2009-06-17

FALLAIT-IL QUE JE DEVIENNE SOURDE POUR ENTENDRE?

Titre du volume écrit par A.Paquin.

En débutant l'écriture de ce livre, il n'était qu'une bouée de sauvetage, dans l'espoir qu'avec un effort constant je garderais mon équilibre intérieur, car à l'extérieur, il était absent à cause de ma surdité. Par ce moyen, je croyais faire le vide, oublier, mais le contraire s'est alors produit. Ce temps de silence et ces écrits m'ont plongée dans un face-à-face avec moi-même et je me suis retrouvée dans des zones insoupçonnées, des facettes inconnues jusqu'à ce jour, comme devant un miroir qui reflète trop bien nos états d'âme.

La recherche d'un sens à ma vie comme à tâtons, à travers des questionnements sans réponses. Mes cris se sont orientés vers d'autres attentes. J'ai trouvé un sens à la souffrance qui m'habitait, mais sans pour autant qu'elle en soit allégée. J'ai connu un moment de grâce, et c'est à travers un regard de foi que j'ai pu laisser un Autre prendre place dans mon silence. Cet Autre a pris la gouverne de ma vie. Un sentiment de confiance a commencé à germer, une espèce d'abandon a pu naître en moi, celui de l'enfant qui s'émerveille. Et une certaine paix s'est établie.

2009-06-12

DUR DE VIVRE DANS LA RUE

Bonjour ! Mon nom est Ghislain et je suis camelot pour un journal de rue. Pendant 10 ans, j’ai travaillé à mon compte dans l’entretien ménager, mais j’ai tout perdu à cause de la récession.

Je me suis retrouvé à la rue et je dors dans la rue. C’est dur pour mon orgueil, car avant de tout perdre, j’avais tout : ma maison, ma compagnie. Je ne manquais jamais d’argent.

Maintenant je n’ai plus rien et je me retrouve sans le sou. Je ne veux pas recevoir d’aide sociale, je me cherche donc un travail. Cependant, quand je dis aux employeurs que je dors dans la rue, ils ont des réticences; c’est difficile de me trouver un emploi et sans emploi, pas de logement. Je me trouve dans un cercle vicieux.

J’essaie de survivre en vendant un journal de rue et j’aime ça, car je suis en contact avec le public et j’aime voir du monde.

Je garde espoir et je confie ma vie à mon Dieu d’amour. Je vous souhaite une bonne journée.

(Du journal l’Itinéraire, mai 2009)

2009-06-07

JACQUELINE: LA LONGÉVITÉ D'UNE BÉNÉVOLE

Jacqueline, une charmante octogénaire, donne son temps à l'accueil de la Maison du Père depuis 32 ans. Au cours des années, Jacqueline a occupé plusieurs fonctions, notamment à l'accueil et à la cuisine. A ses débuts, les moyens de l'organisme étaient rudimentaires. Au-delà de tout, ce qui a incité Jacqueline à poursuivre son bénévolat à la Maison du Père, c'est la relation humaine qu'elle a développée au fil du temps avec les itinérants. "Je ne les juge pas, je les accepte tels qu'ils sont. J'en rencontre de tous les milieux, des-ex-prisonniers jusqu'à des ex-avocats ou des ex-médecins. Ils ont souvent un grand besoin de parler et je les écoute", explique-t-elle. Jacqueline déplore l'indifférence de certaines personnes face au phénomène grandissant de l'itinérance. "Il faut les aimer tels qu'ils sont et sans condition, sinon rien n'est possible!" Cette lumineuse bénévole n'est certainement pas prête à abandonner les plus démunis: " La Maison du Père, c'est mon université. J'y ai beaucoup appris sur moi-même, sur les êtres humains et j'y apprends toujours", confie-t-elle.
(Journal l'Itinéraire)

2009-06-04

Un droit au cri

La maladie comporte son lot d'inconvénients et d'inquiétudes: autant
pour la personne atteinte que pour ses proches, il n'est pas toujours
facile d'affronter la situation. Lors d'un échange entre personnes
mala­des dans un établissement de santé, Raymonde raconte:
«J'ai l'impression que les gens ont parfois peur de nous visiter,
qu'ils nous fuient, et ça fait mal.» Claude ajoute: «C'est sûr que si c'est
pour être seulement pris en pitié, ce n'est pas ça qui va me re­monter
le moral!»
Une autre avance l'hypothèse: «Peut-être se sentent-ils aussi
impuissants que nous dans ce qui nous arrive, peut-être ont-ils
peur de ce que cela peut éveiller en eux!» Il est fort
possible que nos peurs soient liées à nos propres blessures.
Elles peuvent nous hanter comme elles peuvent devenir une
chance d'épanouissement et une occasion de rencontre authentique
avec Dieu.

Et si Dieu était à la fois inutile et essentiel ! Et si cette guérison prenait
une forme inattendue, et si cette guérison touchait mes profondeurs…
Charles, lui, reçoit de nombreuses visites de parents et amis :
« Moi, ils me prennent comme je suis, ils sont juste là. Ils sont
contents de me voir et moi aussi. » Ëtre là, juste là avoir le goût
de la rencontre avec l’autre. Pas de scénario préparatoire à se faire,
plus besoin d’empêcher l’autre de pleurer, ou de se retenir de rire,
seulement être présent et laisser aller la vie… voilà un contrat à la fois
simple et exigeant, puisqu’il demande un un accueil de ce qui se vit
et une présence à l’autre.
Alain Dompierre

2009-05-22

Vivre à l'Arche!

L’environnement familial des communautés de l'Arche permet aux personnes ayant une déficience intellectuelle de créer un foyer, de développer leurs talents, de construire des amitiés ou, tout simplement de profiter pleinement de la vie. Les personnes ayant une déficience intellectuelle peuvent nous surprendre. Il est d'ailleurs fréquent que leur sensibilité et leur ouverture enrichissent et rassemblent les personnes qu'elles côtoient. En voici un exemple:

"En vieillissant, je réalise que le fait d'avoir vécu avec des personnes ayant un handicap de développement a eu une influence profonde et fondamentale sur ma façon de vivre l'Évangile.

Le message est simple mais en même temps dificile à vivre et à intégrer dans mes relations avec les autres. J'ai la chance d'avoir eu tant de guides.

Ce message est simple, c'est que chacun d'entre nous est fondamentalement aimé de Dieu, que chacun d'entre nous est profondément aimable, que nous sommes les bien-aimés de Dieu, c'est la vérité de l'être chrétien. Rien ne changera cette réalité.

J'ai découvert et je continue à découvrir cette vérité chaque jour quand je suis accueilli et célébré les bras ouverts par des personnes que l'on considère brisées, limitées et vulnérables."

Raphaël, L'Arche, Ottawa.

2009-04-10

METTRE FIN À LA PAUVRETÉ

Le Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde, disait à un groupe de personnes: "Refusez la fatalité de la misère". Des personnes résistent courageusement contre la pauvreté, qui ne baisent pas les bras. Parlons de Dany. Aujourd'hui dans la trentaine, il subit toujours les conséquences du décrochage scolaire dans son enfance. Il ne maîtrise pas bien la lecture et l'écriture, il a quand même réussi à publier une article dans journal local de jeunes. A partir de son expérience personnel, il exhorte les jeunes à s'accrocher. Il conclut son article: "J'aimerais encourager les jeunes à ne pas démissionner, malgré leurs difficultés, à ne pas décrocher, mais plutôt à s'accrocher afin de réussir leur vie, car mon expérience à moi fut pénible et je dois me battre encore afin de trouver ma place." Bonne chance dans la vie!
(Extrait de Actualités Quart Monde)

2009-04-07

ÉRIC, PLUS QU’IDOLE

Par son talent et ses chansons, Éric est un baume au cœur des personnes exclues qui vivent des drames dans leur vie et sont jugés négativement dans leur entourage. Éric c’est quelqu’un qui sait par quoi les gens de la rue peuvent passer. Il montre que sombrer dans une dépendance ce n’est pas un manque de talent, de déficience mentale, de pauvreté. Il y a quelque chose de très difficile à surmonter et qui demande des années d’efforts pour vaincre une dépendance, un mal de vivre, un manque d’amour de soi.

Le chemin à parcourir est tortueux, rempli d’embûches, d’occasions de rechutes ou de découragement. Mais le retour à la santé et à la vie normale peut aussi arriver à tout moment, parfois quand on s’y attend le moins. Bon courage Éric et tous les autres !

Serge L. (L’Itinéraire)

2009-03-26

NICOLAS dans la rue

J’ai rencontré Nicolas un de ces jours qui annoncent une période difficile pour les itinérants. Il était assis sur le trottoir.

Jeune, beau, il me demande : avez-vous 1 sou, juste 1 sou ?
J’ai tiré 1 $ de mon sac à main. Je me suis éloignée, incapable de gérer mes pensées : préjugés envers les itinérants, envers tous ceux qui leur donnent et qui contribuent à augmenter leur nombre en encourageant la paresse.

Après quelques minutes, surprise moi-même, je fais demi-tour, mon Cupidon venait de toucher mon âme. Je me retrouve assise avec Nicolas aux pieds de la foule. Il m’accueille chaleureusement, sans étonnement, nous parlons une bonne demi-heure, Il me raconte une enfance de difficultés d’intégration scolaire et sociale. Banni de l’école secondaire, mis à la porte par ses parents, il vit dans la rue depuis un an et demi.

En retournant chez moi, je me fais aborder par un autre qui m’offre le journal des itinérants. Je tire un autre dollar de mon sac à main et explique que j’ai lu le journal mais que je veux contribuer à son emploi. Il me répond d’une voix douce : « Madame, gardez votre dollar, il vous servira à acheter un café. Moi, je ne veux que vendre mon journal, je ne quête pas. »

Bien oui, me dis-je en m'en allant; j’ai compris, la dignité fait partie du menu affectif des gens de la rue, vendre le journal c’est un travail, ils ne demandent pas la charité. Quelle leçon !

