2009-05-22

Vivre à l'Arche!

L’environnement familial des communautés de l'Arche permet aux personnes ayant une déficience intellectuelle de créer un foyer, de développer leurs talents, de construire des amitiés ou, tout simplement de profiter pleinement de la vie. Les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent nous surprendre. Il est d'ailleurs fréquent que leur sensibilité et leur ouverture enrichissent et rassemblent les personnes qu'elles côtoient. En voici un exemple:

"En vieillissant, je réalise que le fait d'avoir vécu avec des personnes ayant un handicap de développement a eu une influence profonde et fondamentale sur ma façon de vivre l'Évangile.

Le message est simple mais en même temps dificile à vivre et à intégrer dans mes relations avec les autres. J'ai la chance d'avoir eu tant de guides.

Ce message est simple, c'est que chacun d'entre nous est fondamentalement aimé de Dieu, que chacun d'entre nous est profondément aimable, que nous sommes les bien-aimés de Dieu, c'est la vérité de l'être chrétien. Rien ne changera cette réalité.

J'ai découvert et je continue à découvrir cette vérité chaque jour quand je suis accueilli et célébré les bras ouverts par des personnes que l'on considère brisées, limitées et vulnérables."

Raphaël, L'Arche, Ottawa.

2009-04-10

METTRE FIN À LA PAUVRETÉ

Le Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde, disait à un groupe de personnes: "Refusez la fatalité de la misère". Des personnes résistent courageusement contre la pauvreté, qui ne baisent pas les bras. Parlons de Dany. Aujourd'hui dans la trentaine, il subit toujours les conséquences du décrochage scolaire dans son enfance. Il ne maîtrise pas bien la lecture et l'écriture, il a quand même réussi à publier une article dans journal local de jeunes. A partir de son expérience personnel, il exhorte les jeunes à s'accrocher. Il conclut son article: "J'aimerais encourager les jeunes à ne pas démissionner, malgré leurs difficultés, à ne pas décrocher, mais plutôt à s'accrocher afin de réussir leur vie, car mon expérience à moi fut pénible et je dois me battre encore afin de trouver ma place." Bonne chance dans la vie!
(Extrait de Actualités Quart Monde)

2009-04-07

ÉRIC, PLUS QU’IDOLE

Par son talent et ses chansons, Éric est un baume au cœur des personnes exclues qui vivent des drames dans leur vie et sont jugés négativement dans leur entourage. Éric c’est quelqu’un qui sait par quoi les gens de la rue peuvent passer. Il montre que sombrer dans une dépendance ce n’est pas un manque de talent, de déficience mentale, de pauvreté. Il y a quelque chose de très difficile à surmonter et qui demande des années d’efforts pour vaincre une dépendance, un mal de vivre, un manque d’amour de soi.

Le chemin à parcourir est tortueux, rempli d’embûches, d’occasions de rechutes ou de découragement. Mais le retour à la santé et à la vie normale peut aussi arriver à tout moment, parfois quand on s’y attend le moins. Bon courage Éric et tous les autres !

Serge L. (L’Itinéraire)

2009-03-26

NICOLAS dans la rue

J’ai rencontré Nicolas un de ces jours qui annoncent une période difficile pour les itinérants. Il était assis sur le trottoir.

Jeune, beau, il me demande : avez-vous 1 sou, juste 1 sou ?
J’ai tiré 1 $ de mon sac à main. Je me suis éloignée, incapable de gérer mes pensées : préjugés envers les itinérants, envers tous ceux qui leur donnent et qui contribuent à augmenter leur nombre en encourageant la paresse.

Après quelques minutes, surprise moi-même, je fais demi-tour, mon Cupidon venait de toucher mon âme. Je me retrouve assise avec Nicolas aux pieds de la foule. Il m’accueille chaleureusement, sans étonnement, nous parlons une bonne demi-heure, Il me raconte une enfance de difficultés d’intégration scolaire et sociale. Banni de l’école secondaire, mis à la porte par ses parents, il vit dans la rue depuis un an et demi.

