Aucun message portant le libellé écoute. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé écoute. Afficher tous les messages

2016-10-21

CHOISIR DE S'EN SORTIR

Brigitte, 55 ans, a accepté de livrer son témoignage, pour sentir qu'elle avance malgré tout.

« J'ai été itinérante durant environ 20 ans à cause de la toxicomanie, suite à plusieurs événements.
Issue d'une famille dysfonctionnelle à cause de l'alcoolisme de mon père et d'une mère insécure, situation suivie d'un divorce. J'ai été laissée à moi-même quand j'étais encore jeune. J'ai touché à ma 1re bière alors que j'avais 10 ou 11 ans.  Je fumais aussi. »

Brigitte est passée de Tanguay à Leclerc, elle a connu plusieurs récidives, une pneumonie après avoir été enfermée dans une cellule froide et n'ayant pas droit aux soins médicaux.

Ruth G. directrice de la Société Elisabeth Fry reconnait qu'il y a une croissance de la clientèle féminine à cause de la pauvreté des femmes et des inégalités sociales.

Brigitte est finalement sortie de la prison Leclerc pour entamer sa transition à la Société Elizabeth Fry.  Elle ne nie pas l'importance de la foi qui lui a permis de supporter ses années d'incarcération, notamment grâce à l'écoute de Soeur Marguerite qui visite beaucoup les filles en détention depuis de nombreuses années.

D'année en année, Brigitte dit avoir pris du recul sur sa période de détention.  C'est vrai que mes proches ont vécu avec moi ces années de détention.  Il y a eu une perte de confiance suite à mes rechutes.  Mais rendue où j'en suis, je le sais que je n'y retournerai plus.  J'ai été jusqu'au bout. »

Extraits de la Revue l'Itinéraire, octobre 2016.
(Publié avec autorisation) Thérèse Dr.

2012-10-27

CLAUDE, itinérant devenu prêtre

Au centre-ville, avec les sans-abri, les prostituées, les toxicomanes. Il les écoute, essaie de leur apporter un peu de réconfort. Il arpente le quartier, il en rencontre, il leur donne un coup de pouce en leur achetant des médicaments ou des vêtements ou en leur payant un repas. « Je n’essaie pas de les sortir de la rue, je les réconforte.»
A l’hôpital où il travaille, il s’occupe des personnes seules et désespérées, il accompagne les mourants qui n’ont pas de famille.
Jeune, il avait voulu être missionnaire mais lorsque son grand-père est mort, il avait 13 ans, il a calé sa première bière pour endormir sa peine. Puis ce fut une longue descente aux enfers, qui a pris fin à l’âge de 40 ans.
Un jour, il a eu peur, il s’est dit qu’il ne voulait pas mourir dans la rue. Il est retourné aux études, il a été ordonné prêtre, pas pour être en paroisse, mais pour travailler avec les pauvres. Claude a des projets plein la tête. Il veut créer une fondation pour aider les démunis. «J’aimerais avoir une petite ferme, juste un petit coin de verdure pour que les toxicomanes, les prostituées puissent se reposer un week-end.»
Claude a réalisé son rêve d’être missionnaire, mais pas en Afrique, ici, chez nous.

(La Presse, avril 2008)

2011-12-15

UN TÉMOIGNAGE D’ENGAGEMENT

Une dame, qui demeure tout près de chez moi, est en difficulté et je l’écoute beaucoup. Souvent, elle parle de vouloir en finir avec la vie.

Je l’invite souvent chez moi, parfois on regarde une émission ou je lui propose de prendre une marche ou aller au restaurant ensemble. Parfois je vais prendre le dessert avec elle.

Ma vie, c’est d’apporter de la joie et du bonheur. Ça me fait grandir aussi. Je me forme quand je suis avec elle. Je garde beaucoup le silence, j’écoute, je regarde, on a vécu les mêmes choses ou des choses semblables. Alors c’est moins douloureux et on peut trouver des solutions ensemble. Parfois c’est juste d’écouter et elle m’apporte beaucoup. Elle me dit : ‘Tu m’écoutes, tu ne me juges pas, tu ne cherches pas à contrôler mes affaires’.

Yvette

(Lu dans Actualités de ATD Quart Monde)

2009-02-03

Juste au bon moment!

Voici un petit témoignage qui peut nous faire réfléchir sur l’importance d’être présent(e) à notre entourage parce qu’on ne sait pas ce qu’il vit et que notre parole ou simplement notre attention peut valoir son pesant d’or. Les autres ont toujours besoin de notre bonté, notre tendresse, notre compassion.

« Un soir, un homme entre à la maison, va trouver son fils de 14 ans et le fait asseoir pour lui dire : » Une chose incroyable m’est arrivée aujourd’hui. Un des jeunes cadres de la compagnie est entré dans mon bureau, m’a dit qu’il m ‘admirait et m’a offert ce ruban bleu en hommage à mon génie créatif. Tu imagines! Il pense que j’ai du génie! Puis il a épinglé ce ruban où on lit : « Je ne suis pas n’importe qui », juste au-dessus du cœur. Il m’a donné un autre ruban et m’a demandé de le remettre à un autre. En revenant à la maison ce soir, je me suis demandé qui je choisirai pour remettre ce ruban et j’ai pensé à toi. Je veux te rendre hommage.

« J’ai des journées impossibles; quand j’arrive à la maison, je ne m’occupe pas beaucoup de toi. Parfois, je te dispute parce que tes notes ne sont pas bonnes ou parce que ta chambre est en désordre; ce soir, je veux m’asseoir avec toi et te faire savoir que tu es quelqu’un d’important pour moi. A part ta mère, tu es la personne la plus importante dans ma vie. Tu es un garçon fantastique et je t’aime! »

Le garçon étonné se met à pleurer et à sangloter et ne peut pas retenir ses larmes. Il tremble. Il lève les yeux vers son père et dit entre deux sanglots : « papa, j’avais décidé de me suicider demain, parce que je pensais que tu ne m’aimais pas. Maintenant, je n’ai plus besoin de le faire; tu m’es venu… juste au bon moment! Helice Bridges


Et nous, à qui pourrions-nous donner un ruban? Tellement de personnes auraient besoin d’entendre dire qu’elles sont aimées de nous et aussi de Dieu.

2007-04-25

CULTIVER LA PAIX

Un jour, j’aperçois dans le corridor de l’Hôpital un homme (que j’appellerai Louis), il a l’air d’une âme en peine. Il se tient à la porte de la chambre de sa mère agonisante. Je lui demande si je peux faire quelque chose pour lui. Il me répond qu’il aimerait voir un prêtre.
J’appelle à six endroits, sans succès. Je retourne auprès de Louis et lui demande : « Si c’est simplement pour parler, croyez-vous que je puisse faire l’affaire? », il me répond que oui. Nous trouvons un coin tranquille et il parle pendant 35 minutes; j’ai à peine prononcé trois phrases, pour lui dire qu’il avait le droit de pleurer, pour lui parler des réserves étonnantes de l’amour maternel et sur les ressources inépuisables de la tendresse de Dieu.

Cette rencontre m’a procuré une grande paix. J’aime penser qu’il en est peut-être resté un germe dans le cœur de Louis.

La paix intérieure restera sans doute toujours pour moi une victoire fragile. Voilà pourquoi je la cultive avec beaucoup de soin.

Marie G. (Aubepaix)