Jeannine B. (lu dans l’Itinéraire)

2009-03-24

UN ÉLECTROCHOC DU CŒUR

Malgré mes 10 ans d’expérience, j’étais terrorisé à l’idée d’enseigner la religion à un groupe de filles de 15-16 ans, une matière bien ‘secondaire’ pour elles. Nous étions en période d’été.

Pendant mes vacances en Gaspésie, j’ai relu quelques programmes utilisés dans d’autres écoles secondaires, le défi n’était pas moins grand. Je me suis donc fait un programme ambitieux. Pas de bourrage de crâne, mais un électrochoc du cœur et de l’esprit : faire rencontrer le Dieu vivant à ces jeunes, un Dieu au cœur de leur vie, un Dieu qui les invite à le découvrir Lui et leur mission, à dire OUI, dans la foi, à l’image de Myriam de Nazareth.

A la rentrée, les filles ont été emballées par le programme que je leur ai présenté, une d’elles me dit : « Cette année, le cours de religion va nous faire avancer. » C’était un programme basé sur la vérité. Les jeunes sont faits pour la vérité, une vérité tellement belle qu’elle met le feu au cœur. La vérité, comme par exemple, la nécessaire abstinence en amour. Nous avons parlé aussi de suicide de ces jeunes qui a pour origine l’éclipse de Dieu dans leur vie et le combat de tous les jours contre vents et marées.

Grâce à la prière et notre action concertée, Dieu peut faire des miracles. J’en suis persuadé, le salut de notre milieu passe par ces jeunes filles, comme dans le passé par Marguerite Bourgeois, Émilie Gamelin, Marie de l’Incarnation, Jeanne Le Ber, et bien d’autres, qui ont tissé l’âme du Québec. Dieu peut encore opérer des miracles dans les cœurs !

Luc P. (Le Nic)

2009-02-12

LE COURAGE DE LA COMPASSION

Don accompagne Marc à l’urgence, il est en pleine crise.

Marc est prisonnier de lui-même et les autres sont impuissants à le comprendre dans sa souffrance. Don reste avec lui le temps qu’il faudra.

Voilà qu’au milieu de la nuit, Marc prend la main de Don et murmure : ''Quand tu es là, je me sens en sécurité.''

Pour Don, le plus difficile c’est de se taire et de tendre la main. C’est le sens de la présence! Il est bien conscient que c’est le courage de la compassion qui conduit à construire des relations dépouillées de supériorité et du besoin de contrôler. C'est ce qu'il a vécu avec Marc.

Une motivation vitale, la compassion !

Louis C.M. (Nouvelle Revue franciscaine)

2009-02-10

COMMENT J’AI TROUVÉ LE BONHEUR

Je suis arrivée à la famille Marie-Jeunesse, à Sherbrooke, Québec, pour des vacances d’un mois, le cœur rempli de haine envers une personne qui m’avait beaucoup blessée.
Après avoir discuté de cette situation avec un responsable, je me suis sentie un peu libérée.
Tous les jours, je priais à partir d’une Parole de Dieu; chaque fois, il était écrit de faire confiance au Christ, qu’il comblerait les désirs de mon cœur. Je voulais recevoir le sacrement du pardon, mais je n’osais pas.
Un matin, j’ai lu cette parole : ‘Demande le sacrement du pardon et tu obtiendras ma miséricorde.’ Je n’ai plus eu de doutes et je suis allée vers un prêtre pour me confesser. J’ai tout de suite été transformée, la vraie Vaimoe revit, elle connaît le vrai bonheur, la vraie paix.
Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre le Christ au centre de mon nouveau foyer, de mon couple, de ma vie. Je suis tellement heureuse et comblée par son amour et sa paix. Je sais que je suis aimée du Père!

Vaimoe, 19 ans, Tahiti (Revue Le Veilleur)

2009-02-05


FAIRE REVIVRE LA MÉMOIRE DE SES ANCETRES

Samuel, descendant d’un père québécois et d’une mère algonquine, se sert de son statut de Métis pour ouvrir des frontières entre blancs et autochtones.

Sur sa réserve, c’était difficile : à l’extérieur il était attaqué, dans sa réserve également où il n’était pas reconnu comme un Algonquin.

A 15 ans, il quitte le foyer familial, avec 5 $ en poche. Il vend de la dope et finit par avoir un gros problème de consommation. «J’ai perdu l’odorat et le goût à cause de la coke. Mais le jour de la naissance de mon fils, tout est revenu, j’ai dit à ma blonde qu’elle sentait bon.»

A 20 ans, il retrouve sa mère et sa grand-mère et recommence à parler algonquin, la langue de son enfance. «Ceux qui ignorent les aînés perdent l’essentiel, ils ont tellement de choses à nous dire». Chaque fois que Samuel retourne en Abitibi, il s’enferme avec sa grand-mère, seulement pour l’écouter parler. Il est devenu un gars de famille. «J’aime être avec ma mère, ma grand-mère, mes deux sœurs dont je suis très proche, être avec ma blonde et mon fils».

La musique a aussi été salutaire au gars endurci qu’il commençait à devenir. Grâce à une cinéaste, il commence à composer et à chanter. «Sans la musique, je serais aujourd’hui en prison». Que Dieu bénisse l’Amérique, la Terre et tous les peuples qui ont souffert, chante-t-il.
Le rappeur est optimiste et il veut continuer d’œuvrer à la réconciliation entre blancs et Amérindiens. «Les Etats-Unis ont un président noir, pourquoi le Canada, un jour, n’aurait pas un premier ministre d’origine autochtone? Qui sait, ce sera peut-être mon fils!»

(Lu dans l’Itinéraire, février 2009)

2009-02-03

Juste au bon moment!

Voici un petit témoignage qui peut nous faire réfléchir sur l’importance d’être présent(e) à notre entourage parce qu’on ne sait pas ce qu’il vit et que notre parole ou simplement notre attention peut valoir son pesant d’or. Les autres ont toujours besoin de notre bonté, notre tendresse, notre compassion.

« Un soir, un homme entre à la maison, va trouver son fils de 14 ans et le fait asseoir pour lui dire : » Une chose incroyable m’est arrivée aujourd’hui. Un des jeunes cadres de la compagnie est entré dans mon bureau, m’a dit qu’il m ‘admirait et m’a offert ce ruban bleu en hommage à mon génie créatif. Tu imagines! Il pense que j’ai du génie! Puis il a épinglé ce ruban où on lit : « Je ne suis pas n’importe qui », juste au-dessus du cœur. Il m’a donné un autre ruban et m’a demandé de le remettre à un autre. En revenant à la maison ce soir, je me suis demandé qui je choisirai pour remettre ce ruban et j’ai pensé à toi. Je veux te rendre hommage.

« J’ai des journées impossibles; quand j’arrive à la maison, je ne m’occupe pas beaucoup de toi. Parfois, je te dispute parce que tes notes ne sont pas bonnes ou parce que ta chambre est en désordre; ce soir, je veux m’asseoir avec toi et te faire savoir que tu es quelqu’un d’important pour moi. A part ta mère, tu es la personne la plus importante dans ma vie. Tu es un garçon fantastique et je t’aime! »

Le garçon étonné se met à pleurer et à sangloter et ne peut pas retenir ses larmes. Il tremble. Il lève les yeux vers son père et dit entre deux sanglots : « papa, j’avais décidé de me suicider demain, parce que je pensais que tu ne m’aimais pas. Maintenant, je n’ai plus besoin de le faire; tu m’es venu… juste au bon moment! Helice Bridges


Et nous, à qui pourrions-nous donner un ruban? Tellement de personnes auraient besoin d’entendre dire qu’elles sont aimées de nous et aussi de Dieu.

2009-01-29

À LA DÉFENSE DES PLUS PAUVRES

Des groupes de défense des droits sociaux déposent une plaine devant le Conseil de presse contre un animateur de radio, pour avoir proposé de retirer le droit de vote aux personnes vivant de l’aide sociale.
‘Ce n’est pas vrai que les personnes sur l’aide sociale ne contribuent pas à la société : elles achètent des vêtements, de la nourriture, des titres de transport en commun, elles paient des taxes, etc…’
Les commentaires de l’animateur sont humiliants, offensants pour des personnes vivant de l’aide sociale et vont à l’encontre de la Charte des droits et libertés. Le droit de vote est un droit essentiel à l’exercice de la citoyenneté. Remettre en question le droit de vote d’une personne parce qu’elle est assistée sociale est aussi grave et inacceptable que si l’on remettait en question le droit de vote des personnes d’un pays ou d’une province en raison de la couleur de leur peau ou de leur religion ou de leur langue.

ATD Quart Monde : Revue de presse déc.08

2008-12-29

MILLE HEURES DE BÉNÉVOLAT

Patrick et Froy, deux étudiants en médecine dentaire offrent leurs services en soins dentaires aux jeunes de la rue; ils distribuent d’abord brosse à dents et dentifrice, mais ils se rendent vite compte que ce n’est pas suffisant parce que plusieurs ont des problèmes de dentition. Ils ouvrent une clinique dans un petit local du CLSC où les jeunes peuvent rencontrer d’autres spécialistes, infirmières, psychologues. D’autres étudiants se joignent à leur projet, avec l’aide des chirurgiens dentistes du Québec en pratique privée.

Les jeunes de la rue présentent parfois des cas d’extrême pauvreté, de toxicomanie ou de santé mentale. Mais ils ont une force, une volonté de s’en sortir et l’équipe est fière de les aider.

Si dans 20 ans, il y a deux ou trois dentistes qui offrent bénévolement une vingtaine d’heures par année, ça représente un dentiste par semaine sur le terrain. On pourrait alors étendre notre pratique aux personnes âgées, aux jeunes familles et aux immigrants.

On ne peut pas sauver toutes les dents, mais on peut faire notre part et améliorer l’image du dentiste

(Atd Quart Monde, nov.08)

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2008-12-06

GRÂCE À VOUS ET À L'ITINÉRAIRE, J'AI CHANGÉ DE PERSPECTIVE

Tout a commencé par un accident...la chute d'un arbre, moi en-dessous et vlan ma vie qui change du tout au tout. Une mauvaise hernie à la colonne, pendant cinq ans, de plus en plus courbé, opération au dos, plus capable de travailler, pas de CSST.

