tout le monde. Ça leur donne un but dans la vie, et la force de continuer. On m’a donné cette chance et je l’apprécie encore énormément .
Je remercie Dieu d’avoir mis l’Itinéraire sur ma route. Je suis ouverte à toutes les possibilités que la vie m’offre et j’accepte les gens tels qu’ils sont. L’important est de continuer d’avancer. Je suis prête à relever le défi et à m’ouvrir aux autres.  Il suffit de tendre la main.  Ouvrir la porte plutôt que la fermer.

Cécile C., camelot
( Lu dans l’Itinéraire, publié avec autorisation)

2017-01-23

ZOOM SUR RICHARD

Dépendant à l’alcool et à la drogue pendant 20 ans, Richard décide un jour de tout arrêter,  il est très critique envers lui-même et se nomme comme seul responsable de ce qui s'est passé.   «Aujourd’hui je suis fier de moi.» Rendu à 55 ans, il est libéré de toutes ses dépendances et profite des simples choses de la vie. Il voit ses trois enfants, 28, 26 et 22 ans.  Aujourd’hui s’ils ont  besoin de lui, il est là pour eux.  Il les invite à être heureux sans oublier que c’est important de s’entraider.

Maintenant Richard a perdu du poids et on le sent bien dans sa tête et dans son corps.  Quand il fait le bilan aujourd’hui, ça se compte par décennies : 19 ans au même point de vente de l’Itinéraire, 23 ans de sobriété, 11 ans sans tabac.  Un parcours semé d’embûches mais qui, grâce à son courage, sa volonté et sa persévérance, l’amène à une vie saine et équilibrée dans laquelle il se projette.

Extraits de la Revue l’Itinéraire
Rédaction : L. Thélème



2016-05-24

L’HISTOIRE DE TRACY

Née à Montréal d’une mère colombienne et d’un père québécois, Tracy  commence un bac en psychologie, même si elle sait que le parcours est long avant de pouvoir exercer le métier de psychologue. Après deux ans de cours, elle fait un voyage de coopération internationale au Pérou qui la transforme.

A son retour, elle se réoriente et tente de trouver sa voie dans divers  domaines, de bouger et de faire des tâches pratiques, plutôt qu'apprendre des  notions théoriques.  Voyageuse dans l‘âme, Tracy n'était pas bien dans ce petit bureau sans fenêtre.  Aujourd’hui, elle a trouvé l’équilibre qui lui permet d’allier son bagage en intervention sociale et le travail physique. « j’étais en train de devenir folle ! Maintenant je suis dehors à jardiner avec des enfants, des personnes âgées, des adultes.

Elle a diminué son salaire, ses heures de travail et son stress : « Je  faisais des 40 heures semaine à 22 $ l'heure, avec le désir de toujours en faire plus. Maintenant, je fais 28 heures à 16$ puis je suis plus heureuse que lorsque j'avais plus d'argent. »

L’intelligence du cœur

Tracy a usé de l’intelligence du cœur et se dit plus heureuse et plus libre de vivre à petite échelle ; elle a fait un choix libre et assumé. Ne sentant plus le stress financier, elle mise sur ses réseaux de relations humaines et un mode de vie sans dettes.  Elle choisit ce qui lui convient le mieux en renonçant aux joies éphémères à crédit afin de garder sa liberté.

Lu dans la revue L’ITINÉRAIRE (publié avec autorisation par Thérèse Dr.

