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2017-07-28

PREMIER CHIEN AU QUÉBEC


Kanak  est le1er chien en son genre au Québec, un chien policier de soutien émotionnel qui réconforte les victimes durant leurs entrevues au Service de police, plus spécifiquement les jeunes abusés de différentes façons. La présence de Kanak les réconforte car c’est rassurant, ça apaise et libère la parole.

La détective Mélanie Bédard s’est lancée dans l’aventure, convaincue des bienfaits qu’un animal de soutien aurait pour ces jeunes.

En 9 mois, Kanak est venu en aide à 67 personnes, en majorité des enfants, mais il est aussi intervenu auprès d’une femme qui avait été séquestrée et violentée par son conjoint. La victime a flatté le labrador tout le long de l’entrevue, elle s’est couchée la tête sur la sienne à quelques reprises et a pu terminer sa déclaration.

Au Canada, on compte près d’une vingtaine de chiens de soutien, alors que la pratique date de 1989 aux États-Unis où leur nombre se chiffre à 137.

Source : L’Itinéraire, juin 2017. Publié avec autorisation

2017-05-17

S’OUVRIR AUX AUTRES

Si je n’avais pas connu l’Itinéraire, je ne crois pas que je serais là aujourd’hui.  Les gens qui s’y trouvent sont très ouverts par leur générosité et leur amour. Ils ont cru en moi, m’ont offert des opportunités de travail et m’ont permis de me prouver que je pouvais faire quelque chose  de ma vie. Ils m’ont donné la chance de m’exprimer et partager mes idées. Ils m’ont appris à aimer ce que je fais.

Je crois qu’on devrait donner cette chance à tout le monde. Ça leur donne un but dans la vie, et la force de continuer. On m’a donné cette chance et je l’apprécie encore énormément .
Je remercie Dieu d’avoir mis l’Itinéraire sur ma route. Je suis ouverte à toutes les possibilités que la vie m’offre et j’accepte les gens tels qu’ils sont. L’important est de continuer d’avancer. Je suis prête à relever le défi et à m’ouvrir aux autres.  Il suffit de tendre la main.  Ouvrir la porte plutôt que la fermer.

Cécile C., camelot
( Lu dans l’Itinéraire, publié avec autorisation)

2016-12-12

Prendre mon envol


À l’automne de ma vie, comme les outardes, je prenais un nouvel envol. Avec confiance, j’ai prié Mère Gamelin d’être chef de ce nouveau chantier dans ma vie, tout en lui dessinant les balises et les avenues incontournables.

« Elle n’a rien compris, » pensais-je. Aujourd’hui, je sais que « JE » n’avais rien compris. Sur ma route, je ne voyais que les cônes oranges, les détours, les sens uniques, alors que les lumières éclairaient de nouveaux chemins de vie pour moi. De nouvelles voies s’ouvraient à moi et, dans la noirceur qui m’habitait,  je n’étais pas à l’écoute. J’avais ignoré la main tendue, les mains ouvertes, l’accueil chaleureux sur le seuil d’une porte.

Comme un jardin, le bonheur se cultive à la saveur des saisons de la vie et à la couleur que l’on veut bien lui donner. Comme on fait son jardin, on a le choix de cueillir les fruits à l’heure des moissons. Pour moi, ainsi va la vie. Aussi loin que je me rappelle, j’ai choisi de semer des graines de bonheur et d’en partager la récolte.

C’est sur l’invitation d’un ami à être hôtesse dans un salon funéraire que j’ai traversé la première porte avec une certaine fragilité. (Je crois même que c’était la journée de Mère Gamelin) Un salon funéraire? Impensable pour moi qui avais perdu plusieurs êtres chers de façon tragique, les blessures n’étaient pas cicatrisées.

Savons-nous à quel moment la vie nous ouvre de nouvelles portes? À quel moment nous devenons les instruments de la Providence? À quel moment nous réalisons que la Providence nous accompagne au quotidien sur la route de la vie depuis toujours? J’ai, depuis, les mains ouvertes et une main tendue. J’ai renouvelé mon contrat d’amour avec là-haut.

Je ne suis pas dans le passé, je suis dans l’aujourd’hui et dans l’avenir. Après plusieurs conversations avec le couple d’amis, après avoir  partagé leurs expériences et leur cheminement, encouragée, j’ai  accepté. Quel défi! Quelle découverte! Quel enrichissement personnel !

J’ai mis un certain temps avant d’éprouver une aisance confortable. J’apprivoise toujours, au-delà des salons funéraires, mes peurs, mes souvenirs qui remontent en présence des personnes décédées. Il y a un quelque chose d’éphémère dans un salon funéraire.
Et comme dans la chanson de Jean Gabin :

Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau…
…Moi qui suis à l’automne de ma vie
... On oublie tant de soirs de tristesse…Mais jamais un matin de tendresse !
…Maintenant, je sais….Je sais qu’on ne sait jamais!
…On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses.
C’est tout ce que je sais…mais ça, je le sais.
 Merci de m’avoir ouvert la porte de votre confiance et le jardin de votre cœur.
Je vous aime et, comme on fait son jardin, pensez à semer des graines d’amour!

