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2013-08-29

EN ROUTE VERS LA LIBERTÉ

« Pour certains d'entre nous, guérir est un processus rapide. Pour les plus amochés, c'est très long, parfois même le travail d'une vie entière. Cela dépend d'où nous partons et quelle partie de notre personnalité a été touchée. Il y a une différence entre se faire marcher sur un gros orteil et se faire mettre le coeur en pièces. C'est plus facile de se relever quand notre famille et nos amis nous soutiennent à 100% que si nous sommes livrés à nous-mêmes dès notre jeune âge, que nous grandissons sans amour, sans personne pour nous montrer le chemin qui mène à la vie. Cela fut mon cas. Heureusement, l'Itinéraire m'a démontré un amour inconditionnel qui m'a permis de relever la tête, de savoir que j'étais une femme de grande valeur. Cela m'a permis de retrouver ma dignité en tant que femme et de continuer d'avancer. Cet amour, j'en avais grandement besoin : il m'a donné une force inouïe, la force de me battre parce que j'en vaux la peine et que nous en valons tous la peine. Chaque être humain, petit et grand, est un cadeau à développer et à découvrir.       

Nancy B. Lu dans l'Itinéraire et publié avec autorisation

2009-03-26

NICOLAS dans la rue

J’ai rencontré Nicolas un de ces jours qui annoncent une période difficile pour les itinérants. Il était assis sur le trottoir.

Jeune, beau, il me demande : avez-vous 1 sou, juste 1 sou ?
J’ai tiré 1 $ de mon sac à main. Je me suis éloignée, incapable de gérer mes pensées : préjugés envers les itinérants, envers tous ceux qui leur donnent et qui contribuent à augmenter leur nombre en encourageant la paresse.

Après quelques minutes, surprise moi-même, je fais demi-tour, mon Cupidon venait de toucher mon âme. Je me retrouve assise avec Nicolas aux pieds de la foule. Il m’accueille chaleureusement, sans étonnement, nous parlons une bonne demi-heure, Il me raconte une enfance de difficultés d’intégration scolaire et sociale. Banni de l’école secondaire, mis à la porte par ses parents, il vit dans la rue depuis un an et demi.

En retournant chez moi, je me fais aborder par un autre qui m’offre le journal des itinérants. Je tire un autre dollar de mon sac à main et explique que j’ai lu le journal mais que je veux contribuer à son emploi. Il me répond d’une voix douce : « Madame, gardez votre dollar, il vous servira à acheter un café. Moi, je ne veux que vendre mon journal, je ne quête pas. »

Bien oui, me dis-je en m'en allant; j’ai compris, la dignité fait partie du menu affectif des gens de la rue, vendre le journal c’est un travail, ils ne demandent pas la charité. Quelle leçon !

Jeannine B. (lu dans l’Itinéraire)

2008-10-21

MA VIE N’EST PAS TOUJOURS ROSE
par Michel L.

J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.

Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?

À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.

(L’Itinéraire, octobre 2008)

2008-03-06

UNE PERSONNE BLESSÉE,

Ana est née au Salvador.
« Toute jeune, j’ai été abusée par mon frère, mon père, mon beau-père, les voisins. A 18 ans, je suis partie au Guatemala, puis au Mexique. A travers une vie de misère et d’itinérance, j’ai eu trois enfants dont un trisomique. Puis je suis passée aux Etats-Unis où, malgré mon manque d’instruction car je ne suis jamais allée à l’école, j’ai fini par exercer de vrais métiers : blanchisseuse, couturière. Mon idée était d’aller au Canada pour éloigner mes enfants de la misère. A 49 ans, le Canada et le Québec m’accueillent et pour la première fois j’ai obtenu un appartement et découvert une dignité que je n’avais jamais connue. Maintenant, je me sens considérée comme une personne. Une personne blessée mais une personne quand même. »
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Bravo Ana, pour ton courage, ta volonté de sortir de ta misère et ton amour pour tes enfant! Nous te souhaitons de trouver au Canada un milieu et des gens qui reconnaissent tes droits de femme et de mère pour que tu puisses vivre dans la dignité. Tu as toute ma compassion !