J'ai vécu dans un refuge. Les intervenants et les bénévoles m'ont soutenu du mieux qu'ils le pouvaient. Pendant cette année de convalescence, le temps était très long et la belle qualité de vie que j'avais avant mon accident était bien loin.

Après ma convalescence, pas d'emploi à l'horison même si je voulais avec toute la bonne volonté du monde gagner dignement ma vie. Puis l'hiver arrive, plus d'argent, et c'est la catastrophe...obliger de quêter pour assurer un minimum vital. Humilié, le foulard devant la figure, espérant que personne ne me reconnaisse, je demandais la charité aux passants.

Puis, un jour, un gars de l'Itinéraire m'a proposé de vendre leur magazine. Après quelques hésitations, j'ai décidé d'y aller au début du mois de février. Depuis ce temps, l'espoir est revenu. J'ai retrouvé le contact social dont toutes les personnes normales ont besoin et que j'avais perdu.

Aujourd'hui, grâce à vous, je revis...Merci de tout coeur.

Yvon Massicotte, camelot

2008-10-21

MA VIE N’EST PAS TOUJOURS ROSE
par Michel L.

J’écris pour me libérer, me confier et faire sortir le trop gros que j’ai sur les épaules et la conscience.

Je vis dans un endroit qui n’est pas de tout repos : consommation de drogues, agressivité, insécurité…Je ne me sens pas chez moi, libre de faire ce que j’ai envie, de peindre, de sculpter car j’ai la tête pleine d’images. Je veux me trouver un logement et reprendre ma vie en main. Je pleure parfois sur la ruine de ma vie, j’ai perdu contact avec ma famille. Pour l’instant je survis, mais qui peut dire que la vie est facile?

À 50 ans, porteur du VIH et avec ma santé qui se détériore, je continue de me battre pour ma dignité, ma liberté et mon univers de bonheur.

(L’Itinéraire, octobre 2008)

2008-10-02

JE MARCHE LA TÊTE HAUTE

France a travaillé comme couturière jusqu’à 46 ans, sans savoir lire et écrire. A cet âge, elle s’inscrit à un groupe en alphabétisation et elle reprend confiance. « J’ai désormais plus d’assurance en mes capacités ».

Son énergie a gagné sa fille qui s’apprête à entrer au GEGEP. « Ma fille a appris aussi à travers ma démarche. Elle m’a vue me prendre en mains et ça l’encourage. Elle a compris qu’il ne faut pas attendre après les autres pour s’aider soi-même ».

« J’encourage les adultes à avouer leurs difficultés avec la lecture, à s’inscrire en alphabétisation et à cesser d’avoir peur ».

France a retrouvé la fierté. « J’ai appris à m’accepter et je marche la tête haute ».

(L’Itinéraire, septembre 2008)
HEUREUX DE CE QUE J’AI

J’aime beaucoup les bijoux, j’habite un quartier défavorisé mais je fais attention à mon image.

L’argent que je mettais dans la drogue et l’alcool est investi maintenant dans les choses plus essentielles comme la nourriture, des cadeaux que je fais aux personnes qui me sont proches.

Quand j’ai arrêté de fumer, je me suis permis un voyage pour aller voir ma famille.

Je crois que le fait d’avoir connu la rue et la pauvreté me fait apprécier ce que j’ai aujourd’hui.

J’ai des rêves mais je suis heureux de ce que j’ai aujourd’hui.

Richard T. (L’Itinéraire)

2008-09-11

RÉINSERTION SOCIALE PAR L’ENVIRONNEMENT

Anne M., passionnée de nature, a eu une vie mouvementée avant de joindre Pousses Urbaines, organisme spécialisé en horticulture.

«J’ai vécu des situations instables, mais c’est fini, à présent je m’occupe de mon environnement. Quand j’ai décidé de sortir de la rue, je cherchais une occupation qui allait me plaire. Je prends soin des plantes, je suis payée pour être entourée de l’odeur de la terre, de soleil, de verdure, c’est incroyable. Ce projet m’a rapprochée de ma famille; ma mère m’appelle pour me poser des questions sur l’environnement et le recyclage. Elle est fière de voir que j’ai enfin un pied bien ancré dans la terre. Je gagne ma vie en rendant service, je fais du jardinage, du désherbage, de la revitalisation de ruelles et d’espaces publics.

Dans ce projet, je travaille aussi sur moi-même. Je ne me sens pas jugée, il n’y a pas de pression, pas de compétition mais j’évolue énormément. Je fais ma part pour la planète et c’est très valorisant. Je suis ici pour moi. Cela teste ma personnalité, mon endurance et ma capacité d’adaptation. C’est un tremplin vers l’avenir.»

Alex N. (L’Itinéraire, août 2008)

2008-09-02

Sans bruit...
Betty Ward s'engage personnellement d’une façon extraordinaire afin d’enrichir la vie des autres. Elle s’active en coulisse, sans tapage, à aider les sans-abri et les femmes battues, leur offrant compagnie et espoir. Betty ne recherche pas de rôle de leadership professionnel mais utilise son temps et ses talents à aider les personnes que beaucoup d’autres éviteraient . en plus, elle a inspiré plusieurs autres à travailler avec elle pour offrir des retraites semestrielles aux femmes en transition jugées susceptibles de reconnaître le visage de Dieu.

Betty a dit : « C’est vraiment un honneur d’avoir été prises en considération. Mes liens avec les femmes en transition me sont précieux, car elle m’ont appris beaucoup sur la survie, la croissance et la guérison. »
Spokane : A.P

2008-08-15

DE L’ENFER DE L’ALCOOLISME AU BONHEUR

J’ai vécu dans une famille ordinaire de 6 enfants. Dans mon enfance, les déménagements successifs, souvent en cours d’année, donc plus d’amis, retard scolaire, instabilité à tous points de vue !

A 16 ans, je commençais à travailler dans une brasserie, ce fut le début de mes malheurs. J’avais la bière gratuitement, je pouvais en apporter chez moi. Je suis devenu alcoolique. Marié mais immature, irresponsable. Quand j’ai eu des enfants, j’ai cru que tout s’arrangerait, mais j’étais un père absent et incapable de ne pas boire. J’habitais le sous-sol de ma maison, avec ma TV, ma bouteille, je n’étais que le pourvoyeur de ma famille. Ma femme gérait tout !

Un jour, un compagnon de travail s’est absenté durant 3 semaines et quand il est revenu, tout avait changé : sur son conseil, je suis allé faire une thérapie à mon tour, j’ai tout expliqué à ma femme, puis nous nous sommes séparés. J’ai commencé à m’intéresser aux autres. J’ai appris à m’excuser et j’ai demandé pardon à mes enfants d’avoir été un père absent et alcoolique Ils ont eu assez de compassion, de tendresse, de confiance en moi pour me pardonner.

Aujourd’hui je suis heureux. Je crois en Dieu et je comprends l’importance de la spiritualité. Si je peux aider quelqu’un par mon témoignage, ce serait déjà beaucoup. Je dis aux autres d’avouer leur alcoolisme. Aller chercher de l’aide, c’est aller au devant du bonheur !

Anonyme

2008-08-06

CLAUDE NOUS PARLE DE LUI

« Apprendre à se connaître, c’est connaître plus que nos noms et nos prénoms : c’est se dire qui on est, parler de sa famille… on a tout un passé. »

Je suis né dans la ville de Québec, au Canada. Je suis le 6e d’une famille de 8 enfants et je considère que je suis d’une famille multiculturelle, une famille du Monde. Mon grand-père était écossais et ma grand’mère était amérindienne. Mon autre grand-père s’est sauvé de la Bulgarie, il s’est marié à une Acadienne.

Mon premier engagement pour le Mouvement Quart Monde a été quand on m’a demandé d’organiser la délégation des jeunes qui se rendaient à Genève, au Bureau International du Travail.

Ce n’est pas la misère des familles qui m’a engagé –
la misère ne peut pas engager les gens, elle trop pénible – c’est le courage que ces familles ont, même dans les moments les plus difficiles. Ce sont les efforts que font les gens qui disent qu’il est possible de s’engager aux côtés et avec les familles de la misère.

Mon engagement dans le Volontariat a mûri. Il y a eu des moments durs comme des moments fantastiques. Des amitiés se sont créées avec des volontaires et avec des familles. Certains sont devenus très importants pour moi.

Cette communauté, ce groupe de volontaires me fait vivre et me garde heureux. Chaque nouveau jour est un jour de bonheur. Je suis heureux tous les matins quand je me lève parce que pleins de nouvelles choses m’attendent.

Claude D.

Claude est décédé à 43 ans, au cours d’une fête réunissant de nombreux volontaires et amis
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2008-07-18

JARDINER… UNE THÉRAPIE !

Chaque printemps, je me prête aux joies du jardinage. Un immense champ, tout près de mon logement d'ancien itinérant; je cultive un petit potager, plusieurs légumes, quelques fraises, des fleurs.

Nous sommes des dizaines de résidants à cultiver un potager, sur un terrain qui appartient à Hydro-Québec. Nous n’avons pas demandé l’autorisation, mais Hydro-Québec ne semble pas regarder de trop près ces cultures maraîchères ou florales.

J’aime toucher la terre de mes mains, car je sens que je fais partie de la nature et j’ai l’impression que c’est bon pour moi. C’est aussi très valorisant de voir pousser mes propres légumes. Jardiner c'est comme une thérapie!

Maxime, camelot pour L’Itinéraire

2008-07-01

UN MIROIR EFFICACE

Se défaire de l’emprise de la drogue est un combat de tous les jours. Lorsque j’étais en thérapie, j’ai retenu une méthode pratique pour m’aider à relever mes défis personnels, c’est de se regarder dans un miroir. C’est devenu un réflexe : chaque fois que je passe devant un miroir, je m’arrête et je me parle pour me conditionner à ne pas recommencer. Avec le miroir, je vais chercher ma motivation pour ne pas retomber.

