2010-03-02

UN EXEMPLE : JOANNIE
(Itinéraire, 15 février 2010)

Joannie s’implique parfois dans des œuvres caritatives, mais l’entraînement prend tout son temps, en vue des Jeux Olympiques 2010 et pour elle vivre sous pression fait partie du métier.

« Si je ne pouvais vivre avec la pression, je ne pourrais pas faire de la compétition de haut niveau. Ma carrière tire à sa fin. Je ne crois pas que je ferai partie d’une troupe professionnelle car je désire reprendre mes études, mon rêve d’enfance c’était de devenir médecin après ma retraite du patinage. Jeune, j’étais studieuse et je travaillais fort pour obtenir les notes. Je suis une personne très prévoyante. Ma vie a tourné autrement, mais j’ai toujours un plan B, si je ne suis pas médecin, je serai pharmacienne.»

Un exemple Joannie? Oui, par sa persévérance, ses efforts constants quand elle était plus jeune et qu’elle voulait poursuivre son rêve, prévoyante au cas où la vie l’amènerait ailleurs et très forte aussi, comme on l’a vue, maintenant que les Jeux Olympiques sont terminés. Joannie, un bel exemple pour les jeunes mais aussi pour tous. Joannie, nous sommes avec toi de tout cœur.

2010-01-28

D’AMOUR ET DE SOLEIL

Y a-t-il un mot plus beau que le mot AMOUR ? Moi, ce mot m’inspire beaucoup. Durant ma vie, j’en ai reçu assez pour réussir à être bien dans ma peau.
L’amour aide à rendre la journée plus belle. L’objectif principal de ma vie est de réussir à être heureux.
Les personnes à qui je crois avoir donné le plus d’amour ce sont mes parents adoptifs qui se sont occupés de moi quand j’avais entre 4 et 14 ans.
Actuellement je vends un journal de rue et le contact privilégié que j’ai développé au cours des années avec mes clients n’est pas de l’amour mais s’en approche car je m’investis beaucoup dans mon travail auprès d’eux. Mes clients me disent souvent que je suis leur rayon de soleil, ce qui me touche beaucoup. Chose certaine, le soleil brille pour tous, alors que tout le monde ne reçoit pas autant d’amour dans sa vie.
Je remercie mes clients pour leur soutien. Je souhaite que le soleil brille pour eux et qu’ils soient très heureux.

Gilles B. (L’Itinéraire)

2010-01-27

NOS AÎNÉS

Je connaissais bien la détresse mortelle qui envahit plusieurs jeunes hommes qui peut même conduire au suicide. Je n'avais, cependant, jamais imaginé l'ampleur du désespoir qui peut s'insinuer dans l'âme de nos
aîné(e)s.

Il y a 30 ans, le CLSC a aidé une paroisse à mettre sur pied un organisme ENTRAIDE ET AMITIÉ, pour les aînés. Des paroissiens s'inquiétaient, en effet, du sort d'une centaine d'aînés laissés à eux-mêmes. La compassion a joué, la solidarité aussi, mais l'amour a été la plus forte motivation, et la conscience de servir le Christ dans les plus faibles. Ce groupe est généreusement financé par l'Etat pour rendre des services de proximité, déplacements, accompagnements, repas mensuels, etc
(André Chevalier,ptre. Extrait dans Revue: Le NIC)

2010-01-20

AIMER

Aimer c'est s'approcher de la spiritualité.  La spiritualité conduit au bonheur et nous aide à évoluer et à réussir tout ce qu'on entreprend.
Récemment, je suis allé à la Mission Bon Accueil; il y avait là, comme bénévoles, des joueurs de football. Ils nous ont adressé la parole. Ils nous ont parlé de leur passé. Certains avaient connu des périodes difficiles, mais ils nous ont dit qu'avec la confiance, la foi, ils ont pu remonter la pente et atteindre leur but.
Voilà un exemple de réussite qui s'est bâti en partie sur leur spiritualité.

