2015-10-17

POPS, l’aumônier officiel des itinérants

À 60 ans, Emmett Johns, dit Pops, souhaitait tendre la main aux jeunes sans-abri de Montréal.

En 1998, Pops fonda Le Bon Dieu dans la rue. Il emprunta 10 000$ à la Caisse populaire, acheta un motorisé usagé et arpenta les rues du centre-ville, travaillant pendant de longues heures.  La roulotte s’est vite fait reconnaître par les jeunes de la rue comme un endroit sécuritaire où manger un morceau et se réchauffer.

En 1989, l’Évêque Crowley a nommé Pops «l’aumônier officiel des itinérants».  Depuis sa création, Dans la rue a évolué.  Aujourd’hui, il existe un refuge de nuit, le Bunker et un Centre de jour Chez Pops.  L’organisme compte plus de 65 employés et plus de 135 bénévoles.


(Publié avec autorisation de l’Itinéraire) 

Émilie Gamelin avait aussi l'amour du pauvre sans-abri, des personnes seules, âgées, malades.
Thérèse Dr.

2015-10-01

JE VEUX APPRENDRE À AIMER

Cybelle a quitté l’école très jeune. Elle est inscrite depuis un an à l’Atelier des Lettres qui a pour mission l’alphabétisation des adultes.

« Mon nom est Cybelle, ma mère a étudié pour devenir psychologue.  Elle voyageait beaucoup et j’étais souvent laissée à moi-même.  Je déménageais chaque année et je devais changer d’école.  Au début, j’étais bonne et assidue à l’école, j’ai même gagné des prix.  Mais au bout d’un moment, j’ai estimé que j’apprenais mieux toute seule et j’ai décidé de quitter l’école à l’âge de 16 ans, pour travailler et aller vers les autres.

J’ai maintenant un fils qui m’a été arraché. Je voulais cet enfant, mais je n’ai pas su m’exprimer assez bien pour qu’on comprenne que je le voulais et qu’il était désiré.

Après avoir accouché de mon 2e fils, je suis devenue dépressive et je ne pouvais pas vraiment m’en sortir.   Maintenant j’essaie de faire le bien autour de moi.  J’apprends à écouter et à mettre le doigt sur quelque chose de concret, de positif.

L’an passé, je me suis inscrite à l’Atelier des Lettres et j’aimerais m’inscrire de nouveau cette année.  J’aime l’école pour ce qu’on y trouve.  Il y a des activités comme des sorties à la bibliothèque, etc… Il y a aussi les amis et les liens que l’on y développe dans le but de se construire un bel avenir.


Aujourd’hui, je me dois d’être forte pour la famille et les gens que j’aime, qui m’entourent.  Je veux apprendre à AIMER et à me faire respecter le plus possible.  La vie est belle et je suis Cybelle. »

(Publié par Th.Dr. avec l'autorisation de l'Itinéraire)

2015-09-01

UN ART QUI FAIT DU BIEN

Des feuilles et des feutres sont éparpillés sur la table d’Anna, sa dernière réalisation dans la main.  Des œuvres comme celle-ci elle en a plein la tête, les réaliser l’aide à se sentir plus positive.  Participer aux ateliers offerts par un organisme, lui redonne le sourire. « C’est ici une place pour m’exprimer, dessiner m’aide à contrer ma maladie.»

Heureuse d’offrir son témoignage pour prouver les bienfaits de l’art-thérapie au monde! Ce qui compte, c’est de parler de l’importance de sa passion, le dessin, son exutoire depuis son plus jeune âge. Son plus grand souhait est que sa famille découvre ses projets lors des expositions publiques.

Sa voisine Nicole confie que sa famille ne l’accepte pas, c’est donc pour se sentir appréciée par les autres à sa juste valeur qu’elle participe aux ateliers.  « Dans ces ateliers, affirme l’animatrice, les gens font de l’art, c’est ça qui leur fait du bien, les participantes sont totalement libres de discuter, faire de l’art avec elles me permet d’avoir un contact avec le fonctionnement de l’esprit humain. »

Alex, Journal l’Itinéraire (publié avec autorisation)

Par Thérèse D.