Maintenant je vois les belles choses de la vie que je ne voyais pas avant. Je suis devenu plus agréable pour les autres et j’ai du plaisir à échanger avec les gens qui m’entourent, ce qui était impossible auparavant. Ce moyen simple m’aide à me connaître et à régler mes problèmes sans avoir à me confronter aux autres.

Denis A. (L’Itinéraire)
ETRE PÈRE AUJOURD’HUI

Etienne vit les joies de la paternité :

«Dès que j’ai pris Roxane dans mes bras, j’ai vu ses petits yeux se fixer sur moi. On se donne mutuellement de l’amour, c’est un sentiment indescriptible.

Chez nous, les tâches sont séparées de façon naturelle. Je suis un peu ‘macho’, mais ça ne m’empêche pas de m’impliquer auprès de ma fille et d’épauler ma femme.

Je suis confiant d’être un bon père. J’ai eu de bons parents, donc de bons exemples. C’est certain qu’il n’y a pas de manuel pour apprendre, mais j’essaie d’être proche de ma fille et à l’écoute de ses besoins. »

Etienne G. (L’Itinéraire)

2008-06-26

POURQUOI ME CONFIER

Dans la vie, nous avons, tous et chacun, besoin de nous confier.
Un confident nous permet d’ouvrir notre coeur et de soigner nos blessures.

J’en ai fait l’expérience et j’en ai recueilli de nombreux bienfaits.
Quand j’ai pris la décision d’arrêter de consommer alcool et cocaïne, un réveil spirituel s’est manifesté en moi. J’ai compris que je n’avais pas besoin de ces substances pour fonctionner. Pour réussir ce changement, les membres de la fraternité AA m’ont encouragé et apporté de l’espoir. Grâce à eux, je me suis senti mieux dans ma peau et j’ai pris l’initiative d’aller vers les membres de ma famille.

Pouvoir me confier à ma famille et à mes amis m’a permis de rester en vie. Depuis ce temps, je me confie beaucoup à mes parents. Je ne cache rien à ma mère et elle est souvent de bon conseil avec moi. Je me libère du ‘méchant’ que j’ai en moi en échangeant avec mes proches.

Richard T.,

2008-06-17

DIEU AU CŒUR DU TRAVAIL

Je suis fils de travailleur.
J’ai su très tôt qu’il fallait se lever de bonne heure pour avoir sa place au soleil.

Je suis devenu prêtre et peu à peu je me suis senti mal dans ma peau.. L’Église n’avait pas de parti-pris clair pour les travailleurs et les opprimés. Je suis devenu travailleur manuel dans la cave d’un grand Hôtel. Cette conversion des pieds et ce baptême dans ma chair m’ont amené à voir Dieu et à le chercher avec des yeux nouveaux.

Le monde du travail m’a ramené à la dure réalité de la vie et de la lutte. J’ai senti dans ma chair la douleur de cette foule de travailleurs et de travailleuses qui partent chaque matin vendre la force de leurs bras sur le marché du travail pour le pain quotidien. J’ai aussi touché du doigt l’inégalité des chances devant l’injustice. J’ai été congédié, j’ai eu des procès, j’ai eu des ennemis…! J’ai ouvert les yeux et j’ai reconnu Dieu au cœur du travail et des luttes, lui qui chaque jour visite et libère son peuple.

Dans la cave de ce grand Hôtel, j’ai vu bouger l’Évangile avec des visages, des noms et des gestes dans la vie simple de mes compagnons et compagnes de travail. J’ai reconnu Dieu à l’ouvrage dans des gestes de solidarité et de libération.

Il n’y a pas d’autre Dieu que Celui qui a entendu les cris de son Peuple et qui a décidé de les faire sortir de leur esclavage. Il n’est pas venu faire un stage parmi nous, il a suivi le chemin de l’humanité jusqu’au bout.

J’ai vu des travailleurs debout et je me suis réjoui parce qu’ils étaient déjà marqués par la Résurrection. Le Royaume de Dieu est proche si nous avons les yeux ouverts.

Benoît F. (Relations, extraits)

2008-04-29

POUR LES FEMMES DE LA RUE (témoignage)

Diane T. s’est un jour approchée des femmes de la rue à pas feutrés. Elle savait que chacune a une histoire, donc qu’elle a quelque chose à dire. Elle les a invitées à ouvrir un morceau de leur vie, parfois des lambeaux. Elle les a laissées libres de se donner un nom de plume ou un vrai nom ou l’anonymat. Elle en a constitué une mosaïque de petits textes dans un livre un peu éclaté avec des zones de lumière et des zones d’ombre. Le fruit de ce travail est publié aux Editions Remue-Ménage : « L’ABC d’art de la rue des femmes ».
Une autre façon de faire connaître les femmes de la rue ou les femmes qui fréquentent les centres de courte durée, les femmes en voie de réinsertion sociale! Un autre regard sur ces femmes qui appellent notre respect et notre compassion!

Carole M.

2008-04-15

UNE AUTRE JOURNÉE COMMENCE

J’ai décidé de publier dans mon Journal de rue l’une de mes peintures, celle qui est suspendue sur un mur à la maison et dont le thème est « Lever du soleil ». Le soleil m’inspire beaucoup. Cela fait environ un an que j’ai commencé à peindre. C’est un atelier de peinture qui m’a donné le goût de prendre les pinceaux, il y a un an. Je peins au rythme d’une fois par semaine.
C’est par la peinture que je peux m’exprimer davantage, donner un sens à ma vie, transmettre mes émotions et mes sentiments et partager mes pensées. Tiens voici une de mes pensées :
Quand le ciel est gris, regarde vers la Terre,
Quand le ciel est bleu, regarde vers les cieux.

Jacques É.



JE VOUS LANCE UN S.O.S.

Je vends un Journal de rue depuis longtemps. Vous qui passez devant moi, vous acceptez ma présence et vous me dites que je fais presque partie du décor. Ça me fait plaisir quand vous me dites bonjour en passant. Je suis à mon poste quand vous allez travailler le matin, je vous vois aller magasiner et je vous retrouve en fin de journée. Cependant, même si je travaille d’arrache-pied, j’ai peine à joindre les deux bouts. J’ai besoin qu’un grand nombre de personnes fidèles achètent le journal. J’ai besoin de vous. Vous êtes ma seule chance d’atteindre mon but. Je voudrais pouvoir compter sur la vente du Journal comme seule source de revenu. Est-ce trop espérer? L’avenir réserve sa réponse, mais j’ai confiance.

Normand D.

2008-04-10

DAVID ET SOPHIE

Un couple et leurs 3 enfants s’engagent en faveur des pauvres et pour lutter contre la misère.

Sophie est du Québec et David est français. Ils vivent en France pour le moment, mais leur engagement comme volontaires dans le Mouvement Quart Monde peut les amener à d’autres pays parce qu’ils ont au cœur une compassion pour des personnes pauvres, qui ont le courage de se lever chaque matin. Avec elles, ils disent NON à la misère. David et Sophie sont engagés dans un Centre de promotion familiale créé par le Mouvement Quart Monde.

SOPHIE : « Mon engagement dans le Mouvement veut permettre à des familles pauvres d’être accueillies dans un logement, de découvrir le quartier et de se préparer à repartir dans un logement définitif. »

DAVID : « C’est un projet qui demande une énorme dose d’énergie car il propose aux adultes et aux jeunes de travailler ensemble dans des activités de formation et de culture; ce sont les relations qu’on tisse ensemble qui me marquent…»

Actualités Quart Monde, mars 2008 - Th.

2008-03-24

TAIZÉ… un tout petit village

Un petit village qui résiste à cette société de consommation, de valeurs superficielles, de superflu, du temps pressé et de l’individualisme.

En montant cette côte où le petit village de Taizé est perché, j’ai ressenti la force de ce lieu de prière, la grande énergie qui émanait de ce monticule. Ce fut le choc! Une nuée de jeunes adultes allant dans tous les sens. Mes premiers pas dans ce complexe immense de Taizé étaient tout simplement étourdissants. Il y avait des bagages partout et beaucoup d’autobus. Comment peut-on s’imaginer passer là une semaine d’intériorité?
Pourtant, petit à petit, le chaos s ‘évanouit, laissant la place à un état de béatitude: le coeur s'adoucit, l’âme se nourrit.
Qu’est-ce qu’il y a de si spécial à Taizé ? Soi-même, sa vérité, sa réalité. Toutes les individualités s’unissent pour ne former qu’une seule voix de prières et de chants. Même s’il y a 5000 personnes dans un même lieu, il y a toujours soi-même présent pour parler intimement à Dieu. Recueillement. Silence. Intimité.
Ce qui rend Taizé unique est cet unisson ultime de respect, d’intimité partagée, de simplicité.
Même si on ne la trouve pas sur une carte routière, elle est sur la carte de mon cœur!

Thierry

2008-03-11

Ça saute aux yeux... Par Mariève Tremblay


"Quelle histoire touchante! Etre sourde et
non- voyante pour faire sa vie n'est
sûrement pas toujours de tout repos.
Quel courage de trouver la joie malgré
sa différence, c'est une belle leçon de vie
qu'elle nous apporte.
" Voici une description faite de son contact
avec Éveline par son interprète Hélène:

"Nous étions à la chapelle; son regard s’est posé sur moi, profond, confiant, paisible, alors que je m’asseyais pour la première fois à ses côtés. Nos mains s’étaient rejointes.

Éveline est née sourde. Chaque jour où je la voisine, son accueil me ramène résolument à elle. J’embrasse ses mains, elle ouvre les yeux d’un jet, renverse la tête en riant et me serre tout contre elle. Elle a tant à dire et j’ai tant à apprendre. Elle sait tout : les potins, l’actualité, mon cœur, les lois, l’horaire, les autres, hier et demain. On jase, on jase. Elle m’enseigne la vie. Et après on marche. Tout le monde vient à elle. On jase juste un peu plus. Pourquoi tous les mots alors que d’un haussement, elle devient complice, d’un subtil clignement, elle désapprouve, d’un plissement, elle remercie !

