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2016-10-21

CHOISIR DE S'EN SORTIR

Brigitte, 55 ans, a accepté de livrer son témoignage, pour sentir qu'elle avance malgré tout.

« J'ai été itinérante durant environ 20 ans à cause de la toxicomanie, suite à plusieurs événements.
Issue d'une famille dysfonctionnelle à cause de l'alcoolisme de mon père et d'une mère insécure, situation suivie d'un divorce. J'ai été laissée à moi-même quand j'étais encore jeune. J'ai touché à ma 1re bière alors que j'avais 10 ou 11 ans.  Je fumais aussi. »

Brigitte est passée de Tanguay à Leclerc, elle a connu plusieurs récidives, une pneumonie après avoir été enfermée dans une cellule froide et n'ayant pas droit aux soins médicaux.

Ruth G. directrice de la Société Elisabeth Fry reconnait qu'il y a une croissance de la clientèle féminine à cause de la pauvreté des femmes et des inégalités sociales.

Brigitte est finalement sortie de la prison Leclerc pour entamer sa transition à la Société Elizabeth Fry.  Elle ne nie pas l'importance de la foi qui lui a permis de supporter ses années d'incarcération, notamment grâce à l'écoute de Soeur Marguerite qui visite beaucoup les filles en détention depuis de nombreuses années.

D'année en année, Brigitte dit avoir pris du recul sur sa période de détention.  C'est vrai que mes proches ont vécu avec moi ces années de détention.  Il y a eu une perte de confiance suite à mes rechutes.  Mais rendue où j'en suis, je le sais que je n'y retournerai plus.  J'ai été jusqu'au bout. »

Extraits de la Revue l'Itinéraire, octobre 2016.
(Publié avec autorisation) Thérèse Dr.

2014-12-01

STEVE, UN BATTANT

Sa devise « Tomber c’est humain, se relever c’est divin »!

Né à Montréal, élevé en Abitibi, son enfance n’a pas été facile.  La rue à 17 ans,  chassé par sa mère, il se voit obligé de quitter le CEGEP.

Commencent alors toutes sortes de jobs: construction, cuisine, vente de drogues.  C’est à 29 ans qu’il se retrouve dans la rue pour de vrai.  Il plonge dans un milieu de stupéfiants et d’alcool.  Il s’imaginait avoir un mode de vie de bohème, sans horaire ni contrainte.  Une fausse liberté qu’il regrette aujourd’hui.

Fatigué, il souhaite s’en sortir, entreprend une thérapie et reprend l’école.  Il obtient 100% à son premier examen, mais une double opération au pied, suite à un accident, ne lui permet pas de continuer les cours.

Aujourd’hui Steve a un logement, il travaille pour gagner sa vie.  L’Itinéraire lui a permis de retrouver une autodiscipline et de la fierté. Il est très bon vendeur : «Ce n’est pas le fun tous les jours mais j’ai des clients qui en valent vraiment la peine. »

«J’ai toujours eu du beau monde sur ma route : ma fille de 12 ans est ma plus grande fierté ». 

S’il ne sait pas de quoi demain sera fait, il a certainement beaucoup d’espoir en l’avenir.

M.Fauquet

(publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)

2012-11-26

GAÉTAN, un camelot qui garde foi en l’avenir


Il a connu l’itinérance avant de vendre le journal de rue, posté au quartier des spectacles,
ce qui le force à aller à la rencontre des gens et à socialiser avec eux.

Alors qu’il était sans logis, Gaétan a été victime de profilage social de la part des policiers et écopé de plusieurs contraventions, à cause de sa présence dans la rue.

Mais Gaétan est fier et il désirait se réhabiliter. En vendant le journal, il a fait baisser de 500$ la dette qu’il avait avec la ville.

Dès l’âge de 15 ans, Gaétan avait connu des coups durs, un accident qui l’a laissé les deux jambes cassées et dont il a gardé des séquelles, une démarche qui laisse croire qu’il est ivre. Auparavant, vers 9 ans, il apprend qu’il est adopté. Un choc!

Plus tard, Gaétan plonge dans une dépression majeure et se jette à corps perdu dans la drogue et l’alcool, il perd son emploi à Poste Canada. Un jour, complètement intoxiqué, il s’évanouit sur la rue et se retrouve à l’Hôpital pour trois mois. Il fait une cure et se retrouve ensuite sur l’aide sociale.

Il ne communique plus avec sa famille adoptive, mais Gaétan garde foi en l’avenir car il a retrouvé l’amour avec Diane et un port d’attache, alors qu’il ne s’y attendait plus.

TOUT UN CHEMINEMENT !

Thérèse
(Lu dans le Journal de rue Itinéraire)



2012-04-05

LA RUE N’A PAS D’ÂGE


Claudette, après avoir vécu une enfance instable et un mariage violent, a voulu connaître la liberté : vers 40 ans, elle quitte son appartement et s’en va vivre dans la rue, à 51 ans, elle obtient une place dans une Maison qui accueille des aînées en difficultés, elle se reprend en mains petit à petit.

Les murs de sa chambre sont couverts de photos, elle les pointe en racontant son histoire, en commençant par l’origine de son mal-être. «J’étais trimbalée d’un bord et de l’autre quand j’étais petite. Mon père est parti et ma mère ne s’est pas occupée de nous.»

Elle montre une photo de son mariage, une période qui n’a pas été plus rose. «Je suis allée 15 fois en cour pour divorcer et obtenir la garde de mes enfants.» Quand ses deux filles ont quitté la maison, Claudette est allée vivre dehors. La bière est devenue l’élément central de son alimentation lorsqu’elle était ‘dans le trafic’.

A la Maison pour aînées dans le besoin, Claudette s’estime privilégiée d’avoir une place, bien installée près de la fenêtre, le visage tourné vers le soleil ! «Je ne sais pas ce qui serait arrivé si je n’étais pas venue ici., je commençais à faire une dépression; je serais sûrement retombée dans l’alcool et les médicaments. »

Laura P;.

(Publié avec l’autorisation de L’Itinéraire)

2011-02-02

AMOUREUX DES MOTS

Pour vaincre sa timidité, Richard a bataillé dur. L’exclusion a longtemps fait partie de son quotidien. «En vendant le magazine L’Itinéraire, j’ai brisé mon isolement». Il a touché à plusieurs métiers, mais il se considère plutôt un intellectuel qu’un manuel. Il rêvait de publier des poèmes et des chansons. À l’Itinéraire il a pu le faire. Le camelot est un amoureux des mots, il en invente des nouveaux.


Enfant, Richard était d’une grande timidité et manquait de confiance en lui. Son père souffrait d’alcoolisme, heureusement qu’il y avait sa sœur à qui il pouvait parler, il se considère chanceux d’avoir eu sa mère et sa sœur, car son père est parti de la maison, alors que Richard venait d’être opéré au cerveau. «Tout ce dont je me souviens, c’est qu’après j’ai dû fréquenter une école spécialisée.

Doté d’une grande sensibilité, quelques échecs amoureux et une trop grande pression au travail l’ont poussé à commettre trois tentatives de suicide. «Je voulais en finir.» Sans l’Itinéraire, je serais à la rue. Tout jeune, j’aurais aimé passer ma vie avec une femme et avoir des enfants. C’est ma plus grande déception.

Richard L. (L’Itinéraire)