2016-11-18

MON RÊVE: ÉCRIVAIN

Pour moi, la carrière idéale, c’est celle d’écrivain. Pourquoi un écrivain ? Parce qu’un écrivain il a son autorité, il n’y a pas quelqu’un qui peut lui montrer ce qu’il doit faire. Quand quelqu’un écrit un roman, il n’y a personne qui lui dit ce qu’il doit écrire, parce que c’est lui son propre maître. L’autre chose, c’est que lorsqu’on est écrivain on s’instruit tout le temps, on s’informe. On peut aussi choisir un horaire selon ce qui nous convient et on participe à la vie culturelle de la société. J’aurais aimé écrire des romans romantiques, mais à portée sociale.  Pour moi, ça serait l’idéal.  Comme ce n’est pas un métier qui est donné à tout le monde, dans la pratique, mon métier de rêve c’est d’être journaliste pigiste.  Ça me permettrait de continuer à m’instruire et de jouer un rôle  important dans la société.

Mosapha, L’Itinéraire (Publié avec autorisation)

2016-10-21

CHOISIR DE S'EN SORTIR

Brigitte, 55 ans, a accepté de livrer son témoignage, pour sentir qu'elle avance malgré tout.

« J'ai été itinérante durant environ 20 ans à cause de la toxicomanie, suite à plusieurs événements.
Issue d'une famille dysfonctionnelle à cause de l'alcoolisme de mon père et d'une mère insécure, situation suivie d'un divorce. J'ai été laissée à moi-même quand j'étais encore jeune. J'ai touché à ma 1re bière alors que j'avais 10 ou 11 ans.  Je fumais aussi. »

Brigitte est passée de Tanguay à Leclerc, elle a connu plusieurs récidives, une pneumonie après avoir été enfermée dans une cellule froide et n'ayant pas droit aux soins médicaux.

Ruth G. directrice de la Société Elisabeth Fry reconnait qu'il y a une croissance de la clientèle féminine à cause de la pauvreté des femmes et des inégalités sociales.

Brigitte est finalement sortie de la prison Leclerc pour entamer sa transition à la Société Elizabeth Fry.  Elle ne nie pas l'importance de la foi qui lui a permis de supporter ses années d'incarcération, notamment grâce à l'écoute de Soeur Marguerite qui visite beaucoup les filles en détention depuis de nombreuses années.

D'année en année, Brigitte dit avoir pris du recul sur sa période de détention.  C'est vrai que mes proches ont vécu avec moi ces années de détention.  Il y a eu une perte de confiance suite à mes rechutes.  Mais rendue où j'en suis, je le sais que je n'y retournerai plus.  J'ai été jusqu'au bout. »

Extraits de la Revue l'Itinéraire, octobre 2016.
(Publié avec autorisation) Thérèse Dr.

2016-09-26

ZOOM SUR LUCIEN

Camelot depuis quatre ans, Lucien est heureux dans ce travail : la vente de l’Itinéraire. Pour lui, l’Itinéraire est un passe-temps qui remplit une fonction sociale importante.

Ayant travaillé toute sa vie, Lucien a toujours été occupé.  En tombant à la retraite, sans être itinérant, il est devenu camelot pour l’Itinéraire qui est, pour lui, un moyen de redonner au suivant, car il aime beaucoup la cause du journal l’Itinéraire.
Lucien n’est pas prêt à regarder le temps passer.

Si vous le croisez, ne manquez pas l’opportunité d’avoir une discussion enrichissante avec un homme plein de sagesse et de bonté.

Jennifer, bénévole à la rédaction.
(Publié avec autorisation)

2016-08-09

Forum social mondial 2016

On ne peut se désintéresser de cet événement qui se tient à Montréal, du 9 au 14 août. 50 000 personnes sont attendues de 120 pays,

C'est la première fois que le FSM s'installe dans un pays du Nord. L'objectif est de donner la parole aux sans voix, aux mouvements sociaux afin de contribuer au changement global, en solidarité avec les peuples de partout sur la planète. Changer le monde commence par se changer soi-même, puis son quartier, sa communauté, sa ville.

Rendez-vous au coeur de Montréal  pour contribuer à cette construction collective d'un monde meilleur. Nous sommes le changement, osons inventer l'avenir.

Un autre monde est nécessaire.  Ensemble il devient possible.

Programmation: www.FSM2016.org (Voir les activités)

Marche d'ouverture, au Parc Lafontaine, aujourd'hui à 17h30
Au Marché Bonsecours, demain : Jeunes et inégalités

L'Itinéraire, 1er août 2016


2016-07-31

35 héroïnes méconnues du Québec

1- Marie Rollet (1580-1649)
À Québec, la première fermière de la colonie, veuve de l'apothicaire Louis Hébert, pratique « l'interculturalisme » de Gérard Bouchard avant l'heure : elle instruit les « Sauvagesses » et les forme... à l'européenne.

2- Jeanne Mance (1606-1673)
Première femme blanche à fouler le sol de Ville-Marie, Jeanne s'associe à Maisonneuve pour fonder Montréal. Elle gère les finances de la colonie et dirige l'Hôtel-Dieu. Pourtant, quatre siècles après sa mort, l'histoire lui refuse toujours le titre de cofondatrice de la métropole.

3- Marie Morin (1649-1730)
Première écrivaine née en Nouvelle-France, elle rédige, en 1697, Les annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Son récit constitue l'une des sources les plus précieuses sur la vie quotidienne au 17e siècle.

4- Agathe de Saint-Père (1657-1748)
Dans sa manufacture de tissus, la première au Canada, Madame de Repentigny fabrique des toiles pour remplacer le lin et la laine, raréfiés par la crise. Elle commercialise aussi le sirop d'érable.

5- Isabelle Couc-Montour (1667-1752)
Parlant l'algonquin, le huron et l'iroquois, cette fille d'un coureur des bois et d'une Algonquine se fait interprète dans l'Ouest américain. 

6- Louise de Ramezay (1705-1775)
À la mort du gouverneur de Montréal ,Claude de Ramezay, sa fille chausse ses bottes. Elle dirige la scierie familiale qui fournit du bois aux chantiers maritimes de Québec.