Le regard éclairé de ses mimiques, nourri de son sourire qui aime… le regard d’une femme extraordinaire qui a vu 81 ans passer.

Éveline est aujourd’hui aveugle et je suis son interprète. Avec toute mon affection, Hélène "

2008-03-10

DES PASSAGERS SANS VALISE

Michel est un chauffeur d’autobus pas comme les autres. Sa clientèle est celle des sans-abri, donc sans-valise. Son circuit est celui des rues du centre-ville de Montréal. Son terminus est l’un des refuges où les sans-abri peuvent trouver un gîte pour la nuit. C’est là qu’il dépose ses clients sans-valise. Tous les soirs, de décembre à fin mars, Michel sillonne les rues du Centre-Sud et du Centre-ville, il fait la navette entre 4 maisons pour sans-abri, il fait monter ses clients transis par le froid et le vent.
«On ne peut les laisser dehors à -20° »

Beau témoignage de compassion !

(Revue de Presse, Quart-Monde)

2008-03-06

UNE PERSONNE BLESSÉE,

Ana est née au Salvador.
« Toute jeune, j’ai été abusée par mon frère, mon père, mon beau-père, les voisins. A 18 ans, je suis partie au Guatemala, puis au Mexique. A travers une vie de misère et d’itinérance, j’ai eu trois enfants dont un trisomique. Puis je suis passée aux Etats-Unis où, malgré mon manque d’instruction car je ne suis jamais allée à l’école, j’ai fini par exercer de vrais métiers : blanchisseuse, couturière. Mon idée était d’aller au Canada pour éloigner mes enfants de la misère. A 49 ans, le Canada et le Québec m’accueillent et pour la première fois j’ai obtenu un appartement et découvert une dignité que je n’avais jamais connue. Maintenant, je me sens considérée comme une personne. Une personne blessée mais une personne quand même. »
__________________

Bravo Ana, pour ton courage, ta volonté de sortir de ta misère et ton amour pour tes enfant! Nous te souhaitons de trouver au Canada un milieu et des gens qui reconnaissent tes droits de femme et de mère pour que tu puisses vivre dans la dignité. Tu as toute ma compassion !

2008-02-29

DE GRAND-PÈRE ROBERT

Ma petite-fille est née il y a moins de deux ans, en Chine. Abandonnée dans un lieu public le jour de sa naissance, trouvée et remise au personnel d’un orphelinat; inscrite sur la liste d’adoption et ce furent ma fille et son mari qui devinrent la mère et le père de Clara. Du coup, je devenais grand-père et un grand-père comblé et ma petite-fille devenait plus choyée qu’une princesse.

Est-ce que je dois me réjouir en pensant qu’avec une famille, la sécurité et l’amour, Clara aura comme un supplément de bonheur garanti !

JE NE CROIS PAS

Il est facile d’aimer au présent, mais l’amour véritable se projette dans le futur de l’autre. Aimer nos petits enfants, c’est leur donner nos forces et notre temps pour qu’ils puissent vivre dans un monde viable et exempt de conflits, le plus possible.

De grandes questions comme l’environnement doivent nous préoccuper, la pollution, la production des Gaz à Effets de Serre (GES) des grandes pétrolières certes, mais notre production, chacun de nous. On veut compenser par la production du méthanol, par une culture intensive du maïs, chez nous et dans les pays du Sud, on ne pense pas que cette production massive vise plus à satisfaire la soif de nos voitures, amasser des bénéfices pour les riches qu’à vraiment contribuer à réduire les GES et de plus ce sont les forêts du Sud qui seront détruites et les terres agricoles, appauvries.

Cela, il faut le dire sur la place publique, se renseigner, faire la promotion des alternatives comme le transport en commun. Il en va de la vie et du bonheur de ceux que nous affirmons aimer, nos petits-enfants et toutes les générations qui nous suivront.







2008-02-21

- Un ami de la France nous confie cette intention de prière:
Edith, qui a accouché d'un petit Martin. Celui-ci est en pleine forme. Pendant l'accouchement, il y a eu de graves complications et Edith est actuellement en réanimation dans un état très critique. Les médecins ne se prononcent pas sur ses chances de survie. Son foie saigne beaucoup et l'hémorragie, qui semblait stabilisée, a de nouveau reprise.

En union de prière,
Marie des Neiges

2008-02-07

L’AMOUR PARTAGÉ

La fête de la St-Valentin est une journée où on pose de petits gestes pour les gens qui nous tiennent à cœur. Bien sûr, c’est toute l’année qu’on doit le faire. Mais ce jour-là c’est un sourire, un mot gentil, une caresse, une carte de vœux, une caresse pour partager notre amour avec les gens qui nous sont proches.
C’est la fête de l’amitié, de la bonté, de la tendresse, de la compréhension, de l’amour; c’est un prétexte pour faire plaisir, partager notre bonté et mettre de côté nos chicanes.
C’est une journée importante parce qu’elle est synonyme d’amour.

Mots d’un camelot : Gilles et Richard

2008-02-05

COMPASSION ET ESPÉRANCE

Ce matin, à la sortie du métro, Éric, un camelot m’accueille avec un beau ‘Bonjour Madame’.
Abonnée de cœur à son journal de rue, je l’achète tout en m’informant de lui… Et le voilà parti dans les confidences : 16 mois de prison, heureux maintenant de ce travail de camelot, motivé en pensant à son fils de 3 ans qu’il veut garder, toujours craintif devant la DPJ. « Je vais tout faire pour le garder! »

Éric est venu chercher en moi ma compassion, lui, m’a donné son espérance et sa force de décision de garder ce qu’il a de plus cher, son fils.

Un matin gris mais nos vies sont toutes ensoleillées!

Un 'au revoir' tout joyeux et plein de confiance…

Émilie Gamelin
était là avec nous, entre nous, je lui confie Éric.

Th.

2008-01-27

Est-ce cela la compassion?

"J'avais alors 16 ou 17 ans et j'étais en voiture avec trois de mes amis. Soudain, l'auto qui roulait devant nous a fait une embardée et a capoté plusieurs fois. On s'est évidemment arrêtés sur-le-champ. Je ne sais pas comment j'ai fait, vu l'état de choc dans lequel je me trouvais, mais je suis sortie de la voiture et me suis précipitée pour secourir les accidentés. J'ai d'abord composé le 911, puis j'ai sorti des couvertures de l'auto pour couvrir les victimes. L'une d'entre elles était coincée dans la voiture et on n'a pas voulu la toucher- de peur de faire une mauvaise manoeuvre - mais on a pu sortir l'autre personne. Les choses se sont passées très vite et ce n'est qu'après coup que j'ai vraiment réalisé tout le courage que ça m'avait pris pour garder mon sang-froid." Patricia, 29 ans

(Lu dans "Elle Québec" novembre 2007)

2008-01-16

Harmoniser les deux parties de mon être

Vers l'âge de dix ans, je me suis fait une perception de l'amour, tel que moi je l'ai compris, sans poser de questions à mes parents. J'ai commencé à chercher des moyens pour me faire aimer, j'ai pensé que l'amour je devais le mériter. J'ai commencé à faire toutes les tâches que l'on me demandait, comme faire la vaisselle ou aider ma mère à faire de la pâte à tarte. J'étais déçu, je ne me sentais pas plus aimé.
À l'école, j'ai perdu le peu d'estime qu'il me restait car j'avais un gros problèmes d'apprentissage et la maîtresse me ridiculisait devant les autres élèves. Je ne me suis pas senti aimé et j'ai détesté l'école. À quatorze ans, mon père est tombé malade et je l'ai manipulé avec sa maladie afin de laisser l'école.
J'ai commencé à travailler dans une crèmerie comme journalier. J'ai oeuvré là pendant deux ans, à raison de douze heures par jour et sept jours par semaine. J'ai laissé ce boulot pour aller travailler à Montréal, où j'ai débuté à l'université de la vie, toujours à la recherche de l'amour. J'ai appris la lecture de plans les soirs, avec de vieux plans qu'un contremaître me donnait. Il m'encourageait et me disait:"Remarque le travail que tu fais le jour et regarde le plan. Quand tu auras terminé avec, tu sauras comment cela fonctionne."
Quelques années plus tard, je commençais comme contremaître mais je ne m'aimais pas plus. J'ai alors connu l'alcool qui m'a aidé à décompresser pendant plusieurs années. Merci mon Dieu! Car cela m'a aidé à vivre dans ma souffrance. J'ai connu Alcooliques Anonymes dans mes recherches de bonheur. J'ai fait des thérapies sur les Étapes AA mais je n'étais pas capable de me pardonner. J'ai cherché partout pour trouver le bonheur dans les meetings intensifs.
Puis, un jour, j'ai fait une fin de semaine intensive à COPAM (une communauté de base) par l'entremise d'un ami et, pour la première fois, je me suis senti aimé sans condition et accepté tel que j'étais. C'est devenu une famille pour moi, je ne trouve pas les mots pour vous exprimer ce que j'ai ressenti à l'intérieur de moi: un bien-être inexplicable. Depuis ce temps, je pense à toutes ces personnes chaque jour et je les place dans mon coeur et mes prières.
"Maître, quel est le plus grand commandemant de la Loi?" Jésus lui dit:"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même." (Mt 22, 36-39)
C'est avec les gens de COPAM que j'ai commencé à apprendre comment aimer à la manière de Jésus. Je termine en vous disant: "Merci, je vous aime de tout mon coeur."
A.L. Tiré de la revue "Sève" de la communauté de COPAM

2007-11-27

Deux voisins devenus amis

Pierre est propriétaire d’un triplex cossu, il conduit une BMW et porte de beaux costumes.
François, lui, arpente les ruelles à vélo, habillé de vêtements de bazar; il vit de l’aide sociale tout en cherchant un travail.

Pierre possède un stationnement privé derrière son triplex, trop grand pour sa voiture. François, constatant l’espace, a pris son courage à deux mains et demandé à Pierre s’il pouvait occuper un bout du stationnement pour se faire un jardin, il voulait faire pousser des tomates et des concombres. En échange, il enlèverait les feuilles à l’automne et la neige en hiver.