Pensée du jour:
« L'amour, cela veut dire aimer les autres, et aimer les autres, c'est chercher à les comprendre. Pourquoi ? Il s'agit là d'une question à laquelle on a la réponse quand on aime.» 

Jacques É., camelot
Journal l'Itinéraire

2010-01-12


Sœur Marie-Paule Gagné, SNDD, (Sœurs de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs)
remporte le prix Raymond Dewar


Nous avons l'honneur de présenter Marie-Paule Gagné, ce petit bout de femme que nous appelons la « Mère Teresa du monde de la surdité », comme récipiendaire du Prix Raymond Dewar 2008 (dévouement pour la défense des droits de la communauté sourde).

Marie-Paule est l'avocate des causes qui semblent perdues, se portant à la défense des laissés-pour-compte du monde de la surdité.  Sa vie durant, elle a œuvré auprès de la jeunesse sourde pluri handicapée. Préoccupée pendant 40 ans du sort des plus défavorisés, c'est avec empressement et le cœur contagieux de sa joie qu'elle s'est rendue tous les matins à leur rencontre, beau temps mauvais temps, pour accompagner de son sourire et de sa vie de foi ceux et celles qui sont trop souvent oubliés par notre société. Cette religieuse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ne connaîtra jamais le sens du mot RETRAITE. Âgée de 74 ans, elle continue de s'impliquer davantage et annonce, encore et toujours, sa foi en la Jeunesse et en la réussite de la personne humaine sourde. Partout et avec tous, quelles que soient leur situation ou leurs croyances, elle affiche le même sourire, la même cordialité. Inspirée par Mère Gamelin, elle offre la célèbre « Soupe à Marie-Paule » à tous ceux et celles qui se présentent à la porte de la Maison de la Foi. À elle seule, elle y a créé un lieu de fraternité et de bonne entente. Elle fait en sorte que les personnes sourdes soient autonomes et confiantes en leurs dons intérieurs, aspirant à ce qu'elles deviennent ressources les unes pour les autres...

Marie-Paule n'a que des amis dans tous les milieux sourds ou entendants. Elle se porte au secours de chacun avec simplicité. Tous goûtent la paix et la sérénité du cœur à son contact... elle est à l'écoute de tout. Elle franchit toutes les barrières humaines pour accueillir et accompagner les moins bien portants de la communauté sourde, les recommandant à Dieu dans le secret de sa prière constante. Les murs d'indifférence ne tiennent pas avec elle qui ne sombre jamais dans le désespoir. Dans les concours du type de celui-ci, on pourrait oublier les gens simples qui œuvrent dans le secret et l'intimité de leur vie. Il est pourtant de simples personnes qui font plus de bien que les politiciens les plus populaires ou les conférenciers les plus célèbres. Pour les voir, il suffit de baisser les yeux car elles se tiennent, comme Marie-Paule, avec les plus humbles... C'est ce qui témoigne de leur grandeur; ne croyez-vous pas ?

Source: André Lachambre, Maison de la Foi au service du Monde de la Surdité.