7- Marie-Marguerite Duplessis (1718 - ?)
La première esclave à s'adresser aux tribunaux pour réclamer sa liberté se heurte à un mur. Accusée de libertinage par son maître, elle est déportée aux Antilles.

8- Rosalie Cadron-Jetté (1794-1864)
Au 19e siècle, les mères célibataires sont ravalées au rang de putains et celles qui les aident se rendent complices du vice. Défiant la société puritaine, cette sage-femme fonde une maternité, connue sous le nom de La Miséricorde.

9- Suzannah Davis (1796 - ?)
En 1812, cette servante de 16 ans porte plainte pour viol. Au procès, le jury la juge « trop affectueuse » et acquitte son agresseur. Deux cents ans après, à peine 10 % des femmes violées osent l'imiter.

10- Émilie Tavernier-Gamelin (1800-1851)
Après avoir porté secours aux Patriotes arrêtés durant la rébellion, cette veuve fortunée ouvre à Montréal le premier refuge réservé aux femmes âgées et démunies.

11- Hortense Globensky (1804-1873)
Elle harangue la foule au nom du parti tory et repousse les 50 Patriotes venus saccager sa maison. Après la bataille de Saint-Eustache, nullement revancharde, elle obtient des autorités la libération de ses concitoyens patriotes emprisonnés.

12- Dorimène Desjardins (1858-1932)
La femme derrière les caisses pop, c'est elle. Pendant que son mari, Alphonse Desjardins, travaille comme traducteur à Ottawa, elle reçoit les dépôts dans sa cuisine .elle consent des prêts de la première caisse, fondée à Lévis en 1900.

13- Henriette Dessaules (1860-1954)
À Saint-Hyacinthe, les Mascoutains se battent en vain pour sauver la maison natale de la première femme journaliste du Québec, qui, dès 1910, signe des lettres dans Le Devoir sous le pseudonyme de Fadette.

14- Joséphine Marchand-Dandurand (1861-1925)
En 1893, elle fonde Le Coin du feu, premier magazine féminin, dans le but avoué d'éduquer les femmes.
«Comme monsieur son mari, qui a son club, sa pipe, ses gazettes, madame aura aussi, et ce ne sera que justice, son journal à elle», écrit-elle.

15- Carrie Derick (1862-1941)
Après un parcours semé d'embûches, elle devient, en 1912, la première femme à enseigner à l'Université McGill. Généticienne, elle voit ses travaux sur l'hérédité lui assurer une notoriété internationale.

16- Maude Abbott (1869-1940)
Refusée par l'Université McGill, elle obtient son diplôme de médecin à l'Université Bishop's, mais ne sera jamais autorisée à pratiquer. Et pourtant, ses recherches sur les maladies cardio-vasculaires congénitales l'ont rendue célèbre dans le monde.

17- Éva Circé-Côté (1871-1949)
Ses contemporains ignorent que le libre-penseur qui, dans les journaux, dénonce la corruption municipale, prêche la tolérance envers la prostitution et réclame l'équité salariale est une femme.

18- Émilie Fortin-Tremblay (1872-1949)
Partie vers le Klondike comme chercheuse d'or, cette native du Lac-Saint-Jean installe ses pénates au Yukon, où elle est à la fois commerçante, infirmière et sage-femme. À Whitehorse, la première école francophone du Grand Nord porte son nom.

19- Idola Saint-Jean (1880-1945)
En 1930, cette féministe ose présenter sa candidature aux élections fédérales. Battue, elle poursuivra néanmoins sa lutte jusqu'à ce que les Québécoises obtiennent le droit de vote, en 1940.

20- Pauline Donalda (1882-1970)
Cantatrice d'origine juive, elle chante à Paris, Londres et Moscou avec les grandes voix d'opéra de l'époque, dont Caruso. Rentrée au pays, elle fonde, en 1941, l'Opera Guild, qui met Montréal sur la scène du monde de l'opéra.

21- Ida Steinberg (1885-1942)
À 26 ans, cette mère chef de famille d'origine hongroise ouvre sur la « Main », à Montréal, la première épicerie Steinberg. Son fils Sam transformera l'entreprise en un empire de 115 supermarchés.

22- Angélina Berthiaume-Du Tremblay (1886-1976)
Phénomène rare, une femme dirige le quotidien La Presse durant les années 1950, avant de démissionner avec fracas pour fonder Le Nouveau Journal, avec le journaliste Jean-Louis Gagnon.

23- Juliette Béliveau (1889-1975)
Les anciens se souviendront d'une minuscule actrice qui pétait le feu dans les vaudevilles aux côtés d'Olivier Guimond. On sait moins qu'elle inspira à Gratien Gélinas son Ti-Coq.

24- Germaine Guèvremont (1893-1968) 
Le métier d'écrivain, elle l'apprend de son cousin Claude-Henri Grignon. Mais c'est le poète Alfred Desrochers qui lui sert de mentor au moment d'écrire Le Survenant. Reçu froidement lors de sa publication, ce roman connaît un succès monstre dans sa version télévisée.

25- Imelda Dallaire (1902-1989)
Une bâtisseuse, cette soeur augustine qui, en plus de diriger l'Hôtel-Dieu de Chicoutimi, a fondé l'Hôpital de Jonquière, puis celui de Dolbeau, avant d'aller en ouvrir un troisième à Tripoli, au Liban.

26- Léa Roback (1903-2000)
Ni l'intimidation des patrons ni les menaces du clergé n'arrêtent cette syndicaliste, qui obtient, en 1936, le premier contrat de travail des ouvrières du vêtement.

27- Emma Gendron (1904-1952)
Après avoir étudié le cinéma à New York dans les années 1920, elle signe les scénarios de deux des trois premiers films de fiction québécois, Madeleine de Verchères et La drogue fatale.

28- Jehane Benoît (1904-1987)
Bien avant les Pinard et les di Stasio, elle a initié les ménagères des années 1950 et 1960 à l'art culinaire. Son Encyclopédie de la cuisine canadienne fait autorité dans tous les foyers.

29- Jean Despréz (1906-1965)
Laurette Larocque-Auger écrit sous un nom masculin ses téléromans, mettant en scène des femmes en quête de liberté. Polémiste passionnée, cette « femme-dynamo » a ouvert la voie aux Janette Bertrand d'aujourd'hui.