En retournant chez moi, je me fais aborder par un autre qui m’offre le journal des itinérants. Je tire un autre dollar de mon sac à main et explique que j’ai lu le journal mais que je veux contribuer à son emploi. Il me répond d’une voix douce : « Madame, gardez votre dollar, il vous servira à acheter un café. Moi, je ne veux que vendre mon journal, je ne quête pas. »

Bien oui, me dis-je en m'en allant; j’ai compris, la dignité fait partie du menu affectif des gens de la rue, vendre le journal c’est un travail, ils ne demandent pas la charité. Quelle leçon !

Jeannine B. (lu dans l’Itinéraire)

2009-03-24

UN ÉLECTROCHOC DU CŒUR

Malgré mes 10 ans d’expérience, j’étais terrorisé à l’idée d’enseigner la religion à un groupe de filles de 15-16 ans, une matière bien ‘secondaire’ pour elles. Nous étions en période d’été.

Pendant mes vacances en Gaspésie, j’ai relu quelques programmes utilisés dans d’autres écoles secondaires, le défi n’était pas moins grand. Je me suis donc fait un programme ambitieux. Pas de bourrage de crâne, mais un électrochoc du cœur et de l’esprit : faire rencontrer le Dieu vivant à ces jeunes, un Dieu au cœur de leur vie, un Dieu qui les invite à le découvrir Lui et leur mission, à dire OUI, dans la foi, à l’image de Myriam de Nazareth.

A la rentrée, les filles ont été emballées par le programme que je leur ai présenté, une d’elles me dit : « Cette année, le cours de religion va nous faire avancer. » C’était un programme basé sur la vérité. Les jeunes sont faits pour la vérité, une vérité tellement belle qu’elle met le feu au cœur. La vérité, comme par exemple, la nécessaire abstinence en amour. Nous avons parlé aussi de suicide de ces jeunes qui a pour origine l’éclipse de Dieu dans leur vie et le combat de tous les jours contre vents et marées.

Grâce à la prière et notre action concertée, Dieu peut faire des miracles. J’en suis persuadé, le salut de notre milieu passe par ces jeunes filles, comme dans le passé par Marguerite Bourgeois, Émilie Gamelin, Marie de l’Incarnation, Jeanne Le Ber, et bien d’autres, qui ont tissé l’âme du Québec. Dieu peut encore opérer des miracles dans les cœurs !

Luc P. (Le Nic)

2009-02-12

LE COURAGE DE LA COMPASSION

Don accompagne Marc à l’urgence, il est en pleine crise.

Marc est prisonnier de lui-même et les autres sont impuissants à le comprendre dans sa souffrance. Don reste avec lui le temps qu’il faudra.

Voilà qu’au milieu de la nuit, Marc prend la main de Don et murmure : ''Quand tu es là, je me sens en sécurité.''

Pour Don, le plus difficile c’est de se taire et de tendre la main. C’est le sens de la présence! Il est bien conscient que c’est le courage de la compassion qui conduit à construire des relations dépouillées de supériorité et du besoin de contrôler. C'est ce qu'il a vécu avec Marc.

Une motivation vitale, la compassion !

Louis C.M. (Nouvelle Revue franciscaine)

2009-02-10

COMMENT J’AI TROUVÉ LE BONHEUR

Je suis arrivée à la famille Marie-Jeunesse, à Sherbrooke, Québec, pour des vacances d’un mois, le cœur rempli de haine envers une personne qui m’avait beaucoup blessée.
Après avoir discuté de cette situation avec un responsable, je me suis sentie un peu libérée.
Tous les jours, je priais à partir d’une Parole de Dieu; chaque fois, il était écrit de faire confiance au Christ, qu’il comblerait les désirs de mon cœur. Je voulais recevoir le sacrement du pardon, mais je n’osais pas.
Un matin, j’ai lu cette parole : ‘Demande le sacrement du pardon et tu obtiendras ma miséricorde.’ Je n’ai plus eu de doutes et je suis allée vers un prêtre pour me confesser. J’ai tout de suite été transformée, la vraie Vaimoe revit, elle connaît le vrai bonheur, la vraie paix.
Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre le Christ au centre de mon nouveau foyer, de mon couple, de ma vie. Je suis tellement heureuse et comblée par son amour et sa paix. Je sais que je suis aimée du Père!