2010-01-10

L'EMPATHIE AVANT LA RÉPARTIE

L'humoriste Dany Turcotte prend les autres au sérieux.  Le fou du roi de Tout le monde en parle se considère d'abord comme un observateur sensible à ceux qui l'entourent, qu'il s'agisse de ses proches ou des gens de la rue de l'avenue du Mont-Royal qu'il interpelle spontanément par leurs petits noms.  Dany Turcotte a connu l'adversité de la vie...et ne l'a pas oublié dans le nuage du succès(...)"Je sais ce que c'est que de vivre la déchéance sociale qui conduit à l'exclusion..Quand j'avais 10 ans, on a fait faillite.  Je passais le journal pour payer mes vêtements.  Je n'oublierai jamais le soir où un représentant d'Hydro est venu couper l'électricité et n'a même pas voulu laisser le temps à ma mère de finir son souper pour nourrir la famille.  Par la suite, dans la cour d'école, on m'appelait faillite.  Ça m'a marqué", livre-t-il, le regard songeur.  Cette période de sa vie l'a bouleversé et c'est avec spontanéité qu'il expose les stigmates qu'elle a laissés dans son rapport à l'argent.  "Je connais la valeur d'une piasse.  Mes amis disent de moi que je suis cheap parce que je ne suis pas dépensier et que je fais rarement des folies.  J'ai tendance à l'insécurité, car je fais un métier où on ne connaît pas l'avenir.(...)"  Dany Turcotte s'est toujours spontanément engagé auprès des plus démunis.  "Je suis très sensible aux exclus.  C'est pourquoi chaque fois que je peux faire un petit quelque chose, ne serait-ce qu'un sourire ou une conversation, à quelqu'un qui me tend la main dans la rue, je le fais."
(Dany Trucotte dans l'Itinéraire)

2010-01-04

COURTS TÉMOIGNAGES


Dan : «Quand vous voyez un jeune dans la rue et que vous pensez qu’il vient de la planète Mars, rappelez-vous qu’il vient de votre propre salon. C’est probablement votre enfant.»

Laurence : «Pendant dix ans, j’ai souffert d’un mal de vivre qui m’a poussée à la toxicomanie. J’ai tout essayé, tout fait jusqu’à ce que je tombe enceinte de ma fille qui a aujourd’hui 20 ans. Pour vaincre la dépression, je me suis imaginée une flèche avec une corde, comme une trajectoire de vie que j’aurais lancée et à laquelle je peux toujours m’accrocher quand j’ai l’impression de dévier, de perdre de contrôle.»

Claude : «En prison, j’ai décidé d’écrire des chansons à la lueur d’un lampadaire qui filtrait par ma fenêtre. En prison, on n’est pas autorisé à posséder une chandelle et il est difficile de se les mettre quelque part pour les passer en cachette. J’avais deux possibilités : soit vivre mon temps à la dure ou je m’organisais pour le vivre différemment. Mon choix a été le bon.»

Monique : «Quand je pratique l’écriture de façon assidue, ça débouche inévitablement sur le même territoire que la spiritualité et sur la méditation, c’est-à-dire dans le mystère. Je suis dans le vide tout en étant dans le plein en même temps. Je suis à la recherche d’un sens, il y a quelque chose de sacré et de magique et c’est ce que je vais chercher en moi. Pour moi, écrire est une pratique spirituelle.»

Angèle : «Il y a une chose que je déteste parmi toutes, c’est le mensonge. Les camelots de ce magazine (L’Itinéraire) qui prennent la parole disent des choses dures mais vraies et ça, c’est vraiment unique à ce magazine. Je veux aider ceux qui se sont retrouvés dans une situation extrême.»

2009-12-22

JE CONNAIS LA VALEUR DE L’ARGENT


Dany a connu l’adversité de la vie : « Je sais ce que c’est que de vivre la déchéance sociale qui conduit à l’exclusion. Quand j’avais 10 ans, on a fait faillite, je passais le journal pour payer mes vêtements. Je n’oublierai jamais le soir où un représentant d’Hydro est venu couper l’électricité et n’a même pas voulu laisser le temps à ma mère de finir son souper pour nourrir la famille, dans la cour de l’école on m’appelait ‘faillite’, ça m’a marqué. Mes amis disent de moi que je suis cheap parce que je ne suis pas dépensier et que je fais rarement des folies. Je suis très sensible aux exclus, c’est pourquoi chaque fois que je peux faire un petit quelque chose, ne serait-ce qu’un sourire ou une conversation, à quelqu’un qui me tend la main dans la rue, je le fais. »

Dany T. (Revue de presse, ATD Quart Monde)

2009-12-15

LE COURAGE DE S’EN SORTIR

Yvon, un camelot pour un journal de rue, traîne un long passé de gambler derrière lui. Après 25 ans à jouer aux courses, il est déterminé à s’en sortir. Yvon a réussi à se détacher de sa dépendance au jeu et à reprendre goût à la vie, il voit désormais la vie d’un œil nouveau.

