2011-11-05

LETTRE D'UNE MAMAN ...

... aux organisateurs d'une fin de semaine de réflexion et de prière:

« Je tiens à vous remercier pour l'amour apporté à mes 2 enfants, lors de la fin de semaine que vous avez animée.  Je savais que mes enfants possédaient un trésor au fond d'eux-mêmes, une spiritualité naissante... mais elle avait besoin d'être nourrie par quelqu'un d'autre que moi. 

Mes enfants sont revenus différents, leur coeur a été touché, ils sont si beaux, transformés par l'amour. En vous, ils ont vu des personnes souriantes, remplies d'amour et de gentillesse, et sans vraiment le savoir, à travers vous, ils ont rencontré le visage de Dieu!

Et moi, à travers le visage de mes enfants, j'ai vu le visage de Dieu. 
Comme l'amour est bon ! Merci pour tout »
Sonia P.
(Journal Le Veilleur)

2011-10-06

MON PÈRE M’A VOLÉ MON ENFANCE

Mon père n’était pas méchant, juste perturbé par sa maladie. Il combattait une forme dégénérative très sévère d’arthrite rhumatoïde, qui s’attaquait à son système nerveux.

La seule façon pour mon père d’être en relation avec moi était de m’écorcher vif afin de mieux me briser. Il avait besoin de moi pour se décharger de sa colère, de ses frustrations et de sa souffrance physique. Et moi, j’achetais la paix en lui donnant raison surtout quand il avait tort.

Même si mon géniteur m’a fait beaucoup de mal, il possédait des qualités exceptionnelles : détermination, persévérance, compassion, drôle et paternel, un bon moral à certains moments, protecteur avec une volonté d’acier. En dépit de sa grande force et de ses capacités, mon père vivait, à la limite du supportable, une intense souffrance physique. L’affreuse et pénible maladie de mon père l’aura affecté au point de le transformer en monstre tortionnaire. Cela n’excuse pas sa conduite, mais explique l’origine de la plus venimeuse dépendance que j’ai été contraint de vivre durant ma vie. Même si ce n’est pas évident, reconnaître les coups durs dans la vie de quelqu’un est souvent le chemin qui mène au pardon.

Aujourd’hui, je trouve en mon cœur l’amour et l’affection perdus. Mon cœur d’enfant, quoi !

Gilles L. (L’Itinéraire, avec autorisation)

2011-09-01

AU CŒUR DE L’ACTION


Avec son grand sourire et ses yeux bleus rieurs, difficile de croire que Michel a vécu des jours sombres.

Michel  estime  qu’il  a  enfin  trouvé  le  bon  équilibre  de  sa  vie.   « La vente du magazine me permet de boucler mes fins de mois, mais je pratique aussi d’autres activités. »

La réalité, Michel a passé de longues années à l’éviter. Sa dépendance au jeu et à l’alcool l’a longtemps gardé prisonnier de sa bulle. Aujourd’hui il est abstinent et vit dans une maison de réinsertion sociale depuis sept mois. Et son travail de camelot lui permet d’avoir un point d’ancrage dans sa vie. «Mes clients sont très diversifiés : des hommes d’affaires, des touristes. Lorsque je vends le magazine, je suis dans le cœur de l’action et j’ai vraiment l’impression de sentir le pouls de notre ville. »

Michel a tout de même le temps de penser à son futur. Il aspire à retourner sur le marché du travail, peut-être en restauration ou comme guide touristique. C’est le Journal de rue qui lui a rappelé à quel point il avait besoin du contact avec les autres.