Vaimoe, 19 ans, Tahiti (Revue Le Veilleur)

2009-02-05


FAIRE REVIVRE LA MÉMOIRE DE SES ANCETRES

Samuel, descendant d’un père québécois et d’une mère algonquine, se sert de son statut de Métis pour ouvrir des frontières entre blancs et autochtones.

Sur sa réserve, c’était difficile : à l’extérieur il était attaqué, dans sa réserve également où il n’était pas reconnu comme un Algonquin.

A 15 ans, il quitte le foyer familial, avec 5 $ en poche. Il vend de la dope et finit par avoir un gros problème de consommation. «J’ai perdu l’odorat et le goût à cause de la coke. Mais le jour de la naissance de mon fils, tout est revenu, j’ai dit à ma blonde qu’elle sentait bon.»

A 20 ans, il retrouve sa mère et sa grand-mère et recommence à parler algonquin, la langue de son enfance. «Ceux qui ignorent les aînés perdent l’essentiel, ils ont tellement de choses à nous dire». Chaque fois que Samuel retourne en Abitibi, il s’enferme avec sa grand-mère, seulement pour l’écouter parler. Il est devenu un gars de famille. «J’aime être avec ma mère, ma grand-mère, mes deux sœurs dont je suis très proche, être avec ma blonde et mon fils».

La musique a aussi été salutaire au gars endurci qu’il commençait à devenir. Grâce à une cinéaste, il commence à composer et à chanter. «Sans la musique, je serais aujourd’hui en prison». Que Dieu bénisse l’Amérique, la Terre et tous les peuples qui ont souffert, chante-t-il.
Le rappeur est optimiste et il veut continuer d’œuvrer à la réconciliation entre blancs et Amérindiens. «Les Etats-Unis ont un président noir, pourquoi le Canada, un jour, n’aurait pas un premier ministre d’origine autochtone? Qui sait, ce sera peut-être mon fils!»

(Lu dans l’Itinéraire, février 2009)

2009-02-03

Juste au bon moment!

Voici un petit témoignage qui peut nous faire réfléchir sur l’importance d’être présent(e) à notre entourage parce qu’on ne sait pas ce qu’il vit et que notre parole ou simplement notre attention peut valoir son pesant d’or. Les autres ont toujours besoin de notre bonté, notre tendresse, notre compassion.

« Un soir, un homme entre à la maison, va trouver son fils de 14 ans et le fait asseoir pour lui dire : » Une chose incroyable m’est arrivée aujourd’hui. Un des jeunes cadres de la compagnie est entré dans mon bureau, m’a dit qu’il m ‘admirait et m’a offert ce ruban bleu en hommage à mon génie créatif. Tu imagines! Il pense que j’ai du génie! Puis il a épinglé ce ruban où on lit : « Je ne suis pas n’importe qui », juste au-dessus du cœur. Il m’a donné un autre ruban et m’a demandé de le remettre à un autre. En revenant à la maison ce soir, je me suis demandé qui je choisirai pour remettre ce ruban et j’ai pensé à toi. Je veux te rendre hommage.

« J’ai des journées impossibles; quand j’arrive à la maison, je ne m’occupe pas beaucoup de toi. Parfois, je te dispute parce que tes notes ne sont pas bonnes ou parce que ta chambre est en désordre; ce soir, je veux m’asseoir avec toi et te faire savoir que tu es quelqu’un d’important pour moi. A part ta mère, tu es la personne la plus importante dans ma vie. Tu es un garçon fantastique et je t’aime! »

Le garçon étonné se met à pleurer et à sangloter et ne peut pas retenir ses larmes. Il tremble. Il lève les yeux vers son père et dit entre deux sanglots : « papa, j’avais décidé de me suicider demain, parce que je pensais que tu ne m’aimais pas. Maintenant, je n’ai plus besoin de le faire; tu m’es venu… juste au bon moment! Helice Bridges


Et nous, à qui pourrions-nous donner un ruban? Tellement de personnes auraient besoin d’entendre dire qu’elles sont aimées de nous et aussi de Dieu.