Et Pierre a dit : ‘Oui, d’accord, vas-y pour le jardin’. Et avec le temps, ils sont devenus amis. Cette année, Pierre a fait encore plus de place et François y a ajouté des carottes et des fines herbes. Ce minuscule bout de terre cultivé sur le gravier d’un stationnement est devenu le fleuron de la ruelle. Un accommodement qui a dépassé le simple raisonnable pour devenir profitable.
C’est la grâce que je nous souhaite!

(G. Lefebvre, Revue de Presse, ATD Quart Monde)

2007-11-07

UN HOMME ZEN…
un homme de cœur

Je garde des souvenirs précis de mon enfance : la bénédiction du Jour de l’An, la prière avant les repas, après la communion, le silence : j’étais un contemplatif.
J’avais une tante religieuse, en France, la petite sœur des pauvres. J’aimais les rassemblements au collège. Devenu adulte, j’ai décroché.
Plus tard, j’ai lu L’art du Bonheur, du Dalaï-Lama, ça m’a éveillé, ce livre m’a touché au cœur, ce fut comme si je revenais à la maison après un long voyage.

Tout cela aurait pu rester une belle lecture, mais quand j’ai commencé à appliquer les principes de générosité, de patience, de compassion, j’ai vu les résultats.
J’ai aussi lu des livres sur la méditation et j’ai échangé avec une jeune fille, Isabelle, atteinte d’un cancer. Ce fut un coup de foudre entre deux âmes!


Des choses se sont alors mises en place : continuer à travailler 80 heures par semaine? me gonfler de gloire? ou revenir à des valeurs essentielles? Avec Isabelle j’ai compris que je voulais faire de la place au bénévolat et à une démarche dans ma vie.

Maintenant, je fais la formation de bénévoles avec LEUCAN pour accompagner des jeunes en fin de vie. ‘Il y a beaucoup d’amour et de paix dans la mort et la maladie.’

J.M.Lapointe


2007-08-24

Bienvenue à toute personne désireuse de nous faire profiter de leurs expériences: s.v.p. écrivez votre texte et faites nous le parvenir à l'adresse suivante: emilieheritage@gmail.com et nous le publierons pour vous sur le blog TEMOIGNAGES . Merci

2007-06-18

RECHERCHER LE SILENCE
par Maxime

Le bruit de la ville entraîne beaucoup de stress et d’énervement. Là où le bruit des autos est omniprésent, je remarque que de nombreux automobilistes sont à bout de nerfs.

S’ils ne prenaient pas leur auto une journée par semaine, s’ils allaient se ressourcer en écoutant les sons de la nature, je suis certain que cela leur ferait le plus grand bien.

Les médecins et les psychiatres devraient peut-être proposer à leurs patients de laisser leur voiture de côté au lieu de prendre des pilules.

Ce serait peut-être plus efficace !

(L’Itinéraire, octobre 2007)

2007-04-25

CULTIVER LA PAIX

Un jour, j’aperçois dans le corridor de l’Hôpital un homme (que j’appellerai Louis), il a l’air d’une âme en peine. Il se tient à la porte de la chambre de sa mère agonisante. Je lui demande si je peux faire quelque chose pour lui. Il me répond qu’il aimerait voir un prêtre.
J’appelle à six endroits, sans succès. Je retourne auprès de Louis et lui demande : « Si c’est simplement pour parler, croyez-vous que je puisse faire l’affaire? », il me répond que oui. Nous trouvons un coin tranquille et il parle pendant 35 minutes; j’ai à peine prononcé trois phrases, pour lui dire qu’il avait le droit de pleurer, pour lui parler des réserves étonnantes de l’amour maternel et sur les ressources inépuisables de la tendresse de Dieu.

Cette rencontre m’a procuré une grande paix. J’aime penser qu’il en est peut-être resté un germe dans le cœur de Louis.

La paix intérieure restera sans doute toujours pour moi une victoire fragile. Voilà pourquoi je la cultive avec beaucoup de soin.

Marie G. (Aubepaix)
HECTOR GAGNE SON PARI…

Hector, un camelet depuis des années, vient de réaliser son rêve : s’installer en Gaspésie, dans une maison bien à lui.

Avec les années, Hector a accumulé son petit magot, délaissant la consommation et se bottant le derrière pour aller vendre le journal, même lorsque le moral n’y était pas. « A force de persévérer, j’ai réussi à réaliser mon rêve ».

Son courage et sa volonté sont des moteurs pour les autres camelots. Après une vie où la violence, la drogue auraient pu l’amener au fond du fond, Hector en a eu marre : « Un matin, j’ai tiré un trait sur ce qui nuisait à ma vie, je me suis éloigné de mes connaissances négatives et j’ai arrêté de consommer. Depuis que j’ai décidé de me reprendre en main, j’ai des ailes ».

Hector prévoit retaper sa maison pour en faire un gîte du passant et louer ses 5 chambres à des touristes. En plus, Hector qui ne jure que par la pêche et la nature, y trouvera certainement son bonheur.

Bon vent Hector !

(Extraits du Journal L’Itinéraire, 15 août 2007)

2007-04-23

Voici un texte de Mère Thérèse de Calcutta, cette femme remplie de compassion pour toutes les misères humaines.


Quand j’avais faim, tu m’as donné à manger.
Quand j’avais soif, tu m’as donné à boire.
Ce que vous ferez au plus petit des miens, c’est à moi que vous le ferez.
Maintenant, entrez dans la maison de mon Père.

Quand j’étais sans logis, tu as ouvert tes portes.
Quand j’avais nu, tu m’as donné ton manteau.
Quand j’étais las, tu m’as offert le repos.
Quand j’étais inquiet, tu as calmé mes tourments.

Quand j’étais petit, tu m’as appris à lire.
Quand j’étais seul, tu m’as apporté l’amour.
Quand j’étais en prison, tu es venu dans ma cellule.
Quand j’étais alité, tu m’as donné des soins.

En pays étranger, tu m’as fait bon accueil.
Chômeur, tu m’as trouvé un emploi.
Blessé au combat, tu as pansé mes plaies.
Cherchant la bonté, tu m’as tendu la main.

Quand j’étais noir, ou jaune ou blanc,
insulté et bafoué, tu as porté ma croix.
Quand j’étais âgé, tu m’as offert un sourire.
Quand j’étais inquiet, tu as partagé ma peine.

Tu m’as vu couvert de crachats et de sang.
Tu m’as reconnu sous mes traits en sueur.
Quand on se moquait, tu étais près de moi,
et quand j’étais heureux, tu partageais ma joie.

Rends-nous dignes Seigneur,
de servir nos compagnons qui, à travers le monde,
vivent et meurent dans la misère et dans la faim.
Donne-leur par nos mains leur pain quotidien,
et par notre amour la paix et la joie.

Mère Térésa

2007-04-21

JE SUIS UN SOLITAIRE

J’ai toujours été habitué à être seul, je suis d’une nature gênée. J’ai du plaisir à me retrouver avec les animaux, dans la nature. C’est la nature qui soigne les blessures que me font les gens.

Mais lorsque je vends le journal, le fait d’être reconnu sur la rue, d’être appelé par mon nom me fait toujours plaisir. Par exemple, une actrice de théâtre m’achète tout le temps le journal et elle m’encourage : ça fait du bien de me sentir considéré par des gens connus. Parmi les personnes que je rencontre, les femmes s’inquiètent de mon état et ça me fait chaud au cœur.

Maxime, camelot

2007-04-15

LA COMPASSION D’UN MÉDECIN

Il y a quelques mois, je me suis retrouvée à l’hôpital avec une inquiétude immense au cœur. J’étais alors dans le 1er trimestre d’une 2e grossesse et des signes me faisaient craindre le pire.

Les heures passées à l’urgence m’ont paru interminables. Quand le médecin est venu me rencontrer, il a prononcé l’expression que je redoutais : «fausse couche». Après je n’entendis plus rien, il continuait de parler mais j’étais submergée par ma peine. Il a alors pris ma main avec sollicitude. Ce simple geste m’a réconfortée, il donnait une note d’humanité à son intervention. Par cette attitude, il me disait : ‘je suis avec vous’. Le médecin ne pouvait modifier la réalité, mais il restait la compassion et c’est tout ce qui pouvait me réconforter : une présence compatissante.
ETRE LÀ POUR MES AMIS

Je préfère me faire aimer que me faire haïr. Si un de mes amis est en mauvaise posture, je suis capable de me rendre disponible pour l’aider. J’aime rendre service aux autres. Quand j’ai un ami, je dois tout faire pour le garder, car l’amitié est une chose rare et précieuse.

J’ai une cliente qui a déjà eu besoin d’être écoutée et c’est ce que j’ai fait pour essayer de l’aider. Pendant toutes mes années de vente, j’ai eu de nombreuses occasions de remonter le moral de clients qui avaient la mine basse. Et même si ce n’était pas des amis, j’étais heureux de leur apporter un peu de réconfort !

Richard T, camelot
CAMELOT, toute une job !

‘Quand on me demande ce que je fais, je dis que je travaille pour un journal’ dit Alex. ‘Des fois, je le vends, des fois, j’écris dedans ‘.

‘Le jour où je suis devenu camelot, ajoute Alex, j’ai été transformé, j’étais devenu un travailleur autonome, dès le début, je me suis senti quelqu’un, je n’avais pas l’impression de quêter, je faisais quelque chose de ma vie’.

Au-delà du salaire qu’ils en retirent, c’est beaucoup le fait d’avoir une étiquette qui aide à la reconnaissance d’un travail, précise Sylvie, spécialiste du travail autonome.

Les camelots ne vendent pas n’importe quel produit : le journal leur permet d’avoir des liens avec les clients et clientes et les bienfaits rejaillissent sur les gens qui les entourent; cela rend leur emploi d’autant plus valorisant !