« Quand j’aurai un emploi régulier, je ferai ma part au sein du groupe communautaire L’Itinéraire. Je ne peux pas me mettre des œillères sur la misère qui m’entoure et si je peux faire un petit geste pour aider, je vais le faire. Si seulement tout le monde pouvait faire de même. »

Roraya (Journal L’Itinéraire)

2011-08-12


MARTYRE DE NOTRE TEMPS
(13-08-2007)
A notre époque, les chrétiens ne sont plus appelés à paraître devant un empereur romain et forcés à adorer une idole de métal.
Les chrétiens de notre temps sont plutôt mis en face de problèmes de drogue, de sexe, d’argent, de maladies mentales et autres et ils sont parfois martyrs pour leur foi et à cause de leur amour des autres.

L’Eglise de Montréal a maintenant une martyre, Sœur Estelle, qui a donné sa vie pour son prochain, une martyre de sa charité !

A ses funérailles, dans la très belle chapelle du couvent, une émouvante statue de la Pieta nous montre Marie qui tient entre ses bras le corps de son Jésus mort. En la contemplant, je voyais Sœur Estelle entre les bras de Marie, car Marie souffrant de la mort de son Fils, a aussi tenu entre ses bras tous les martyrs, de tous les temps, qui verseraient leur sang par amour et à cause de leur foi.

L’Eglise de Montréal avait sans doute besoin d’une martyre de notre temps, pour faire refleurir la FOI chez nous. L’avenir nous apprendra quels seront les bienfaits de grâce que le sacrifice de Sœur Estelle a mérités pour ses contemporains, les fruits que notre Eglise et même Martin qui l’a exécutée vont recueillir de son martyre.

La douleur est grande de savoir que l’une des nôtres, dans l’exercice de la plus grande charité, a terminé tragiquement ses jours, mais la FOI qui sommeille en chacune de nous nous invite à voir ce drame dans lumière de la Passion, celle du Christ qui est sa Lumière.

Que notre amour, notre reconnaissance et notre respect grandissent et que notre jeunesse suive son exemple d’amour !

(M.T. Chevalier, Extraits Jésus-Marie et notre temps )

2011-07-21

UN SENTIMENT DE GRANDE JOIE

Gilles est camelot et il témoigne de sa joie à rencontrer les gens en essayant de communiquer sa joie de les voir.

« Ce sont de courts échanges : nous parlons de sport, de la fièvre du hockey qui nous anime. Je suis quelqu’un qui aime le monde mais aussi je me mêle de mes affaires. Je suis discret et je m’organise pour que mes affaires aillent bien.

En somme, j’essaie de vous dire que le bonheur ne se trouve pas dans les entreprises grandioses, mais dans les gestes de tous les jours comme un sourire, un bonheur. Nous sommes responsables de notre propre bonheur en voyant à ses affaires.

L’échange de gentillesse entre mes clients et moi, je le vis aussi avec le personnel de l’Itinéraire que je rencontre chaque matin. Je salue toutes ces personnes et leur souhaite de la joie. Merci à tous. »

2011-07-05

DEUX TÉMOIGNAGES contre la pauvreté :

1. L’extrême pauvreté est une violence permanente qui porte atteinte à nos enfants. Les seuls endroits où nous pouvons nous installer sont des zones inondées, des terrains vagues où la boue empêche toute construction. Souvent nos maisons sont si précaires que lorsqu’il pleut, nous devons rester éveillés toute la nuit pour pouvoir déplacer les enfants et essayer de les mettre au sec. Lorsque nous devons déménager ou si nous sommes expulsés, nous vivons la violence de tout perdre une fois de plus et devoir recommencer à zéro.
René, Quart Monde

2. A côté de chez moi, il y a une femme de 75 ans. Elle a du mal à monter les escaliers. Je l’ai comme ‘adoptée’. Des fois, je fais son ménage. Elle voulait me payer mais je lui disais que j’étais capable de rendre un service. Elle disait : ‘’’Je me sens mal que quelqu’un vienne chez nous pour faire mon ménage sans que je ne lui donne rien. ‘’’ Alors j’ai dit OK, j’ai trois enfants, donnez-moi des fruits et des légumes. Maintenant quand je fais son ménage, elle me donne des raisins, des pommes, des clémentines.
Kathy, Quart Monde

Sur tous les continents, des hommes et des femmes refusent la violence et s’engagent pour bâtir des points de rencontre, pour se lier les uns les autres pour un monde enfin libéré de la terreur et de la misère.