2009-01-29

À LA DÉFENSE DES PLUS PAUVRES

Des groupes de défense des droits sociaux déposent une plaine devant le Conseil de presse contre un animateur de radio, pour avoir proposé de retirer le droit de vote aux personnes vivant de l’aide sociale.
‘Ce n’est pas vrai que les personnes sur l’aide sociale ne contribuent pas à la société : elles achètent des vêtements, de la nourriture, des titres de transport en commun, elles paient des taxes, etc…’
Les commentaires de l’animateur sont humiliants, offensants pour des personnes vivant de l’aide sociale et vont à l’encontre de la Charte des droits et libertés. Le droit de vote est un droit essentiel à l’exercice de la citoyenneté. Remettre en question le droit de vote d’une personne parce qu’elle est assistée sociale est aussi grave et inacceptable que si l’on remettait en question le droit de vote des personnes d’un pays ou d’une province en raison de la couleur de leur peau ou de leur religion ou de leur langue.

ATD Quart Monde : Revue de presse déc.08

2008-12-29

MILLE HEURES DE BÉNÉVOLAT

Patrick et Froy, deux étudiants en médecine dentaire offrent leurs services en soins dentaires aux jeunes de la rue; ils distribuent d’abord brosse à dents et dentifrice, mais ils se rendent vite compte que ce n’est pas suffisant parce que plusieurs ont des problèmes de dentition. Ils ouvrent une clinique dans un petit local du CLSC où les jeunes peuvent rencontrer d’autres spécialistes, infirmières, psychologues. D’autres étudiants se joignent à leur projet, avec l’aide des chirurgiens dentistes du Québec en pratique privée.

Les jeunes de la rue présentent parfois des cas d’extrême pauvreté, de toxicomanie ou de santé mentale. Mais ils ont une force, une volonté de s’en sortir et l’équipe est fière de les aider.

Si dans 20 ans, il y a deux ou trois dentistes qui offrent bénévolement une vingtaine d’heures par année, ça représente un dentiste par semaine sur le terrain. On pourrait alors étendre notre pratique aux personnes âgées, aux jeunes familles et aux immigrants.

On ne peut pas sauver toutes les dents, mais on peut faire notre part et améliorer l’image du dentiste

(Atd Quart Monde, nov.08)

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2008-12-06

GRÂCE À VOUS ET À L'ITINÉRAIRE, J'AI CHANGÉ DE PERSPECTIVE

Tout a commencé par un accident...la chute d'un arbre, moi en-dessous et vlan ma vie qui change du tout au tout. Une mauvaise hernie à la colonne, pendant cinq ans, de plus en plus courbé, opération au dos, plus capable de travailler, pas de CSST.

J'ai vécu dans un refuge. Les intervenants et les bénévoles m'ont soutenu du mieux qu'ils le pouvaient. Pendant cette année de convalescence, le temps était très long et la belle qualité de vie que j'avais avant mon accident était bien loin.

Après ma convalescence, pas d'emploi à l'horison même si je voulais avec toute la bonne volonté du monde gagner dignement ma vie. Puis l'hiver arrive, plus d'argent, et c'est la catastrophe...obliger de quêter pour assurer un minimum vital. Humilié, le foulard devant la figure, espérant que personne ne me reconnaisse, je demandais la charité aux passants.

Puis, un jour, un gars de l'Itinéraire m'a proposé de vendre leur magazine. Après quelques hésitations, j'ai décidé d'y aller au début du mois de février. Depuis ce temps, l'espoir est revenu. J'ai retrouvé le contact social dont toutes les personnes normales ont besoin et que j'avais perdu.