30- Dorothea Palmer (1908-1992)
En 1936, cette infirmière de 28 ans est arrêtée à Ottawa pour avoir offert des condoms et une brochure sur les méthodes contraceptives à des mères de famille canadiennes-françaises. Elle sera acquittée, mais il faudra attendre 30 ans avant la légalisation de la contraception.

31- Réjane Laberge-Colas (1923-2009)
Première femme nommée juge à la Cour supérieure du Canada, cette pionnière préside aux destinées de la Fédération des femmes du Québec, qu'elle a fondée pour lutter contre la discrimination et les inégalités à l'égard des femmes.

32- Ludmilla Chiriaeff (1924-1996)
Fondatrice, en 1958, des Grands Ballets Canadiens, la ballerine d'origine allemande a formé plusieurs générations de danseurs, au grand dam de l'Église, qui jugeait le ballet... immoral.

33- Marie-Andrée Bertrand (1925-2011)
Ses travaux sur le traitement pénal discriminatoire des femmes dans le monde lui valent de figurer, en 1994, sur la liste des candidats au prix Nobel de la paix.

34- Jeannine Guillevin Wood (1929-2009)
Il faudra attendre jusqu'en 1997 pour qu'une femme soit nommée présidente du conseil d'administration d'une grande banque canadienne, la Laurentienne.

35- Micheline Beauchemin (1929-2009)
Célébrée pour ses tapisseries monumentales mariant les fibres naturelles et les fils métalliques, elle a longtemps été boudée par le milieu des beaux-arts, qui qualifiait de pauvre ses pièces d'artisanat.
... et de multiples autres femmes remarquables et dévouées mais discrètement et anonymement...
dont vous-même, peut-être... 

2016-06-21

AUX FUNÉRAILLES DE ROSE-MARIE


 CHOISIE POUR SERVIR  (Matthieu 25, 31-45)

Rose-Marie était une femme consacrée au service des autres et de l'Autre.  Maurice Zundel, mystique du siècle dernier que Rose-Marie aimait beaucoup, ne cessait de redire qu'au centre de sa toile, Dieu inscrivit cette prodigieuse équation: l'humain=Dieu.  Femme qui était de l'étoffe de Dieu, elle l'a revêtue toute sa vie, elle a signé de sa vie le legs testamentaire de Jésus au soir du Jeudi Saint: celui du service par en bas représenté par l'abaissement et le lavement des pieds et celui du service par en haut  en le servant dans son Eucharistie quotidienne. Elle est demeurée, même aux heures de grandes souffrances devant le vécu humain, devant les atrocités des comportements de destruction que nous observons, en tenue  de service, en tenue de foi.

L'évangile de Matthieu  photographie bien ce que fut sa vie. Rose-Marie ne refusait jamais rien, ne s'arrêtait jamais. On pouvait lui demander n'importe quand, n'importe quel service. Sa joie était grande de faire naître à la foi les enfants qu'elle accompagnait dans leur confirmation, leur communion, leur première confession. Elle prit aussi au sérieux ce qu'écrit l'apôtre Matthieu. « J'étais malade, et vous m'avez visité, pauvre, et vous m'avez vêtu. »    Sa manière de vivre était signée JÉSUS VENU POUR SERVIR.  Son service a mis au monde beaucoup de personnes. Rose-Marie vient de signer de sa vie ce que disait cet enfant. ‘’ Elle vient de donner, de nous donner ce qu’il lui restait à donner : sa vie. ‘’

Elle vient de faire don de sa vie au Dieu de sa foi. Elle  vient de passer de ce monde à son Père. Elle connait maintenant la grâce des grâces, le bonheur des bonheurs : une vie sans souffrance, une vie de plénitude. Telle est notre foi. Telle était sa foi. Comme Marie, elle s'est fait visitation. Sur la route, elle n'a jamais perdu son enthousiasme, sa fougue, son empressement à s'offrir, à prendre les devants.

Cette vie vécue en état de service, en état de course pour dépanner, toujours avec joie, s’est transformée ces dernières années en une vie offrande de sa souffrance,  de plus en plus pénétrante, insupportable aussi. Dieu voulait qu’elle termine sa vie dans son sacerdoce.

Rose-Marie vient d’entrer dans cet « espace neuf »- peu importe où, mais « neuf » - dans cette espèce de vie nouvelle, disent les Pères de l’Église, que sa foi lui assurait de rejoindre. Elle vient de changer d’adresse, de citoyenneté. Elle devient citoyenne du ciel,  membre de la famille de Dieu (Ep. 2, 20).

Que ce soit au moment où la maladie faisait son œuvre, elle offrait son aide aux plus démunis en rédigeant plus de 130 rapports d'impôt. Que ce soit par sa disponibilité à s'occuper du service d'accompagnement, que ce soit  sa fougue à montrer aux enfants la beauté de Dieu, que ce soit en offrant son temps au bazar, ou sa voix chantante pour élever les cœurs à la prière, elle n'était que service. Elle n'était que compassion. Elle préférait trébucher plutôt que de ne rien faire. Cette terre pour Rose-Marie n'était pas pour demain, ni après demain, ni pour dans dix ans, mais pour aujourd'hui.

Loin de moi de la canoniser. Elle avait des us et coutumes étonnants. Un matin alors que je visitais Léo, j’ai accepté un café. En lui demandant un peu de lait, j'entends cette réponse : Rose-Marie ne veut pas que j'ouvre son frigidaire.  Léo devra maintenant non seulement ouvrir le frigo, mais apprendre à se faire à manger. Elle avait des mains pour servir, un cœur pour aimer. Rencontrée à l'hôpital quelques semaines avant sa mort, elle me disait que cela la tenait en vie. Cette manière de vivre donne du poids de sens, du poids d'être à toute existence.  Nous devenons humains en servant. Elle n'était pas,  comme l'exprime le pape François, une chrétienne empesée, repliée sur elle-même, ratatinée.

Mais qu'est-ce que servir ? Pour elle, c'était plus que de faire quelque chose, que d'agir. Pour elle, servir était son être profond. C'était son ADN, sa marque de commerce. Elle nous lègue ceci: tout chrétien est comme un livre ouvert dans lequel les jeunes générations peuvent trouver de précieuses indications pour avancer dans la vie. Rose-Marie, ta communauté chrétienne te dit MERCI parce qu'elle a reconnu Jésus en toi.

