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2016-12-12
Prendre mon envol
À l’automne de ma vie, comme les outardes, je prenais un nouvel envol. Avec confiance, j’ai prié Mère Gamelin d’être chef de ce nouveau chantier dans ma vie, tout en lui dessinant les balises et les avenues incontournables.
« Elle n’a rien compris, » pensais-je. Aujourd’hui, je sais que « JE » n’avais rien compris. Sur ma route, je ne voyais que les cônes oranges, les détours, les sens uniques, alors que les lumières éclairaient de nouveaux chemins de vie pour moi. De nouvelles voies s’ouvraient à moi et, dans la noirceur qui m’habitait, je n’étais pas à l’écoute. J’avais ignoré la main tendue, les mains ouvertes, l’accueil chaleureux sur le seuil d’une porte.
Comme un jardin, le bonheur se cultive à la saveur des saisons de la vie et à la couleur que l’on veut bien lui donner. Comme on fait son jardin, on a le choix de cueillir les fruits à l’heure des moissons. Pour moi, ainsi va la vie. Aussi loin que je me rappelle, j’ai choisi de semer des graines de bonheur et d’en partager la récolte.
C’est sur l’invitation d’un ami à être hôtesse dans un salon funéraire que j’ai traversé la première porte avec une certaine fragilité. (Je crois même que c’était la journée de Mère Gamelin) Un salon funéraire? Impensable pour moi qui avais perdu plusieurs êtres chers de façon tragique, les blessures n’étaient pas cicatrisées.
Savons-nous à quel moment la vie nous ouvre de nouvelles portes? À quel moment nous devenons les instruments de la Providence? À quel moment nous réalisons que la Providence nous accompagne au quotidien sur la route de la vie depuis toujours? J’ai, depuis, les mains ouvertes et une main tendue. J’ai renouvelé mon contrat d’amour avec là-haut.
Je ne suis pas dans le passé, je suis dans l’aujourd’hui et dans l’avenir. Après plusieurs conversations avec le couple d’amis, après avoir partagé leurs expériences et leur cheminement, encouragée, j’ai accepté. Quel défi! Quelle découverte! Quel enrichissement personnel !
J’ai mis un certain temps avant d’éprouver une aisance confortable. J’apprivoise toujours, au-delà des salons funéraires, mes peurs, mes souvenirs qui remontent en présence des personnes décédées. Il y a un quelque chose d’éphémère dans un salon funéraire.
Et comme dans la chanson de Jean Gabin :
Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau…
…Moi qui suis à l’automne de ma vie
... On oublie tant de soirs de tristesse…Mais jamais un matin de tendresse !
…Maintenant, je sais….Je sais qu’on ne sait jamais!
…On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses.
C’est tout ce que je sais…mais ça, je le sais.
Merci de m’avoir ouvert la porte de votre confiance et le jardin de votre cœur.
Je vous aime et, comme on fait son jardin, pensez à semer des graines d’amour!
Pierrette Chagnon A.P.
2009-09-17
A la rencontre du Dieu Providence
« Elle partit donc et fit comme Elie le lui avait dit, et pendant longtemps ils eurent à manger, lui et elle et le fils» (1 R 17, 15) Dans cette parole de l’Ecriture, Dieu vient en aide à une veuve à la demande du prophète.
Aujourd’hui encore nous avons besoin de la Providence du Seigneur.
Ce fut pour nous une grâce de le laisser agir dans notre vie. Pourtant, nous l’avons réalisé, vivre de Providence ne se fait pas sans effort de notre part…
Notre premier pas avec la Providence s’est manifesté par un choix :
celui d’éduquer nos enfants en ayant un parent à la maison jusqu’à leur entrée à l’école.
En conséquence, nous avons décidé de vivre avec les aléas d’un salaire unique pour la famille. Nous avons donc appris à vivre en fonction de nos besoins réels afin d’éviter d’embarquer dans la spirale de la consommation.
Ensuite, nous avons adopté une attitude d’ouverture et d’accueil envers les petits gestes de charité offerts. Finalement, nous avons choisi d’abandonner nos désirs au Seigneur par la prière, démarche essentielle mais si facile à oublier….
A deux reprise, Jean-Yves a perdu son emploi et ces congédiements coïncidaient avec les deux premières grossesses de Josiane.