2015-08-24

DAN, son travail, c'est d'aider

Son tatouage en plein visage est impressionnant. Dan est de ceux qui travaillent jour après jour pour contrer les préjugés. En 33 ans, le jeune homme a vécu des moments plus ou moins réjouissants. Il a repris goût à la vie en aidant les autres. Cela fait maintenant deux ans qu’il intervient auprès des consommateurs de drogues dans la rue, avec Cactus Montréal. Il  tente de sensibiliser les consommateurs aux méfaits liés à la drogue, je vivais sur le trottoir d'en face, sur la rue Sanguinet avec ma chienne. « On était en automne et il faisait froid, je ne voulais pas rentrer à Cactus par fierté parce que je ne consommais pas », se souvient-il.

La journée où Dan s’est retrouvé à la rue, il était accom­pagné de plusieurs de ses amis de l’époque. « Tout le monde s'est mis à consommer sauf moi. J'avais peur de consommer, peur d'être mal ou d'aller en prison. Beaucoup de mes amis passaient du temps avec moi pour éviter de consommer. Tout a basculé l’hiver où il a pris beaucoup de pilules.   J’ai consommé comme un malade. Et je me suis tiré dans le pied », confie-t-il.

La drogue lui a laissé un goût amer. Il l’assimile à la violence et aux problèmes. « J’ai vu des choses que personne ne souhaite voir. Ces choses-là m'ont fait lâcher les gars avec qui j'étais. Je ne pouvais plus rien faire pour eux, c’était trop violent », confie-t-il. À Cactus, Dan a trouvé de l'aide et une écoute. « Je suis de l'autre côté de la médaille. Avant, j'étais avec les drogués, maintenant je suis avec les personnes qui aident, c’est devenu mon travail », explique--il avec une certaine fierté.

Le défi quotidien de Dan est de garder son intégrité : « Je suis content d’avoir un appartement ou de pouvoir dormir des nuits complètes sans être dérangé par la police. Je suis content de prendre part à la société. »
Pour Dan, le blocage lié à l’implantation de Cactus à Montréal est en lien avec la peur. « Les gens ont peur des itinérants et des drogués et pourtant, ce ne sont pas des personnes méchantes, il faut juste leur donner une chance de s'intégrer. Leur donner des bonnes idées, leur faire comprendre qu'ils ont leur place et qu'ils ont leur mot à dire», pense-t-il.
                       
En tant que messager pour Cactus, Dan en sait quelque  chose. « Je parle de ceux et celles qui consomment. Je ne peux que leur montrer le bon exemple. Cactus permettra d'inter­venir autrement avec eux. Il faut comprendre que quand on tombe, ça fait mal, et c'est dur de se relever. On a absolument besoin d'aide », assure-t-il.
           
AUJOURD'HUI, LA PLUS GRANDE FIERTÉ DE DAN EST D’AVOIR ESSAYÉ DE S’EN SORTIR. IL ESTIME NE PAS ENCORE S’EN ÊTRE COMPLETEMENT SORTI. « JE NE VOUDRAIS PAS DÉMISSIONNER. J'AI ENCORE DU TRAVAIL À FAIRE SUR MOI, MAIS J’ESPÈRE POUVOIR DIRE UN JOUR QUE JE M'EN SUIS TOTALEMENT TIRÉ. »
















2015-08-03

COMPASSION pour un pays pauvre

Après avoir connu une période de croissance et de haut rendement, dans les années 1960, grâce à l'usage d'engrais chimiques pour leurs terres, de pesticides et de semences OGM, des producteurs agricoles de l'Inde (200 000) en sont maintenant arrivés à se suicider parce que les fertilisants ont épuisé la terre, le prix du coton a chuté, les semences OGM sont trop coûteuses : tout calculé, il ne reste que 100 dollars pour nourrir la famille et traverser l'année.