 Rose-Marie, ton époux Léo que tu aimais,  tes enfants, Guylaine, Jocelyn, Dominique te disent  malgré leurs douleurs et leur conviction que ta mort n'est pas une vraie mort, que la vie n'est pas détruite, mais transformée : maintenant laisse-toi servir par Celui que tu as tellement servi. Pars en paix, entre dans la joie de ton maître et viens t'asseoir à la table de l'Eucharistie sans fin. Pour cette vie qui s'achève: MAGNIFICAT.  AMEN.

Gérald Chaput, Valleyfield
(Publié par Th.Dr.)

2016-06-09

OPINION D’UN CONCIERGE

Un article du Journal Métro du 7 mai 2016,  rapporte les paroles de M. le Maire Denis Coderre qui a comme projet de demander au Pape François de venir à Montréal, pour les Fêtes du 375e anniversaire de fondation de Montréal :  « Ça avance très bien, les démarches vont bon train. On continue à avoir de la correspondance », dit M. Coderre. Le Maire dit aussi avoir des échanges à ce sujet avec les Évêques du Canada, avec plusieurs cardinaux, en plus d’avoir l’appui des gouvernements du Québec et du Canada. Il a  récemment transmis d’autres documents à l’appui de sa demande au Vatican.

Un concierge,  rencontré devant le monument d’Émilie Gamelin, rue Ste-Catherine, Montréal, est d’avis que le Pape François ne viendra pas à Montréal, parce que M. le Maire Coderre ne veut pas ‘montrer’ les pauvres de Montréal, alors que le Pape marche avec eux sur la rue, à Rome.

En effet, le pape François passe à l'acte et montre l'exemple. Ainsi, à en croire le Daily Mail, le souverain pontife se serait déjà échappé des ors du Vatican, la nuit, afin d'aller prêter assistance aux sans-abris de Rome. C'est en tout cas ce qu'a révélé, lors d'une conférence de presse,  Monseigneur Konrad Krajewski, l'aumônier apostolique chargé des bonnes œuvres du Pape François.

Après la visite guidée de la chapelle Sixtine, fin mars, voici que maintenant les sans-abri, les migrants et les pauvres ont assisté, au premier rang, au  concert de bienfaisance du Pape, le 14 mai dernier, dans la prestigieuse salle Paul VI ! Les hôtes illustres, qui ont occupé les places d’honneur aux premiers rangs, normalement réservées aux personnalités, ont donc été… les pauvres de Rome, a annoncé Mgr Ravelli.

 (Notes cueillies dans Newsletters, Vatican)


2016-05-24

L’HISTOIRE DE TRACY

Née à Montréal d’une mère colombienne et d’un père québécois, Tracy  commence un bac en psychologie, même si elle sait que le parcours est long avant de pouvoir exercer le métier de psychologue. Après deux ans de cours, elle fait un voyage de coopération internationale au Pérou qui la transforme.

A son retour, elle se réoriente et tente de trouver sa voie dans divers  domaines, de bouger et de faire des tâches pratiques, plutôt qu'apprendre des  notions théoriques.  Voyageuse dans l‘âme, Tracy n'était pas bien dans ce petit bureau sans fenêtre.  Aujourd’hui, elle a trouvé l’équilibre qui lui permet d’allier son bagage en intervention sociale et le travail physique. « j’étais en train de devenir folle ! Maintenant je suis dehors à jardiner avec des enfants, des personnes âgées, des adultes.

Elle a diminué son salaire, ses heures de travail et son stress : « Je  faisais des 40 heures semaine à 22 $ l'heure, avec le désir de toujours en faire plus. Maintenant, je fais 28 heures à 16$ puis je suis plus heureuse que lorsque j'avais plus d'argent. »

L’intelligence du cœur

Tracy a usé de l’intelligence du cœur et se dit plus heureuse et plus libre de vivre à petite échelle ; elle a fait un choix libre et assumé. Ne sentant plus le stress financier, elle mise sur ses réseaux de relations humaines et un mode de vie sans dettes.  Elle choisit ce qui lui convient le mieux en renonçant aux joies éphémères à crédit afin de garder sa liberté.

Lu dans la revue L’ITINÉRAIRE (publié avec autorisation par Thérèse Dr.

2016-02-28

DU RESSORT POUR CONTINUER

La vie n’est pas toujours faite de petits riens, il y a aussi des misères, petites ou grandes.  La vie peut s’acharner et les vents peuvent se faire violents, nous avons à montrer à la vie qui est le plus fort, même si parfois le courage diminue.  Cette mise à l’épreuve nous donne du fil à retordre, mais au bout du compte, elle nous donne du ressort pour poursuivre notre parcours de vie.

Il existe des individus qui ont pour motif de vouloir toucher à tout prix le ciel et se rapprocher des étoiles pour les décrocher une à une comme des victoires sur la vie. Parfois le simple fait d’être en vie est déjà la plus grande victoire .

On entend souvent dire par les plus inspirants de ce monde qu’il faut rêver grand, espérer le meilleur, viser l’excellence, ne jamais se contenter de peu et ne jamais abandonner.  Facile à dire mais difficile à faire quand le ventre crie sa faim, que le cœur vaillant n’a plus l’essentiel pour battre aussi fort qu’avant et que la dignité ne peut plus exercer son plein contrôle.

Faire quelque chose de grand pour les autres ou poser un tout petit geste, donner, surtout se relever.  La résilience fait office de bouclier devant l’adversité qui se dresse comme un mur.

Extraits de l’Itinéraire : Josélito Michaud
(Publié avec autorisation)

Émilie Gamelin était doué de cette force, de cette résilience pour se relever avec grand courage, et de continuer dans l'humilité et dans l'espérance.
Th. Dr.


2015-12-29

TÉMOIGNAGES DE CAMELOTS :

Les témoignages suivants répondent aux questions, préjugés, perceptions que nous entretenons parfois par rapport à l’itinérance; ils sont un éclairage très fort, appuyé sur l’expérience du vécu par certains camelots.