La première fois, c’est seulement quelques jours après la naissance de Christophe, après six mois de recherches, que le téléphone a sonné pour une offre d’emploi.
La Providence s’est manifestée puisque cette situation nous a permis d’acheter une maison pour élever notre nouvelle famille.
La deuxième fois, après encore plusieurs mois de recherches, toutes les portes semblaient fermées. Jean-Yves a prié un «Gloire au Père» et a décidé de rester à la maison pour accompagner Josiane dans les dernières semaines de sa grossesse. A 17h00, le soir même, le téléphone a sonné à nouveau…
Ces deux exemples ne sont pas les seuls que nous ayons vécus.
La Providence se manifeste surtout dans les petits événements du quotidien : don de vêtements, aide pour faire de menus travaux à la maison… Cependant, dans notre joie d’accueillir cette simple Providence, le Seigneur nous a donné la grâce d’en vivre des expériences plus grandes.
Nous remarquons souvent que notre joie interpelle ceux qui nous offrent de l’aide. On nous dit : «C’est facile de vous donner, ça vous fait toujours plaisir!»
Pourtant, l’abandon à la Providence n’est pas un laisser-aller. Nous devons faire notre bout de chemin. …C’est à travers cette manière de vivre avec la Providence que nous sommes en mesure de faire la volonté de Dieu. Quelle joie pour nous d’en rendre témoignage!
Josiane Dupont et Jean-Yves Lavoie
(extrait de la revue Le Nic, janvier 2009)
« Elle partit donc et fit comme Elie le lui avait dit, et pendant longtemps ils eurent à manger, lui et elle et le fils» (1 R 17, 15) Dans cette parole de l’Ecriture, Dieu vient en aide à une veuve à la demande du prophète.
Aujourd’hui encore nous avons besoin de la Providence du Seigneur.
Ce fut pour nous une grâce de le laisser agir dans notre vie. Pourtant, nous l’avons réalisé, vivre de Providence ne se fait pas sans effort de notre part…
Notre premier pas avec la Providence s’est manifesté par un choix :
celui d’éduquer nos enfants en ayant un parent à la maison jusqu’à leur entrée à l’école.
En conséquence, nous avons décidé de vivre avec les aléas d’un salaire unique pour la famille. Nous avons donc appris à vivre en fonction de nos besoins réels afin d’éviter d’embarquer dans la spirale de la consommation.
Ensuite, nous avons adopté une attitude d’ouverture et d’accueil envers les petits gestes de charité offerts. Finalement, nous avons choisi d’abandonner nos désirs au Seigneur par la prière, démarche essentielle mais si facile à oublier….
A deux reprise, Jean-Yves a perdu son emploi et ces congédiements coïncidaient avec les deux premières grossesses de Josiane.
La première fois, c’est seulement quelques jours après la naissance de Christophe, après six mois de recherches, que le téléphone a sonné pour une offre d’emploi.
La Providence s’est manifestée puisque cette situation nous a permis d’acheter une maison pour élever notre nouvelle famille.
La deuxième fois, après encore plusieurs mois de recherches, toutes les portes semblaient fermées. Jean-Yves a prié un «Gloire au Père» et a décidé de rester à la maison pour accompagner Josiane dans les dernières semaines de sa grossesse. A 17h00, le soir même, le téléphone a sonné à nouveau…
Ces deux exemples ne sont pas les seuls que nous ayons vécus.
La Providence se manifeste surtout dans les petits événements du quotidien : don de vêtements, aide pour faire de menus travaux à la maison… Cependant, dans notre joie d’accueillir cette simple Providence, le Seigneur nous a donné la grâce d’en vivre des expériences plus grandes.
Nous remarquons souvent que notre joie interpelle ceux qui nous offrent de l’aide. On nous dit : «C’est facile de vous donner, ça vous fait toujours plaisir!»
Pourtant, l’abandon à la Providence n’est pas un laisser-aller. Nous devons faire notre bout de chemin. …C’est à travers cette manière de vivre avec la Providence que nous sommes en mesure de faire la volonté de Dieu. Quelle joie pour nous d’en rendre témoignage!
Josiane Dupont et Jean-Yves Lavoie
(extrait de la revue Le Nic, janvier 2009)
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