Pierrette Chagnon A.P.


2014-02-10

IL A TROUVÉ LA VOIX DU CŒUR…


Depuis quelques années, il accompagne des jeunes en fin de vie. Une flamme ardente adoucit ses yeux d’un bleu profond lorsqu’il parle de son parcours des 15 dernières années.

Sa vie en a été changée, transformée, lorsqu’on a demandé à Jean-Marie Lapointe d’accompagner de jeunes mourants. «Les moments où je me sens le plus heureux, utile, vivant et vrai, c’est quand je suis en compagnie de personnes qui vont mourir ou qui ont des limitations, un handicap, qui sont dans la rue.» Il sent avoir trouvé sa mission sur terre, trouvé la voix du cœur depuis qu’il a accepté sa fragilité.

«Quand j’écoute les témoignages de personnes qui se savent atteintes d’une maladie terminale, souvent ils me disent que c’est la période la plus intense de leur vie, je pense que le grand défi de la vie, c’est de vivre comme si on se savait atteint d’une maladie mortelle et que notre temps était compté.»

Pour Jean-Marie, accompagner les jeunes en fin de vie et soutenir la cause des itinérants vont de pair. Pour appuyer ses dires, il cite une étude qu’il a lue récemment, la personne qui donne ressent le même bienfait au niveau du cerveau. Quand tu donnes, tu te fais du bien, c’est une réaction chimique du cerveau, ça te fait du bien, ça fait du bien à la personne qui reçoit et à celle qui donne. Alors tout le monde est gagnant.

Sylvain-Claude F.

2013-06-29

L’AVENTURE DE SERGIO

À 17 ans, on lui passe un ‘joint’ qui contient du LSD sans le savoir, et puis… c’est le coma, une dépression majeure, une crise personnelle. Il est malade, ne dort plus, il fait de la musique mais chaque show est un enfer, sa vue est coupée en deux. ‘'J’étais incapable de sortir de chez moi, je saignais de la bouche, j’étais vert pâle’’.

Sergio fait la rencontre de Louise, thérapeute en relation d’aide; elle l’amène à consulter. Le psychiatre identifie ce qui ne va pas : ce damné neurotransmetteur bousillé en 1969, le fameux joint!  Ce que Sergio ne sait pas encore c’est qu’un de ses neurotransmetteurs a été sévèrement endommagé.

L’écriture de sa biographie ‘’S’enlever du chemin’’ deviendra purificatrice et complémentaire de sa démarche médicale, qui l’a enfin libéré d’un mal qui l’a enchaîné trop longtemps. Au-delà de tous les recours c’est l’accompagnement qui a été salvateur. «Le livre, écrit avec Louise, a été thérapeutique pour moi et je pense que ça peut aider les autres à s’ouvrir sur la maladie. Il y a tellement de monde qui ont des problèmes anxieux. Le livre est un album lumineux, joyeux qui contient des choses intenses sur ma mère, mon père, mes relations amoureuses, mais je me caricature aussi, je ris beaucoup de moi, je me traite de chat de gouttière»!

(Lu dans L’Itinéraire, publié avec autorisation)

2012-10-27

CLAUDE, itinérant devenu prêtre

Au centre-ville, avec les sans-abri, les prostituées, les toxicomanes. Il les écoute, essaie de leur apporter un peu de réconfort. Il arpente le quartier, il en rencontre, il leur donne un coup de pouce en leur achetant des médicaments ou des vêtements ou en leur payant un repas. « Je n’essaie pas de les sortir de la rue, je les réconforte.»
A l’hôpital où il travaille, il s’occupe des personnes seules et désespérées, il accompagne les mourants qui n’ont pas de famille.
Jeune, il avait voulu être missionnaire mais lorsque son grand-père est mort, il avait 13 ans, il a calé sa première bière pour endormir sa peine. Puis ce fut une longue descente aux enfers, qui a pris fin à l’âge de 40 ans.
Un jour, il a eu peur, il s’est dit qu’il ne voulait pas mourir dans la rue. Il est retourné aux études, il a été ordonné prêtre, pas pour être en paroisse, mais pour travailler avec les pauvres. Claude a des projets plein la tête. Il veut créer une fondation pour aider les démunis. «J’aimerais avoir une petite ferme, juste un petit coin de verdure pour que les toxicomanes, les prostituées puissent se reposer un week-end.»
Claude a réalisé son rêve d’être missionnaire, mais pas en Afrique, ici, chez nous.

(La Presse, avril 2008)