« En vendant le journal sur la rue j’ai été amené à rencontrer des gens, des familles, des enfants, ça m’a fait réaliser qu’il existait autre chose que les courses de chevaux, que mon besoin d’argent avait remplacé l’amour des chevaux. En attendant les clients, je réfléchis intensément à ma vie et le choix est devenu clair. Pour la 1re fois, j’ai décidé de changer de vie et de faire quelque chose pour moi, j’arrête d’agir pour avoir l’approbation des autres .»

Jérôme et Martine (L’Itinéraire)

2009-11-19

D'UN ACCIDENT À UN P'TIT DEUX

Dans la compagnie de meubles où je travaillais, j'ai perdu 3 doigts. Après cet événement, je me sentais dépressif, je n'avais plus d'énergie pour rien faire. Puis j'ai connu un Journal de rue où je pouvais rendre service en le vendant au coin d'une rue.

J'ai eu l'idée un jour de montrer ma main handicapée où il ne restait que deux doigts, le pouce et le petit doigt: 'Un p'tit deux pour les itinérants Madame'. Ça fait rire les gens.

Aujourd'hui, je remercie le Bon Dieu d'avoir eu cet accident. Grâce à çà, je ne travaille plus dans les shops, enfermé malgré moi dans ces endroits sans fenêtres.

Durant 30 ans, j'ai travaillé fort dans des compagnies de bois et de bureau. Maintenant, je m'amuse beaucoup, je me sens plus libre.

Germain G. (L'Itinaire)

2009-11-07

HUMORISTE DE RUE

En traversant les épreuves du divorce, de la dépression, de la consommation de drogue et de l’itinérance, le camelot de 54 ans considère qu’il a appris à vivre. «Avant je pensais juste au matériel, un gros char, une grosse maison, sans le savoir l’essentiel me manquait : le respect et l’amour, apprécier le moment présent, prendre le temps de parler au monde.»

La vie de Michel commence par la mort de sa mère à sa naissance. Il est adopté par une tante et son mari. Ses parents adoptifs l’aiment beaucoup. Il fréquente l’école, devient premier de classe. Plus tard il se marie, divorce, se remarie, divorce de nouveau. Il connaît une dépression fatale. Il déménage en ville, devient une proie facile pour les vendeurs de drogue. Il est empoisonné par une drogue dure et doit être hospitalisé. Quand il en sort, il cesse toute consommation et commence à vendre un journal de rue. Il fait rire les gens. « J’ai découvert que j’avais une force incroyable. Aujourd’hui mon plus grand bonheur est de passer du temps avec ma fille qui trouve que je suis un meilleur père que lorsqu’elle était petite. »

Michel D. (L’Itinéraire)

2009-09-17

A la rencontre du Dieu Providence

« Elle partit donc et fit comme Elie le lui avait dit, et pendant longtemps ils eurent à manger, lui et elle et le fils» (1 R 17, 15) Dans cette parole de l’Ecriture, Dieu vient en aide à une veuve à la demande du prophète.