2011-06-16

UN OPTICIEN PAS COMME LES AUTRES

Philippe sort avec ses deux valises, il part pour sa ‘run de lait’.

C’est une expression qui veut dire qu’il s’en va à la rencontre de personnes défavorisées qui ont besoin de lunettes. Son but c’est de rendre l’achat de lunettes accessible à tous.

Il n’a pas de magasin, pas d’employés, ne fait pas de publicité et n’achète pas de grandes marques de lunettes. En gardant ses coûts d’opération au minimum, il peut offrir des lunettes à des prix abordables pour tous. Il déniche des montures qui allient style et qualité. Le bouche-à-oreille fait le travail, lui permettant de devenir une ressource dans les différents milieux communautaires.

Il a maintenant un site web (www.bonhommealunettes.org) qui le rend encore plus accessible à ceux et celles qui voudraient faire appel à ses services.

L’initiative de cet opticien engagé lui permet de redonner à la communauté tout en continuant à offrir un service essentiel au plus grand nombre de gens possible.

Revue de la Société Elizabeth Fry du Québec

2011-05-10

L’ITINÉRAIRE A CHANGÉ MA VIE

J’ai été en situation d’itinérance deux fois dans ma vie. J’ai liquidé les meubles de mon appartement pour aider ma mère dans le besoin. J’ai décidé de la quitter et je me suis retrouvée à la rue. J’ai fait une tentative de suicide à cause de l’isolement que je vivais et j’ai été hospitalisée.

Après huit mois sans domicile fixe, j’ai connu le Groupe communautaire l’Itinéraire; je suis entrée pour me renseigner et l’intervenant psychosocial m’a fait confiance : il m’a confié des journaux pour me dépanner, je les ai vendus et je me suis fait quelques dollars.

J’ai découvert qu’on pouvait suivre, à l’Itinéraire, un programme de réinsertion sociale. J’ai commencé comme plongeuse et après quelques semaines, quand un poste s’est ouvert je suis devenue réceptionniste et aujourd’hui je suis à l’administration.

J’ai repris la confiance en moi que j’avais perdue face au marché du travail. Je me suis sortie de l’isolement en me faisant quelques amis. Les intervenants m’ont aidée sur plusieurs aspects. J’ai aussi commencé à écrire dans le magazine et j’adore le faire. Dénoncer par écrit les abus que j’ai vécus dans mon enfance est une thérapie. Je peux affirmer que l’Itinéraire m’a aidée au plus haut point.

Aujourd’hui j’ai un appartement, une vie stable et je me sens utile en faisant partie d’un organisme essentiel.

Sylvie D.

(Journal l’Itinéraire, avec autorisation)

2011-04-19

LA TRAVERSÉE DU DÉSERT

Le dernier livre autobiographique de Guy Corneau, Revivre, relate sa traversée du désert.

Le cancer lui a permis de se sentir uni à tout l’univers qui l’entoure. Dans sa pratique en tant que psychanalyste, il s’était oublié. Il résume ainsi sa trajectoire : «Je marchais dans ma tête, maintenant, je marche sur la terre et je marche dans le ciel.»

Guy Corneau est intarissable lorsqu’il évoque sa discipline spirituelle. Il médite tous les jours en revenant constamment à la base : être dans le moment présent, s’asseoir et se concentrer sur sa respiration. Sa quête de spiritualité dans la méditation lui apporte aussi son lot de découvertes et de surprises. « Cet automne, je suis allé dans le bois à Ste-Agathe et j’ai marché pendant un heure. Puis je me suis assis et j’ai écouté le vent dans les feuilles. Je me suis senti très bien et j’ai parlé à la forêt et aux arbres. Je suis sorti de là et je me suis dit : «C’est cette image-là qui va m’accompagner lors des prochaines semaines.»