Un autre problème, celui de l'eau, dont l'accès est inégal. Selon une politique gouvernementale, les efforts d'irrigation des terres sont concentrés dans quelques États pour 40% seulement des terres agricoles du pays; résultat : 60% des terres sont cultivées par des agriculteurs pauvres d'entre les pauvres, dépendants des pluies de la mousson.
(Lu dans la Revue de Presse, Quart Monde)
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Si Émilie vivait de nos jours, naîtrait en son coeur un grand sentiment de compassion pour ce pays appauvri par les ambitions et les inconsciences des générations précédentes qui ont oublié les générations qui suivraient.
Merci Émilie de nous rappeler notre responsabilité.
Lu 91 fois dans l’ancienne communauté virtuelle Affinitiz

Publié par Thérèse Drainville


À LA RECHERCHE DE LA PAIX INTÉRIEURE

Impossible de le manquer, Benoît est partout : au café du journal de rue, à la rédaction d’un article pour le magazine, à la vente du journal, au même métro, depuis 6 ans.

Benoît ne l’a pas eu facile, comme l’incendie de son logement, il y a 5 ans, mais il finit toujours par retomber sur ses pieds, une bonne blague et le voilà de nouveau sur les rails.

Généreux, sensible, il déploie son énergie pour tendre vers la paix intérieure, comme la distribution de petits cœurs rouges qu’il invite à porter sur le cœur comme il le fait lui-même, c’est le symbole de l’amour, de la tolérance, de la solidarité et de la paix intérieure.

Bravo Benoît, tu contribues à changer le monde


(Lu dans L’Itinéraire, publié avec autorisation)

2015-06-27

LA CHANCE D’AVOIR MON PÈRE

Depuis que ma mère est décédée, il y a quelques mois, je garde sa photo-souvenir avec moi en tout temps. J’ai pris la résolution d’être plus proche de mon père, j’ai la chance qu’il demeure à quelques rues de chez moi.  Le décès de ma mère plus tôt cette année m’a fait réaliser que les gens qu’on aime peuvent partir à tout moment.

Même si je n’étais pas quelqu’un qui était porté à appeler et fréquenter mes proches, j’essaie depuis que ma mère est partie, j’essaie de faire le contraire.  Mon père est un travailleur infatigable.  Il était remboureur de meubles et avait trois emplois.

A partir de l’âge de 10 ans, j’allais travailler avec lui la nuit pour retirer la housse et les broches des fauteuils.  Je l’aidais pour qu’il puisse rentrer plus rapidement à la maison.

Je n’ai jamais vraiment cru aux fêtes.  Ce qui a changé aujourd’hui c’est que je fréquente davantage ma famille. Je n’ai pas besoin d’une fête en particulier pour les rendre heureux.

Merci.

Jean-Pierre M.

(L’Itinéraire – Publié avec autorisation)

2015-03-09

SI CHAQUE SOIR MEURT UNE ROSE

Chant de Richard Anthony

 Réflexions de Pierre, camelot :

«Si chaque soir meurt une rose,
chaque matin un enfant voit le jour.

S’il est vrai que la perte d’un proche signifie peine, souffrance et vide,
on peut apprendre d’une telle expérience, afin qu’elle ne nous détruise pas
et nous aide à croître malgré les émotions liées au deuil.

S’il y a le chagrin de voir un être aimé décliner et être impuissant,
nous devons nous raccrocher à l’essentiel et ne pas oublier d’utiliser notre potentiel 
afin de profiter au mieux du temps que le sablier de la vie nous réserve.

Si le décès d’un proche nous bouscule en faisant monter des émotions,
Que cela nous amène à chercher d’améliorer notre façon de vivre en société.

Il faut prendre le temps de vivre son deuil
pour ensuite être en mesure de passer de l’autre côté des larmes
et entreprendre une autre étape de la vie.»

