2013-05-16

UN INSTANT DE GRACE

Lors de son passage au Café L'Itinéraire, à Montréal, le commandant Robert Piché a voulu partager son parcours de vie avec les camelots de L'Itinéraire. Rencontre lumineuse avec un homme qui a sauvé 306 vies, aux Açores et connu sa part de péripéties. À la fin de la rencontre, il répond aux questions des camelots.  Voici celle de Linda P. et la réponse du commandant Piché:

«Vous avez parlé de chance, d'adrénaline, mais avec le recul, pensez-vous que vous avez touché le divin?»

«C'est très rare que je parle de ça, parce que c'est pas tout le monde qui est prêt à l'entendre. J'avais 28 ans quand mon père est décédé, il est mort dans mes bras et je l'ai aidé à mourir.

Quand le 2e moteur s'est arrêté, j'ai baissé la tête et je me disais: ça se peut pas, après la prison j'avais repris ma place dans la société, j'avais un bon  job et j'allais mourir en pleine nuit dans un avion qui allait tomber dans l'Atlantique, ça ne faisait pas de sens. Et là, j'ai senti une main sur mon épaule.  Je me suis retourné et j'ai vu mon père me pointer l'île du doigt.  Est-ce que j'ai imaginé ça? Est-ce un rêve? Est-ce arrivé pour vrai? Il s'est écoulé, peut-être deux secondes, deux minutes, je ne sais pas, mais entre le moment où j'ai baissé la tête et celui où je l'ai relevée, j'ai aperçu l'île. Pour moi, c'est mon père qui est venu m'aider.»

(Lu dans L'Itinéraire, publié avec autorisation)

2013-04-24

ANDRÉ, l’homme sans enfance


Son parcours de vie est digne d’un scénario hollywoodien rempli d’obstacles que l’homme sans enfance a réussi à franchir.

«À 7 ans, j’étais responsable de deux adultes malades, du loyer, des comptes, des rendez-vous chez le médecin»…

À 14 ans, André quitte l’école. Il se révolte contre son père qui l’a battu. «C’est un père qu’un enfant n’aimerait pas avoir», dit André.

Adolescent, il travaillait à temps plein comme camionneur pour une compagnie de transport. Il a traversé le Canada et les États-Unis jusqu’au Mexique.

André a connu la mafia et la drogue. Après son passage dans ce milieu, il se réfugie à Québec, il décide de suivre une thérapie qui lui permet de faire ses premiers pas vers une nouvelle vie.

Il rencontre Johanne, une femme souriante qui ne connaît pas le monde criminalisé. D’un monde de violence, de haine, d’action et de vengeance, il a réussi à passer à une vie pleine d’amour, de partage et de tranquillité. ..

«Je suis allé chez le docteur, il me reste un an à vivre, mes reins ne fonctionnent plus», confie-t-il avant de dire «merci et à bientôt.»

Sarah E. (Lu dans l’Itinéraire, publié avec autorisation)

2013-03-21

LA RECETTE DU BONHEUR


Du chef Thémis

Jean-Louis est connu par son savoir-faire culinaire autant que par son engagement social .
Depuis toujours, l’engagement communautaire par la cuisine a été sa voie.

Il est venu de son Madagascar natal, a fait ses classes à l’Institut du Tourisme et de l’Hôtellerie du Québec et a ouvert un premier restaurant malgache en Amérique du Nord. Professeur à l’ITHQ depuis plusieurs années, il continue de transmettre son savoir avec un bonheur désarmant. Donner au suivant semble être sa recette gagnante.

Jean-Louis s’est beaucoup investi auprès des itinérants, en particulier au Café L’Itinéraire, mais avec le temps, son attention s’est portée vers son pays d’origine. « Au Québec, il y a beaucoup d’organismes qui s’occupent des itinérants, en Afrique; ils n’ont pas ces services, c’est flagrant, les pauvres sont dans la rue, ils quêtent, ils semblent errer. Ce que j’ai fait à Madagascar et au Bénin, ça marche; si on sort un homme ou une femme de la rue, c’est toute sa famille qui en sort, en leur donnant une formation de base en cuisine, on apprend un métier et ça leur permet de se sortir de la misère. »

« Il y a un principe culturel à Madagascar qui dit que tu dois redonner au pays qui t’a mis au monde, si tu le quittes pour réussir ailleurs, il faut revenir et redonner à ceux qui ont eu moins de chance que toi.

Quand tu as réussi, tu dois te dire : maintenant, qui je peux aider? »

Audrey N.    (Lu dans l’Itinéraire)

2013-03-01

GISÈLE A TROUVÉ SA VOIE


«Alors, Madame, parlez-moi de vous».

«J’aime ça quand on m’appelle madame, on dirait, tout-à-coup que je suis une personne importante».

Depuis 2 ans, on voit Gisèle à une station de Métro, journaux en mains et casquette sur la tête. Elle raconte qu’un jour elle était assise près de cette station de Métro et une dame l’approche pour parler un peu et l’inviter à vendre le journal de rue l’Itinéraire. «Ça m’a fait chaud au coeur et j’ai eu confiance en elle. Elle m’a sauvé la vie, parce que j’étais rendue au point le plus bas».

«Je me sens utile dans la vie. Pour une femme comme moi qui a travaillé toute sa vie, se retrouver du jour au lendemain sans revenu…»

«En vendant le magazine, j’ai l’impression de travailler pour une grande cause et, pour moi, c’est réaliser un de mes rêves».

Ewan S.       (Lu dans l’Itinéraire)

2013-02-07

D’UN CAMELOT À L’AUTRE


Je tiens à souligner ma grande appréciation au camelot Yvon qui m’a conseillé d’acheter le magazine L’Itinéraire à Côte-des-Neiges parce qu’une jeune femme commençait à vendre le journal et était encore en formation. En agissant de la sorte, il perdait une partie de son revenu, mais sa générosité a pris le dessus.

Thérèse H. (camelot)

Je lève mon chapeau à tous les camelots de l’Itinéraire. Je les trouve courageux de faire face aux défis d’offrir un produit de qualité à des gens pas toujours réceptifs, souvent même insolents et qui ignorent la situation des camelots ou sont indifférents aux problèmes de l’itinérance à Montréal ou dans les grandes villes.

Merci et longue vie!

Charlotte, lectrice

2013-01-15

DES BARREAUX….. à l’Itinéraire


Avant de connaître l’Itinéraire, Josée a expérimenté des coups durs : une dépression post-natale, l’abandon de son fils à sa mère, deux ans sans nouvelles! Durant ce temps, elle s’est perdue dans le crack, et différents délits qui lui ont valu la prison; de là à l’Itinéraire, à quelques reprises, pour exécuter des travaux communautaires.

« Délinquante, je n’y allais pas tous les jours et je n’avertissais pas de mes absences. Puis je suis passée de nouveau en cour et j’ai reçu la même sentence. Cette fois-ci, je suis sérieuse et cela a changé ma vie. J’étais dans la rue et je consommais, maintenant j’ai un appartement avec une copine, des horaires réguliers et un milieu de vie où j’apprécie les gens et où les gens m’apprécient.

L’Itinéraire m’a aidée à me remettre sur pied. L’Organisme m’a donné le soutien nécessaire pour me relever et retrouver mon sourire. J’ai maintenant plus confiance en moi et je me sens plus débrouillarde et à même de faire ma place dans la vie. »

(Lu dans l'Itinéraire, janvier 2013)





2012-11-26

GAÉTAN, un camelot qui garde foi en l’avenir


Il a connu l’itinérance avant de vendre le journal de rue, posté au quartier des spectacles,
ce qui le force à aller à la rencontre des gens et à socialiser avec eux.

Alors qu’il était sans logis, Gaétan a été victime de profilage social de la part des policiers et écopé de plusieurs contraventions, à cause de sa présence dans la rue.

Mais Gaétan est fier et il désirait se réhabiliter. En vendant le journal, il a fait baisser de 500$ la dette qu’il avait avec la ville.

Dès l’âge de 15 ans, Gaétan avait connu des coups durs, un accident qui l’a laissé les deux jambes cassées et dont il a gardé des séquelles, une démarche qui laisse croire qu’il est ivre. Auparavant, vers 9 ans, il apprend qu’il est adopté. Un choc!

Plus tard, Gaétan plonge dans une dépression majeure et se jette à corps perdu dans la drogue et l’alcool, il perd son emploi à Poste Canada. Un jour, complètement intoxiqué, il s’évanouit sur la rue et se retrouve à l’Hôpital pour trois mois. Il fait une cure et se retrouve ensuite sur l’aide sociale.

Il ne communique plus avec sa famille adoptive, mais Gaétan garde foi en l’avenir car il a retrouvé l’amour avec Diane et un port d’attache, alors qu’il ne s’y attendait plus.

TOUT UN CHEMINEMENT !

Thérèse
(Lu dans le Journal de rue Itinéraire)



2012-10-27

CLAUDE, itinérant devenu prêtre

Au centre-ville, avec les sans-abri, les prostituées, les toxicomanes. Il les écoute, essaie de leur apporter un peu de réconfort. Il arpente le quartier, il en rencontre, il leur donne un coup de pouce en leur achetant des médicaments ou des vêtements ou en leur payant un repas. « Je n’essaie pas de les sortir de la rue, je les réconforte.»
A l’hôpital où il travaille, il s’occupe des personnes seules et désespérées, il accompagne les mourants qui n’ont pas de famille.
Jeune, il avait voulu être missionnaire mais lorsque son grand-père est mort, il avait 13 ans, il a calé sa première bière pour endormir sa peine. Puis ce fut une longue descente aux enfers, qui a pris fin à l’âge de 40 ans.
Un jour, il a eu peur, il s’est dit qu’il ne voulait pas mourir dans la rue. Il est retourné aux études, il a été ordonné prêtre, pas pour être en paroisse, mais pour travailler avec les pauvres. Claude a des projets plein la tête. Il veut créer une fondation pour aider les démunis. «J’aimerais avoir une petite ferme, juste un petit coin de verdure pour que les toxicomanes, les prostituées puissent se reposer un week-end.»
Claude a réalisé son rêve d’être missionnaire, mais pas en Afrique, ici, chez nous.