Journal de rue : L’Itinéraire

Par Norman Rickert

2011-04-07

UN REGARD POSITIF SUR UN QUARTIER PAUVRE

Un volume paru récemment présente un quartier souvent reconnu dans ses côtés noirs et gris. Christine a un autre regard sur celui qu’elle habite et où elle s’implique.

Oui la grande pauvreté sévit dans le quartier, les enfants sont exposés plus qu’ailleurs au malheur. Mais la vie de ces enfants et de ce quartier n’est pas d’une seule couleur.
Dans ces familles, il y a aussi des forces, il y a des personnes qui se tiennent debout. Il existe des voisins bienveillants, qui gardent un œil ouvert et tendent la main. Il y a des liens tissés serrés avec des organismes du quartier.
Même avec des fins de mois difficiles, il y a de la fierté à se débrouiller, à s’organiser, grâce à un petit travail, grâce aux cuisines collectives et à toute économie de la récupération. Après des heures sombres, il y a des victoires à célébrer, petites et parfois grandes.
Et les écoles où les enfants sont accueillis avec respect et les professeurs, ils ne tiendraient pas si les situations étaient désespérées. Souvent, les enfants sont présentés comme des victimes de la pauvreté. Pourtant une des aspirations profondes de ces enfants est que leurs parents soient respectés et soutenus dans leurs efforts.
Dans la famille, les enfants sont témoins des échecs et des souffrances de leurs parents mais aussi de leur courage et de leur résistance.

Si vous cherchez de l’espoir dans ce quartier, vous en trouverez.

Marie Christine H. (Quart Monde, janvier 2011)

2011-04-02

LYNE… EN PLEIN CŒUR

Lyne a perdu la 'carte' et, en conséquence, la garde de son fils. Elle voulait mourir !

«J’ai fait au moins 25 overdoses. Je faisais tout pour crever. J’ai été en psychiatrie et j’ai fait de la prison. Il me manque juste la morgue.»

Lyne a suivi plusieurs thérapies, cures de désintoxication et rechutes aussi, mais c’est la prison qui lui a sauvé la vie, parce que sans ça, « j’aurais fini par faire mon dernier fixe.»

AU BOUT DU TUNNEL

«Chez nous, on était laissés à nous-mêmes. Lorsque mon père battait ma mère, je me cachais dans le garde-robe avec mon frère et ma sœur et j’essayais de leur changer les idées ou bien je me sauvais parce que j’avais peur.»

Aujourd’hui, à 46 ans, Lyne apprécie particulièrement l’autonomie financière que lui apporte la vente du magazine L’Itinéraire. J’ai un but en vendant mon journal. J’ai besoin de m’acheter des bottes. Puis, c’est bien beau un matelas, mais maintenant, j’ai besoin d’un lit….

Lyne T. Maison Plein cœur
www.maisonpleincoeur.org

Le témoignage de Lyne me rejoint en plein cœur, quand elle dit : C’est la prison qui m’a sauvé la vie, ou c’est bien beau un matelas, un lit. Comment ne pas vouloir partager? Souvent je rencontre des camelots, je parle avec eux, j’écoute, je me laisse rejoindre en plein cœur.


C’est Lyne, c’est Georgine, c’est Michel, c’est Daniel. Merci mes amis !

2011-02-02

AMOUREUX DES MOTS

Pour vaincre sa timidité, Richard a bataillé dur. L’exclusion a longtemps fait partie de son quotidien. «En vendant le magazine L’Itinéraire, j’ai brisé mon isolement». Il a touché à plusieurs métiers, mais il se considère plutôt un intellectuel qu’un manuel. Il rêvait de publier des poèmes et des chansons. À l’Itinéraire il a pu le faire. Le camelot est un amoureux des mots, il en invente des nouveaux.