GABRIEL :
Quand on a créé le magazine l’Itinéraire, en 1994, la moitié d’entre nous étions des itinérants.  Avec le temps, on a réussi à se structurer et à trouver une situation plus stable.  Peu de camelots vivent encore dans la rue aujourd’hui, mais tous sont sous le seuil de la pauvreté.

CHRISTINE :
La vente d’un journal de rue constitue un vrai travail. Au jour 1 de notre arrivée à l’Itinéraire, nous, les camelots travaillons déjà dans l’entreprise et avons le loisir de nous impliquer aussi longtemps que nous le voulons. Nous sommes des ‘entrepreneurs sociaux’ qui investissent leur propre argent pour faire partie d’une entreprise à échelle humaine.

GUY :
Le  travail de camelot nous responsabilise et nous apprend à gérer notre budget.  A mes débuts comme camelot, je continuais à me geler, mais l’Itinéraire m’a aidé à m’accrocher et à ne pas tomber dans la criminalité.  Et aujourd’hui, je ne consomme plus.  L’argent que je gagne m’aide à améliorer ma qualité de vie.

JEAN-FRANÇOIS :
Chacun peut se retrouver dans une situation d’itinérance. Des événements malheureux : divorces, isolement, problèmes de santé mentale, maladies, problèmes de consommation et de dépendance, tous des facteurs qui font tomber plus bas. La vente du magazine aide la personne  à se stabiliser financièrement et socialement afin qu’elle puisse retrouver son autonomie.

Publié par T.Dr. avec autorisation
Extraits du magazine l’Itinéraire

2015-12-17

LE NOEL D’ÉVELYNE

Évelyne, 8 ans, était orpheline et les personnes qui s’en occupaient étaient devenues très pauvres. Mais Évelyne restait joyeuse et elle avait beaucoup d’imagination. A quelques jours de Noël, un incendie détruisit la maison de son père adoptif, il n’avait pas d’assurance et toute la famille se retrouva à la rue.

Le père adoptif d’Évelyne lui dit que le Père Noël n’existait pas et que, cette année, elle n’aurait pas de cadeaux.  Et si c’était moi le Père Noël, se dit la fillette, je pourrais vendre du chocolat et acheter des polichinelles ou des soldats de bois pour les distribuer aux enfants de l’orphelinat.

Son père adoptif était d’accord avec le projet d’Évelyne; alors elle alla donc à la confiserie Chez Armand pour qu’on lui avance le chocolat. Elle vendrait ses produits dans la rue et les passants l’encourageraient en la voyant avec la tuque du Père Noël !

Elle était courageuse, Évelyne, et avec son enthousiasme, elle avait le don de séduire la foule.  Autant qu’elle se fit un petit surplus!  Elle put acheter les cadeaux, qu’elle emballa dans du papier froissé et du ruban pour les offrir à ses compagnes de l’orphelinat.  Elle dit au Directeur de l’école qu’elle voudrait remplacer le Père Noël et distribuer aux autres enfants les joujoux qu’elle avait achetés et emballés elle-même. Le Directeur fut touché et il répondit :

Fillette, avec cet air là et venant d’une petite fille
qui ne manque pas d’audace et de courage,
je ne peux refuser ta demande.
Je me ferai un plaisir
d’inscrire sur ma liste les noms de tous les enfants,
sans en oublier un seul.

Le Noël de l’orphelinat fut un jour magique grâce à Évelyne et à son don du partage.  La petite fille se rendit compte que donner était pour elle la chose la plus merveilleuse et elle pensait déjà à la surprise qu’elle allait  préparer l’année suivante.
Joyeux Noël à vous toutes !
Publié par Th.Drainville
Avec autorisation de l'Itinéraire

2015-11-20

UN FONDS POUR LES ÉCOLES

Julie, 16 ans, meurt d’un arrêt cardio-respiratoire, alors qu’elle suit un cours d’éducation physique, à la Polyvalente qu’elle fréquente. Il n’y avait aucun appareil dans l’école pour la sauver.

Marie-Hélène, une amie de Julie, décide d’agir. Avec d’autres amies, elle établit une Fondation pour munir les écoles d’éducation physique d’un DEA (défibrillateur externe automatisé). Sauver une vie, ne serait-ce qu’une vie ce serait déjà bien.

Les amies nomment la Fondation du nom de Julie. Grâce à plusieurs activités qui riment avec ‘berce-o-thon’, elles réussissent à recueillir la somme de 15 000 $.  À court terme, les jeunes filles souhaitent équiper trois écoles. À long terme, elles voudraient que toutes les écoles soient munies d’un DEA et qu’une formation simple soit donnée  aux étudiants, pour bien manipuler ce genre d’instrument.

Selon la Fondation des maladies du cœur, l’utilisation d’un DEA, en association avec la réanimation cardiorespiratoire, augmenterait de 75% ou plus les chances de survie à un arrêt cardiaque.

Marie-Hélène et ses amies ont compris que ‘’ça devrait être une priorité d’en avoir dans les écoles, où il y a tellement de gens,  les DEA ont fait leurs preuves’’.

Bravo pour cette bonne idée de sauver des vies dans les écoles!

(Journal Métro, novembre 2015, extraits)

2015-11-07

INVISIBLES AU MILIEU DE LA FOULE



MICHÈLE OUIMET    LA PRESSE

Mercredi, il faisait beau, le temps était doux. Un été des Indiens tardif. Plantée au coin de Sainte-Catherine et McGill College, j’essayais de vendre la revue L’Itinéraire. De l’autre côté de la rue, Marie-Andrée, une vraie camelot, faisait la même chose.

« Bonjour, voulez-vous acheter L’Itinéraire ? »

J’ai répété cette phrase un million de fois entre 11h 45 et 13 h. Les gens étaient polis. Parfois, ils me disaient non merci. J’ai même eu droit à quelques sourires. Mais la plupart m’ignoraient et passaient leur chemin comme si j’étais invisible. Un seul a été grossier, un homme tiré à quatre épingles, veston, cravate, cheveux grisonnants. « Je ne suis pas un itinérant ! »
Le ton était bête, hargneux. Je m’attendais à de l’indifférence, mais pas à de la muflerie. J’ai failli lui répondre : « Un petit crachat avec ça, peut-être ? »

De l’autre côté de la rue, Marie-Andrée gardait le moral. Elle est habituée, elle vend L’Itinéraire depuis deux ans. Menue, vêtue de noir, elle tenait une pile de revues. Pas de pitch de vente, juste un sourire. En 1 heure 15, elle a vendu quatre exemplaires, pour un total de 12 $. Elle a gardé la moitié des gains, soit 6 $.