(La Presse, avril 2008)

2012-10-11

Les Femmes et l'itinérance


 
Beau témoignage d'Associés Providence des États-Unis.
A la dernière rencontre des Associés Providence, à Spokane, j'ai eu l'occasion de parler d'un de mes nouveaux projets : rédiger un ouvrage sur les femmes et l'itinérance. C'est un sujet qui me tient à cœur et qui est devenu très important pour moi, puisque j'ai eu l'occasion de rencontrer et de connaître des femmes grâce aux repas que leur servent les Associées et Associés Providence au Foyer pour femmes, et par les retraites annuelles.
J'ai eu l'occasion d'apprécier de nombreuses vérités au cours des dernières années où j'ai travaillé plus étroitement avec les femmes qui ont connu le pavé : (1) la réalité est qu'en fait, la plupart des Américains de la classe moyenne ne sont aujour­d'hui qu'à un chèque de paie de l'itinérance; (2) nos généralisations et nos stéréotypes précipités sur les sans-abri sont exactement cela : précipités; et (3) notre communauté civique a mis sur pied des programmes incroyables, mais la conscience fait défaut.
Ainsi, j'ai l'espoir que ce livre m'aidera à susciter une prise de conscience, à donner des outils aux femmes qui racontent leur histoire, et à recueillir des fonds pour soutenir les programmes locaux. J'espère que certains organismes reliés à la Providence vont accepter de m'aider à couvrir mes frais d'édition en 2009; mais en attendant, les Associés Providence ont pris les devants en payant ce qu'il en a coûté pour remercier les participantes de leur temps et de leur courage.
Les A.P. de la région de Spokane ont voté (en mon absence) pour me donner 100$ en cartes-cadeaux Arby (librairie), que je peux remettre aux interviewées. MERCI ! Et à la suite de mon exposé à la réunion d'avril, plusieurs autres sont venus me glisser des billets de 5$, 10$ et 20$ de leurs poches, ce qui m'a aidée dans mes efforts pour contacter ces femmes qui partagent leur histoire et leur venir en aide. Je n'ai pas été en mesure de noter les noms, et dans certains cas, j'étais même trop concentrée sur ma conversation pour reconnaître les gens qui me donnaient de l'argent et leur répondre. Veuillez trouver dans ces paroles un grand « merci » à vous aussi !
Depuis cette réunion, Marie llch m'a informée qu'un groupe d'Associés du nord de la Californie a décidé de fournir de l'argent additionnel pour aider les femmes qui participent au livre.
Je savais que la Providence s'impliquait dans ce projet : en me donnant des idées et des occasions, en me faisant rencontrer les bonnes personnes au bon moment; mais je ne m'attendais jamais que l'aide financière soit aussi au rendez-vous. Je veux que vous sachiez tout ce que l'appui des Associés signifie pour moi, non seulement parce que cela va défrayer des cartes d'autobus, des repas chauds ou des cadeaux aux participantes, mais également parce que cela raffermit ma détermination et me rappelle que ce livre n'est pas le mien; il appartient à tous ceux qui essayent d'« être le changement qu'ils souhaitent voir dans le monde. »
Vous êtes un merveilleux système de soutien, et je suis très reconnaissante de votre amitié et de votre encouragement ! 
Kate Vanskike, A.P.   Bulletin des Associés et Associées Providence

 

2012-09-25

UNE BELLE HISTOIRE DOUBLÉE DE CHARITÉ

Je vous raconte une belle histoire doublée de charité, celle de Mme Olivia d'Haïti.


Une très brave femme, comme plusieurs autres Haïtiennes, qui à la suite du tremblement de terre, a attrapé le choléra. Elle était dans une tente de fortune parmi une cinquantaine de malades, tous atteints du choléra et sur le point de mourir. Il n'y avait que deux infirmières pour tous ces gens, et plus de sérum. La mort était très proche pour Mme Olivia. Voilà que vers minuit, une infirmière qui avait terminé son service s'approche d'elle et commence à lui donner de l'eau au compte-goutte... et au matin, elle l'avait assez hydratée pour qu'elle soit sauvée.

Un peu plus tard, Mme Olivia lui demanda pourquoi elle avait fait cela pour elle. L'infirmière lui répondit : « Il y a plusieurs années, j'étais allée au marché où vous vendiez de la nourriture et des épices. J'aurais voulu en acheter, mais je n'avais pas d'argent, et vous m'avez dit : “Prenez ce dont vous avez besoin, et si un jour vous le pouvez, vous me le rembourserez. Eh bien, ce jour est venu, et c'est ainsi que je vous ai remboursée.”

Si une personne peut faire de tels gestes, si grands et si gratuits, pensons comment l'Évangile du jour se réalisera : quel est ce centuple que nous promet Jésus?

Famille Myriam

2012-08-14

MARTYRE DE NOTRE TEMPS




Sœur Estelle Lauzon
(13-08-2007)

A notre époque, les chrétiens ne sont plus appelés à paraître devant un empereur romain et forcés à adorer une idole de métal.

Les chrétiens de notre temps sont plutôt mis en face de problèmes de drogue, de sexe, d’argent, de maladies mentales et autres et ils sont parfois martyrs pour leur foi et à cause de leur amour des autres.

L’Eglise de Montréal a maintenant une martyre, Sœur Estelle, qui a donné sa vie pour son prochain, une martyre de sa charité !

A ses funérailles, dans la très belle chapelle du couvent, une émouvante statue de la Pieta nous montre Marie qui tient entre ses bras le corps de son Jésus mort. En la contemplant, je voyais Sœur Estelle entre les bras de Marie, car Marie souffrant de la mort de son Fils, a aussi tenu entre ses bras tous les martyrs, de tous les temps, qui verseraient leur sang par amour et à cause de leur foi.

L’Eglise de Montréal avait sans doute besoin d’une martyre de notre temps, pour faire refleurir la FOI chez nous. L’avenir nous apprendra quels seront les bienfaits de grâce que le sacrifice de Sœur Estelle a mérités pour ses contemporains, les fruits que notre Eglise et même Martin qui l’a exécutée vont recueillir de son martyre.

La douleur est grande de savoir que l’une des nôtres, dans l’exercice de la plus grande charité, a terminé tragiquement ses jours, mais la FOI qui sommeille en chacune de nous nous invite à voir ce drame dans lumière de la Passion, celle du Christ qui est sa Lumière.

Que notre amour, notre reconnaissance et notre respect grandissent et que notre jeunesse suive son exemple d’amour !

(M.T. Chevalier, Extraits Jésus-Marie et notre temps

2012-08-02

J’AI ARRÊTÉ cette obsession maladive…


Les top-models, les femmes effilées, les looks imposés, les gaines amincissantes…!
J’y ai presque perdu mon âme.

À l’aube de la quarantaine, mon ego féminin en a pris un sacré coup : maintes et vaines tentatives de diète.

Il y a un an, j’ai arrêté cette obsession maladive de bien paraître. J’ai décidé d’être !

En tant que femme, s’accepter telle que l’on est n’est pas une mince affaire. Maintenant je laisse libre cours au destin. De l’amour, j’en ai à revendre, mais pas à n’importe quel prix.

Aujourd’hui, je vois la vie avec les yeux du cœur, je donne mon affection à ma famille, à mes ami(e)s, à mes confrères de travail et ils me le rendent bien :

« UNE CHANCE QU'ON S'A…».

Lu dans la Revue L’Itinéraire – Chronique de ru
(Autorisation de publier)



2012-07-24

À LA RECHERCHE DE LA PAIX INTÉRIEURE


Impossible de le manquer, Benoît est partout : au café du journal de rue, à la rédaction d’un article pour le magazine, à la vente du journal, au même métro, depuis 6 ans.

Benoît ne l’a pas eu facile, comme l’incendie de son logement, il y a 5 ans, mais il finit toujours par retomber sur ses pieds, une bonne blague et le voilà de nouveau sur les rails.

Généreux, sensible, il déploie son énergie pour tendre vers la paix intérieure, comme la distribution de petits cœurs rouges qu’il invite à porter sur le cœur comme il le fait lui-même, à le répandre à d'autres, c’est le symbole de l’amour, de la tolérance, de la solidarité et de la paix intérieure.

Bravo Benoît, tu contribues à changer le monde!

(Lu dans L’Itinéraire, publié avec autorisation)

2012-06-23

ITINÉRANTE POUR UN JOUR


J’ai 17 ans. À l’école que je fréquente, nous devions nous impliquer dans un projet d’environ 50 heures qui nous donnerait des compétences pour l’avenir.

J’ai pensé que c’était une belle occasion pour en apprendre davantage sur le comportement des personnes itinérantes et leur mode de vie.

J’ai donc passé de nombreuses heures à faire du bénévolat dans un centre qui leur servait des repas; j’ai lu des livres, fait des recherches sur Internet; j’ai impliqué mon entourage et j’ai passé une journée complète dans la peau d’une itinérante, dans une station de métro.

Après avoir amassé quelques dollars, j’ai offert un bon repas chaud à un itinérant en échange d’une photo comme souvenir et comme preuve pour l’école. Dans ses yeux brillants, j’ai compris sa solitude.

Après toutes ces aventures et ces recherches, j’ai compris aussi que nous devions prendre soin des sans-abri, ils manquent de tout, surtout de contact avec les autres. Ils ne signifient plus rien pour personne. À travers mon projet j’ai compris la chance que j’avais d’avoir un abri et d’être si choyée à la maison. Je suis chanceuse tout simplement! L’objectif de cet article est d’atténuer les préjugés face aux sans-abris.

Alexandra D.

(Extraits publiés avec autorisation de L’Itinéraire)

2012-04-05

LA RUE N’A PAS D’ÂGE


Claudette, après avoir vécu une enfance instable et un mariage violent, a voulu connaître la liberté : vers 40 ans, elle quitte son appartement et s’en va vivre dans la rue, à 51 ans, elle obtient une place dans une Maison qui accueille des aînées en difficultés, elle se reprend en mains petit à petit.

Les murs de sa chambre sont couverts de photos, elle les pointe en racontant son histoire, en commençant par l’origine de son mal-être. «J’étais trimbalée d’un bord et de l’autre quand j’étais petite. Mon père est parti et ma mère ne s’est pas occupée de nous.»

Elle montre une photo de son mariage, une période qui n’a pas été plus rose. «Je suis allée 15 fois en cour pour divorcer et obtenir la garde de mes enfants.» Quand ses deux filles ont quitté la maison, Claudette est allée vivre dehors. La bière est devenue l’élément central de son alimentation lorsqu’elle était ‘dans le trafic’.