Aujourd'hui, grâce à vous, je revis...Merci de tout coeur.

Yvon Massicotte, camelot

2008-10-21

MA VIE N’EST PAS TOUJOURS ROSE
par Michel L.

J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.

Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?

À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.

(L’Itinéraire, octobre 2008)

2008-10-02

JE MARCHE LA TÊTE HAUTE

France a travaillé comme couturière jusqu’à 46 ans, sans savoir lire et écrire. A cet âge, elle s’inscrit à un groupe en alphabétisation et elle reprend confiance. « J’ai désormais plus d’assurance en mes capacités ».

Son énergie a gagné sa fille qui s’apprête à entrer au GEGEP. « Ma fille a appris aussi à travers ma démarche. Elle m’a vue me prendre en mains et ça l’encourage. Elle a compris qu’il ne faut pas attendre après les autres pour s’aider soi-même ».

« J’encourage les adultes à avouer leurs difficultés avec la lecture, à s’inscrire en alphabétisation et à cesser d’avoir peur ».

France a retrouvé la fierté. « J’ai appris à m’accepter et je marche la tête haute ».

(L’Itinéraire, septembre 2008)
HEUREUX DE CE QUE J’AI

J’aime beaucoup les bijoux, j’habite un quartier défavorisé mais je fais attention à mon image.

L’argent que je mettais dans la drogue et l’alcool est investi maintenant dans les choses plus essentielles comme la nourriture, des cadeaux que je fais aux personnes qui me sont proches.

Quand j’ai arrêté de fumer, je me suis permis un voyage pour aller voir ma famille.

Je crois que le fait d’avoir connu la rue et la pauvreté me fait apprécier ce que j’ai aujourd’hui.

J’ai des rêves mais je suis heureux de ce que j’ai aujourd’hui.

Richard T. (L’Itinéraire)

2008-09-11

RÉINSERTION SOCIALE PAR L’ENVIRONNEMENT

Anne M., passionnée de nature, a eu une vie mouvementée avant de joindre Pousses Urbaines, organisme spécialisé en horticulture.

«J’ai vécu des situations instables, mais c’est fini, à présent je m’occupe de mon environnement. Quand j’ai décidé de sortir de la rue, je cherchais une occupation qui allait me plaire. Je prends soin des plantes, je suis payée pour être entourée de l’odeur de la terre, de soleil, de verdure, c’est incroyable. Ce projet m’a rapprochée de ma famille; ma mère m’appelle pour me poser des questions sur l’environnement et le recyclage. Elle est fière de voir que j’ai enfin un pied bien ancré dans la terre. Je gagne ma vie en rendant service, je fais du jardinage, du désherbage, de la revitalisation de ruelles et d’espaces publics.

Dans ce projet, je travaille aussi sur moi-même. Je ne me sens pas jugée, il n’y a pas de pression, pas de compétition mais j’évolue énormément. Je fais ma part pour la planète et c’est très valorisant. Je suis ici pour moi. Cela teste ma personnalité, mon endurance et ma capacité d’adaptation. C’est un tremplin vers l’avenir.»

Alex N. (L’Itinéraire, août 2008)

2008-09-02

Sans bruit...
Betty Ward s'engage personnellement d’une façon extraordinaire afin d’enrichir la vie des autres. Elle s’active en coulisse, sans tapage, à aider les sans-abri et les femmes battues, leur offrant compagnie et espoir. Betty ne recherche pas de rôle de leadership professionnel mais utilise son temps et ses talents à aider les personnes que beaucoup d’autres éviteraient . en plus, elle a inspiré plusieurs autres à travailler avec elle pour offrir des retraites semestrielles aux femmes en transition jugées susceptibles de reconnaître le visage de Dieu.

Betty a dit : « C’est vraiment un honneur d’avoir été prises en considération. Mes liens avec les femmes en transition me sont précieux, car elle m’ont appris beaucoup sur la survie, la croissance et la guérison. »
Spokane : A.P

2008-08-15

DE L’ENFER DE L’ALCOOLISME AU BONHEUR

J’ai vécu dans une famille ordinaire de 6 enfants. Dans mon enfance, les déménagements successifs, souvent en cours d’année, donc plus d’amis, retard scolaire, instabilité à tous points de vue !

