Brigitte, 55 ans, a accepté de livrer son témoignage, pour sentir qu'elle avance malgré tout.
« J'ai été itinérante durant environ 20 ans à cause de la toxicomanie, suite à plusieurs événements.
Issue d'une famille dysfonctionnelle à cause de l'alcoolisme de mon père et d'une mère insécure, situation suivie d'un divorce. J'ai été laissée à moi-même quand j'étais encore jeune. J'ai touché à ma 1re bière alors que j'avais 10 ou 11 ans. Je fumais aussi. »
Brigitte est passée de Tanguay à Leclerc, elle a connu plusieurs récidives, une pneumonie après avoir été enfermée dans une cellule froide et n'ayant pas droit aux soins médicaux.
Ruth G. directrice de la Société Elisabeth Fry reconnait qu'il y a une croissance de la clientèle féminine à cause de la pauvreté des femmes et des inégalités sociales.
Brigitte est finalement sortie de la prison Leclerc pour entamer sa transition à la Société Elizabeth Fry. Elle ne nie pas l'importance de la foi qui lui a permis de supporter ses années d'incarcération, notamment grâce à l'écoute de Soeur Marguerite qui visite beaucoup les filles en détention depuis de nombreuses années.
D'année en année, Brigitte dit avoir pris du recul sur sa période de détention. C'est vrai que mes proches ont vécu avec moi ces années de détention. Il y a eu une perte de confiance suite à mes rechutes. Mais rendue où j'en suis, je le sais que je n'y retournerai plus. J'ai été jusqu'au bout. »
Extraits de la Revue l'Itinéraire, octobre 2016.
(Publié avec autorisation) Thérèse Dr.
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2016-10-21
2014-09-01
EN SOUVENIR DE SŒUR ESTELLE LAUZON, s.p.
Sœur Estelle est décédée, de façon violente, au matin du 13 août 2007, mais ce témoignage, d’un de ses protégés de l’Auberge, fait remonter des souvenirs à nos mémoires.
À l’Auberge de l’Étoile, qu’elle
avait dirigé avec un Missionnaire des Saints Apôtres, X faisait son entrée comme
résidant; pour lui l’Auberge était un souffle d’accueil, de charité,
d’espérance, de partage et d’amour.
Son séjour fut une expérience
enrichissante de communion fraternelle.
Souffrant à son arrivée, confus, apeuré, tremblant au-dedans, on lui a
tendu la main.
«À l’Auberge c’était comme une
union, une communion, une expérience de vie partagée dans la foi, dans une
ouverture d’esprit hors du commun. Il
ne peut y avoir que l’Amour véritable à la source même de cette union
formidable et incomparable. Des liens
solides d’amitié se sont créés, dans nos cœurs, dans nos vies. C’est une grande reconnaissance qui
m’habite. J’ai quitté l’Auberge de l’Étoile en pensant que nous avons tous une
lumière, une petite étoile qui brille, qui luit au fond de nos cœurs»!
X
2013-05-16
UN INSTANT DE GRACE
Lors de son passage au Café L'Itinéraire, à Montréal, le commandant Robert Piché a voulu partager son parcours de vie avec les camelots de L'Itinéraire. Rencontre lumineuse avec un homme qui a sauvé 306 vies, aux Açores et connu sa part de péripéties. À la fin de la rencontre, il répond aux questions des camelots. Voici celle de Linda P. et la réponse du commandant Piché:
«Vous avez parlé de chance, d'adrénaline, mais avec le recul, pensez-vous que vous avez touché le divin?»
«C'est très rare que je parle de ça, parce que c'est pas tout le monde qui est prêt à l'entendre. J'avais 28 ans quand mon père est décédé, il est mort dans mes bras et je l'ai aidé à mourir.
Quand le 2e moteur s'est arrêté, j'ai baissé la tête et je me disais: ça se peut pas, après la prison j'avais repris ma place dans la société, j'avais un bon job et j'allais mourir en pleine nuit dans un avion qui allait tomber dans l'Atlantique, ça ne faisait pas de sens. Et là, j'ai senti une main sur mon épaule. Je me suis retourné et j'ai vu mon père me pointer l'île du doigt. Est-ce que j'ai imaginé ça? Est-ce un rêve? Est-ce arrivé pour vrai? Il s'est écoulé, peut-être deux secondes, deux minutes, je ne sais pas, mais entre le moment où j'ai baissé la tête et celui où je l'ai relevée, j'ai aperçu l'île. Pour moi, c'est mon père qui est venu m'aider.»
(Lu dans L'Itinéraire, publié avec autorisation)
«Vous avez parlé de chance, d'adrénaline, mais avec le recul, pensez-vous que vous avez touché le divin?»
«C'est très rare que je parle de ça, parce que c'est pas tout le monde qui est prêt à l'entendre. J'avais 28 ans quand mon père est décédé, il est mort dans mes bras et je l'ai aidé à mourir.
Quand le 2e moteur s'est arrêté, j'ai baissé la tête et je me disais: ça se peut pas, après la prison j'avais repris ma place dans la société, j'avais un bon job et j'allais mourir en pleine nuit dans un avion qui allait tomber dans l'Atlantique, ça ne faisait pas de sens. Et là, j'ai senti une main sur mon épaule. Je me suis retourné et j'ai vu mon père me pointer l'île du doigt. Est-ce que j'ai imaginé ça? Est-ce un rêve? Est-ce arrivé pour vrai? Il s'est écoulé, peut-être deux secondes, deux minutes, je ne sais pas, mais entre le moment où j'ai baissé la tête et celui où je l'ai relevée, j'ai aperçu l'île. Pour moi, c'est mon père qui est venu m'aider.»
(Lu dans L'Itinéraire, publié avec autorisation)
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