A la Maison pour aînées dans le besoin, Claudette s’estime privilégiée d’avoir une place, bien installée près de la fenêtre, le visage tourné vers le soleil ! «Je ne sais pas ce qui serait arrivé si je n’étais pas venue ici., je commençais à faire une dépression; je serais sûrement retombée dans l’alcool et les médicaments. »

Laura P;.

(Publié avec l’autorisation de L’Itinéraire)

SUR LES PAS DU Dr JULIEN


Qui ne connaît au Québec le Dr Gilles Julien et ses réalisations en pédiatrie sociale. Dr Julien ne travaille pas seul : sa conjointe, Hélène, sa muse, avocate à la défense des droits des enfants, le seconde depuis des années.

Depuis qu’ils se sont rencontrés, ils ne cessent de réfléchir ensemble à des moyens pour résoudre les iniquités sociales qui nuisent aux enfants.

Gilles est un gars de terrain, il voit un problème, il veut le résoudre immédiatement. Hélène contribue en intégrant le droit pour mieux défendre les familles, ainsi la pédiatrie sociale peut aller beaucoup plus loin.

La belle Hélène préfère rester dans l’ombre et rappelle que Gilles est à la base de cette réussite qu’est la pédiatrie sociale en communauté. Gilles est un gars qui a du charisme, du charme et une vision. Peu de gens ont une vision et le courage d’aller jusqu’au bout !

Jérôme Savary
(Publié avec l’autorisation du journal L’Itinéraire)



2012-03-27

PARTIR EN PAIX


La veille du décès de Robert, un camelot, Pierre Bruneau lui rend visite : « Quand je suis arrivé, je ne l’ai pas reconnu, tellement la maladie l’avait changé, il suffoquait tellement. Je lui ai pris la main, après quelques minutes il s’est calmé, il a souri puis il s’est endormi, je me disais, pauvre gars, il doit se sentir seul, si j’ai pu contribuer à le rassurer avant de partir, c’est le plus beau souvenir que je vais garder de lui. » Il est décédé dans la nuit.

Cette expérience peu commune est particulièrement révélatrice, selon Pierre Bruneau : « Peu importe l’argent que tu as, la vie que tu mènes, tu finis seul, confronté à ta propre mort ! »

Les camelots réussissent à tisser des liens uniques avec leur clientèle pour qu’un annonceur à TVA rende visite à l’un d’eux à ses derniers moments et lui aide à partir en paix.

(De la revue L’ITINÉRAIRE, avec autorisation de publier)







2012-02-26

En nous devançant sur le chemin

Alfonso est né à Bauan,  aux Philippines. Il a fait sa médicine à I'Université Santo Tomas. Après sa graduation, Alphonso est devenu omnipraticien à San Teodoro, où lui et Gloria, son épouse, ont commencé leur vie commune et ont eu neuf enfants. Alors qu'il était dans la quarantaine, Alfonso a repris le chemin de l'école pour faire sa maîtrise en Santé Publique. Peu après, il est devenu directeur de publique pour la province de Mindoro. En tant  qu'omnipraticien, il a consacré sa carrière à améliorer le réseau de  la  santé et les conditions de vie dans les zones rurales de Mindoro. 
En 1981, Alfonso et sa famille ont émigré au Canada pour commencer une nouvelle vie. Il a choisi d'abandonner une carrière médicale aux Philippines afin que ses enfants jouissent d'un avenir meilleur. Au centre ville d'Edmonton, il a travaillé comme infirmier auxiliaire au Centre Eric Cormack. Lorsqu'il a pris sa retraite, en 1995, il a consacré son temps à servir sa foi, et en  2000, lui et Gloria ont célébré leur 50e anniversaire de mariage.   Alfonso a été un père aimant pour ses enfants, un époux affectueux pour Gloria, un médecin dévoué à ses patients et un homme profondément religieux pour tous ceux et celles qui l'ont connu. 
 Alfonso a été touché et impressionné lorsqu'il a entendu parler d'Émilie Gamelin et de sa vie consacrée aux malades, aux pauvres et aux nécessiteux. Il a demandé de se joindre aux Associés Providence afin de s'unir à la prière et au ministère des Sœurs; il était actif dans sa paroisse et un soutien pour plusieurs. Alfonso connaissait intimement le don de la compassion. Alfonso est décédé le 23 mai 2011 .
Crédits des notes: Elaine Guertin, AP + Avis  de décès

2012-02-23

C'était il y a dix ans!

À Saint-Pierre de Rome, le 7 octobre 2001, le Pape Jean-Paul 11 proclamait Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin. Nous faisions partie du voyage organisé pour la circonstance, nous étions avec un groupe de la Sicile pour nous rendre à Rome, et nous espérions arriver à temps pour assister à une partie de la cérémonie. Malheureusement les arrêts, les pauses, les repas ont pris plus de temps qu'il ne fallait et nous ne sommes arrivés que dans la soirée.

 
Le lendemain, avec notre groupe, nous sommes allés sur la place Saint-Pierre et là, accrochés aux fenêtres de la Basilique, nous avons aperçu le portrait géant d'Émilie, le seul que les employés n'avait pas encore enlevé. Ma femme et moi, comme Associés Providence, avons été fort émus devant cette toile de Mère Gamelin, que nous avions l'habitude de prier régulièrement depuis déjà quelques années.  Avec sa béatification l'Église avait reconnu officiellement un miracle. Puis nous nous sommes dirigés vers l'intérieur de la Basilique St Pierre et dans cette immensité, Louisette, mon épouse m'a dit qu'elle a senti la présence de Mère Gamelin, un peu comme si son influence venait jusqu'à nous.


Depuis lors, nous n'avons cessé de prier Mère Gamelin, lui confiant nos difficultés et sollicitant son intercession. La guérison de Yanick Fréchette avait tout pour nous surprendre. C'est grâce à nos prières à Mère Gamelin que notre fille a obtenu au bon moment, l'emploi  qu'elle souhaitait et, la même journée, elle trouvait et achetait la maison qu'elle et son conjoint désiraient. Ma femme et moi continuons de prier Mère Gamelin, confiants qu'elle entend nos prières et qu'elle nous donne sa protection.                                                                           Louisette et Jean Tremblay

L'Assomption, Que

 Tiré du Bulletin des Associées et Associés (des soeurs de la Providence)

2012-01-19

L’OPTIMISME DE GILLES

Quand Gilles, camelot, dut changer son point de vente, à cause de travaux, il se dit qu’il aurait de nouveaux clients et qu’il ferait la connaissance de nouvelles personnes. Il est très fier de sa revue et heureux de pouvoir compter sur sa clientèle.

« En ce qui concerne ma vie de tous les jours, j’essaie de voir les choses au jour le jour, comme elles viennent… En me levant, chaque matin, je redis ma pensée du jour et ça m’apporte beaucoup d’énergie durant toute la journée. C’est peut-être ce qui allume mon sourire. J’espère que ce sourire apporte de l’énergie à mes clients aussi.»

Il nous fait ses souhaits pour la nouvelle année 2012.

Gilles B. (publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)

2012-01-12

DE HAÏTI À MONTRÉAL

Deux ans après…
Wolguie a vécu l’horreur du séisme du 12 janvier 2010.

C’est sa fille Laurence, vivant à Montréal depuis 5 ans, qui l’a fait venir au Canada avec sa fille de 20 ans et son fils de 33 ans, aveugle : «Je ne serais jamais partie sans lui, il ne peut pas vivre seul», affirme Wolguie.

Le regard de cette femme courageuse s’assombrit lorsqu’elle repense à la journée du tremblement de terre, l’émotion qui se lit sur son visage laisse imaginer l’horreur qu’elle a vécue. Chez sa fille, la maison s’est organisée peu à peu, avec son mari et leurs deux enfants, Wolguie, son fils et sa fille.

Le grand désir de Wolguie c’est de se trouver un travail, de prendre un appartement avec ses deux enfants et d’envoyer un peu d’argent à sa filleule qu’elle a laissée en Haïti avec les quelque 500, 000 personnes, victimes du séisme et vivant encore dans des camps de déplacés.

Wolguie aime beaucoup le Québec. Toute la famille est réunie et ses petits-enfants lui répètent sans cesse ‘Je t’aime grand’mère’. «Ma fille m’a accueillie chez elle, maintenant c’est à mon tour de lui aider».

Julie D. (L’Itinéraire)

2012-01-10

JACQUES L’ARTISTE

Ses petits moments de bonheur, il les trouve dans l’écriture et la peinture. Révolté par l’injustice, il publie dans un Journal de rue, des textes qui dénoncent ce qui le choque dans la société. Il se souvient de son premier article, c’était pour les sans-abri , un sujet qu’il connaît très bien pour l’avoir vécu.

La vie n’a pas toujours été tendre avec Jacques. «Un enfer», confie-t-il . Après avoir perdu un emploi dans un centre hospitalier, il se retrouve 4 mois dans la rue. «C’est arrivé radicalement, j’ai connu à ce moment-là une longue période de consommation et . quand tu consommes, tu vois la vie en noir». C’est grâce à la prière et à la méditation que Jacques s’en est finalement sorti.

Il vit aujourd’hui en appartement et consacre une grande partie de son temps au Journal de rue. «C’est l’fun d’écrire dedans, d’ailleurs j’ai un nouveau poème à publier», dit-il en ajustant ses petites lunettes rondes.

Camelot depuis une dizaine d’années, Jacques est présent sur tous les fronts. Il trouve des idées, les couche sur papier, illustre son texte avec une de ses peintures et vend le magazine. Fort des encouragements qu’il recueille, Jacques s’implique chaque jour davantage dans la création artistique.

Julie D. (publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)

2011-12-15

UN TÉMOIGNAGE D’ENGAGEMENT

Une dame, qui demeure tout près de chez moi, est en difficulté et je l’écoute beaucoup. Souvent, elle parle de vouloir en finir avec la vie.

Je l’invite souvent chez moi, parfois on regarde une émission ou je lui propose de prendre une marche ou aller au restaurant ensemble. Parfois je vais prendre le dessert avec elle.

Ma vie, c’est d’apporter de la joie et du bonheur. Ça me fait grandir aussi. Je me forme quand je suis avec elle. Je garde beaucoup le silence, j’écoute, je regarde, on a vécu les mêmes choses ou des choses semblables. Alors c’est moins douloureux et on peut trouver des solutions ensemble. Parfois c’est juste d’écouter et elle m’apporte beaucoup. Elle me dit : ‘Tu m’écoutes, tu ne me juges pas, tu ne cherches pas à contrôler mes affaires’.