Lu dans l’Itinéraire - autorisation de publier



2015-02-19

LE COMBAT DE CLAUDE ROBINSON

Il s’est fait voler son projet : une série télévisée basée sur un personnage nommé Robinson Curiosité. C’est la Cour suprême qui a finalement reconnu le crime, après 20 ans de procédures juridiques. Une série télévisée d’animation en 26 épisodes de 25 minutes, illégalement plagiée sur l’idée originale de Claude Robinson, d’abord titrée Robinson Curiosité. Les entreprises Cinar de France ont à l’époque, en 1994, copié le concept de Claude Robinson et affirmé qu’il avait été créé par Christophe Izard. En 2009, le juge québécois Claude Auclair a reconnu que la maison de production Cinar et ses ex-dirigeants l’ont volé, en plagiant l’histoire, les personnages et les dessins de Robinson Curiosité, la série pour enfants qu’il a imaginée au début des années 1980. Un jugement a été porté en faveur de Claude Robinson, en 2011; il a été porté en appel et les trois juges de la Cour d’appel ont confirmé le verdict. La décision fut portée en Cour Suprême du Canada où les juges ont encore une fois tranché en faveur de Claude Robinson. (Notes de Wikipédia) Pendant 20 ans, il a cherché à dire la vérité, alors que ses adversaires (des multinationales qui étaient protégées par des assurances) mentaient. Il a dû faire des recherches sur le droit d'auteur. Vingt ans de lutte pendant lesquels l'élan créatif était complètement coupé, avec des ''balles'' qui sifflaient autour de sa tête. Tout ce qu'il avait, c'était la certitude qu'il disait la vérité et qu'eux mentaient. Aujourd'hui, force est d'admettre qu'il peut être persévérant. Il se sent maintenant comme quelqu'un qui a fait ce qu'il avait à faire, une journée à la fois. BRAVO CLAUDE ROBINSON, tu as gagné la capacité de te regarder dans le miroir, malgré la disproportion des forces. Th. Lu dans la Revue l'Itinéraire. (Publié avec l'autorisation de la Revue)

2015-02-08

ZOOM sur Claude camelot

Claude a beaucoup changé depuis son arrivée à L’Itinéraire en 2006.  La musique, les arts, la culture et la science prennent une place plus importante dans sa vie.

 En 2014, Claude a rendu visite à sa famille en Abitibi, pour la 1re fois en 20 ans.  Ces retrouvailles lui ont permis de renouer avec ses proches et de faire la paix avec son passé d’itinérance.

Pendant toutes ces années, Claude a connu toutes sortes de problèmes.  Atteint de l’hépatite C, il a suivi un traitement curatif pendant lequel il a eu un épisode psychotique :  «Je pensais mourir, j’avais peur de l’hôpital.  Mon état était vraiment lamentable. Heureusement c’est passé et je vais beaucoup mieux

Cette épreuve difficile lui a tout de même permis de prendre conscience des petits bonheurs de la vie :« Je ne m’en fais plus avec ce que les autres pensent de moi.  C’est pour ça que je n’ai pas de projet à long terme, je suis très heureux dans l’instant présent. J’espère que L’Itinéraire continuera de me donner l’autonomie dont j’ai besoin pour continuer de m’épanouir.»

Après l’entrevue, avant de retourner vendre ses magazines, Claude avait une demande spéciale, il tenait à dire à sa mère qu’il lui envoyait une tonne d’amour, de même qu’à sa sœur, son conjoint et ses nièces.  Même au loin, il ne les oublie pas.

Claude L.
(Publié avec l'autorisation de l'Itinéraire)






2014-12-01

STEVE, UN BATTANT

Sa devise « Tomber c’est humain, se relever c’est divin »!

Né à Montréal, élevé en Abitibi, son enfance n’a pas été facile.  La rue à 17 ans,  chassé par sa mère, il se voit obligé de quitter le CEGEP.

Commencent alors toutes sortes de jobs: construction, cuisine, vente de drogues.  C’est à 29 ans qu’il se retrouve dans la rue pour de vrai.  Il plonge dans un milieu de stupéfiants et d’alcool.  Il s’imaginait avoir un mode de vie de bohème, sans horaire ni contrainte.  Une fausse liberté qu’il regrette aujourd’hui.

Fatigué, il souhaite s’en sortir, entreprend une thérapie et reprend l’école.  Il obtient 100% à son premier examen, mais une double opération au pied, suite à un accident, ne lui permet pas de continuer les cours.