(L’Itinéraire, mai 2007)

2007-03-06

Une pharmacienne humaine et compatissante

Michelle a une règle d’or : aimer travailler avec le public, aider les gens, les renseigner, être à leur écoute, offrir un ‘petit plus’ inattendu, s’informer de la santé de ses clients et clientes.
« Nous sommes un peu comme les médecins; je veux que les gens sachent que, chez nous, ils peuvent bénéficier d’une opinion franche. »

Il arrive parfois à Michelle de dire à des personnes qu’elles ne sont pas obligées de prendre des médicaments; devant une telle affirmation, la plupart sont abasourdis. Son opinion c’est qu’on consomme trop vite des médicaments sans chercher à comprendre les causes profondes des problèmes, alors qu’on peut parfois les régler sans pilules. Et lorsque les médicaments sont nécessaires, elle prend soin d’expliquer les effets secondaires et n’hésite pas à faire un suivi.
« Le but est de créer un lien de confiance, » explique-t-elle.
La pharmacie n’est pas seulement un lieu de travail, mais son chez-soi.

Une pharmacienne nouveau genre! Un baume au cœur de plusieurs !

Recueilli dans L’Itinéraire, mars 2007.
UN JOUR A LA FOIS

On est à 9 jours de l’anniversaire de mon garçon. Un an !
J’ai comparu en cour aujourd’hui, ils m’ont donné deux heures de visite super-visée, chaque dimanche. Génial !


Il y a aussi mon rétablissement, c’est-à-dire mon abstinence de consommation de drogue. C’est un objectif difficile à accomplir mais je fais beaucoup d’ef-forts pour le réaliser; je le fais un jour à la fois. Je fais aussi une thérapie externe dans un centre. C’est le fun, il y a du monde qui m’aide à ne pas re-commencer à consommer.

Je continue ma formation en ébénisterie et j’aime ça. J’apprends quelque chose de nouveau dans ma vie pour réintégrer le marché du travail.
Il y a presque deux ans que je travaille pour un journal et je trouve ça génial. On rencontre des gens intéressants qui s’occupent du problème de l’itinérance.

C’est enrichissant de vendre le journal car je rencontre beaucoup de personnes avec qui je discute de divers sujets. Quand je travaille, ça me permet de me payer les trucs nécessaires pour vivre.

Merci.

Stéphane, camelot pour l’Itinéraire.

2007-03-04

TOUT PARTAGER

Je viens d’une famille de deux enfants. Ma sœur était souvent absente, je n’ai donc pas appris à partager.
A l’Arche où j’ai passé 5 ans j’ai dû apprendre. Du jour au lendemain, au début, ce n’était pas évident de prendre mon café, le matin, avec 8 personnes, partager mon espace physique! Mais cela est devenu vite une richesse.
A l’Arche, la notion de partage est au centre de nos foyers. Pour moi, c’est maintenant une spiritualité que je vis au quotidien, tout simplement, par des sourires, de grandes joies, mais aussi en partageant nos tristesses, nos colères, nos changements. Partager est devenu ‘le verbe être’ .
Je me sens à part entière dans cette nouvelle famille où je suis en confiance avec Carole, Sharon, Robert ou Peter. Même si je m’éloigne, je me sens toujours un des membres.

Témoignage de Kim
(L’Arche-Montréal : www.larche-montreal.org)

2007-03-01

Henri handicapé… et rayon de soleil

Henri est célibataire, handicapé, ne se ferme pas sur lui-même; il fréquente des personnes seules et démunies et il les aide en leur rendant des services de tout genre.
Il s’est trouvé un mode de vie qui le rend heureux en partageant ses capacités d’entraide avec des personnes démunies comme lui.
Il est un véritable rayon de soleil qui éclaire et réchauffe depuis… plus de 20 ans.

(de Georges Convert, Du pain sur la Table, livre 2, p.98)

2007-02-21

Mère Gamelin est un bel exemple à suivre, pour tous et toutes, et pour toutes les vocations. Fille, laïque engagée, mère, épouse, fondatrice et religieuse d'une congrégation...en ferons-nous autant en une seule vie? l'Enfant de Dieu

2007-02-15

Ce soir, je veux remercier Emilie pour mon arrière petit-fils qui est superbe. Je lui confie aussi une intention spéciale, mon époux qui a un examen particulier, lundi prochain concernant sa condition mais j'ai bien confiance et je la remercie à l'avance car je suis sûre qu'elle prendra soin de nous. Claire

2007-01-09

Que les choses se placent
Pour 2007, je me souhaite de la santé, du bonheur, de l'amour et de la prospérité! Ayant eu une année difficile en 2006, surtout question santé, j'espère qu'en 2007 les choses se placeront. Dans le vie, malgré les épreuves qui peuvent nous arriver, il ne faut jamais abandonner, mais plutôt se relever les manches et foncer. C'est ce que j'ai fait de peine et de misère en 2006. Parfois, on a beaucoup de marches à monter avant d'arriver au sommet, mais quand on s'en donne la peine, on finit par y arriver, et ce, peu importe le temps que cela peut prendre. Gardez le sourire!
Un camelot de la revue Itinéraire

2007-01-08

CÉLÉBRONS LA VIE

Un Centre pour personnes qui ont soif de contact humain…

Des femmes viennent à ce Centre, participent à des groupes de croissance personnelle et autres activités, découvrent leurs talents, enrichissent leur vie par une meilleure connaissance d’elles-mêmes, réalisent de belles expériences et demeurent positives face aux difficultés.

Des hommes aussi, des pères, prennent la parole au Centre pour exprimer leurs besoins, leur différence et enrichissent les autres par leur présence et leur engagement.

Le Centre est devenu ce qu’il est, après 30 ans, grâce à toutes ces personnes participantes qui sont passées et ont laissé de leur dynamisme, de leur créativité, de leur engagement social et beaucoup d’elles-mêmes. Elles ont créé ainsi un milieu communautaire toujours vivant.

Pauline

Tél. : 514-523-9283

2007-01-06

Je réapprends à vivre

« Depuis ma tendre enfance, j’avais dû vivre dans la noirceur. J’étais loin de mon Dieu d’Amour, je souffrais d’un mal de vivre, profondément ancré en moi, insidieusement… sans que je m’en aperçoive. Je voulais être aimée à tout prix.
Comme ma foi était éteinte, je ne pouvais pas laisser pénétrer l’Amour de Dieu dans mon cœur pour que je sois comblée…
Aujourd’hui je réapprends à vivre, à m’aimer telle que je suis, avec la joie que mon Dieu d’Amour m’a donnée. Ainsi je peux m’épanouir et respirer profondément tout en laissant tomber les barrières qui m’habitaient et qui m’empêchaient de vivre. »

Témoignage de Georges Convert, tiré de ‘Du pain sur la table’ p. 42

2006-11-09

Juste au bon moment!

Voici un petit témoignage qui peut nous faire réfléchir sur l’importance d’être présent(e) à notre entourage parce qu’on ne sait pas ce qu’il vit et que notre parole ou simplement notre attention peut valoir son pesant d’or. Les autres ont toujours besoin de notre bonté, notre tendresse, notre compassion.

« Un soir, un homme entre à la maison, va trouver son fils de 14 ans et le fait asseoir pour lui dire : » Une chose incroyable m’est arrivée aujourd’hui. Un des jeunes cadres de la compagnie est entré dans mon bureau, m’a dit qu’il m ‘admirait et m’a offert ce ruban bleu en hommage à mon génie créatif. Tu imagines! Il pense que j’ai du génie! Puis il a épinglé ce ruban où on lit : « Je ne suis pas n’importe qui », juste au-dessus du cœur. Il m’a donné un autre ruban et m’a demandé de le remettre à un autre. En revenant à la maison ce soir, je me suis demandé qui je choisirai pour remettre ce ruban et j’ai pensé à toi. Je veux te rendre hommage.

« J’ai des journées impossibles; quand j’arrive à la maison, je ne m’occupe pas beaucoup de toi. Parfois, je te dispute parce que tes notes ne sont pas bonnes ou parce que ta chambre est en désordre; ce soir, je veux m’asseoir avec toi et te faire savoir que tu es quelqu’un d’important pour moi. A part ta mère, tu es la personne la plus importante dans ma vie. Tu es un garçon fantastique et je t’aime! »

Le garçon étonné se met à pleurer et à sangloter et ne peut pas retenir ses larmes. Il tremble. Il lève les yeux vers son père et dit entre deux sanglots : « papa, j’avais décidé de me suicider demain, parce que je pensais que tu ne m’aimais pas. Maintenant, je n’ai plus besoin de le faire; tu m’es venu… juste au bon moment! Helice Bridges


Et nous, à qui pourrions-nous donner un ruban? Tellement de personnes auraient besoin d’entendre dire qu’elles sont aimées de nous et aussi de Dieu.

2006-10-20

Beau témoignage de compassion !

Des ambulanciers touchés et actifs…

Un homme de 80 ans, sourd, malade et qui ne possède qu’une chaise longue en guise de lit. C’est la désolante découverte que deux ambulanciers ont faite récemment. Émus par l’extrême pauvreté du patient, ils lui offrent un mobilier tout neuf : « On a vu les lieux en arrivant et c’était tellement triste », raconte un des ambulanciers. « Il avait juste une chaise longue, une table de chevet et deux boîtes de carton en guise de table avec une nappe dessus, il n’avait pas de drap, pas de couverture ». On en voit des démunis, mais avec de telles conditions, c’est rare. Monsieur est sourd, circule avec sa bonbonne d’oxygène, il est limité à son appartement, ne peut se servir de téléphone, il était urgent de l’aider. Il voulait nous donner un chapelet pour nous remercier ! Les deux secouristes ont décidé de faire davantage : en 24 heures, ils avaient trouvé un matelas, un fauteuil, de la vaisselle, des vêtements. Seul un employé du CLSC vient le visiter deux fois par mois pour vérifier son état de santé. Une popote roulante lui apporte de la nourriture durant la semaine…

Du cœur ! De la compassion dans le cœur ! Des actions ! De la joie répandue !
Ces ambulanciers m’incitent à ouvrir les yeux sur mon milieu et à répandre la joie !