Yvette

(Lu dans Actualités de ATD Quart Monde)

2011-12-04

LYNE, LA COURAGEUSE

J'ai connu l'Itinéraire grâce à un ami.  C'est lui qui m'en a parlé et il m'a beaucoup encouragée à devenir camelot.  C'est aussi grâce à Robert, le coordonnateur de la distribution, qui m'a donné la chance de travailler pour le magazine.  Mais c'est quand même moi qui a pris la décision de le faire, pour moi-même.
Au début, je n'étais pas sûre de moi, j'étais gênée et je manquais de confiance en moi.  Je n'étais pas motivée autant qu'aujourd'hui.  Maintenant, même si j'ai encore du travail à faire, j'ai beaucoup amélioré l'estime que j'ai de moi-même, grâce à la vente des revues et du contact avec les clients.  Que je vende une seule revue ou plusieurs durant une journée, je reste positive et motivée.  La vente du magazine L'Itinéraire m'a permis d'avoir un travail fixe à Montréal et d'arrêter d'être instable.  Ça m'apporte également une fierté de travailler.  J'adore le contact aves les clients et j'ai hâte de les connaître davantage.

2011-11-28

L'UNIVERSITÉ POPULAIRE QUART MONDE

Marie-C. m'a invitée à une petite rencontre dans le quartier.  Je suis allée voir par curiosité. J'ai aimé ça.  On échange autour d'un sujet et il y a du respect pour toutes les personnes.  Puis, j'ai été à la grande rencontre. La première fois, je n'ai pas parlé, j'étais gênée.  Je regardais autour de moi, mais à la deuxième grande rencontre sur le travail bénévole, j'ai pris la parole.  J'ai parlé du bénévolat que je fais à la garderie et à l'école.  J'ai parlé de mes rencontres avec mon voisin René et à mon amie Annie. On s'est donné rendez-vous sur la rue et on est allées à la petite rencontre ensemble. J'ai aimé la rencontre sur le thème du travail.  Cela faisait un an que je me disais que je devrais chercher du travail.  Comme on parlait du travail, ça m'a allumée; j'ai appelé Emploi Québec et j'ai renontré quelqu'un.  C'est comme ça que j'ai commencé à faire de la cuisine pour des jeunes sans-abri.  Mais je suis maintenent en arrêt de travail, la santé ne suit pas.  Je vais continuer à participer aux rencontres l'an prochain parce qu'on apprend des choses et ça aide à s'ouvrir parce que quand on vit des choses difficiles, on se referme. J'ai même des sujets à proposer.

Je veux dire combien j'ai été touchée par ce qui se passe à l'Université populaire.  J'ai beaucoup aimé la soirée. Je trouve beau de voir le courage des gens de venir apprendre, de vouloir s'ouvrir, et impressionnant la qualité des connaissances générées par la mise en commun et les discussions.
(Martine, chercheuse à l'Université McGill, Montréal)

2011-11-15

UN IVROGNE SANS NOM

IL demeure dans un édifice à logements. On ne sait pas son âge. IL boit sur son petit balcon sans faire de bruit. Personne ne lui parle. IL est maigre et pas propre.

Un bon matin, je suis allée lui parler. C’est UN MONSIEUR bien articulé et très poli. Je lui ai demandé comment il allait et si tout était correct pour lui. IL m’a répondu d’une belle voix douce que tout était parfait et m’a remerciée de tout son cœur de lui avoir adressé la parole.

Dans l’édifice, tout le monde l’appelle «l’ivrogne» ou bien «le crotté». J’ai vraiment de la peine. Je me suis promis d’écrire un article sur lui. Comme il demeure en face de mon appartement, IL regarde souvent sur ma terrasse et me lève sa bière en me regardant de ses beaux yeux bleus.

Peut-être retrouverons-nous ce monsieur mort dans son appartement et tous ces gens regretteront leurs actions dégradantes, mais il sera trop tard.

A votre santé! Je vous aime comme vous êtes!

Sylvie D. (Avec l’autorisation de L’Itinéraire)

2011-11-05

LETTRE D'UNE MAMAN ...

... aux organisateurs d'une fin de semaine de réflexion et de prière:

« Je tiens à vous remercier pour l'amour apporté à mes 2 enfants, lors de la fin de semaine que vous avez animée.  Je savais que mes enfants possédaient un trésor au fond d'eux-mêmes, une spiritualité naissante... mais elle avait besoin d'être nourrie par quelqu'un d'autre que moi. 

Mes enfants sont revenus différents, leur coeur a été touché, ils sont si beaux, transformés par l'amour. En vous, ils ont vu des personnes souriantes, remplies d'amour et de gentillesse, et sans vraiment le savoir, à travers vous, ils ont rencontré le visage de Dieu!

Et moi, à travers le visage de mes enfants, j'ai vu le visage de Dieu. 
Comme l'amour est bon ! Merci pour tout »
Sonia P.
(Journal Le Veilleur)

2011-10-06

MON PÈRE M’A VOLÉ MON ENFANCE

Mon père n’était pas méchant, juste perturbé par sa maladie. Il combattait une forme dégénérative très sévère d’arthrite rhumatoïde, qui s’attaquait à son système nerveux.

La seule façon pour mon père d’être en relation avec moi était de m’écorcher vif afin de mieux me briser. Il avait besoin de moi pour se décharger de sa colère, de ses frustrations et de sa souffrance physique. Et moi, j’achetais la paix en lui donnant raison surtout quand il avait tort.

Même si mon géniteur m’a fait beaucoup de mal, il possédait des qualités exceptionnelles : détermination, persévérance, compassion, drôle et paternel, un bon moral à certains moments, protecteur avec une volonté d’acier. En dépit de sa grande force et de ses capacités, mon père vivait, à la limite du supportable, une intense souffrance physique. L’affreuse et pénible maladie de mon père l’aura affecté au point de le transformer en monstre tortionnaire. Cela n’excuse pas sa conduite, mais explique l’origine de la plus venimeuse dépendance que j’ai été contraint de vivre durant ma vie. Même si ce n’est pas évident, reconnaître les coups durs dans la vie de quelqu’un est souvent le chemin qui mène au pardon.

Aujourd’hui, je trouve en mon cœur l’amour et l’affection perdus. Mon cœur d’enfant, quoi !

Gilles L. (L’Itinéraire, avec autorisation)

2011-09-01

AU CŒUR DE L’ACTION


Avec son grand sourire et ses yeux bleus rieurs, difficile de croire que Michel a vécu des jours sombres.

Michel  estime  qu’il  a  enfin  trouvé  le  bon  équilibre  de  sa  vie.   « La vente du magazine me permet de boucler mes fins de mois, mais je pratique aussi d’autres activités. »

La réalité, Michel a passé de longues années à l’éviter. Sa dépendance au jeu et à l’alcool l’a longtemps gardé prisonnier de sa bulle. Aujourd’hui il est abstinent et vit dans une maison de réinsertion sociale depuis sept mois. Et son travail de camelot lui permet d’avoir un point d’ancrage dans sa vie. «Mes clients sont très diversifiés : des hommes d’affaires, des touristes. Lorsque je vends le magazine, je suis dans le cœur de l’action et j’ai vraiment l’impression de sentir le pouls de notre ville. »

Michel a tout de même le temps de penser à son futur. Il aspire à retourner sur le marché du travail, peut-être en restauration ou comme guide touristique. C’est le Journal de rue qui lui a rappelé à quel point il avait besoin du contact avec les autres.

« Quand j’aurai un emploi régulier, je ferai ma part au sein du groupe communautaire L’Itinéraire. Je ne peux pas me mettre des œillères sur la misère qui m’entoure et si je peux faire un petit geste pour aider, je vais le faire. Si seulement tout le monde pouvait faire de même. »

Roraya (Journal L’Itinéraire)

2011-08-12


MARTYRE DE NOTRE TEMPS
(13-08-2007)
A notre époque, les chrétiens ne sont plus appelés à paraître devant un empereur romain et forcés à adorer une idole de métal.
Les chrétiens de notre temps sont plutôt mis en face de problèmes de drogue, de sexe, d’argent, de maladies mentales et autres et ils sont parfois martyrs pour leur foi et à cause de leur amour des autres.

L’Eglise de Montréal a maintenant une martyre, Sœur Estelle, qui a donné sa vie pour son prochain, une martyre de sa charité !

A ses funérailles, dans la très belle chapelle du couvent, une émouvante statue de la Pieta nous montre Marie qui tient entre ses bras le corps de son Jésus mort. En la contemplant, je voyais Sœur Estelle entre les bras de Marie, car Marie souffrant de la mort de son Fils, a aussi tenu entre ses bras tous les martyrs, de tous les temps, qui verseraient leur sang par amour et à cause de leur foi.

L’Eglise de Montréal avait sans doute besoin d’une martyre de notre temps, pour faire refleurir la FOI chez nous. L’avenir nous apprendra quels seront les bienfaits de grâce que le sacrifice de Sœur Estelle a mérités pour ses contemporains, les fruits que notre Eglise et même Martin qui l’a exécutée vont recueillir de son martyre.

La douleur est grande de savoir que l’une des nôtres, dans l’exercice de la plus grande charité, a terminé tragiquement ses jours, mais la FOI qui sommeille en chacune de nous nous invite à voir ce drame dans lumière de la Passion, celle du Christ qui est sa Lumière.

Que notre amour, notre reconnaissance et notre respect grandissent et que notre jeunesse suive son exemple d’amour !

(M.T. Chevalier, Extraits Jésus-Marie et notre temps )

2011-07-21

UN SENTIMENT DE GRANDE JOIE

Gilles est camelot et il témoigne de sa joie à rencontrer les gens en essayant de communiquer sa joie de les voir.

« Ce sont de courts échanges : nous parlons de sport, de la fièvre du hockey qui nous anime. Je suis quelqu’un qui aime le monde mais aussi je me mêle de mes affaires. Je suis discret et je m’organise pour que mes affaires aillent bien.

En somme, j’essaie de vous dire que le bonheur ne se trouve pas dans les entreprises grandioses, mais dans les gestes de tous les jours comme un sourire, un bonheur. Nous sommes responsables de notre propre bonheur en voyant à ses affaires.