Aujourd’hui Steve a un logement, il travaille pour gagner sa vie.  L’Itinéraire lui a permis de retrouver une autodiscipline et de la fierté. Il est très bon vendeur : «Ce n’est pas le fun tous les jours mais j’ai des clients qui en valent vraiment la peine. »

«J’ai toujours eu du beau monde sur ma route : ma fille de 12 ans est ma plus grande fierté ». 

S’il ne sait pas de quoi demain sera fait, il a certainement beaucoup d’espoir en l’avenir.

M.Fauquet

(publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)

2014-11-15

SPIRALE DE MALHEUR

Claude a connu une bonne enfance.  Jeune adulte, on lui diagnostique la maladie de Crohn, c’est à ce moment que sa vie bascule : il tombe progressivement dans la consommation de drogues, d’abord pour pallier la douleur de sa maladie, ensuite par dépendance.  La toxicomanie est une ‘‘spirale de malheur’’, une lutte quotidienne pour Claude.

À l’époque, il ne voyait pas le jour où il mettrait un terme à sa consommation, le paradis artificiel étant un aboutissement en soi.  La lueur d’espoir n’est jamais bien loin par contre; c’est du fond du gouffre qu’il trouve lui-même la volonté et la conscience pour arrêter de consommer.  Graduellement, il s’affranchit de sa dépendance.

Il trouve l’Itinéraire et le magazine lui permet de briser l’isolement grâce au contact avec les gens et d’acquérir une autonomie financière qui l’encourage à continuer.  Son plus grand rêve est de retrouver l’inspiration, comme avant, la créativité et l’humour. 

Petit train va loin!

Isaac G.
(Publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)



2014-09-08

BEAU TÉMOIGNAGE DE COURTOISIE


Sandrine et Didier, deux français venus d’un tout petit  village de Bourgogne, témoignent d’une expérience difficile qui connut pourtant une fin heureuse.

«Nous rêvions de voyager au Canada depuis longtemps et nous sommes venus visiter Montréal pour la première fois.  Le séjour fut meilleur que tout ce que nous aurions pu espérer, notamment grâce à la courtoisie peu commune et à  la  générosité de la part d’un musicien du métro.

Dès le début, nous nous sommes sentis perdus dans le métro, incapables de trouver la façon de nous rendre au Biodôme.  Nous avons fait plusieurs essais dans les longs couloirs d’une importante bouche de métro. Sans succès!

Un saxophoniste qui jouait dans la station a remarqué notre confusion et nous a interceptés entre deux morceaux de jazz en nous disant gentiment : ‘’Vous cherchez quelque chose, pourrais-je vous aider’’?  Comme nous devions avoir l’air soulagé, il rangea son instrument dans son étui et a pris le temps de nous accompagner à une carte du réseau du métro de Montréal et de nous expliquer où aller et comment transférer de ligne de métro. En plus, il nous a recommandé une panoplie d’endroits à visiter, tous plus charmants les uns que les autres.

Il va sans dire que notre séjour à Montréal fut mémorable grâce à la générosité des gens comme ce musicien du métro.  Nous espérons revenir très bientôt!»

Lu dans le journal l’Itinéraire
(publié avec autorisation)

2014-09-01

EN SOUVENIR DE SŒUR ESTELLE LAUZON, s.p.


Sœur Estelle est décédée, de façon violente, au matin du 13 août 2007, mais ce témoignage,  d’un de ses protégés de l’Auberge, fait remonter des souvenirs à nos mémoires.

À l’Auberge de l’Étoile, qu’elle avait dirigé avec un Missionnaire des Saints Apôtres, X faisait son entrée comme résidant; pour lui l’Auberge était un souffle d’accueil, de charité, d’espérance, de partage et d’amour.

Son séjour fut une expérience enrichissante de communion fraternelle.  Souffrant à son arrivée, confus, apeuré, tremblant au-dedans, on lui a tendu la main.

