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2017-05-17

S’OUVRIR AUX AUTRES

Si je n’avais pas connu l’Itinéraire, je ne crois pas que je serais là aujourd’hui.  Les gens qui s’y trouvent sont très ouverts par leur générosité et leur amour. Ils ont cru en moi, m’ont offert des opportunités de travail et m’ont permis de me prouver que je pouvais faire quelque chose  de ma vie. Ils m’ont donné la chance de m’exprimer et partager mes idées. Ils m’ont appris à aimer ce que je fais.

Je crois qu’on devrait donner cette chance à tout le monde. Ça leur donne un but dans la vie, et la force de continuer. On m’a donné cette chance et je l’apprécie encore énormément .
Je remercie Dieu d’avoir mis l’Itinéraire sur ma route. Je suis ouverte à toutes les possibilités que la vie m’offre et j’accepte les gens tels qu’ils sont. L’important est de continuer d’avancer. Je suis prête à relever le défi et à m’ouvrir aux autres.  Il suffit de tendre la main.  Ouvrir la porte plutôt que la fermer.

Cécile C., camelot
( Lu dans l’Itinéraire, publié avec autorisation)

2017-03-21

MAXINE SE RACONTE

Elle raconte ses anecdotes d’enfance et les épreuves de sa vie, qu’elle ponctue de petits rires et de grands sourires.

Elle passe 2 ans en Espagne et revient en situation de détresse. ‘’J’ai alors rencontré des personnes qui me voulaient du mal, ça m’a traumatisée, j’ai sauté une coche’’.  Elle reçoit un diagnostic de schizophrénie, puis elle est hospitalisée.

Maxine découvre l’Itinéraire, y travaille de temps en temps.  Avec son baccalauréat, deux certificats et une formation comme enseignante, elle essaie de revenir sur le marché du travail. ‘’Je me suis rendue compte que j’étais nulle, côté discipline avec les enfants, j’ai dû quitter parce que j’étais incapable de faire le travail.’’

Elle retourne faire ce qu’elle sait faire de mieux, vendre. ‘’J’ai été vendeuse toute ma vie, c’est quelque chose que j’aime, ce n’est pas compliqué, ce n’est pas stressant.  C’est important pour moi de faire une job qui ne me stresse pas, parce que le stress et le traumatisme m’ont amenée à la maladie.

Maxine revient alors à l’Itinéraire, elle vend le magazine sans stress. Aujourd’hui, elle affirme qu’elle est réjouie par cette situation. Elle rit avec les clients, la dignité est retrouvée et les proches avec qui elle a renoué.

Son prochain projet?  Suivre un cours de langue arabe, langue dont elle apprécie la mélodie et la sonorité.

Lu dans l’Itinéraire (publié avec autorisation)
Publié par Th. Dr.



2016-11-18

MON RÊVE: ÉCRIVAIN

Pour moi, la carrière idéale, c’est celle d’écrivain. Pourquoi un écrivain ? Parce qu’un écrivain il a son autorité, il n’y a pas quelqu’un qui peut lui montrer ce qu’il doit faire. Quand quelqu’un écrit un roman, il n’y a personne qui lui dit ce qu’il doit écrire, parce que c’est lui son propre maître. L’autre chose, c’est que lorsqu’on est écrivain on s’instruit tout le temps, on s’informe. On peut aussi choisir un horaire selon ce qui nous convient et on participe à la vie culturelle de la société. J’aurais aimé écrire des romans romantiques, mais à portée sociale.  Pour moi, ça serait l’idéal.  Comme ce n’est pas un métier qui est donné à tout le monde, dans la pratique, mon métier de rêve c’est d’être journaliste pigiste.  Ça me permettrait de continuer à m’instruire et de jouer un rôle  important dans la société.

Mosapha, L’Itinéraire (Publié avec autorisation)

2016-05-24

L’HISTOIRE DE TRACY

Née à Montréal d’une mère colombienne et d’un père québécois, Tracy  commence un bac en psychologie, même si elle sait que le parcours est long avant de pouvoir exercer le métier de psychologue. Après deux ans de cours, elle fait un voyage de coopération internationale au Pérou qui la transforme.

A son retour, elle se réoriente et tente de trouver sa voie dans divers  domaines, de bouger et de faire des tâches pratiques, plutôt qu'apprendre des  notions théoriques.  Voyageuse dans l‘âme, Tracy n'était pas bien dans ce petit bureau sans fenêtre.  Aujourd’hui, elle a trouvé l’équilibre qui lui permet d’allier son bagage en intervention sociale et le travail physique. « j’étais en train de devenir folle ! Maintenant je suis dehors à jardiner avec des enfants, des personnes âgées, des adultes.