L’échange de gentillesse entre mes clients et moi, je le vis aussi avec le personnel de l’Itinéraire que je rencontre chaque matin. Je salue toutes ces personnes et leur souhaite de la joie. Merci à tous. »

2011-07-05

DEUX TÉMOIGNAGES contre la pauvreté :

1. L’extrême pauvreté est une violence permanente qui porte atteinte à nos enfants. Les seuls endroits où nous pouvons nous installer sont des zones inondées, des terrains vagues où la boue empêche toute construction. Souvent nos maisons sont si précaires que lorsqu’il pleut, nous devons rester éveillés toute la nuit pour pouvoir déplacer les enfants et essayer de les mettre au sec. Lorsque nous devons déménager ou si nous sommes expulsés, nous vivons la violence de tout perdre une fois de plus et devoir recommencer à zéro.
René, Quart Monde

2. A côté de chez moi, il y a une femme de 75 ans. Elle a du mal à monter les escaliers. Je l’ai comme ‘adoptée’. Des fois, je fais son ménage. Elle voulait me payer mais je lui disais que j’étais capable de rendre un service. Elle disait : ‘’’Je me sens mal que quelqu’un vienne chez nous pour faire mon ménage sans que je ne lui donne rien. ‘’’ Alors j’ai dit OK, j’ai trois enfants, donnez-moi des fruits et des légumes. Maintenant quand je fais son ménage, elle me donne des raisins, des pommes, des clémentines.
Kathy, Quart Monde

Sur tous les continents, des hommes et des femmes refusent la violence et s’engagent pour bâtir des points de rencontre, pour se lier les uns les autres pour un monde enfin libéré de la terreur et de la misère.

2011-06-16

UN OPTICIEN PAS COMME LES AUTRES

Philippe sort avec ses deux valises, il part pour sa ‘run de lait’.

C’est une expression qui veut dire qu’il s’en va à la rencontre de personnes défavorisées qui ont besoin de lunettes. Son but c’est de rendre l’achat de lunettes accessible à tous.

Il n’a pas de magasin, pas d’employés, ne fait pas de publicité et n’achète pas de grandes marques de lunettes. En gardant ses coûts d’opération au minimum, il peut offrir des lunettes à des prix abordables pour tous. Il déniche des montures qui allient style et qualité. Le bouche-à-oreille fait le travail, lui permettant de devenir une ressource dans les différents milieux communautaires.

Il a maintenant un site web (www.bonhommealunettes.org) qui le rend encore plus accessible à ceux et celles qui voudraient faire appel à ses services.

L’initiative de cet opticien engagé lui permet de redonner à la communauté tout en continuant à offrir un service essentiel au plus grand nombre de gens possible.

Revue de la Société Elizabeth Fry du Québec

2011-05-10

L’ITINÉRAIRE A CHANGÉ MA VIE

J’ai été en situation d’itinérance deux fois dans ma vie. J’ai liquidé les meubles de mon appartement pour aider ma mère dans le besoin. J’ai décidé de la quitter et je me suis retrouvée à la rue. J’ai fait une tentative de suicide à cause de l’isolement que je vivais et j’ai été hospitalisée.

Après huit mois sans domicile fixe, j’ai connu le Groupe communautaire l’Itinéraire; je suis entrée pour me renseigner et l’intervenant psychosocial m’a fait confiance : il m’a confié des journaux pour me dépanner, je les ai vendus et je me suis fait quelques dollars.

J’ai découvert qu’on pouvait suivre, à l’Itinéraire, un programme de réinsertion sociale. J’ai commencé comme plongeuse et après quelques semaines, quand un poste s’est ouvert je suis devenue réceptionniste et aujourd’hui je suis à l’administration.

J’ai repris la confiance en moi que j’avais perdue face au marché du travail. Je me suis sortie de l’isolement en me faisant quelques amis. Les intervenants m’ont aidée sur plusieurs aspects. J’ai aussi commencé à écrire dans le magazine et j’adore le faire. Dénoncer par écrit les abus que j’ai vécus dans mon enfance est une thérapie. Je peux affirmer que l’Itinéraire m’a aidée au plus haut point.

Aujourd’hui j’ai un appartement, une vie stable et je me sens utile en faisant partie d’un organisme essentiel.

Sylvie D.

(Journal l’Itinéraire, avec autorisation)

2011-04-19

LA TRAVERSÉE DU DÉSERT

Le dernier livre autobiographique de Guy Corneau, Revivre, relate sa traversée du désert.

Le cancer lui a permis de se sentir uni à tout l’univers qui l’entoure. Dans sa pratique en tant que psychanalyste, il s’était oublié. Il résume ainsi sa trajectoire : «Je marchais dans ma tête, maintenant, je marche sur la terre et je marche dans le ciel.»

Guy Corneau est intarissable lorsqu’il évoque sa discipline spirituelle. Il médite tous les jours en revenant constamment à la base : être dans le moment présent, s’asseoir et se concentrer sur sa respiration. Sa quête de spiritualité dans la méditation lui apporte aussi son lot de découvertes et de surprises. « Cet automne, je suis allé dans le bois à Ste-Agathe et j’ai marché pendant un heure. Puis je me suis assis et j’ai écouté le vent dans les feuilles. Je me suis senti très bien et j’ai parlé à la forêt et aux arbres. Je suis sorti de là et je me suis dit : «C’est cette image-là qui va m’accompagner lors des prochaines semaines.»

Journal de rue : L’Itinéraire

Par Norman Rickert

2011-04-07

UN REGARD POSITIF SUR UN QUARTIER PAUVRE

Un volume paru récemment présente un quartier souvent reconnu dans ses côtés noirs et gris. Christine a un autre regard sur celui qu’elle habite et où elle s’implique.

Oui la grande pauvreté sévit dans le quartier, les enfants sont exposés plus qu’ailleurs au malheur. Mais la vie de ces enfants et de ce quartier n’est pas d’une seule couleur.
Dans ces familles, il y a aussi des forces, il y a des personnes qui se tiennent debout. Il existe des voisins bienveillants, qui gardent un œil ouvert et tendent la main. Il y a des liens tissés serrés avec des organismes du quartier.
Même avec des fins de mois difficiles, il y a de la fierté à se débrouiller, à s’organiser, grâce à un petit travail, grâce aux cuisines collectives et à toute économie de la récupération. Après des heures sombres, il y a des victoires à célébrer, petites et parfois grandes.
Et les écoles où les enfants sont accueillis avec respect et les professeurs, ils ne tiendraient pas si les situations étaient désespérées. Souvent, les enfants sont présentés comme des victimes de la pauvreté. Pourtant une des aspirations profondes de ces enfants est que leurs parents soient respectés et soutenus dans leurs efforts.
Dans la famille, les enfants sont témoins des échecs et des souffrances de leurs parents mais aussi de leur courage et de leur résistance.

Si vous cherchez de l’espoir dans ce quartier, vous en trouverez.

Marie Christine H. (Quart Monde, janvier 2011)

2011-04-02

LYNE… EN PLEIN CŒUR

Lyne a perdu la 'carte' et, en conséquence, la garde de son fils. Elle voulait mourir !

«J’ai fait au moins 25 overdoses. Je faisais tout pour crever. J’ai été en psychiatrie et j’ai fait de la prison. Il me manque juste la morgue.»

Lyne a suivi plusieurs thérapies, cures de désintoxication et rechutes aussi, mais c’est la prison qui lui a sauvé la vie, parce que sans ça, « j’aurais fini par faire mon dernier fixe.»

AU BOUT DU TUNNEL

«Chez nous, on était laissés à nous-mêmes. Lorsque mon père battait ma mère, je me cachais dans le garde-robe avec mon frère et ma sœur et j’essayais de leur changer les idées ou bien je me sauvais parce que j’avais peur.»

Aujourd’hui, à 46 ans, Lyne apprécie particulièrement l’autonomie financière que lui apporte la vente du magazine L’Itinéraire. J’ai un but en vendant mon journal. J’ai besoin de m’acheter des bottes. Puis, c’est bien beau un matelas, mais maintenant, j’ai besoin d’un lit….

Lyne T. Maison Plein cœur
www.maisonpleincoeur.org

Le témoignage de Lyne me rejoint en plein cœur, quand elle dit : C’est la prison qui m’a sauvé la vie, ou c’est bien beau un matelas, un lit. Comment ne pas vouloir partager? Souvent je rencontre des camelots, je parle avec eux, j’écoute, je me laisse rejoindre en plein cœur.


C’est Lyne, c’est Georgine, c’est Michel, c’est Daniel. Merci mes amis !

2011-02-02

AMOUREUX DES MOTS

Pour vaincre sa timidité, Richard a bataillé dur. L’exclusion a longtemps fait partie de son quotidien. «En vendant le magazine L’Itinéraire, j’ai brisé mon isolement». Il a touché à plusieurs métiers, mais il se considère plutôt un intellectuel qu’un manuel. Il rêvait de publier des poèmes et des chansons. À l’Itinéraire il a pu le faire. Le camelot est un amoureux des mots, il en invente des nouveaux.


Enfant, Richard était d’une grande timidité et manquait de confiance en lui. Son père souffrait d’alcoolisme, heureusement qu’il y avait sa sœur à qui il pouvait parler, il se considère chanceux d’avoir eu sa mère et sa sœur, car son père est parti de la maison, alors que Richard venait d’être opéré au cerveau. «Tout ce dont je me souviens, c’est qu’après j’ai dû fréquenter une école spécialisée.

Doté d’une grande sensibilité, quelques échecs amoureux et une trop grande pression au travail l’ont poussé à commettre trois tentatives de suicide. «Je voulais en finir.» Sans l’Itinéraire, je serais à la rue. Tout jeune, j’aurais aimé passer ma vie avec une femme et avoir des enfants. C’est ma plus grande déception.

Richard L. (L’Itinéraire)

2011-01-29

PLUS VIVANTE QUE JAMAIS… 53 ans

Lorsque j’étais jeune, mon entourage a parié que je ne fêterais pas mon 30e anniversaire à cause de mon mode de vie. Je suis très surprise d’être encore là et, à 53 ans, je me sens plus vivante que jamais.

A partir de 32 ans, j’ai crashé dans la rue pendant 7 ans et je suis devenue une junkie. Jour après jour, j’ai abrégé mon espérance de vie. Si j’ai fêté mon 40e, c’est parce que j’en ai eu assez de voir mourir mes amis à cause des surdoses de drogues. J’ai donc décidé de me trouver un toit.

Maintenant, un moment de bonheur que j’aimerais vivre, c’est un bon souper en étant accompagnée de tous les gens que j’aime. Je m’imagine vivre jusqu’à 99 ans mais je serai trop jeune pour figurer dans le livre des records Guinness !….