2015-02-19

LE COMBAT DE CLAUDE ROBINSON

Il s’est fait voler son projet : une série télévisée basée sur un personnage nommé Robinson Curiosité. C’est la Cour suprême qui a finalement reconnu le crime, après 20 ans de procédures juridiques. Une série télévisée d’animation en 26 épisodes de 25 minutes, illégalement plagiée sur l’idée originale de Claude Robinson, d’abord titrée Robinson Curiosité. Les entreprises Cinar de France ont à l’époque, en 1994, copié le concept de Claude Robinson et affirmé qu’il avait été créé par Christophe Izard. En 2009, le juge québécois Claude Auclair a reconnu que la maison de production Cinar et ses ex-dirigeants l’ont volé, en plagiant l’histoire, les personnages et les dessins de Robinson Curiosité, la série pour enfants qu’il a imaginée au début des années 1980. Un jugement a été porté en faveur de Claude Robinson, en 2011; il a été porté en appel et les trois juges de la Cour d’appel ont confirmé le verdict. La décision fut portée en Cour Suprême du Canada où les juges ont encore une fois tranché en faveur de Claude Robinson. (Notes de Wikipédia) Pendant 20 ans, il a cherché à dire la vérité, alors que ses adversaires (des multinationales qui étaient protégées par des assurances) mentaient. Il a dû faire des recherches sur le droit d'auteur. Vingt ans de lutte pendant lesquels l'élan créatif était complètement coupé, avec des ''balles'' qui sifflaient autour de sa tête. Tout ce qu'il avait, c'était la certitude qu'il disait la vérité et qu'eux mentaient. Aujourd'hui, force est d'admettre qu'il peut être persévérant. Il se sent maintenant comme quelqu'un qui a fait ce qu'il avait à faire, une journée à la fois. BRAVO CLAUDE ROBINSON, tu as gagné la capacité de te regarder dans le miroir, malgré la disproportion des forces. Th. Lu dans la Revue l'Itinéraire. (Publié avec l'autorisation de la Revue)

2013-06-29

L’AVENTURE DE SERGIO

À 17 ans, on lui passe un ‘joint’ qui contient du LSD sans le savoir, et puis… c’est le coma, une dépression majeure, une crise personnelle. Il est malade, ne dort plus, il fait de la musique mais chaque show est un enfer, sa vue est coupée en deux. ‘'J’étais incapable de sortir de chez moi, je saignais de la bouche, j’étais vert pâle’’.

Sergio fait la rencontre de Louise, thérapeute en relation d’aide; elle l’amène à consulter. Le psychiatre identifie ce qui ne va pas : ce damné neurotransmetteur bousillé en 1969, le fameux joint!  Ce que Sergio ne sait pas encore c’est qu’un de ses neurotransmetteurs a été sévèrement endommagé.

L’écriture de sa biographie ‘’S’enlever du chemin’’ deviendra purificatrice et complémentaire de sa démarche médicale, qui l’a enfin libéré d’un mal qui l’a enchaîné trop longtemps. Au-delà de tous les recours c’est l’accompagnement qui a été salvateur. «Le livre, écrit avec Louise, a été thérapeutique pour moi et je pense que ça peut aider les autres à s’ouvrir sur la maladie. Il y a tellement de monde qui ont des problèmes anxieux. Le livre est un album lumineux, joyeux qui contient des choses intenses sur ma mère, mon père, mes relations amoureuses, mais je me caricature aussi, je ris beaucoup de moi, je me traite de chat de gouttière»!

(Lu dans L’Itinéraire, publié avec autorisation)

2013-05-21

QUE LA VIE EST DURE AUJOURD'HUI

Gagner sa vie est dure! Des postes ont été abolis et des manufactures remplacées par des condos, ce qui enlève du travail aux ouvriers. Certaines personnes peuvent tout se permettre et d'autres n'ont rien.

Beaucoup de gens veulent s'en sortir et il faut arrêter de leur mettre des bâtons dans les roues.  Moi je veux continuer à m'améliorer et grandir davantage. 
L'Itinéraire m'a ouvert des portes, c'est comme ma deuxière famille. Ç'a été la chance de ma vie, j'ai aimé la formation que j'ai suivie et je l'aime encore aujourd'hui.  J'aime être camelot, travailler au restaurant et écrire dans le journal.  C'est une très belle occasion pour moi d'écrire dans L'Itinéraire et de partagger mon opinion.  Nous aussi, nous avons des choses à dire et à partager et le journal nous donne la chance de les exprimer.  Je me demande souvent: qu'est-ce qui arrive avec la nouvelle génération? Où s'en va-t-elle? Mon souhait serait que chacun ait sa chance pour avoir un avenir meilleur.

Cécile C. (L'Itinéraire, mai 2013, publié avec l'autorisation du Journal)
www.itineraire.ca

2013-05-16

UN INSTANT DE GRACE

Lors de son passage au Café L'Itinéraire, à Montréal, le commandant Robert Piché a voulu partager son parcours de vie avec les camelots de L'Itinéraire. Rencontre lumineuse avec un homme qui a sauvé 306 vies, aux Açores et connu sa part de péripéties. À la fin de la rencontre, il répond aux questions des camelots.  Voici celle de Linda P. et la réponse du commandant Piché:

«Vous avez parlé de chance, d'adrénaline, mais avec le recul, pensez-vous que vous avez touché le divin?»