Aujourd’hui encore nous avons besoin de la Providence du Seigneur.
Ce fut pour nous une grâce de le laisser agir dans notre vie. Pourtant, nous l’avons réalisé, vivre de Providence ne se fait pas sans effort de notre part…
Notre premier pas avec la Providence s’est manifesté par un choix :
celui d’éduquer nos enfants en ayant un parent à la maison jusqu’à leur entrée à l’école.
En conséquence, nous avons décidé de vivre avec les aléas d’un salaire unique pour la famille. Nous avons donc appris à vivre en fonction de nos besoins réels afin d’éviter d’embarquer dans la spirale de la consommation.
Ensuite, nous avons adopté une attitude d’ouverture et d’accueil envers les petits gestes de charité offerts. Finalement, nous avons choisi d’abandonner nos désirs au Seigneur par la prière, démarche essentielle mais si facile à oublier….
A deux reprise, Jean-Yves a perdu son emploi et ces congédiements coïncidaient avec les deux premières grossesses de Josiane.
La première fois, c’est seulement quelques jours après la naissance de Christophe, après six mois de recherches, que le téléphone a sonné pour une offre d’emploi.
La Providence s’est manifestée puisque cette situation nous a permis d’acheter une maison pour élever notre nouvelle famille.
La deuxième fois, après encore plusieurs mois de recherches, toutes les portes semblaient fermées. Jean-Yves a prié un «Gloire au Père» et a décidé de rester à la maison pour accompagner Josiane dans les dernières semaines de sa grossesse. A 17h00, le soir même, le téléphone a sonné à nouveau…
Ces deux exemples ne sont pas les seuls que nous ayons vécus.
La Providence se manifeste surtout dans les petits événements du quotidien : don de vêtements, aide pour faire de menus travaux à la maison… Cependant, dans notre joie d’accueillir cette simple Providence, le Seigneur nous a donné la grâce d’en vivre des expériences plus grandes.
Nous remarquons souvent que notre joie interpelle ceux qui nous offrent de l’aide. On nous dit : «C’est facile de vous donner, ça vous fait toujours plaisir!»
Pourtant, l’abandon à la Providence n’est pas un laisser-aller. Nous devons faire notre bout de chemin. …C’est à travers cette manière de vivre avec la Providence que nous sommes en mesure de faire la volonté de Dieu. Quelle joie pour nous d’en rendre témoignage!
Josiane Dupont et Jean-Yves Lavoie
(extrait de la revue Le Nic, janvier 2009)

2009-09-14

LA SOUFFRANCE DES AUTRES

Ma voisine a perdu son fils de 16 ans. Une balle dans la tête a eu raison de ce jeune en proie à la détresse. Chaque matin, je la vois prendre sa voiture et la vie continue… Hier elle est passée devant chez nous, le visage hagard, l’esprit absent. Ma conjointe a pu lui glisser un mot à l’oreille. En de pareilles circonstances que dire à une mère dévastée par le chagrin ? La vie ne fournit aucune réponse satisfaisante, seule l’interrogation pèse et mord dans la chair! J’aimerais la prendre dans mes bras avec compassion et prendre sur moi un peu de sa douleur.

La souffrance des autres et la nôtre jouent un rôle important dans une humanité faite pour le progrès, telle une main tendue, un regard rieur, une parole pour embrasser, des membres pour danser, des yeux qui regardent le soleil briller. Là où règne la souffrance, puissions-nous y jeter un peu d’harmonie; là où règne la souffrance des autres, puissions-nous laisser notre cœur frémir de compassion; c’est là que se trouve la réponse à toutes nos questions.

Sylvain-Alex L.
(Revue franciscaine)

2009-09-13

EN FLAGRANT DÉLIT DE MISÉRICORDE

Jean est entré à la prison de Bordeaux, Montréal, en 1969, il y est resté plus de 30 ans. Son crime? Avoir cru à la parole de Jésus : « J’étais en prison et vous êtes venu jusqu’à moi ». Il a choisi d’être prêtre et il est devenu aumônier de prison.

Au milieu des détenus, Jean représente le monde spirituel avec une sorte d’influence morale. Les gars sont portés à parler eux-mêmes de religion, souvent pour confier leur détresse, leur souffrance, leur questionnement. Parfois ils disent qu’ils ne prient pas, mais tous les soirs ils LUI parlent avant de se coucher, parce que prier pour eux c’est réciter des formules. Pour Jean, ce sont des pauvres qui ont un immense besoin de miséricorde. Célébrer la messe en prison donne tout son sens au mot ‘miséricorde’, ils sont disponibles à accueillir ce message.

Le plus important c’est de garder le lien, dit-il, même quand on condamne ce qu’une personne peut faire. Notre Seigneur se tenait avec des gens tout croches, ne les jugeait pas, ne les condamnait pas.