Enfant, Richard était d’une grande timidité et manquait de confiance en lui. Son père souffrait d’alcoolisme, heureusement qu’il y avait sa sœur à qui il pouvait parler, il se considère chanceux d’avoir eu sa mère et sa sœur, car son père est parti de la maison, alors que Richard venait d’être opéré au cerveau. «Tout ce dont je me souviens, c’est qu’après j’ai dû fréquenter une école spécialisée.

Doté d’une grande sensibilité, quelques échecs amoureux et une trop grande pression au travail l’ont poussé à commettre trois tentatives de suicide. «Je voulais en finir.» Sans l’Itinéraire, je serais à la rue. Tout jeune, j’aurais aimé passer ma vie avec une femme et avoir des enfants. C’est ma plus grande déception.

Richard L. (L’Itinéraire)

2011-01-29

PLUS VIVANTE QUE JAMAIS… 53 ans

Lorsque j’étais jeune, mon entourage a parié que je ne fêterais pas mon 30e anniversaire à cause de mon mode de vie. Je suis très surprise d’être encore là et, à 53 ans, je me sens plus vivante que jamais.

A partir de 32 ans, j’ai crashé dans la rue pendant 7 ans et je suis devenue une junkie. Jour après jour, j’ai abrégé mon espérance de vie. Si j’ai fêté mon 40e, c’est parce que j’en ai eu assez de voir mourir mes amis à cause des surdoses de drogues. J’ai donc décidé de me trouver un toit.

Maintenant, un moment de bonheur que j’aimerais vivre, c’est un bon souper en étant accompagnée de tous les gens que j’aime. Je m’imagine vivre jusqu’à 99 ans mais je serai trop jeune pour figurer dans le livre des records Guinness !….

Cylvie G. (L’Itinéraire) http://www.itineraire.ca/

2011-01-13

L’HISTOIRE DE MARC

Lorsque Marc demeurait avec ses parents, son père menaçait régulièrement de se suicider et pourtant c’est sa mère qui l’a fait quand Marc avait 17 ans. « Je me suis retrouvé avec un père adolescent de 49 ans et une sœur adolescente de 13 ans. J’ai travaillé dans un restaurant, dans le domaine de l’immobilier et ensuite dans la fabrication d’appareils pour les envois postaux. J’ai eu beaucoup de succès comme vendeur, j’ai gagné des voyages parce que j’étais le meilleur. J’ai touché le fond dans un voyage à Hawaï, je me sentais misérable, pourtant l’argent était facile à faire, mais la cocaïne était déjà entrée dans ma vie. »

Par la suite, Marc a suivi une thérapie fermée durant 15 mois, c’est là qu’il a rencontré Jésus-Christ et depuis ce temps, il le guide. Aujourd’hui , à 47 ans, le camelot a cheminé, ses perceptions sur l’itinérance ont changé : « Jésus m’a ouvert les yeux sur la réalité des itinérants et m’a guidé jusqu’à l’Itinéraire. » Depuis qu’il est avec le groupe, Marc sent qu’il fait partie d’une famille et son but est de vendre des abonnements, il s’investit et reprend confiance en lui.

(Josée, L’Itinéraire : www.itineraire.ca)

2011-01-11

RENCONTRE AVEC JEAN-PAUL

Aujourd’hui, au centre-ville, je rencontre Jean-Paul, un camelot, le premier pour moi en 2011. J’achète l’Itinéraire et lui fais des commentaires sur la qualité de son Journal de rue. La conversation s’engage.

Tout souriant, Jean-Paul me raconte comment la vente du Journal a changé sa vie : «c’est grâce à lui si je m’en sors et que ma fille est revenue vivre avec moi». Une belle histoire de vie et vraie en plus!

Th.

Visitez le site de l’Itinéraire : www.itineraire.ca

2010-12-25

Simone, 92 ans et....

Voici le témoignage d'une personne associée à la communauté des Soeurs de la Providence fait d'une compagne associée.