«C'est très rare que je parle de ça, parce que c'est pas tout le monde qui est prêt à l'entendre. J'avais 28 ans quand mon père est décédé, il est mort dans mes bras et je l'ai aidé à mourir.

Quand le 2e moteur s'est arrêté, j'ai baissé la tête et je me disais: ça se peut pas, après la prison j'avais repris ma place dans la société, j'avais un bon  job et j'allais mourir en pleine nuit dans un avion qui allait tomber dans l'Atlantique, ça ne faisait pas de sens. Et là, j'ai senti une main sur mon épaule.  Je me suis retourné et j'ai vu mon père me pointer l'île du doigt.  Est-ce que j'ai imaginé ça? Est-ce un rêve? Est-ce arrivé pour vrai? Il s'est écoulé, peut-être deux secondes, deux minutes, je ne sais pas, mais entre le moment où j'ai baissé la tête et celui où je l'ai relevée, j'ai aperçu l'île. Pour moi, c'est mon père qui est venu m'aider.»

(Lu dans L'Itinéraire, publié avec autorisation)

2013-03-01

GISÈLE A TROUVÉ SA VOIE


«Alors, Madame, parlez-moi de vous».

«J’aime ça quand on m’appelle madame, on dirait, tout-à-coup que je suis une personne importante».

Depuis 2 ans, on voit Gisèle à une station de Métro, journaux en mains et casquette sur la tête. Elle raconte qu’un jour elle était assise près de cette station de Métro et une dame l’approche pour parler un peu et l’inviter à vendre le journal de rue l’Itinéraire. «Ça m’a fait chaud au coeur et j’ai eu confiance en elle. Elle m’a sauvé la vie, parce que j’étais rendue au point le plus bas».

«Je me sens utile dans la vie. Pour une femme comme moi qui a travaillé toute sa vie, se retrouver du jour au lendemain sans revenu…»

«En vendant le magazine, j’ai l’impression de travailler pour une grande cause et, pour moi, c’est réaliser un de mes rêves».

Ewan S.       (Lu dans l’Itinéraire)

2013-01-15

DES BARREAUX….. à l’Itinéraire


Avant de connaître l’Itinéraire, Josée a expérimenté des coups durs : une dépression post-natale, l’abandon de son fils à sa mère, deux ans sans nouvelles! Durant ce temps, elle s’est perdue dans le crack, et différents délits qui lui ont valu la prison; de là à l’Itinéraire, à quelques reprises, pour exécuter des travaux communautaires.

« Délinquante, je n’y allais pas tous les jours et je n’avertissais pas de mes absences. Puis je suis passée de nouveau en cour et j’ai reçu la même sentence. Cette fois-ci, je suis sérieuse et cela a changé ma vie. J’étais dans la rue et je consommais, maintenant j’ai un appartement avec une copine, des horaires réguliers et un milieu de vie où j’apprécie les gens et où les gens m’apprécient.

L’Itinéraire m’a aidée à me remettre sur pied. L’Organisme m’a donné le soutien nécessaire pour me relever et retrouver mon sourire. J’ai maintenant plus confiance en moi et je me sens plus débrouillarde et à même de faire ma place dans la vie. »

(Lu dans l'Itinéraire, janvier 2013)





2012-11-26

GAÉTAN, un camelot qui garde foi en l’avenir


Il a connu l’itinérance avant de vendre le journal de rue, posté au quartier des spectacles,
ce qui le force à aller à la rencontre des gens et à socialiser avec eux.

Alors qu’il était sans logis, Gaétan a été victime de profilage social de la part des policiers et écopé de plusieurs contraventions, à cause de sa présence dans la rue.

Mais Gaétan est fier et il désirait se réhabiliter. En vendant le journal, il a fait baisser de 500$ la dette qu’il avait avec la ville.