Elle a diminué son salaire, ses heures de travail et son stress : « Je  faisais des 40 heures semaine à 22 $ l'heure, avec le désir de toujours en faire plus. Maintenant, je fais 28 heures à 16$ puis je suis plus heureuse que lorsque j'avais plus d'argent. »

L’intelligence du cœur

Tracy a usé de l’intelligence du cœur et se dit plus heureuse et plus libre de vivre à petite échelle ; elle a fait un choix libre et assumé. Ne sentant plus le stress financier, elle mise sur ses réseaux de relations humaines et un mode de vie sans dettes.  Elle choisit ce qui lui convient le mieux en renonçant aux joies éphémères à crédit afin de garder sa liberté.

Lu dans la revue L’ITINÉRAIRE (publié avec autorisation par Thérèse Dr.

2015-10-01

JE VEUX APPRENDRE À AIMER

Cybelle a quitté l’école très jeune. Elle est inscrite depuis un an à l’Atelier des Lettres qui a pour mission l’alphabétisation des adultes.

« Mon nom est Cybelle, ma mère a étudié pour devenir psychologue.  Elle voyageait beaucoup et j’étais souvent laissée à moi-même.  Je déménageais chaque année et je devais changer d’école.  Au début, j’étais bonne et assidue à l’école, j’ai même gagné des prix.  Mais au bout d’un moment, j’ai estimé que j’apprenais mieux toute seule et j’ai décidé de quitter l’école à l’âge de 16 ans, pour travailler et aller vers les autres.

J’ai maintenant un fils qui m’a été arraché. Je voulais cet enfant, mais je n’ai pas su m’exprimer assez bien pour qu’on comprenne que je le voulais et qu’il était désiré.

Après avoir accouché de mon 2e fils, je suis devenue dépressive et je ne pouvais pas vraiment m’en sortir.   Maintenant j’essaie de faire le bien autour de moi.  J’apprends à écouter et à mettre le doigt sur quelque chose de concret, de positif.

L’an passé, je me suis inscrite à l’Atelier des Lettres et j’aimerais m’inscrire de nouveau cette année.  J’aime l’école pour ce qu’on y trouve.  Il y a des activités comme des sorties à la bibliothèque, etc… Il y a aussi les amis et les liens que l’on y développe dans le but de se construire un bel avenir.


Aujourd’hui, je me dois d’être forte pour la famille et les gens que j’aime, qui m’entourent.  Je veux apprendre à AIMER et à me faire respecter le plus possible.  La vie est belle et je suis Cybelle. »

(Publié par Th.Dr. avec l'autorisation de l'Itinéraire)

2015-08-24

DAN, son travail, c'est d'aider

Son tatouage en plein visage est impressionnant. Dan est de ceux qui travaillent jour après jour pour contrer les préjugés. En 33 ans, le jeune homme a vécu des moments plus ou moins réjouissants. Il a repris goût à la vie en aidant les autres. Cela fait maintenant deux ans qu’il intervient auprès des consommateurs de drogues dans la rue, avec Cactus Montréal. Il  tente de sensibiliser les consommateurs aux méfaits liés à la drogue, je vivais sur le trottoir d'en face, sur la rue Sanguinet avec ma chienne. « On était en automne et il faisait froid, je ne voulais pas rentrer à Cactus par fierté parce que je ne consommais pas », se souvient-il.

La journée où Dan s’est retrouvé à la rue, il était accom­pagné de plusieurs de ses amis de l’époque. « Tout le monde s'est mis à consommer sauf moi. J'avais peur de consommer, peur d'être mal ou d'aller en prison. Beaucoup de mes amis passaient du temps avec moi pour éviter de consommer. Tout a basculé l’hiver où il a pris beaucoup de pilules.   J’ai consommé comme un malade. Et je me suis tiré dans le pied », confie-t-il.

La drogue lui a laissé un goût amer. Il l’assimile à la violence et aux problèmes. « J’ai vu des choses que personne ne souhaite voir. Ces choses-là m'ont fait lâcher les gars avec qui j'étais. Je ne pouvais plus rien faire pour eux, c’était trop violent », confie-t-il. À Cactus, Dan a trouvé de l'aide et une écoute. « Je suis de l'autre côté de la médaille. Avant, j'étais avec les drogués, maintenant je suis avec les personnes qui aident, c’est devenu mon travail », explique--il avec une certaine fierté.

Le défi quotidien de Dan est de garder son intégrité : « Je suis content d’avoir un appartement ou de pouvoir dormir des nuits complètes sans être dérangé par la police. Je suis content de prendre part à la société. »
Pour Dan, le blocage lié à l’implantation de Cactus à Montréal est en lien avec la peur. « Les gens ont peur des itinérants et des drogués et pourtant, ce ne sont pas des personnes méchantes, il faut juste leur donner une chance de s'intégrer. Leur donner des bonnes idées, leur faire comprendre qu'ils ont leur place et qu'ils ont leur mot à dire», pense-t-il.
                       
En tant que messager pour Cactus, Dan en sait quelque  chose. « Je parle de ceux et celles qui consomment. Je ne peux que leur montrer le bon exemple. Cactus permettra d'inter­venir autrement avec eux. Il faut comprendre que quand on tombe, ça fait mal, et c'est dur de se relever. On a absolument besoin d'aide », assure-t-il.
           