Jean s’occupe aujourd’hui de Oasis Liberté, un lieu de rencontre pour ex-détenus qui veulent poursuivre un cheminement spirituel.

(Extrait de Le Nic, septembre 2006)

2009-09-11

Voici un court témoignage qui m'a fait prendre conscience qu'une situation difficile peut souvent nous amener à décupler nos énergies pour aider les autres.
Après avoir perdu mon emploi comme aide-bibliothécaire à Montréal à la suite d'une surmédicalisation liée à la maniaco-dépression et à de fortes angoisses, je n'étais plus fonctionnel. Mon état physique aurait dû me donner droit à l'assurance-salaire prévue par mon assureur, mais mon employeur et mon médecin ont précipité mon retour au travail une semaine seulement après ma sortie de l'hôpital psychiatrique. J'ai été congédié peu après et j'ai pu dire bye-bye à l'assurance-salaire.
Je me suis alors senti démuni et sans recours. C'est la raison pour laquelle je me suis impliqué dans Action Autonomie afin de défendre d'autres personnes subissant le même sort. Cet organisme peut vous aider et m'aurait certainement été d'un grand secours.
Continuez à nous encourager, les camelots' car notre état de santé est souvent précaire.
Benoît
(Itinéraire, 15 mai 2009)

2009-06-25

DES GENS DE LA RUE à l'hôpital
Un jour, un type que je connais et qui est pauvre est entré à l'urgence d'un hôpital pour y subir un lavement d'estomac, il est connu des membres de l'hôpital et on ne lui a pas offert les services qu'il était en droit de recevoir.
Il y a quelques mois, j'y suis allé moi-même pour une prise de sang et on ne m'a pas désinfecté avant de me piquer.
J'ai l'impression que certaines personnes, parmi le personnel des hôpitaux, continuent à entretenir des préjugés à l'endroit des pauvres, des assistés sociaux, des gens de la rue, car ils n'ont souvent plus de famille, donc personne, aucun témoin pour les défendre si l'hôpital ne les soigne pas comme elle le devrait.
Mon ami aurait dû susciter plus de compassion de la part du personnel hospitalier. Moi aussi j'ai été mal reçu à plusieurs reprises.
Si des médecins, des innfirmières, des techniciens de laboratoire me lisent, j'espère qu'ils prendront ce message au sérieux.
Jacques (Revue l'Itinéraire)

2009-06-17

FALLAIT-IL QUE JE DEVIENNE SOURDE POUR ENTENDRE?

Titre du volume écrit par A.Paquin.

En débutant l'écriture de ce livre, il n'était qu'une bouée de sauvetage, dans l'espoir qu'avec un effort constant je garderais mon équilibre intérieur, car à l'extérieur, il était absent à cause de ma surdité. Par ce moyen, je croyais faire le vide, oublier, mais le contraire s'est alors produit. Ce temps de silence et ces écrits m'ont plongée dans un face-à-face avec moi-même et je me suis retrouvée dans des zones insoupçonnées, des facettes inconnues jusqu'à ce jour, comme devant un miroir qui reflète trop bien nos états d'âme.

La recherche d'un sens à ma vie comme à tâtons, à travers des questionnements sans réponses. Mes cris se sont orientés vers d'autres attentes. J'ai trouvé un sens à la souffrance qui m'habitait, mais sans pour autant qu'elle en soit allégée. J'ai connu un moment de grâce, et c'est à travers un regard de foi que j'ai pu laisser un Autre prendre place dans mon silence. Cet Autre a pris la gouverne de ma vie. Un sentiment de confiance a commencé à germer, une espèce d'abandon a pu naître en moi, celui de l'enfant qui s'émerveille. Et une certaine paix s'est établie.

2009-06-12

DUR DE VIVRE DANS LA RUE

Bonjour ! Mon nom est Ghislain et je suis camelot pour un journal de rue. Pendant 10 ans, j’ai travaillé à mon compte dans l’entretien ménager, mais j’ai tout perdu à cause de la récession.