Dès l’âge de 15 ans, Gaétan avait connu des coups durs, un accident qui l’a laissé les deux jambes cassées et dont il a gardé des séquelles, une démarche qui laisse croire qu’il est ivre. Auparavant, vers 9 ans, il apprend qu’il est adopté. Un choc!

Plus tard, Gaétan plonge dans une dépression majeure et se jette à corps perdu dans la drogue et l’alcool, il perd son emploi à Poste Canada. Un jour, complètement intoxiqué, il s’évanouit sur la rue et se retrouve à l’Hôpital pour trois mois. Il fait une cure et se retrouve ensuite sur l’aide sociale.

Il ne communique plus avec sa famille adoptive, mais Gaétan garde foi en l’avenir car il a retrouvé l’amour avec Diane et un port d’attache, alors qu’il ne s’y attendait plus.

TOUT UN CHEMINEMENT !

Thérèse
(Lu dans le Journal de rue Itinéraire)



2011-02-02

AMOUREUX DES MOTS

Pour vaincre sa timidité, Richard a bataillé dur. L’exclusion a longtemps fait partie de son quotidien. «En vendant le magazine L’Itinéraire, j’ai brisé mon isolement». Il a touché à plusieurs métiers, mais il se considère plutôt un intellectuel qu’un manuel. Il rêvait de publier des poèmes et des chansons. À l’Itinéraire il a pu le faire. Le camelot est un amoureux des mots, il en invente des nouveaux.


Enfant, Richard était d’une grande timidité et manquait de confiance en lui. Son père souffrait d’alcoolisme, heureusement qu’il y avait sa sœur à qui il pouvait parler, il se considère chanceux d’avoir eu sa mère et sa sœur, car son père est parti de la maison, alors que Richard venait d’être opéré au cerveau. «Tout ce dont je me souviens, c’est qu’après j’ai dû fréquenter une école spécialisée.

Doté d’une grande sensibilité, quelques échecs amoureux et une trop grande pression au travail l’ont poussé à commettre trois tentatives de suicide. «Je voulais en finir.» Sans l’Itinéraire, je serais à la rue. Tout jeune, j’aurais aimé passer ma vie avec une femme et avoir des enfants. C’est ma plus grande déception.

Richard L. (L’Itinéraire)

2011-01-13

L’HISTOIRE DE MARC

Lorsque Marc demeurait avec ses parents, son père menaçait régulièrement de se suicider et pourtant c’est sa mère qui l’a fait quand Marc avait 17 ans. « Je me suis retrouvé avec un père adolescent de 49 ans et une sœur adolescente de 13 ans. J’ai travaillé dans un restaurant, dans le domaine de l’immobilier et ensuite dans la fabrication d’appareils pour les envois postaux. J’ai eu beaucoup de succès comme vendeur, j’ai gagné des voyages parce que j’étais le meilleur. J’ai touché le fond dans un voyage à Hawaï, je me sentais misérable, pourtant l’argent était facile à faire, mais la cocaïne était déjà entrée dans ma vie. »

Par la suite, Marc a suivi une thérapie fermée durant 15 mois, c’est là qu’il a rencontré Jésus-Christ et depuis ce temps, il le guide. Aujourd’hui , à 47 ans, le camelot a cheminé, ses perceptions sur l’itinérance ont changé : « Jésus m’a ouvert les yeux sur la réalité des itinérants et m’a guidé jusqu’à l’Itinéraire. » Depuis qu’il est avec le groupe, Marc sent qu’il fait partie d’une famille et son but est de vendre des abonnements, il s’investit et reprend confiance en lui.

(Josée, L’Itinéraire : www.itineraire.ca)

2010-01-20

AIMER

Aimer c'est s'approcher de la spiritualité.  La spiritualité conduit au bonheur et nous aide à évoluer et à réussir tout ce qu'on entreprend.
Récemment, je suis allé à la Mission Bon Accueil; il y avait là, comme bénévoles, des joueurs de football. Ils nous ont adressé la parole. Ils nous ont parlé de leur passé. Certains avaient connu des périodes difficiles, mais ils nous ont dit qu'avec la confiance, la foi, ils ont pu remonter la pente et atteindre leur but.
Voilà un exemple de réussite qui s'est bâti en partie sur leur spiritualité.

Pensée du jour:
« L'amour, cela veut dire aimer les autres, et aimer les autres, c'est chercher à les comprendre. Pourquoi ? Il s'agit là d'une question à laquelle on a la réponse quand on aime.» 