«À l’Auberge c’était comme une union, une communion, une expérience de vie partagée dans la foi, dans une ouverture d’esprit hors du commun.  Il ne peut y avoir que l’Amour véritable à la source même de cette union formidable et incomparable.  Des liens solides d’amitié se sont créés, dans nos cœurs, dans nos vies.  C’est une grande reconnaissance qui m’habite. J’ai quitté l’Auberge de l’Étoile en pensant que nous avons tous une lumière, une petite étoile qui brille, qui luit au fond de nos cœurs»!
X



2014-07-05

Prendre mon envol

À l’automne de ma vie, comme les outardes, je prenais un nouvel envol. Avec confiance, j’ai prié Mère Gamelin d’être chef de ce nouveau chantier dans ma vie, tout en lui dessinant les balises et les avenues incontournables.

« Elle n’a rien compris, » pensais-je. Aujourd’hui, je sais que « JE » n’avais rien compris. Sur ma route, je ne voyais que les cônes oranges, les détours, les sens uniques, alors que les lumières éclairaient de nouveaux chemins de vie pour moi. De nouvelles voies s’ouvraient à moi et, dans la noirceur qui m’habitait,  je n’étais pas à l’écoute. J’avais ignoré la main tendue, les mains ouvertes, l’accueil chaleureux sur le seuil d’une porte.

Comme un jardin, le bonheur se cultive à la saveur des saisons de la vie et à la couleur que l’on veut bien lui donner. Comme on fait son jardin, on a le choix de cueillir les fruits à l’heure des moissons. Pour moi, ainsi va la vie. Aussi loin que je me rappelle, j’ai choisi de semer des graines de bonheur et d’en partager la récolte.

C’est sur l’invitation d’un ami à être hôtesse dans un salon funéraire que j’ai traversé la première porte avec une certaine fragilité. (Je crois même que c’était la journée de Mère Gamelin) Un salon funéraire? Impensable pour moi qui avais perdu plusieurs êtres chers de façon tragique, les blessures n’étaient pas cicatrisées.

Savons-nous à quel moment la vie nous ouvre de nouvelles portes? À quel moment nous devenons les instruments de la Providence? À quel moment nous réalisons que la Providence nous accompagne au quotidien sur la route de la vie depuis toujours? J’ai, depuis, les mains ouvertes et une main tendue. J’ai renouvelé mon contrat d’amour avec là-haut.

Je ne suis pas dans le passé, je suis dans l’aujourd’hui et dans l’avenir. Après plusieurs conversations avec le couple d’amis, après avoir  partagé leurs expériences et leur cheminement, encouragée, j’ai  accepté. Quel défi! Quelle découverte! Quel enrichissement personnel !

 J’ai mis un certain temps avant d’éprouver une aisance confortable. J’apprivoise toujours, au-delà des salons funéraires, mes peurs, mes souvenirs qui remontent en présence des personnes décédées. Il y a un quelque chose d’éphémère dans un salon funéraire.

Et comme dans la chanson de Jean Gabin :
Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau…

…Moi qui suis à l’automne de ma vie

... On oublie tant de soirs de tristesse…Mais jamais un matin de tendresse !

…Maintenant, je sais….Je sais qu’on ne sait jamais!

…On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses.

C’est tout ce que je sais…mais ça, je le sais.

 Merci de m’avoir ouvert la porte de votre confiance et le jardin de votre cœur.

Je vous aime et, comme on fait son jardin, pensez à semer des graines d’amour!

 Pierrette C. Associée Providence

Pour avoir accès au texte complet: http://www.providenceintl.org/fr/

2014-06-19

VOUS M'AVEZ RECONNU...

Rue Ste-Catherine, coin Berri, à Montréal, un camelot offre un Journal l'Itinéraire aux passants. Je m'arrête, un simple bonjour, je m'informe de ses ventes; en ouvrant mon portefeuille, nous faisons la conversation... Je le quitte sur un 'bonne journée' et lui de me répondre: ''Merci de m'avoir reconnu''. Comme disent certains: ''Ma journée est faite!''. Cette parole me revient sans cesse au cours de la journée. Je le saluerai par son prénom, lors de notre prochaine rencontre et nous serons deux à nous reconnaître! Th.