Thérèse
(Du Journal de Montréal, novembre 2006)

2006-10-19

Une chance pour l’humanité
(témoignage tiré de Actualités Quart Monde, Montréal, extraits)

Je m’appelle Laurence.
Après avoir passé 5 ans à Madagascar et 4 ans en France, j’ai rejoint l’équipe de Montréal pour quelques années.
Un ami hémiplégique m’a beaucoup aidée à réfléchir à partir de sa condition. «Ne voir qu’une personne handicapée qu’il faut accompagner et comme un souci de plus à porter, sans jamais penser à ce qu’elle peut apporter aux autres est, à mon sens, profondément injuste.»

Il en est ainsi des personnes en situation de pauvreté. Même si elles doivent souvent dépendre des services sociaux ou des œuvres humanitaires, elles peuvent, autant que d’autres, être responsables de leur vie et apporter à la société leurs richesses d’être et d’idées.

Les pauvres, si on sait les regarder, les écouter et leur faire leur place, sont une chance pour l’humanité.

(Laurence V., Actualités Quart Monde, septembre 2006)

(Pour renseignements : 514-279-0468)

2006-10-18

Message d’espoir d’un désespéré

C’est fou comme je broie du noir. Depuis toujours probablement. Une chance que j’ai foi en une force au-delà des capacités de l’être humain et que je peux compter sur le soutien de personnes qui font preuve d’écoute et de compassion.
Cette année, je réalise combien l’accumulation de choses matérielles est vaine. Ces possessions ne font que m’encombrer. Je me suis fixé un objectif : ne conserver que l’essentiel. Je me rends compte que cela passe aussi par la qualité des rapports que j’entretiens avec les autres. Parfois la gentillesse de certains citadins me surprend, par exemple : cette dame qui m’offre un mot d’encouragement, un kleenex, une grille de mots croisés ou un généreux pourboire pour prendre un bon café.
Malgré le désespoir qui mine nos vies quotidiennes, la bonté et la compassion nous rattrapent toujours.

Norman (L’Itinéraire, 15 novembre 2006)

2006-10-15

Apprendre à lire et à écrire peut changer une vie...

Témoignage de Claude V.

« Dès le départ, la vie n’a pas été de mon côté : ma mère est décédée quand j’avais 2 ans; mon père est devenu alcoolique à la suite de ce départ précipité.

J’ai vécu dans des familles d’accueil.
A l’école, j’arrivais quand les classes étaient déjà commencées depuis deux ou trois mois. J’ai fait du rattrapage et à 18 ans j’étais sur le marché du travail à temps plein. Durant 13 ans, j’ai travaillé de nuit dans une boulangerie, jusqu’au ‘burn-out’. Il s'en est suivi une période creuse où j’ai vécu de l’assurance chômage et du bien-être social.

Ma bouée de secours a été l’organisme L’Ardoise où j'ai appris les mots, les lettres, le français et aussi à communiquer plus facilement avec les autres.

Je travaille maintenant à la Joujouthèque, une sorte de bibliothèque où les enfants viennent emprunter des jouets. La joujouthèque est subventionnée; si elle devait fermer, tout serait à recommencer pour moi. Qui embaucherait un homme de 51 ans avec un secondaire V ? »

(Revue de Presse, ATD Quart Monde, septembre 2006)

2006-08-27

Le crochet pour faire jaser…

La communication, prise dans le sens savant du terme, est un phénomène curieux. Selon l’endroit où elles prennent place, certaines activités, surtout lorsqu’elles sont pratiquées par des personne à qui elles semblent aller comme un gant, ont pour effet de rapprocher les gens et de les inciter à parler, à échanger.

Le tricot au crochet dans le métro en est un bel exemple.

« Pendant 29 ans, raconte Claire Le Houx, j’ai pris l’autobus et le métro pour me rendre au Centre de santé et des services sociaux du Montréal métropolitain, où j’étais travailleuse sociale professionnelle. Entre Cartierville et le Centre-Sud de Montréal, la route est longue, j’ai donc entrepris des travaux de tricot au crochet, pour passer le temps.

« Je crochetais des nappes par carrés. En d’autres termes, je crochetais des carrés de dentelle et le soir, de retour à la maison, je les assemblais. Je crochetais aussi des napperons pour décorer les meubles, servir de sous-plat ou mettre un objet en valeur. J’en ai fait beaucoup. Tellement que je ne sais plus combien de boîtes de fil j’ai achetées, en gros, chez Duranleau, un fournisseur aujourd’hui disparu du Vieux-Montréal où je me rendais en métro.

« Dans l’autobus ou dans le métro, vous ne pouvez pas imaginer à quel point un simple travail de tricot peut attirer le regard des autres voyageurs, susciter l’intérêt et parfois amener les gens à se confier.

« Un jour, un homme a changé de siège pour se rapprocher de moi et me dire à quel point je lui rappelais sa grand-mère, ce qui ne me rajeunissait pas. Il m’a confié que cela le ramenait dans les belles années de son enfance où tout était plus simple, à une époque où on avait le temps de prendre son temps et d’échanger avec tout un chacun.

« Une autre fois, j’ai pu lire l’émerveillement dans les yeux d’un petit garçon venu se planter devant moi pour mieux m’observer, et finalement me demander d’où sortait le fil que je crochetais et qui faisait grandir le carré.

« Des scènes comme celles-là, il y en a eu beaucoup. On aurait dit que de voir une femme tricoter en y prenant plaisir avait quelque chose d’apaisant et de rassurant.

« Vive le métro, pour toutes ces belles rencontres qu’il m’a permis de faire! »

Claire Le Houx, religieuse chez les Sœurs de la Providence, est aujourd’hui à la retraite, ce qui ne l’empêche pas de faire du bénévolat auprès des malades, dans les hôpitaux où elle distribue la communion, et de continuer de crocheter dans l’autobus et le métro qu’elle emprunte toujours pour sillonner la ville.
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Tiré du journal La Presse, "Le métro de Montréal, 40 ans d'histoire" , 14 octobre 2006

2006-08-26

Choix important

Il y a quelques années à New York, une petite aveugle se retrouva prisonnière de son immeuble en feu. Les pompiers ne pouvaient utiliser de camion pour aller la chercher vu l’étroitesse des lieux. Pour être sauvée, elle devait sauter par la fenêtre où l’attendait l’immense coussin des sapeurs, mais elle s’y refusait complètement. Son père arriva bientôt sur les lieux et la supplia de sauter. Ayant reconnu sa voix, elle accepta de « plonger » dans le vide car elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. C’est donc la parole de son père qui la convainquit de faire ce choix salutaire. (Christiane Cloutier, Prions en Église, 27 août 2006)

Et nous? En qui ou à quoi choisissons-nous de faire confiance ? Cette confiance, l’avons-nous développée au fil du temps et des événements. Où en sommes-nous particulièrement dans notre relation de confiance avec le Christ?

Micheline

2006-08-14

Le Vieux Sage

Un homme de 92 ans, petit, très fier, habillé et bien rasé tous les matins à 8h, avec ses cheveux parfaitement coiffés, déménage dans un foyer pour personnes âgées. Sa femme de 80 ans est décédée récemment , ce qui l’oblige à quitter sa maison. Après plusieurs heures d’attente dans le lobby du foyer, il sourit gentiment lorsqu’on lui dit que sa chambre est prête.

Comme il se rend jusqu’à l’ascenseur avec sa marchette, on lui fait la description de sa petite chambre, incluant le drap suspendu à sa fenêtre servant de rideau.

« Je l’aime beaucoup », dit-il avec l’enthousiasme d’un petit garçon de huit ans qui vient d’avoir un nouveau petit chien.

« M. Gagné, vous n’avez pas encore vu la chambre, attendez un peu. »

« Cela n’a rien à voir », dit-il. Le bonheur est quelque chose que je choisis à l’avance. Que j’aime ma chambre ou pas ne dépend pas des meubles ou de la décoration – ça dépend plutôt de la façon dont moi je la perçois. »

« C’est déjà décidé dans ma tête que j’aime ma chambre. C’est une décision que je prends tous les matins à mon réveil. »

« J’ai le choix, je peux passer la journée au lit en comptant les difficultés que j’ai avec les parties de mon corps qui ne fonctionnent plus, ou me lever et remercier le ciel pour celles qui fonctionnent encore. »

« Chaque jour est un cadeau, et aussi longtemps que je pourrai ouvrir les yeux, je focusserai sur le nouveau jour et tous les souvenirs heureux que j’ai amassés tout au long de ma vie. »

« La vieillesse est comme un compte de banque, tu retires ce que tu as amassé. »

« Donc mon conseil pour vous, serait de déposer beaucoup de bonheur dans votre compte de banque de souvenirs. »
Merci de votre participation à remplir mon compte de banque, car je dépose encore.

Souvenez-vous de ces simples règles pour être heureux.
Libérez votre cœur de la haine.
Libérez votre tête des soucis.
Vivez simplement.
Donnez plus.
Attendez-vous à moins.

Auteur inconnu

2006-08-01

Lucille Teasdale, un témoignage d’amour et de dons

Le 1er août 1996, Lucille Teasdale meurt du sida. Nous découvrons la vie extraordinaire d’une compatriote qui a fondé un hôpital en Ouganda avec l’homme qu’elle aimait, le chirurgien italien Piero Corti.
Pendant plus 35 ans, cette Montréalaise, une des premières femmes chirurgiennes du Québec, ouvre un dispensaire abandonné que le couple transforme de fond en comble. Travaillant sans cesse, ils soignent chaque année des milliers de patients, et forment progressivement le personnel africain.
Quand la Tanzanie envahit l’Ouganda, de terribles affrontements ensanglantent le pays. L’hôpital est privé d’électricité pendant cinq ans, le personnel vit dans l’angoisse permanente. Mais l’hôpital continue de fonction grâce à l’entêtement de ses fondateurs qui soignent les blessés de guerre quel que soit leur camp. C’est en opérant des soldats que Lucille Teasdale contracte le sida. Avec toutes les précautions nécessaires, elle continuera d’opérer jusqu’aux limites de ses forces, puis elle s’occupera simplement des malades.

Lucille, tu es pour nous modèle d’amour, de compassion et de dons d’une telle générosité. Merci.
Thérèse