« Si au bout d’une heure, je n’ai rien vendu, ça commence à m’affecter, m’a-t-elle dit. Les gens pensent que je suis une itinérante parce que je vends la revue. Ils me demandent : “Pourquoi tu te trouves pas une job ?” C’est insultant. Je me cherche pas une job parce que j’en ai une ! Je vends la revue et j’écris dedans. Les gens ne me comprennent pas. Des fois, je me sens comme une extraterrestre. »

Nous n’étions pas les seules à vendre la revue, ce midi-là.L’Itinéraire avait organisé une journée « Camelot d’un jour ». Une quinzaine de personnalités étaient jumelées à un camelot : l’écrivaine Monique Proulx, la chanteuse Martine St-Clair, l’animateur et humoriste Dany Turcotte, la journaliste Johane Despins… Des gens qui croient à L’Itinéraire et qui sont prêts à donner de leur temps pour soutenir la cause.

Car L’Itinéraire n’est pas qu’un magazine, c’est aussi une cause. Il permet à des sans-abri et à des gens fragiles de sortir la tête de l’eau en vendant la revue. Certains écrivent, comme Marie-Andrée. Je vous ai déjà raconté son histoire.

Elle souffre d’anxiété chronique. Elle a frôlé le gouffre : dépression profonde, cassure, « le genre qui ne se répare jamais », m’avait-elle expliqué. Elle a découvert L’Itinéraire et sa faune par hasard. C’est sa famille depuis deux ans. Elle a 32 ans.En juin, elle a suivi un stage à La Presse avec trois autres camelots, stage que j’ai dirigé avec ma collègue Katia Gagnon. 

Marie-Andrée m’a demandé de l’accompagner mercredi. La pauvre, je n’ai vendu que 12 exemplaires, alors que Johane Despins en a vendu 80 et Dany Turcotte 70.Avant de nous lancer dans la rue avec notre pile de revues, nous nous étions réunis au local de L’Itinéraire situé au coin de Sainte-Catherine et de De Lorimier. L’animateur Marc-André Coallier, porte-parole de l’événement, nous avait avertis : « On va vivre l’expérience de vendre la revue à du monde qui veulent rien savoir et qui nous regardent même pas. »
Tout le monde a ri. N’empêche, il avait drôlement raison. C’est troublant de se sentir invisible au milieu d’une foule.
***
L’Itinéraire a été créé en 1994. La revue a traversé des crises. L’année dernière, une nouvelle équipe a entrepris un virage audacieux : placer le camelot au cœur du magazine. Le 1er octobre 2014, les camelots signaient 13 % des articles. Aujourd’hui, ils en écrivent la moitié.

C’est une tâche colossale de diriger des camelots-journalistes qui vivent souvent des moments difficiles : toxicomanie, problèmes de santé mentale, instabilité…

Un nouveau défi va bientôt s’ajouter à tous les autres : l’arrivée d’un concurrent.
Le 1er décembre, un autre journal de rue fera son apparition à Montréal, un tabloïd de 24 pages dirigé par un ancien de L’Itinéraire, Réal Noël.

Le nom du dernier-né : La Presse alternative. Le premier numéro sera tiré à 4000 exemplaires et comprendra des entrevues avec le comédien Pierre Curzi, le chanteur Mononc’ Serge, le député Amir Khadir et l’acteur Mario Saint-Amand. Le journal sera publié une fois par mois. L’Itinéraire, lui, est bimensuel. Prix de vente : 3 $. Comme L’Itinéraire. La moitié des articles seront écrits par des camelots. Réal Noël a pigé dans la talle de L’Itinéraire en recrutant certaines de ses plumes. Le reste des articles seront signés par des journalistes étudiants et des experts. Le journal tournera autour la « quête de sens », a précisé Réal Noël.

Quête ou non, l’arrivée d’un concurrent risque de déstabiliser L’Itinéraire.
« Réal va peut-être se rendre compte que ce n’est pas évident de mener une entreprise comme ça, a dit la rédactrice en chef Josée Panet-Raymond. L’Itinéraire a failli couler l’année dernière. On travaille fort. Mais la concurrence, c’est pas mauvais. » Deux acteurs, un marché étroit. La lutte s’annonce féroce.

L’ITINÉRAIRE
Existe depuis 1994
Tirage : 15 000 exemplaires
Parution : Deux fois par mois
Nombre de camelots : 150
Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+

2015-11-02

TÉMOIGNAGE DE DENISE BOMBARDIER

J’ai vécu en début de semaine une plongée dans le monde des religieuses. J’étais la seule femme laïque invitée à adresser la parole à plus de 300 religieuses toutes communautés confondues dans le cadre d’un colloque sur leur avenir qui se déroulait à Québec.

Pour mémoire, ces sœurs, aujourd’hui âgées, sont celles qui nous ont éduqués, qui nous ont appris à respecter notre langue et à écrire sans faute. Elles ont créé nos hôpitaux et ont soigné les malades. Certaines se sont battues avec passion pour que les filles accèdent aux études supérieures.

Aujourd’hui, même dans leur grand âge, elles s’occupent des démunis et consacrent le reste de leur vie aux itinérants, aux grands malades, aux mourants, aux femmes violentées.

Respect de l’autre

Deux jours passés avec elles et l’on retrouve la sérénité, le calme, la discipline et une politesse qui ne sont que l’expression extérieure du respect de l’autre. Je les observais. Sages, pendant les exposés, elles prenaient des notes avec leur écriture appliquée qu’elles ont transmise durant des générations aux enfants du Québec.