Cylvie G. (L’Itinéraire) http://www.itineraire.ca/

2011-01-13

L’HISTOIRE DE MARC

Lorsque Marc demeurait avec ses parents, son père menaçait régulièrement de se suicider et pourtant c’est sa mère qui l’a fait quand Marc avait 17 ans. « Je me suis retrouvé avec un père adolescent de 49 ans et une sœur adolescente de 13 ans. J’ai travaillé dans un restaurant, dans le domaine de l’immobilier et ensuite dans la fabrication d’appareils pour les envois postaux. J’ai eu beaucoup de succès comme vendeur, j’ai gagné des voyages parce que j’étais le meilleur. J’ai touché le fond dans un voyage à Hawaï, je me sentais misérable, pourtant l’argent était facile à faire, mais la cocaïne était déjà entrée dans ma vie. »

Par la suite, Marc a suivi une thérapie fermée durant 15 mois, c’est là qu’il a rencontré Jésus-Christ et depuis ce temps, il le guide. Aujourd’hui , à 47 ans, le camelot a cheminé, ses perceptions sur l’itinérance ont changé : « Jésus m’a ouvert les yeux sur la réalité des itinérants et m’a guidé jusqu’à l’Itinéraire. » Depuis qu’il est avec le groupe, Marc sent qu’il fait partie d’une famille et son but est de vendre des abonnements, il s’investit et reprend confiance en lui.

(Josée, L’Itinéraire : www.itineraire.ca)

2011-01-11

RENCONTRE AVEC JEAN-PAUL

Aujourd’hui, au centre-ville, je rencontre Jean-Paul, un camelot, le premier pour moi en 2011. J’achète l’Itinéraire et lui fais des commentaires sur la qualité de son Journal de rue. La conversation s’engage.

Tout souriant, Jean-Paul me raconte comment la vente du Journal a changé sa vie : «c’est grâce à lui si je m’en sors et que ma fille est revenue vivre avec moi». Une belle histoire de vie et vraie en plus!

Th.

Visitez le site de l’Itinéraire : www.itineraire.ca

2010-12-25

Simone, 92 ans et....

Voici le témoignage d'une personne associée à la communauté des Soeurs de la Providence fait d'une compagne associée.

A Simone, notre appréciation
Parler de Simone, c'est parler de quelqu'un d'admirable, de remarquablement humain. Alors vous pouvez vous imaginez que mes quelques mots ne seront ni objectifs ni dépourvus de sentiments car j'ai, à son endroit, une grande admiration et une immense tendresse.


Simone est une Associée Providence de longue date, elle fait partie du groupe Notre-Dame-de-la-Providence à Montréal. Par des difficultés propres à la vie, au voyage ou à la mala¬die, elle a été éloignée de nos réunions et est devenue, en quelque sorte, une Associée priante, pour quelque temps. Maintenant, avec un retour partiel de sa santé, elle est venue participer à notre réunion du mois d'octobre, ce qui fut une bénédiction pour notre groupe.


À voir aller cette belle dame âgée de 92 ans, miroir de vie et de sagesse, nous pourrions penser qu'elle est une personne fra¬gile. Mais la réalité est tout autre: cette arrière-grand-mère est une source de force intérieure, d'accueil et d'amitié inconditionnels envers tous ceux et celles qui l'entourent. En sa présence, nous ne nous ennuyons jamais. Tout ce que nous savons d'elle, nous l'apprenons par ses récits où de grandes tragédies comme de grands moments de bonheur sont racontés comme des sagas pointillées de bonne humeur. Voilà le trait le plus marquant de sa personnalité.


Je remercie le Seigneur pour sa présence dans notre groupe. Sa connaissance et son expérience sont des lumières qu'elle partage généreusement avec nous tous. Sa sympathie est la plus belle carte de visite que quelqu'un puisse avoir. Alors, chère Simone, quoi demander de plus à la Providence que, ou par votre présence ou par vos prières, vous puissiez continuer à nous émouvoir et à nous faire grandir comme AP?
 Groupe AP- Notre-Dame-de-la-Providence

2010-12-12

Une amie à moi...

Cette amie a vraiment vécu son rêve jusqu'au bout. Elle est décédé dans la paix et l'amour.

Quel est mon plus grand rêve depuis toujours?


Vivre ma vie dans la confiance, le respect et l'amitié. Vivre ma vie dans l'espérance d'un bonheur partagé. Avoir ce droit d'être comprise et aimée. Essayer de reconnaître en moi cette essence divine qui veut être dévoilée et vivre ...


Mon rêve, c'est de pouvoir partager cette vie, ce bonheur, cette joie de vivre, de reconnaître cette beauté, cette grandeur, cette force dans l'infiniment grand et dans l'infiniment petit et fragile. Une grande partie de ma vie, je me suis demandée la raison de mon existence. Il y a en moi une joie intense et un grand besoin de l'extérioriser. Je veux vivre ce bonheur qui m'habite jusqu'à la fin de mes jours et surtout pouvoir le partager.


Je suis mère de 8 enfants, grand-mère de 10 enfants, arrière-grand-mère de 6 enfants et de 2 autres au fil d'arrivée.


Je remercie Dieu, mon Père du ciel, de tout ce qu'il me fait vivre de beau et de bon, de tout ce qu'il m'offre que je peux partager, pour tous les clins d'œil qu'il m'a faits au cours des temps difficiles -ils ont été pour moi des signes d'encouragement à continuer d'être.
Merci à Copam. Car c'est avec vous que j'ai trouvé une force dans la foi, dans la confiance et l'amitié. Un grand merci à Georges, André, Laurette, Jean, Michel, et à chacun de vous mes amis. Je tiens à vous dire que mon rêve continue... En toute amitié.


Thérèse F

2010-11-18

SOUS TON EMPRISE

Tu es arrivée, un jour dans ma vie. Avant toi, toutes les autres drogues avaient pour fonction de me garder en vie en m’empêchant de me suicider; insidieusement, tu as fait de moi ton esclave.

À la suite d’une perte d’emploi très rémunérateur et d’une séparation amoureuse, je me suis retrouvée à vivre seule.

Et puis, la rue ! Là, tu m’as fait jouer à la roulette russe avec une seringue dans mon bras, à la recherche du plus gros BUZZ de ma vie. Infernal !

J’ai entrepris ma première thérapie d’une durée d’un an et pendant mes quatre années d’abstinence, je t’ai interdit de revenir dans ma vie.

Et puis, tu es revenue m’agacer et, pendant un an je suis repartie avec toi. Et notre union a été plutôt décevante parce que j’avais compris où tu voulais m’amener et moi, je ne voulais pas y retourner.

J’ai accumulé 14 ans d’abstinence parsemés de périodes de chutes et de rechutes.

Je ne regrette ni ne renie ces années vécues sous ton emprise, mais il est temps pour moi de suivre la voie de l’abstinence de drogues dures.

Dans ma tête et dans mon cœur, le simple fait de passer le cap psychologique des 12 mois passés sans toi est l’élan dont j’ai besoin pour accumuler des ‘Air miles’ de liberté.

Cylvie G. (L’Itinéraire)

2010-11-09

CONTENIR SA VIOLENCE

Maxime, 12 ans, a commencé la dernière année de son primaire à l’école régulière.

Son père avait quitté le foyer familial alors que Maxime n’avait que deux ans. Il était violent avec sa mère. Aujourd’hui, Maxime ne veut plus en entendre parler. A sept ans, Maxime était dangereux. «Je m’en souviens très bien, j’avais des problèmes de colère. Si on m’achalait, je devenais très violent.» Mordre les gens autour de lui, lancer les chaises, renverser les bureaux; sa vie, et surtout celle de ses proches, était un enfer.

Sa mère décide de contacter le Dr Julien et son équipe. Au contact d’intervenants formés, Maxime s’adoucit progressivement. Il s’ouvre de plus en plus. Il participe deux fois par semaine aux ateliers du soir, il découvre le théâtre qu’il adore, s’initie au violon et au piano, il apprend à respecter les autres. Il suit aussi des séances d'art-thérapie qui consiste à créer un dessin ou une peinture tout en discutant avec le thérapeute qui joue le rôle de guide vers une prise de conscience personnelle.

Aujourd’hui, la mère de Maxime est heureuse du chemin parcouru: «Une chance qu'on a rencontré le Dr Julien. Maxime est désormais capable de gérer ses émotions».

Jérôme S. (L’Itinéraire, extraits)

2010-11-02

UN JEUNE SANS-ABRI

Après avoir commis des erreurs de jeunesse qui ont failli lui coûter cher, on peut dire de Joe qu’il a vraiment fait du chemin. Entré au travail comme aide en entrepôt, Joe s’occupe maintenant d’administration et d’approvisionnement et il en est tout fier. «J’aime mon travail, pour rien au monde je ne voudrais retourner à mon ancien état, je remercie sincèrement ceux qui m’ont aidé à en arriver là».

Quand il est arrivé dans la grande métropole, en provenance du Nouveau-Brunswick, Joe a longtemps erré dans les rues, sans destination, jusqu’à ce qu’il découvre un organisme qui lui a beaucoup aidé. En fréquentant ce Centre de jour il prend conscience de sa situation. Il apprend à se lever tôt pour aller au travail, à bien manger pour être en santé. ‘Le Centre est une porte ouverte vers le salut’. Réconcilié avec lui-même, réconcilié avec son père, il se propose de lui rendre visite dans sa ville natale. Il a d’autres défis, arrêter de fumer et aussi avoir un enfant avec sa blonde acadienne comme lui.

Pour Joe, le Centre est une organisation incroyable : donner à manger à plus de 200 jeunes, leur permettre d’avoir confiance en eux, être motivés et recouvrer la stabilité, ce sont des services inestimables. « Je ne sais pas ce que je serais devenu sans cet organisme ».

(Bulletin ‘Dans la rue’)

2010-10-19

UNE MAISON POUR LES PÈRES

L’histoire de Sylvain et Francis

Entre deux brassées de lavage, Sylvain fume une cigarette sur la terrasse ensoleillée du centre d’hébergement où il habite depuis deux mois. Les résidants du Centre font pousser tomates, fines herbes et autres, dans des bacs près de la maison.  Sylvain a la garde de son fils de 12 ans les fins de semaine.  La Maison permet à Francis de cohabiter avec son père dans cette résidence temporaire où il vit.