AUJOURD'HUI, LA PLUS GRANDE FIERTÉ DE DAN EST D’AVOIR ESSAYÉ DE S’EN SORTIR. IL ESTIME NE PAS ENCORE S’EN ÊTRE COMPLETEMENT SORTI. « JE NE VOUDRAIS PAS DÉMISSIONNER. J'AI ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE SUR MOI, MAIS J’ESPÈRE POUVOIR DIRE UN JOUR QUE JE M'EN SUIS TOTALEMENT TIRÉ. »
















2014-09-01

EN SOUVENIR DE SŒUR ESTELLE LAUZON, s.p.


Sœur Estelle est décédée, de façon violente, au matin du 13 août 2007, mais ce témoignage,  d’un de ses protégés de l’Auberge, fait remonter des souvenirs à nos mémoires.

À l’Auberge de l’Étoile, qu’elle avait dirigé avec un Missionnaire des Saints Apôtres, X faisait son entrée comme résidant; pour lui l’Auberge était un souffle d’accueil, de charité, d’espérance, de partage et d’amour.

Son séjour fut une expérience enrichissante de communion fraternelle.  Souffrant à son arrivée, confus, apeuré, tremblant au-dedans, on lui a tendu la main.

«À l’Auberge c’était comme une union, une communion, une expérience de vie partagée dans la foi, dans une ouverture d’esprit hors du commun.  Il ne peut y avoir que l’Amour véritable à la source même de cette union formidable et incomparable.  Des liens solides d’amitié se sont créés, dans nos cœurs, dans nos vies.  C’est une grande reconnaissance qui m’habite. J’ai quitté l’Auberge de l’Étoile en pensant que nous avons tous une lumière, une petite étoile qui brille, qui luit au fond de nos cœurs»!
X



2014-07-05

Prendre mon envol

À l’automne de ma vie, comme les outardes, je prenais un nouvel envol. Avec confiance, j’ai prié Mère Gamelin d’être chef de ce nouveau chantier dans ma vie, tout en lui dessinant les balises et les avenues incontournables.

« Elle n’a rien compris, » pensais-je. Aujourd’hui, je sais que « JE » n’avais rien compris. Sur ma route, je ne voyais que les cônes oranges, les détours, les sens uniques, alors que les lumières éclairaient de nouveaux chemins de vie pour moi. De nouvelles voies s’ouvraient à moi et, dans la noirceur qui m’habitait,  je n’étais pas à l’écoute. J’avais ignoré la main tendue, les mains ouvertes, l’accueil chaleureux sur le seuil d’une porte.

Comme un jardin, le bonheur se cultive à la saveur des saisons de la vie et à la couleur que l’on veut bien lui donner. Comme on fait son jardin, on a le choix de cueillir les fruits à l’heure des moissons. Pour moi, ainsi va la vie. Aussi loin que je me rappelle, j’ai choisi de semer des graines de bonheur et d’en partager la récolte.

C’est sur l’invitation d’un ami à être hôtesse dans un salon funéraire que j’ai traversé la première porte avec une certaine fragilité. (Je crois même que c’était la journée de Mère Gamelin) Un salon funéraire? Impensable pour moi qui avais perdu plusieurs êtres chers de façon tragique, les blessures n’étaient pas cicatrisées.

Savons-nous à quel moment la vie nous ouvre de nouvelles portes? À quel moment nous devenons les instruments de la Providence? À quel moment nous réalisons que la Providence nous accompagne au quotidien sur la route de la vie depuis toujours? J’ai, depuis, les mains ouvertes et une main tendue. J’ai renouvelé mon contrat d’amour avec là-haut.

Je ne suis pas dans le passé, je suis dans l’aujourd’hui et dans l’avenir. Après plusieurs conversations avec le couple d’amis, après avoir  partagé leurs expériences et leur cheminement, encouragée, j’ai  accepté. Quel défi! Quelle découverte! Quel enrichissement personnel !

 J’ai mis un certain temps avant d’éprouver une aisance confortable. J’apprivoise toujours, au-delà des salons funéraires, mes peurs, mes souvenirs qui remontent en présence des personnes décédées. Il y a un quelque chose d’éphémère dans un salon funéraire.

Et comme dans la chanson de Jean Gabin :
Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau…

…Moi qui suis à l’automne de ma vie

... On oublie tant de soirs de tristesse…Mais jamais un matin de tendresse !

…Maintenant, je sais….Je sais qu’on ne sait jamais!

…On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses.

C’est tout ce que je sais…mais ça, je le sais.

 Merci de m’avoir ouvert la porte de votre confiance et le jardin de votre cœur.

Je vous aime et, comme on fait son jardin, pensez à semer des graines d’amour!

 Pierrette C. Associée Providence

Pour avoir accès au texte complet: http://www.providenceintl.org/fr/