Pourquoi sont-elles si spontanément ouvertes au dialogue même lorsqu’on ne partage pas leurs points de vue? Un grand nombre d’entre elles s’affichent comme d’ardentes féministes et leur langue est bien moins convenue que celle de la plupart des prêtres qui se sont adressés à elles durant le colloque.
Les sœurs n’ignorent pas que leur avenir est derrière elles. Que leur engagement d’une «vie consacrée» ne trouve aucun écho dans la société d’aujourd’hui. À part quelques films qui ont voulu leur rendre justice, dont La passion d’Augustine de la cinéaste Léa Pool qui a écrit le scénario en collaboration avec Marie Vien, peu de Québécois happés par la turbulence de la décléricalisation des années 60 et 70 leur ont exprimé leur gratitude.     (Également Les Discrètes, de Hélène Choquette)

Or, ces religieuses dont la vie fut dédiée à Dieu, mais aussi à nous, les Québécois, sont les dernières témoins de notre histoire religieuse qui fut aussi sociale et culturelle.

Des femmes fortes

Combien de Québécois, croyants ou non, se remettent en question comme les religieuses rencontrées cette semaine? J’ai croisé des femmes fortes qui ont dirigé leurs communautés avec une efficacité administrative que devraient leur envier beaucoup de gestionnaires d’aujourd’hui.

Combien de gens de 70 à plus de 80 ans consentent à s’occuper des démunis, à écouter de jeunes drogués, des femmes agressées avec compassion et une absence de jugement moral?
Nous assistons désormais dans l’indifférence à la mort des communautés religieuses et avec elles à la fin d’un cycle de notre histoire.

Vivant désormais en petits groupes, les sœurs plus actives peuvent encore apporter une contribution à ce Québec en désarroi, en quête de sens, d’identité et de fraternité.
Les sœurs semblent plus sereines que nous. La bonne humeur qu’elles dégagent n’est certainement pas étrangère au fait qu’elles partagent un esprit communautaire en contradiction avec l’individualisme qui triomphe désormais dans la société et qui nous éloigne les uns des autres.
Et si les sœurs incarnaient le meilleur de ce que nous avons été et que nous n’avons su transmettre à nos enfants les rendant orphelins de quelques valeurs humanistes sans lesquelles la vie en société est une jungle?

Denise Bombardier

2015-10-26

NICOLAS chef d’orchestre spécial

Nicolas a eu l’idée de fonder un orchestre symphonique bien spécial pour assouvir son besoin de s’impliquer socialement, il n’avait que 19 ans.  « Depuis le secondaire, il y a quelque chose à l’intérieur de moi qui me disait que c’était important d’aider, de donner et d’être là pour les autres.

 Son premier concert symphonique est né à l’église Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal,  et a été donné au profit de l’Aide Internationale pour l’Enfance.  Il s’est entouré peu à peu d’une équipe afin de mieux se structurer.  L’orchestre a pris forme sous le nom d’Orchestre de solidarité sociale (OSA), car c’est un lieu de rassemblement, d’échange et de partage comme au temps des Grecs. Il est unique en son genre, seul au Canada, en Amérique du Nord et peut-être au monde, affirme Nicolas.

Le chef d’orchestre avait depuis longtemps l’idée de donner un concert en l’honneur de l’Itinéraire. 

« C’est une mission noble d’entraide. Puis ce que j’aime avec l’Itinéraire, ce sont tous les outils donnés pour les camelots.  C’est un travail durable. C’est une belle organisation qui occupe une très grande place à Montréal. » Des camelots assisteront au concert et certains monteront sur scène. Il y a un parallèle évident. Des jeunes musiciens jouent avec l’orchestre et des camelots participent aux articles et aux entrevues.

« Ce que je veux c’est que cela se développe et que l’OSA devienne une plate-forme qui donne le goût aux jeunes de commencer à jouer de la musique. Transmettre ma passion c’est quelque chose qui est dans ma mission. J’aurai toujours la même vision, en plus gros. »

Nicolas Ellis                                                                                                                                      

L’Itinéraire, octobre 2015

(Avec permission de publier) Thérèse Drainville


 

2015-10-17

POPS, l’aumônier officiel des itinérants

À 60 ans, Emmett Johns, dit Pops, souhaitait tendre la main aux jeunes sans-abri de Montréal.

En 1998, Pops fonda Le Bon Dieu dans la rue. Il emprunta 10 000$ à la Caisse populaire, acheta un motorisé usagé et arpenta les rues du centre-ville, travaillant pendant de longues heures.  La roulotte s’est vite fait reconnaître par les jeunes de la rue comme un endroit sécuritaire où manger un morceau et se réchauffer.

En 1989, l’Évêque Crowley a nommé Pops «l’aumônier officiel des itinérants».  Depuis sa création, Dans la rue a évolué.  Aujourd’hui, il existe un refuge de nuit, le Bunker et un Centre de jour Chez Pops.  L’organisme compte plus de 65 employés et plus de 135 bénévoles.


(Publié avec autorisation de l’Itinéraire) 

Émilie Gamelin avait aussi l'amour du pauvre sans-abri, des personnes seules, âgées, malades.
Thérèse Dr.

2015-10-01

JE VEUX APPRENDRE À AIMER

Cybelle a quitté l’école très jeune. Elle est inscrite depuis un an à l’Atelier des Lettres qui a pour mission l’alphabétisation des adultes.

« Mon nom est Cybelle, ma mère a étudié pour devenir psychologue.  Elle voyageait beaucoup et j’étais souvent laissée à moi-même.  Je déménageais chaque année et je devais changer d’école.  Au début, j’étais bonne et assidue à l’école, j’ai même gagné des prix.  Mais au bout d’un moment, j’ai estimé que j’apprenais mieux toute seule et j’ai décidé de quitter l’école à l’âge de 16 ans, pour travailler et aller vers les autres.

J’ai maintenant un fils qui m’a été arraché. Je voulais cet enfant, mais je n’ai pas su m’exprimer assez bien pour qu’on comprenne que je le voulais et qu’il était désiré.

Après avoir accouché de mon 2e fils, je suis devenue dépressive et je ne pouvais pas vraiment m’en sortir.   Maintenant j’essaie de faire le bien autour de moi.  J’apprends à écouter et à mettre le doigt sur quelque chose de concret, de positif.

L’an passé, je me suis inscrite à l’Atelier des Lettres et j’aimerais m’inscrire de nouveau cette année.  J’aime l’école pour ce qu’on y trouve.  Il y a des activités comme des sorties à la bibliothèque, etc… Il y a aussi les amis et les liens que l’on y développe dans le but de se construire un bel avenir.