Sylvain reconnaît le privilège qu’il a de résider dans ce centre, car seulement cinq pères avec leurs enfants peuvent y séjourner.  Une belle convivialité crée des liens et brise l’isolement des pères. D’un côté du salon, les enfants deviennent frères et sœurs, le temps de quelques jeux.  De l’autre côté, les pères peuvent se détendre en regardant un bon film.

Sylvain se réjouit de ce rapprochement avec son fils, sa présence permet de dédramatiser une situation.  Avoir son enfant avec soi est une source de motivation immense pour plusieurs hommes en difficulté comme Sylvain. «Si je n’avais pas eu mon fils, je serais tombé encore plus profond. En janvier, j’ai eu le goût de m’enlever la vie, c’est là que j’ai demandé de l’aide», confie Sylvain, pourtant une vieille mentalité donne à penser aux hommes qu’ils sont capables de tenir sans demander de l’aide, ils se croient assez forts pour trouver des solutions et passer à travers des situations difficiles à vivre pour toute la famille. «Ici, tous mes besoins sont comblés pour me relancer dans la vie et être heureux.»
(L’Itinéraire)

2010-08-12

GOODBYE MARIO !

On l'a trouvé mort dans la rue, après une nuit de misère, assommé par l'alcool et les médicaments.  Cher Mario, si ton passage parmi nous fut chaotique, tu fus un être des plus authentiques.  Nous te souhaitons un nouveau monde à l'image de ce que tu as rêvé sur la terre.  Je me rappellerai toujours une parole de toi : J'espère être bientôt guéri de me voir regarder mourir et voir les journées s'enrichir de surprises, d'amour, de liberté, avoir envie de me lever en criant: « Good morning, Mario!»

(LItinéraire)

2010-07-21

LES GLOBULES BLANCS…

« Les consommateurs de crack manquent de globules blancs. Cela m’est arrivé. J’ai pris du crack durant 20 ans. Je suis allée à l’hôpital en raison d’une infection au pied. On m’a fait une prise de sang, j’ai dû rester à l’hôpital pendant une semaine et on m’a bourrée d’antibiotiques. J’ai connu une jeune fille qui a eu le même problème que moi. Son doigt infecté a dû être amputé.

J’ai arrêté de consommer à cause de ma santé. Je n’ai pas le choix. J’ai un suivi dans un Centre et j’aime bien les intervenants. Maintenant, je fais de mon mieux.

Je vous encourage à persévérer face à votre problème de consommation, même si vous faites une rechute. Il faut toujours espérer et ne pas se décourager. Il y a des miracles pour tout le monde. Je crois qu’il faut se pardonner et ne pas s’en vouloir. Et faites-le pour vous.

Je vous souhaite un bon été. »

Katty. (L’Itinéraire)

2010-07-08

J’AI ATTEINT LE BAS-FOND…

J’ai commencé à prendre de la drogue et à boire à l’âge de 10 ans. J’ai appris à voler, je suis devenu délinquant. Je travaillais pour me procurer de la drogue et de la boisson.

Ma mère a décidé de me placer dans un Centre pendant 3 ans, je me suis évadé 2 fois, je n’aimais pas être enfermé. Je l’ai mal pris au début, je pensais que ma mère ne m’aimait pas. Elle a fait ça pour mon bien. J’ai appris des choses au Centre, surtout comment vivre avec le monde et être plus poli.

Puis un jour, j’ai arrêté la drogue, c’est à ce moment que J’AI CONNU MON BAS-FOND. J’ai failli mourir, j’ai vu le tunnel. Je n’étais plus capable, j’ai ensuite joint le mouvement AA.

Aujourd’hui je m’aime davantage, je dis ce que je pense mais je fais attention au choix des mots. Ce que je n’aime pas me faire dire, je ne le dis pas aux autres.

J’ai un jeune de 17 ans, je lui apprends à ne pas toucher à la drogue et à l’alcool. Ce n’est pas une vie, ce n’est pas un chemin à prendre. J’aimerais qu’il soit un bon citoyen et qu’il apprenne un métier.
« J’ESPÈRE QUE TU VAS PERSÉVÉRER, MON FILS ».

par Richard T.

2010-07-06

JE CONNAIS LA VALEUR DE L’ARGENT

Dany a connu l’adversité de la vie : « Je sais ce que c’est que de vivre la déchéance sociale qui conduit à l’exclusion. Quand j’avais 10 ans, on a fait faillite, je passais le journal pour payer mes vêtements. Je n’oublierai jamais le soir où un représentant d’Hydro est venu couper l’électricité et n’a même pas voulu laisser le temps à ma mère de finir son souper pour nourrir la famille, dans la cour de l’école on m’appelait ‘faillite’, ça m’a marqué. Mes amis disent de moi que je suis cheap parce que je ne suis pas dépensier et que je fais rarement des folies. Je suis très sensible aux exclus, c’est pourquoi chaque fois que je peux faire un petit quelque chose, ne serait-ce qu’un sourire ou une conversation, à quelqu’un qui me tend la main dans la rue, je le fais. »



Dany T. (Revue de presse, ATD Quart Monde)
L’ATTENTE…

Je vis dans l’attente, c’est pour moi une source extrême de stress. Mon entourage le sent et le subit. L’attente me rend malheureux et nerveux. Je remercie mon entourage de sa patience et de sa compréhension. Ce n’est pas évident de vivre dans l’attente de savoir quand j’aurai mon prochain logement, où il sera situé et aussi si je guérirai et si je serai en santé après mon traitement. Merci à toutes les personnes qui m’appuient en achetant mon Journal de rue. Ça m’encourage et m’aide beaucoup.

Benoît

2010-06-03

PAUVRE, HEUREUX ET EN SANTÉ

Même si je suis pauvre financièrement et matériellement, je suis heureux et en santé. J'ai énormément de plaisir à vivre et je m'amuse beaucoup. Je vis avec le strict nécessaire et je me sens privilégié. J'ai beaucoup d'amis qui m'entourent et je ne m'ennuie jamais. Bref, je ne manque de rien, pour continuer d'être heureux. J'ai tout ce qu'il me faut et je dirais même en abondance.

La richesse d'un être humain de se calcule pas selon son compte de banque ou selon le matériel qu'il accumule tout au long de sa vie, mais selon ce qu'il est intérieurement et spirituellement. Lorsqu'on a compris cela, on n'a plus de raison d'être malheureux. On est satisfait de ce qu'on a, même si ce n'est que l'essentiel, et si on avait plus, on le partagerait avec d'autres.

Roger F. (La Traversée)

2010-05-11

LA CONSOMMATION, ÇA NE MÈNE À RIEN

On étaient partis pour fêter la St-Jean entre amis. Quatre jours sur la fiesta ! En s’en allant sur la route, on a fait un face à face.

Je suis resté dans le coma durant un mois et demi. Quand je suis sorti du coma, je n’avais plus de mémoire, tout a été vague durant six mois. Puis j’ai vu un tunnel et une lumière sombre qui m’invitait. J’ai dit « non, je ne veux pas mourir.» J’ai compris que j’avais autre chose à accomplir dans le monde. J’ai d’abord arrêté de consommer boisson et drogue. J’avais un métier comme débosseleur et puis dans la restauration. J’ai des dons, j’apprends vite. Maintenant je suis plus patient quand je conduis. Écouter son corps, suivre sa première idée, aider le monde.

La consommation, ça ne mène à rien, ça ne mène nulle part. J’étais un révolté, je faisais tout ce que mon père m’interdisait de faire. J’aurais aimé que mon père m’écoute, mais il ne l’a pas fait.
Maintenant je comprends mieux. Je vis présentement ma deuxième vie !

Daniel T. (L’Itinéraire)

2010-04-24

TANT DE VISAGES, TANT DE NOMS...

Le trafic des humains!

Patricia, 19 ans, aînée de 8 enfants, quitte sa famille pour aller gagner les études de ses frères et sœurs. Avec d’autres jeunes filles, elle part pour atteindre le but de ses rêves. Elle est vendue par un oncle à des trafiquants d’êtres humains; mise à la rue, elle est récupérée par la police et elle est accueillie dans une communauté pour mineurs. Elle perd le contact avec sa famille, mais après 6 ans, grâce à un réseau de Communautés religieuses, elle retrouve sa mère.

Rita, 18 ans, travaille dans la rue pour payer la dette contractée, sans le savoir, envers un organisme maffieux et des trafiquants. Elle est prise sur la rue lors d’un contrôle de police et conduite au Centre de détention temporaire. Elle rencontre des religieuses qui visitent le centre et qui l’aident à sortir de là. Elle est accueillie dans un programme de réinsertion sociale.

Les récits de ce genre pourraient être rapportés sans fin comme les anneaux d’une longue chaîne qui forme le nouvel esclavage du 21e siècle pour tant de personnes - femmes adultes ou mineures exploitées - prisonnières de trafiquants sans scrupules et de consommateurs qui soutiennent et alimentent ce commerce.

Où est ta sœur? Ton frère? Des groupes se sont formés et ont mis sur pied différents moyens de les rejoindre, ce sont : des unités de rue, des centres d’écoute, des projets de collaboration avec les ambassades, des visites au Centre de détention temporaire, des cours de formation, des sessions d’assistance légale pour permettre de réunir la documentation nécessaire afin de sortir de la clandestinité et obtenir des permis de séjour, etc.

Le cœur compatissant et charitable est inventif; dans bien des cas, l’action est le fruit d’un nouveau ‘génie féminin’ qui se déploie de façon étonnante et encourageante.

(Inspiré du bulletin UISG, La compassion cœur de la mission)

2010-03-30

,LA VIE BRISÉE DE FRED

Fred a été diagnostiqué ‘schizophrène’ au début de la vingtaine, il a été jugé inapte au travail et il vit de l’aide sociale.

Dans sa famille, il accepte sa médication; il a commencé à suivre des cours à distance qui lui ont permis de décrocher son diplôme au CEGEP, après sept ans de persévérance et d’efforts.

Soutenu par ses parents et une équipe médicale compétente, il s’est rapproché de l’Université où il suivait des cours du soir jusqu’au jour où il reçoit un appel de son agente d’aide sociale pour lui dire qu’il doit rembourser 9,000 $ parce qu’il s’est inscrit à trois cours par session alors qu’il n’avait pas le droit de s’inscrire à plus de deux cours par session. Il n’a pas volé, il n’a pas fraudé, il ignorait que c’était défendu. Pour une personne ‘schizophrène’ , vivre un stress semblable, rembourser 100 $ par mois, se défendre face à cette bureaucratie, demande énormément d’énergie et perturbe le sommeil autant que le quotidien.