Jacques É., camelot
Journal l'Itinéraire

2009-06-17

FALLAIT-IL QUE JE DEVIENNE SOURDE POUR ENTENDRE?

Titre du volume écrit par A.Paquin.

En débutant l'écriture de ce livre, il n'était qu'une bouée de sauvetage, dans l'espoir qu'avec un effort constant je garderais mon équilibre intérieur, car à l'extérieur, il était absent à cause de ma surdité. Par ce moyen, je croyais faire le vide, oublier, mais le contraire s'est alors produit. Ce temps de silence et ces écrits m'ont plongée dans un face-à-face avec moi-même et je me suis retrouvée dans des zones insoupçonnées, des facettes inconnues jusqu'à ce jour, comme devant un miroir qui reflète trop bien nos états d'âme.

La recherche d'un sens à ma vie comme à tâtons, à travers des questionnements sans réponses. Mes cris se sont orientés vers d'autres attentes. J'ai trouvé un sens à la souffrance qui m'habitait, mais sans pour autant qu'elle en soit allégée. J'ai connu un moment de grâce, et c'est à travers un regard de foi que j'ai pu laisser un Autre prendre place dans mon silence. Cet Autre a pris la gouverne de ma vie. Un sentiment de confiance a commencé à germer, une espèce d'abandon a pu naître en moi, celui de l'enfant qui s'émerveille. Et une certaine paix s'est établie.

2008-10-21

MA VIE N’EST PAS TOUJOURS ROSE
par Michel L.

J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.

Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?

À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.

(L’Itinéraire, octobre 2008)

2008-10-02

JE MARCHE LA TÊTE HAUTE

France a travaillé comme couturière jusqu’à 46 ans, sans savoir lire et écrire. A cet âge, elle s’inscrit à un groupe en alphabétisation et elle reprend confiance. « J’ai désormais plus d’assurance en mes capacités ».

Son énergie a gagné sa fille qui s’apprête à entrer au GEGEP. « Ma fille a appris aussi à travers ma démarche. Elle m’a vue me prendre en mains et ça l’encourage. Elle a compris qu’il ne faut pas attendre après les autres pour s’aider soi-même ».

« J’encourage les adultes à avouer leurs difficultés avec la lecture, à s’inscrire en alphabétisation et à cesser d’avoir peur ».

France a retrouvé la fierté. « J’ai appris à m’accepter et je marche la tête haute ».

(L’Itinéraire, septembre 2008)

2008-04-15

JE VOUS LANCE UN S.O.S.

Je vends un Journal de rue depuis longtemps. Vous qui passez devant moi, vous acceptez ma présence et vous me dites que je fais presque partie du décor. Ça me fait plaisir quand vous me dites bonjour en passant. Je suis à mon poste quand vous allez travailler le matin, je vous vois aller magasiner et je vous retrouve en fin de journée. Cependant, même si je travaille d’arrache-pied, j’ai peine à joindre les deux bouts. J’ai besoin qu’un grand nombre de personnes fidèles achètent le journal. J’ai besoin de vous. Vous êtes ma seule chance d’atteindre mon but. Je voudrais pouvoir compter sur la vente du Journal comme seule source de revenu. Est-ce trop espérer? L’avenir réserve sa réponse, mais j’ai confiance.

Normand D.

2008-02-05

COMPASSION ET ESPÉRANCE

Ce matin, à la sortie du métro, Éric, un camelot m’accueille avec un beau ‘Bonjour Madame’.
Abonnée de cœur à son journal de rue, je l’achète tout en m’informant de lui… Et le voilà parti dans les confidences : 16 mois de prison, heureux maintenant de ce travail de camelot, motivé en pensant à son fils de 3 ans qu’il veut garder, toujours craintif devant la DPJ. « Je vais tout faire pour le garder! »

Éric est venu chercher en moi ma compassion, lui, m’a donné son espérance et sa force de décision de garder ce qu’il a de plus cher, son fils.

Un matin gris mais nos vies sont toutes ensoleillées!

Un 'au revoir' tout joyeux et plein de confiance…

Émilie Gamelin
était là avec nous, entre nous, je lui confie Éric.

Th.