A Simone, notre appréciation
Parler de Simone, c'est parler de quelqu'un d'admirable, de remarquablement humain. Alors vous pouvez vous imaginez que mes quelques mots ne seront ni objectifs ni dépourvus de sentiments car j'ai, à son endroit, une grande admiration et une immense tendresse.


Simone est une Associée Providence de longue date, elle fait partie du groupe Notre-Dame-de-la-Providence à Montréal. Par des difficultés propres à la vie, au voyage ou à la mala¬die, elle a été éloignée de nos réunions et est devenue, en quelque sorte, une Associée priante, pour quelque temps. Maintenant, avec un retour partiel de sa santé, elle est venue participer à notre réunion du mois d'octobre, ce qui fut une bénédiction pour notre groupe.


À voir aller cette belle dame âgée de 92 ans, miroir de vie et de sagesse, nous pourrions penser qu'elle est une personne fra¬gile. Mais la réalité est tout autre: cette arrière-grand-mère est une source de force intérieure, d'accueil et d'amitié inconditionnels envers tous ceux et celles qui l'entourent. En sa présence, nous ne nous ennuyons jamais. Tout ce que nous savons d'elle, nous l'apprenons par ses récits où de grandes tragédies comme de grands moments de bonheur sont racontés comme des sagas pointillées de bonne humeur. Voilà le trait le plus marquant de sa personnalité.


Je remercie le Seigneur pour sa présence dans notre groupe. Sa connaissance et son expérience sont des lumières qu'elle partage généreusement avec nous tous. Sa sympathie est la plus belle carte de visite que quelqu'un puisse avoir. Alors, chère Simone, quoi demander de plus à la Providence que, ou par votre présence ou par vos prières, vous puissiez continuer à nous émouvoir et à nous faire grandir comme AP?
 Groupe AP- Notre-Dame-de-la-Providence

2010-12-12

Une amie à moi...

Cette amie a vraiment vécu son rêve jusqu'au bout. Elle est décédé dans la paix et l'amour.

Quel est mon plus grand rêve depuis toujours?


Vivre ma vie dans la confiance, le respect et l'amitié. Vivre ma vie dans l'espérance d'un bonheur partagé. Avoir ce droit d'être comprise et aimée. Essayer de reconnaître en moi cette essence divine qui veut être dévoilée et vivre ...


Mon rêve, c'est de pouvoir partager cette vie, ce bonheur, cette joie de vivre, de reconnaître cette beauté, cette grandeur, cette force dans l'infiniment grand et dans l'infiniment petit et fragile. Une grande partie de ma vie, je me suis demandée la raison de mon existence. Il y a en moi une joie intense et un grand besoin de l'extérioriser. Je veux vivre ce bonheur qui m'habite jusqu'à la fin de mes jours et surtout pouvoir le partager.


Je suis mère de 8 enfants, grand-mère de 10 enfants, arrière-grand-mère de 6 enfants et de 2 autres au fil d'arrivée.


Je remercie Dieu, mon Père du ciel, de tout ce qu'il me fait vivre de beau et de bon, de tout ce qu'il m'offre que je peux partager, pour tous les clins d'œil qu'il m'a faits au cours des temps difficiles -ils ont été pour moi des signes d'encouragement à continuer d'être.
Merci à Copam. Car c'est avec vous que j'ai trouvé une force dans la foi, dans la confiance et l'amitié. Un grand merci à Georges, André, Laurette, Jean, Michel, et à chacun de vous mes amis. Je tiens à vous dire que mon rêve continue... En toute amitié.


Thérèse F

2010-11-18

SOUS TON EMPRISE

Tu es arrivée, un jour dans ma vie. Avant toi, toutes les autres drogues avaient pour fonction de me garder en vie en m’empêchant de me suicider; insidieusement, tu as fait de moi ton esclave.

À la suite d’une perte d’emploi très rémunérateur et d’une séparation amoureuse, je me suis retrouvée à vivre seule.