Qui sont ces agents qui annoncent par téléphone une telle nouvelle à une personne atteinte de maladie mentale? Quelle est leur formation, leur compétence pour agir de cette façon? Par son zèle ou une structure administrative, une agente d’aide sociale vient de briser la vie d’un jeune adulte qui essayait de s’en sortir !

2010-03-05

RIC… un résilient

Jeune, il souffre de l’alcoolisme de son père qui fait vivre un véritable enfer à sa famille. C’est grâce à la présence aimante de sa mère et de sa grand-mère qu’il est parvenu à garder son équilibre et à ne pas reproduire le modèle paternel. Éric se considère comme un être ‘résilient’, qui a trouvé la force de rebondir face à l’adversité.

A l’école, son physique frêle fait de lui le ‘souffre-douleur’ des autres garçons. Après un certain temps, Ric prend conscience que sa vie doit changer. « Je me souviens du jour où je me suis dit que je voulais être heureux dans la vie. J’ai étudié les faiblesses des ‘forts’ qui m’écrasaient et j’ai appris à me battre avec mes mots. J’ai développé ma force de frappe, oratoire! J’ai compris que je pouvais trouver des réponses pour intimider ceux qui étaient sur mon dos. Et ça a fonctionné ! J’ai intimidé le plus fort de mes bourreaux devant tout le monde et il a cessé de me harceler ».

Lentement Ric reconstruit sa vie et s’améliore à un point tel que c’est lui qui devient la ‘vedette’ de l’école. Il fait rire les autres et surtout, il se porte à la défense de ceux qui subissent le calvaire qu’il a connu. C’ÉTAIT GAGNÉ !

(L’Itinéraire, mars 2010)

2010-03-02

UN EXEMPLE : JOANNIE
(Itinéraire, 15 février 2010)

Joannie s’implique parfois dans des œuvres caritatives, mais l’entraînement prend tout son temps, en vue des Jeux Olympiques 2010 et pour elle vivre sous pression fait partie du métier.

« Si je ne pouvais vivre avec la pression, je ne pourrais pas faire de la compétition de haut niveau. Ma carrière tire à sa fin. Je ne crois pas que je ferai partie d’une troupe professionnelle car je désire reprendre mes études, mon rêve d’enfance c’était de devenir médecin après ma retraite du patinage. Jeune, j’étais studieuse et je travaillais fort pour obtenir les notes. Je suis une personne très prévoyante. Ma vie a tourné autrement, mais j’ai toujours un plan B, si je ne suis pas médecin, je serai pharmacienne.»

Un exemple Joannie? Oui, par sa persévérance, ses efforts constants quand elle était plus jeune et qu’elle voulait poursuivre son rêve, prévoyante au cas où la vie l’amènerait ailleurs et très forte aussi, comme on l’a vue, maintenant que les Jeux Olympiques sont terminés. Joannie, un bel exemple pour les jeunes mais aussi pour tous. Joannie, nous sommes avec toi de tout cœur.

2010-01-28

D’AMOUR ET DE SOLEIL

Y a-t-il un mot plus beau que le mot AMOUR ? Moi, ce mot m’inspire beaucoup. Durant ma vie, j’en ai reçu assez pour réussir à être bien dans ma peau.
L’amour aide à rendre la journée plus belle. L’objectif principal de ma vie est de réussir à être heureux.
Les personnes à qui je crois avoir donné le plus d’amour ce sont mes parents adoptifs qui se sont occupés de moi quand j’avais entre 4 et 14 ans.
Actuellement je vends un journal de rue et le contact privilégié que j’ai développé au cours des années avec mes clients n’est pas de l’amour mais s’en approche car je m’investis beaucoup dans mon travail auprès d’eux. Mes clients me disent souvent que je suis leur rayon de soleil, ce qui me touche beaucoup. Chose certaine, le soleil brille pour tous, alors que tout le monde ne reçoit pas autant d’amour dans sa vie.
Je remercie mes clients pour leur soutien. Je souhaite que le soleil brille pour eux et qu’ils soient très heureux.

Gilles B. (L’Itinéraire)

2010-01-27

NOS AÎNÉS

Je connaissais bien la détresse mortelle qui envahit plusieurs jeunes hommes qui peut même conduire au suicide. Je n'avais, cependant, jamais imaginé l'ampleur du désespoir qui peut s'insinuer dans l'âme de nos
aîné(e)s.

Il y a 30 ans, le CLSC a aidé une paroisse à mettre sur pied un organisme ENTRAIDE ET AMITIÉ, pour les aînés. Des paroissiens s'inquiétaient, en effet, du sort d'une centaine d'aînés laissés à eux-mêmes. La compassion a joué, la solidarité aussi, mais l'amour a été la plus forte motivation, et la conscience de servir le Christ dans les plus faibles. Ce groupe est généreusement financé par l'Etat pour rendre des services de proximité, déplacements, accompagnements, repas mensuels, etc
(André Chevalier,ptre. Extrait dans Revue: Le NIC)

2010-01-20

AIMER

Aimer c'est s'approcher de la spiritualité.  La spiritualité conduit au bonheur et nous aide à évoluer et à réussir tout ce qu'on entreprend.
Récemment, je suis allé à la Mission Bon Accueil; il y avait là, comme bénévoles, des joueurs de football. Ils nous ont adressé la parole. Ils nous ont parlé de leur passé. Certains avaient connu des périodes difficiles, mais ils nous ont dit qu'avec la confiance, la foi, ils ont pu remonter la pente et atteindre leur but.
Voilà un exemple de réussite qui s'est bâti en partie sur leur spiritualité.

Pensée du jour:
« L'amour, cela veut dire aimer les autres, et aimer les autres, c'est chercher à les comprendre. Pourquoi ? Il s'agit là d'une question à laquelle on a la réponse quand on aime.» 

Jacques É., camelot
Journal l'Itinéraire

2010-01-12


Sœur Marie-Paule Gagné, SNDD, (Sœurs de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs)
remporte le prix Raymond Dewar


Nous avons l'honneur de présenter Marie-Paule Gagné, ce petit bout de femme que nous appelons la « Mère Teresa du monde de la surdité », comme récipiendaire du Prix Raymond Dewar 2008 (dévouement pour la défense des droits de la communauté sourde).

Marie-Paule est l'avocate des causes qui semblent perdues, se portant à la défense des laissés-pour-compte du monde de la surdité.  Sa vie durant, elle a œuvré auprès de la jeunesse sourde pluri handicapée. Préoccupée pendant 40 ans du sort des plus défavorisés, c'est avec empressement et le cœur contagieux de sa joie qu'elle s'est rendue tous les matins à leur rencontre, beau temps mauvais temps, pour accompagner de son sourire et de sa vie de foi ceux et celles qui sont trop souvent oubliés par notre société. Cette religieuse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ne connaîtra jamais le sens du mot RETRAITE. Âgée de 74 ans, elle continue de s'impliquer davantage et annonce, encore et toujours, sa foi en la Jeunesse et en la réussite de la personne humaine sourde. Partout et avec tous, quelles que soient leur situation ou leurs croyances, elle affiche le même sourire, la même cordialité. Inspirée par Mère Gamelin, elle offre la célèbre « Soupe à Marie-Paule » à tous ceux et celles qui se présentent à la porte de la Maison de la Foi. À elle seule, elle y a créé un lieu de fraternité et de bonne entente. Elle fait en sorte que les personnes sourdes soient autonomes et confiantes en leurs dons intérieurs, aspirant à ce qu'elles deviennent ressources les unes pour les autres...

Marie-Paule n'a que des amis dans tous les milieux sourds ou entendants. Elle se porte au secours de chacun avec simplicité. Tous goûtent la paix et la sérénité du cœur à son contact... elle est à l'écoute de tout. Elle franchit toutes les barrières humaines pour accueillir et accompagner les moins bien portants de la communauté sourde, les recommandant à Dieu dans le secret de sa prière constante. Les murs d'indifférence ne tiennent pas avec elle qui ne sombre jamais dans le désespoir. Dans les concours du type de celui-ci, on pourrait oublier les gens simples qui œuvrent dans le secret et l'intimité de leur vie. Il est pourtant de simples personnes qui font plus de bien que les politiciens les plus populaires ou les conférenciers les plus célèbres. Pour les voir, il suffit de baisser les yeux car elles se tiennent, comme Marie-Paule, avec les plus humbles... C'est ce qui témoigne de leur grandeur; ne croyez-vous pas ?

Source: André Lachambre, Maison de la Foi au service du Monde de la Surdité.

2010-01-10

L'EMPATHIE AVANT LA RÉPARTIE

L'humoriste Dany Turcotte prend les autres au sérieux.  Le fou du roi de Tout le monde en parle se considère d'abord comme un observateur sensible à ceux qui l'entourent, qu'il s'agisse de ses proches ou des gens de la rue de l'avenue du Mont-Royal qu'il interpelle spontanément par leurs petits noms.  Dany Turcotte a connu l'adversité de la vie...et ne l'a pas oublié dans le nuage du succès(...)"Je sais ce que c'est que de vivre la déchéance sociale qui conduit à l'exclusion..Quand j'avais 10 ans, on a fait faillite.  Je passais le journal pour payer mes vêtements.  Je n'oublierai jamais le soir où un représentant d'Hydro est venu couper l'électricité et n'a même pas voulu laisser le temps à ma mère de finir son souper pour nourrir la famille.  Par la suite, dans la cour d'école, on m'appelait faillite.  Ça m'a marqué", livre-t-il, le regard songeur.  Cette période de sa vie l'a bouleversé et c'est avec spontanéité qu'il expose les stigmates qu'elle a laissés dans son rapport à l'argent.  "Je connais la valeur d'une piasse.  Mes amis disent de moi que je suis cheap parce que je ne suis pas dépensier et que je fais rarement des folies.  J'ai tendance à l'insécurité, car je fais un métier où on ne connaît pas l'avenir.(...)"  Dany Turcotte s'est toujours spontanément engagé auprès des plus démunis.  "Je suis très sensible aux exclus.  C'est pourquoi chaque fois que je peux faire un petit quelque chose, ne serait-ce qu'un sourire ou une conversation, à quelqu'un qui me tend la main dans la rue, je le fais."
(Dany Trucotte dans l'Itinéraire)