On ne peut se désintéresser de cet événement qui se tient à Montréal, du 9 au 14 août. 50 000 personnes sont attendues de 120 pays,
C'est la première fois que le FSM s'installe dans un pays du Nord. L'objectif est de donner la parole aux sans voix, aux mouvements sociaux afin de contribuer au changement global, en solidarité avec les peuples de partout sur la planète. Changer le monde commence par se changer soi-même, puis son quartier, sa communauté, sa ville.
Rendez-vous au coeur de Montréal pour contribuer à cette construction collective d'un monde meilleur. Nous sommes le changement, osons inventer l'avenir.
Un autre monde est nécessaire. Ensemble il devient possible.
Programmation: www.FSM2016.org (Voir les activités)
Marche d'ouverture, au Parc Lafontaine, aujourd'hui à 17h30
Au Marché Bonsecours, demain : Jeunes et inégalités
L'Itinéraire, 1er août 2016
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2016-08-09
2015-11-02
TÉMOIGNAGE DE DENISE BOMBARDIER
J’ai vécu en début de semaine une plongée dans le monde des religieuses. J’étais la seule femme laïque invitée à adresser la parole à plus de 300 religieuses toutes communautés confondues dans le cadre d’un colloque sur leur avenir qui se déroulait à Québec.
Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.
Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.
Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude. (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)
Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.
Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.
Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?
Denise Bombardier
Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.
Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.
Respect de l’autre
Deux jours passés avec elles et l’on retrouve la sérénité, le calme, la discipline et une politesse qui ne sont que l’expression extérieure du respect de l’autre. Je les observais. Sages, pendant les exposés, elles prenaient des notes avec leur écriture appliquée qu’elles ont transmise durant des générations aux enfants du Québec.Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude. (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)
Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.
Des femmes fortes
Combien de Québécois, croyants ou non, se remettent en question comme les religieuses rencontrées cette semaine? J’ai croisé des femmes fortes qui ont dirigé leurs communautés avec une efficacité administrative que devraient leur envier beaucoup de gestionnaires d’aujourd’hui.Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.
Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?
Denise Bombardier
2015-10-26
NICOLAS chef d’orchestre spécial
Nicolas a eu l’idée de fonder un orchestre symphonique bien spécial pour assouvir son besoin de s’impliquer socialement, il n’avait que 19 ans. « Depuis le secondaire, il y a quelque chose à l’intérieur de moi qui me disait que c’était important d’aider, de donner et d’être là pour les autres.
Son premier concert symphonique est né à
l’église Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, et a été donné au profit de l’Aide Internationale
pour l’Enfance. Il s’est entouré peu à
peu d’une équipe afin de mieux se structurer.
L’orchestre a pris forme sous le nom d’Orchestre de solidarité sociale (OSA),
car c’est un lieu de rassemblement, d’échange et de partage comme au temps des
Grecs. Il est unique en son genre, seul au Canada, en Amérique du Nord et
peut-être au monde, affirme Nicolas.
Le chef d’orchestre avait depuis longtemps l’idée de donner un concert en l’honneur de l’Itinéraire.
« C’est une mission noble d’entraide. Puis ce que j’aime
avec l’Itinéraire, ce sont tous les outils donnés pour les camelots. C’est un travail durable. C’est une belle
organisation qui occupe une très grande place à Montréal. » Des camelots
assisteront au concert et certains monteront sur scène. Il y a un parallèle
évident. Des jeunes musiciens jouent avec l’orchestre et des camelots
participent aux articles et aux entrevues.
«
Ce que je veux c’est que cela se développe et que l’OSA devienne une
plate-forme qui donne le goût aux jeunes de commencer à jouer de la musique. Transmettre
ma passion c’est quelque chose qui est dans ma mission. J’aurai toujours la
même vision, en plus gros. »
Nicolas
Ellis
L’Itinéraire,
octobre 2015
(Avec permission
de publier) Thérèse Drainville
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