Et puis, la rue ! Là, tu m’as fait jouer à la roulette russe avec une seringue dans mon bras, à la recherche du plus gros BUZZ de ma vie. Infernal !

J’ai entrepris ma première thérapie d’une durée d’un an et pendant mes quatre années d’abstinence, je t’ai interdit de revenir dans ma vie.

Et puis, tu es revenue m’agacer et, pendant un an je suis repartie avec toi. Et notre union a été plutôt décevante parce que j’avais compris où tu voulais m’amener et moi, je ne voulais pas y retourner.

J’ai accumulé 14 ans d’abstinence parsemés de périodes de chutes et de rechutes.

Je ne regrette ni ne renie ces années vécues sous ton emprise, mais il est temps pour moi de suivre la voie de l’abstinence de drogues dures.

Dans ma tête et dans mon cœur, le simple fait de passer le cap psychologique des 12 mois passés sans toi est l’élan dont j’ai besoin pour accumuler des ‘Air miles’ de liberté.

Cylvie G. (L’Itinéraire)

2010-11-09

CONTENIR SA VIOLENCE

Maxime, 12 ans, a commencé la dernière année de son primaire à l’école régulière.

Son père avait quitté le foyer familial alors que Maxime n’avait que deux ans. Il était violent avec sa mère. Aujourd’hui, Maxime ne veut plus en entendre parler. A sept ans, Maxime était dangereux. «Je m’en souviens très bien, j’avais des problèmes de colère. Si on m’achalait, je devenais très violent.» Mordre les gens autour de lui, lancer les chaises, renverser les bureaux; sa vie, et surtout celle de ses proches, était un enfer.

Sa mère décide de contacter le Dr Julien et son équipe. Au contact d’intervenants formés, Maxime s’adoucit progressivement. Il s’ouvre de plus en plus. Il participe deux fois par semaine aux ateliers du soir, il découvre le théâtre qu’il adore, s’initie au violon et au piano, il apprend à respecter les autres. Il suit aussi des séances d'art-thérapie qui consiste à créer un dessin ou une peinture tout en discutant avec le thérapeute qui joue le rôle de guide vers une prise de conscience personnelle.

Aujourd’hui, la mère de Maxime est heureuse du chemin parcouru: «Une chance qu'on a rencontré le Dr Julien. Maxime est désormais capable de gérer ses émotions».

Jérôme S. (L’Itinéraire, extraits)

2010-11-02

UN JEUNE SANS-ABRI

Après avoir commis des erreurs de jeunesse qui ont failli lui coûter cher, on peut dire de Joe qu’il a vraiment fait du chemin. Entré au travail comme aide en entrepôt, Joe s’occupe maintenant d’administration et d’approvisionnement et il en est tout fier. «J’aime mon travail, pour rien au monde je ne voudrais retourner à mon ancien état, je remercie sincèrement ceux qui m’ont aidé à en arriver là».

Quand il est arrivé dans la grande métropole, en provenance du Nouveau-Brunswick, Joe a longtemps erré dans les rues, sans destination, jusqu’à ce qu’il découvre un organisme qui lui a beaucoup aidé. En fréquentant ce Centre de jour il prend conscience de sa situation. Il apprend à se lever tôt pour aller au travail, à bien manger pour être en santé. ‘Le Centre est une porte ouverte vers le salut’. Réconcilié avec lui-même, réconcilié avec son père, il se propose de lui rendre visite dans sa ville natale. Il a d’autres défis, arrêter de fumer et aussi avoir un enfant avec sa blonde acadienne comme lui.

Pour Joe, le Centre est une organisation incroyable : donner à manger à plus de 200 jeunes, leur permettre d’avoir confiance en eux, être motivés et recouvrer la stabilité, ce sont des services inestimables. « Je ne sais pas ce que je serais devenu sans cet organisme ».

(Bulletin ‘Dans la rue’)