A 16 ans, je commençais à travailler dans une brasserie, ce fut le début de mes malheurs. J’avais la bière gratuitement, je pouvais en apporter chez moi. Je suis devenu alcoolique. Marié mais immature, irresponsable. Quand j’ai eu des enfants, j’ai cru que tout s’arrangerait, mais j’étais un père absent et incapable de ne pas boire. J’habitais le sous-sol de ma maison, avec ma TV, ma bouteille, je n’étais que le pourvoyeur de ma famille. Ma femme gérait tout !

Un jour, un compagnon de travail s’est absenté durant 3 semaines et quand il est revenu, tout avait changé : sur son conseil, je suis allé faire une thérapie à mon tour, j’ai tout expliqué à ma femme, puis nous nous sommes séparés. J’ai commencé à m’intéresser aux autres. J’ai appris à m’excuser et j’ai demandé pardon à mes enfants d’avoir été un père absent et alcoolique Ils ont eu assez de compassion, de tendresse, de confiance en moi pour me pardonner.

Aujourd’hui je suis heureux. Je crois en Dieu et je comprends l’importance de la spiritualité. Si je peux aider quelqu’un par mon témoignage, ce serait déjà beaucoup. Je dis aux autres d’avouer leur alcoolisme. Aller chercher de l’aide, c’est aller au devant du bonheur !

Anonyme

2008-08-06

CLAUDE NOUS PARLE DE LUI

« Apprendre à se connaître, c’est connaître plus que nos noms et nos prénoms : c’est se dire qui on est, parler de sa famille… on a tout un passé. »

Je suis né dans la ville de Québec, au Canada. Je suis le 6e d’une famille de 8 enfants et je considère que je suis d’une famille multiculturelle, une famille du Monde. Mon grand-père était écossais et ma grand’mère était amérindienne. Mon autre grand-père s’est sauvé de la Bulgarie, il s’est marié à une Acadienne.

Mon premier engagement pour le Mouvement Quart Monde a été quand on m’a demandé d’organiser la délégation des jeunes qui se rendaient à Genève, au Bureau International du Travail.

Ce n’est pas la misère des familles qui m’a engagé –
la misère ne peut pas engager les gens, elle trop pénible – c’est le courage que ces familles ont, même dans les moments les plus difficiles. Ce sont les efforts que font les gens qui disent qu’il est possible de s’engager aux côtés et avec les familles de la misère.

Mon engagement dans le Volontariat a mûri. Il y a eu des moments durs comme des moments fantastiques. Des amitiés se sont créées avec des volontaires et avec des familles. Certains sont devenus très importants pour moi.

Cette communauté, ce groupe de volontaires me fait vivre et me garde heureux. Chaque nouveau jour est un jour de bonheur. Je suis heureux tous les matins quand je me lève parce que pleins de nouvelles choses m’attendent.

Claude D.

Claude est décédé à 43 ans, au cours d’une fête réunissant de nombreux volontaires et amis
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2008-07-18

JARDINER… UNE THÉRAPIE !

Chaque printemps, je me prête aux joies du jardinage. Un immense champ, tout près de mon logement d'ancien itinérant; je cultive un petit potager, plusieurs légumes, quelques fraises, des fleurs.

Nous sommes des dizaines de résidants à cultiver un potager, sur un terrain qui appartient à Hydro-Québec. Nous n’avons pas demandé l’autorisation, mais Hydro-Québec ne semble pas regarder de trop près ces cultures maraîchères ou florales.

J’aime toucher la terre de mes mains, car je sens que je fais partie de la nature et j’ai l’impression que c’est bon pour moi. C’est aussi très valorisant de voir pousser mes propres légumes. Jardiner c'est comme une thérapie!

Maxime, camelot pour L’Itinéraire