Je me suis retrouvé à la rue et je dors dans la rue. C’est dur pour mon orgueil, car avant de tout perdre, j’avais tout : ma maison, ma compagnie. Je ne manquais jamais d’argent.

Maintenant je n’ai plus rien et je me retrouve sans le sou. Je ne veux pas recevoir d’aide sociale, je me cherche donc un travail. Cependant, quand je dis aux employeurs que je dors dans la rue, ils ont des réticences; c’est difficile de me trouver un emploi et sans emploi, pas de logement. Je me trouve dans un cercle vicieux.

J’essaie de survivre en vendant un journal de rue et j’aime ça, car je suis en contact avec le public et j’aime voir du monde.

Je garde espoir et je confie ma vie à mon Dieu d’amour. Je vous souhaite une bonne journée.

(Du journal l’Itinéraire, mai 2009)

2009-06-07

JACQUELINE: LA LONGÉVITÉ D'UNE BÉNÉVOLE

Jacqueline, une charmante octogénaire, donne son temps à l'accueil de la Maison du Père depuis 32 ans. Au cours des années, Jacqueline a occupé plusieurs fonctions, notamment à l'accueil et à la cuisine. A ses débuts, les moyens de l'organisme étaient rudimentaires. Au-delà de tout, ce qui a incité Jacqueline à poursuivre son bénévolat à la Maison du Père, c'est la relation humaine qu'elle a développée au fil du temps avec les itinérants. "Je ne les juge pas, je les accepte tels qu'ils sont. J'en rencontre de tous les milieux, des-ex-prisonniers jusqu'à des ex-avocats ou des ex-médecins. Ils ont souvent un grand besoin de parler et je les écoute", explique-t-elle. Jacqueline déplore l'indifférence de certaines personnes face au phénomène grandissant de l'itinérance. "Il faut les aimer tels qu'ils sont et sans condition, sinon rien n'est possible!" Cette lumineuse bénévole n'est certainement pas prête à abandonner les plus démunis: " La Maison du Père, c'est mon université. J'y ai beaucoup appris sur moi-même, sur les êtres humains et j'y apprends toujours", confie-t-elle.
(Journal l'Itinéraire)

2009-06-04

Un droit au cri

La maladie comporte son lot d'inconvénients et d'inquiétudes: autant
pour la personne atteinte que pour ses proches, il n'est pas toujours
facile d'affronter la situation. Lors d'un échange entre personnes
mala­des dans un établissement de santé, Raymonde raconte:
«J'ai l'impression que les gens ont parfois peur de nous visiter,
qu'ils nous fuient, et ça fait mal.» Claude ajoute: «C'est sûr que si c'est
pour être seulement pris en pitié, ce n'est pas ça qui va me re­monter
le moral!»
Une autre avance l'hypothèse: «Peut-être se sentent-ils aussi
impuissants que nous dans ce qui nous arrive, peut-être ont-ils
peur de ce que cela peut éveiller en eux!» Il est fort
possible que nos peurs soient liées à nos propres blessures.
Elles peuvent nous hanter comme elles peuvent devenir une
chance d'épanouissement et une occasion de rencontre authentique
avec Dieu.

Et si Dieu était à la fois inutile et essentiel ! Et si cette guérison prenait
une forme inattendue, et si cette guérison touchait mes profondeurs…
Charles, lui, reçoit de nombreuses visites de parents et amis :
« Moi, ils me prennent comme je suis, ils sont juste là. Ils sont
contents de me voir et moi aussi. » Ëtre là, juste là avoir le goût
de la rencontre avec l’autre. Pas de scénario préparatoire à se faire,
plus besoin d’empêcher l’autre de pleurer, ou de se retenir de rire,
seulement être présent et laisser aller la vie… voilà un contrat à la fois
simple et exigeant, puisqu’il demande un un accueil de ce qui se vit
et une présence à l’autre.
Alain Dompierre