Aujourd’hui, je me dois d’être forte pour la famille et les gens que j’aime, qui m’entourent.  Je veux apprendre à AIMER et à me faire respecter le plus possible.  La vie est belle et je suis Cybelle. »

(Publié par Th.Dr. avec l'autorisation de l'Itinéraire)

2015-09-01

UN ART QUI FAIT DU BIEN

Des feuilles et des feutres sont éparpillés sur la table d’Anna, sa dernière réalisation dans la main.  Des œuvres comme celle-ci elle en a plein la tête, les réaliser l’aide à se sentir plus positive.  Participer aux ateliers offerts par un organisme, lui redonne le sourire. « C’est ici une place pour m’exprimer, dessiner m’aide à contrer ma maladie.»

Heureuse d’offrir son témoignage pour prouver les bienfaits de l’art-thérapie au monde! Ce qui compte, c’est de parler de l’importance de sa passion, le dessin, son exutoire depuis son plus jeune âge. Son plus grand souhait est que sa famille découvre ses projets lors des expositions publiques.

Sa voisine Nicole confie que sa famille ne l’accepte pas, c’est donc pour se sentir appréciée par les autres à sa juste valeur qu’elle participe aux ateliers.  « Dans ces ateliers, affirme l’animatrice, les gens font de l’art, c’est ça qui leur fait du bien, les participantes sont totalement libres de discuter, faire de l’art avec elles me permet d’avoir un contact avec le fonctionnement de l’esprit humain. »

Alex, Journal l’Itinéraire (publié avec autorisation)

Par Thérèse D.

2015-08-24

DAN, son travail, c'est d'aider

Son tatouage en plein visage est impressionnant. Dan est de ceux qui travaillent jour après jour pour contrer les préjugés. En 33 ans, le jeune homme a vécu des moments plus ou moins réjouissants. Il a repris goût à la vie en aidant les autres. Cela fait maintenant deux ans qu’il intervient auprès des consommateurs de drogues dans la rue, avec Cactus Montréal. Il  tente de sensibiliser les consommateurs aux méfaits liés à la drogue, je vivais sur le trottoir d'en face, sur la rue Sanguinet avec ma chienne. « On était en automne et il faisait froid, je ne voulais pas rentrer à Cactus par fierté parce que je ne consommais pas », se souvient-il.

La journée où Dan s’est retrouvé à la rue, il était accom­pagné de plusieurs de ses amis de l’époque. « Tout le monde s'est mis à consommer sauf moi. J'avais peur de consommer, peur d'être mal ou d'aller en prison. Beaucoup de mes amis passaient du temps avec moi pour éviter de consommer. Tout a basculé l’hiver où il a pris beaucoup de pilules.   J’ai consommé comme un malade. Et je me suis tiré dans le pied », confie-t-il.

La drogue lui a laissé un goût amer. Il l’assimile à la violence et aux problèmes. « J’ai vu des choses que personne ne souhaite voir. Ces choses-là m'ont fait lâcher les gars avec qui j'étais. Je ne pouvais plus rien faire pour eux, c’était trop violent », confie-t-il. À Cactus, Dan a trouvé de l'aide et une écoute. « Je suis de l'autre côté de la médaille. Avant, j'étais avec les drogués, maintenant je suis avec les personnes qui aident, c’est devenu mon travail », explique--il avec une certaine fierté.

Le défi quotidien de Dan est de garder son intégrité : « Je suis content d’avoir un appartement ou de pouvoir dormir des nuits complètes sans être dérangé par la police. Je suis content de prendre part à la société. »
Pour Dan, le blocage lié à l’implantation de Cactus à Montréal est en lien avec la peur. « Les gens ont peur des itinérants et des drogués et pourtant, ce ne sont pas des personnes méchantes, il faut juste leur donner une chance de s'intégrer. Leur donner des bonnes idées, leur faire comprendre qu'ils ont leur place et qu'ils ont leur mot à dire», pense-t-il.
                       
En tant que messager pour Cactus, Dan en sait quelque  chose. « Je parle de ceux et celles qui consomment. Je ne peux que leur montrer le bon exemple. Cactus permettra d'inter­venir autrement avec eux. Il faut comprendre que quand on tombe, ça fait mal, et c'est dur de se relever. On a absolument besoin d'aide », assure-t-il.
           
AUJOURD'HUI, LA PLUS GRANDE FIERTÉ DE DAN EST D’AVOIR ESSAYÉ DE S’EN SORTIR. IL ESTIME NE PAS ENCORE S’EN ÊTRE COMPLETEMENT SORTI. « JE NE VOUDRAIS PAS DÉMISSIONNER. J'AI ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE SUR MOI, MAIS J’ESPÈRE POUVOIR DIRE UN JOUR QUE JE M'EN SUIS TOTALEMENT TIRÉ. »
















2015-08-03

COMPASSION pour un pays pauvre

Après avoir connu une période de croissance et de haut rendement, dans les années 1960, grâce à l'usage d'engrais chimiques pour leurs terres, de pesticides et de semences OGM, des producteurs agricoles de l'Inde (200 000) en sont maintenant arrivés à se suicider parce que les fertilisants ont épuisé la terre, le prix du coton a chuté, les semences OGM sont trop coûteuses : tout calculé, il ne reste que 100 dollars pour nourrir la famille et traverser l'année.

Un autre problème, celui de l'eau, dont l'accès est inégal. Selon une politique gouvernementale, les efforts d'irrigation des terres sont concentrés dans quelques États pour 40% seulement des terres agricoles du pays; résultat : 60% des terres sont cultivées par des agriculteurs pauvres d'entre les pauvres, dépendants des pluies de la mousson.
(Lu dans la Revue de Presse, Quart Monde)
=============
Si Émilie vivait de nos jours, naîtrait en son coeur un grand sentiment de compassion pour ce pays appauvri par les ambitions et les inconsciences des générations précédentes qui ont oublié les générations qui suivraient.
Merci Émilie de nous rappeler notre responsabilité.
Lu 91 fois dans l’ancienne communauté virtuelle Affinitiz

Publié par Thérèse Drainville