2014-05-19

2014-04-22

PRENDRE SOIN

Toute ma vie, on m’a enseigné à prendre soin de la maison où j’habitais. C’est pareil pour la Terre, elle a besoin que nous prenions soin d’elle car elle nous apporte la vie par les ressources qu’elle nous offre et par le cadeau des fleurs et des arbres, dès notre réveil, chaque jour.

Il nous faut changer nos valeurs et nos façons de vivre si nous voulons défendre la Terre contre les modèles de production et de consommation qui dévastent l’environnement et épuisent les ressources naturelles de notre Création. Cela requiert que chaque personne prenne conscience de ce qu’elle fait.

Un exemple : un groupe de jeunes accompagné d’une éducatrice, au Salvador, qui décident de débarrasser la rue de bouteilles et autres déchets. L’éducatrice s’emploie aussi à intéresser les jeunes au recyclage et à conscientiser les gens au fait que la Terre est leur foyer et qu’ils doivent la garder propre pour qu’elle soit belle. Un petit geste concret qui peut contribuer à transformer peu à peu notre attitude face au soin à prodiguer à la Terre, notre foyer.

Ma Belle Maison, merci d’ouvrir mon cœur pour que j’entende ton cri de douleur, semblable à celui du pauvre qui me supplie de prendre soin de toi car tu es vivante.

Vilma F., Salvador

2014-03-18

IL ME MANQUAIT 25 cents

Quand mon mari est mort,je me suis retrouvée toute seule pour m'occuper de tout, j'ai été mal conseillée et j'ai perdu notre maison. J'ai fini par déménager à Montréal pour travailler au salaire minimum dans un restaurant. Un soir, en rentrant du travail vers 23 heures, au métro, je fouillais dans ma sacoche pour payer le prix du billet, il me manquait 25 cents. Il y avait un homme qui me suivait, j'étais nerveuse, croyant qu'il s'impatientait. Il s'est penché vers moi pour me dire: '' Prenez votre temps madame, vous n'êtes pas la seule à en arracher'' et en même temps, il me mettait quelque chose dans la main en me disant ''c'est tout ce que j'ai '' et il est parti à l'autre bout du quai. J'ai regardé combien il m'avait donné: 17$. Pour moi, c'était comme s'il m'avait donné 17 000$. Ne voulant pas le gêner, je ne l'ai pas remercié, je le fais aujourd'hui, je profite de ces pages pour lui dire MERCI. S.Lalonde (Extrait du journal L'Itinéraire, Publié avec autorisation)

2014-02-10

IL A TROUVÉ LA VOIX DU CŒUR…


Depuis quelques années, il accompagne des jeunes en fin de vie. Une flamme ardente adoucit ses yeux d’un bleu profond lorsqu’il parle de son parcours des 15 dernières années.

Sa vie en a été changée, transformée, lorsqu’on a demandé à Jean-Marie Lapointe d’accompagner de jeunes mourants. «Les moments où je me sens le plus heureux, utile, vivant et vrai, c’est quand je suis en compagnie de personnes qui vont mourir ou qui ont des limitations, un handicap, qui sont dans la rue.» Il sent avoir trouvé sa mission sur terre, trouvé la voix du cœur depuis qu’il a accepté sa fragilité.

«Quand j’écoute les témoignages de personnes qui se savent atteintes d’une maladie terminale, souvent ils me disent que c’est la période la plus intense de leur vie, je pense que le grand défi de la vie, c’est de vivre comme si on se savait atteint d’une maladie mortelle et que notre temps était compté.»

Pour Jean-Marie, accompagner les jeunes en fin de vie et soutenir la cause des itinérants vont de pair. Pour appuyer ses dires, il cite une étude qu’il a lue récemment, la personne qui donne ressent le même bienfait au niveau du cerveau. Quand tu donnes, tu te fais du bien, c’est une réaction chimique du cerveau, ça te fait du bien, ça fait du bien à la personne qui reçoit et à celle qui donne. Alors tout le monde est gagnant.

Sylvain-Claude F.